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SYRIENNE (ÉGLISE). L'ÉCRITURE

side aux destinées du petit groupement des jacobites convertis, tbid., col. 1430-1433.

Le présent travail essaie de compléter ce qui a été dit à propos des jacobites de Syrie et des syriens catholiques et de coordonner les différents travaux épars dans ce dictionnaire sur la théologie des syriens jacobites et sur l’organisation des monophysites de Syrie et des catholiques. Il se contentera très souvent d’y renvoyer. 11 ne nous appartient pas de retracer les origines de l’Église jacobite. On a déjà vu à l’art. ANTIOCHE, t. 1, Col. 1425-1427, les origines du patriarcat jacobite et, col. 1427-1430, l’histoire. du patriarcat avec sa situation et sa statistique au début de ce siècle. Pour ce qui concerne l’histoire du retour d’une partie de ce patriarcat au sein de l’Église catholique et la formation du patriarcat syrien catholique, voir ibid., col. 1430-1433, avec un bref aperçu sur sa situation et sa statistique au début du xx£ siècle. Pour une étude plus étendue on doit recourir aux différentes chroniques de Barhebræus et de Michel le Syrien que nous citons fréquemment dans ce travail; on trouvera le titre des différentes éditions à la bibliographie de cet article. Mgr I. Armalet a publié en arabe dans la revue Al-Machriq l’histoire du patriarcat syrien d’Antioche, t. xx1, 1923, p. 494 sq., 589 sq., 660 sq., et, dans l’année suivante, une étude sur les maphrians qui se sont succédé en Mésopotamie pour gouverner les jacobites d'Orient. La formation du patriarcat syrien catholique a été retracée par D. E. Nagqaché, Znaiat Al-Rahman fi hidâyat as-Sûryan (La providence du Miséricordieux dans le retour des Syriens), Beyrouth, 1910. L'Église maronite a joué un grand rôle dans le retour des jacobites, voir art. MARONITE (Église), t. x, col. 118 sq., et P. Raphaël, Le rôle des maronites dans le retour des Églises orientales, Beyrouth, 1935, p. 143-185. Pour les Églises jacobite et catholique des Indes, voir l’article suivant : SYRO-MALABARE (Église).

II. LA SAINTE ÉCRITURE DANS L'ÉGLISE SYRIENNE. — 1° Le canon des saintes Écritures. — Le grand docteur jacobite Barhebræus donne la liste des livres saints selon le canon 81 des apôtres. « Voici pour vous, clercs et laïques, la liste des saints livres de l’Ancien Testament : cinq livres de Moïse, un de Josué Bar Noun. un des Juges, un de Ruth, un de Judith, quatre des Rois, deux des Chroniques, c’est-à-dire des Paralipomènes, deux d’Esdras, un d’Esther, un de Tobie, trois des Machabées, un de Job, un de David contenant 150 psaumes, cinq de Salomon, seize livres des Prophètes. En dehors (du canon), vous aurez un livre du fils de Sirach pour l'instruction des jeunes gens. — Nos livres du Nouveau Testament sont : les quatre évangiles, quatorze épîtres de Paul, deux de Pierre, trois de Jean, une de Jacques, une de Jude, deux de Clément, huit livres des mystères du même Clément (Octateuque de Clément) et les Actes des apôtres. » Livre de la direction, c. vu, ὃ 9; cf. Nomocanon, éd. Bedjan, p. 103 sq. Ce canon est pris à la lettre du 1. VIII de l’Octateuque de Clément, can. 82 (84); cf. édition Nau, dans le Canoniste contemporain, t. XXXVI, 1913, p. 156 sq.

Puis Barhebræus explique ce qu'il entend par les livres des Rois (Samuel et les Livres des Rois) et il ajoute « nous ne reconnaissons à Salomon que quatre livres : les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, la grande Sagesse et peut-être un cinquième : les profondes paraboles attribuées à Salomon et qui sont de Suzanne, livre qui est compté avec celui de Daniel ». Il continue : « D’après un canon d’Athanase le Grand, les livres de la grande Sagesse, de l’Ecclésiastique, d’Esther, de Judith, de Tobie, celui qui est appelé Diatexeis des Apôtres (le 1. VIII de l’Octateuque de Clément) et celui du Pasteur ne sont pas consi-

dérés comme canoniques. Selon Denys d'Alexandrie, le livre de l’Apocalypse, attribué à l’apôtre Jean, n’est pas en réalité de lui, mais de Cérinthe ou d’un certain Jean, car il y a eu deux personnages du nom de Jean enterrés à Éphèse. Selon Origène, les idées de l’épître aux Hébreux sont de l’apôtre Paul, la rédaction a été exécutée, sur l’ordre de l’apôtre, par Clément selon les uns, par Luc selon les autres et elle doit être reçue par l’Église comme l’œuvre de l’apôtre Paul. Sont également reçus : l’Apocalypse de Paul avec les autres apocalypses, la Doctrine des Apôtres, la lettre de Barnabé, le livre de Tobie, le Pasteur et l’Ecclésiastique, cependant plusieurs n’admettent pas le livre du Pasteur et l’Apocalypse de Jean. » Enfin Barhebræus énumère certains écrits d’hérétiques tel que Bar Soudaïli et ceux des Pères de l’Église qui sont lus dans l’Église comme l’enseignement des Docteurs : ceux de Denys d'Athènes (l’Aréopagite), de Basile, de Grégoire de Nazianze, de Sévère, de Mar Éphrem, de Mar Isaac, de Mar Jacques de Saroug, de saint Jean, de Cyrille, de Théodote... Le livre de Palladius qui est dénommé le Paradis, l’'Héxameron de Basile, aussi, les écrits de Jacques d'Édesse, les Commentaires de Mar Éphrem, de Mar Jean, de Moïse Bar Képha et de Bar Salibi…

Michel le Syrien, dans sa Chronique, dresse le canon des saintes Écritures, tel qu'il est reçu par l’Église, et cite ceux de l’Ancien Testament énumérés par Barhebræus. Pour le Nouveau Testament, après l’épître de Jude, il cite les deux de Clément et ajoute : « les Apôtres ont prescrit de recevoir ces livres avec la révélation de Jean et le livre de la Didascalie; ceux enfin qui ont été composés postérieurement aux apôtres par les illustres docteurs éprouvés et qui découlent de la source suave des doctrines apostoliques. » Cf. Chronique de Michel le Syrien, 1. VI, c. τ, trad. Chabot, t. 1, p. 159 sq.

20 Les commentateurs. — Il serait trop long d’énumérer les multiples commentaires des écrivains jacobites sur les Livres saints de l’Ancien et du Nouveau Testament. C’est une littérature très riche, encore manuscrite. Pour en avoir une idée complète, il faut se référer aux histoires de la littérature syriaque de Rubens Duval et de Baumstark.

Les deux derniers écrivains jacobites ont résumé l’œuvre de leurs devanciers. Denys (Jacques) Bar Salibi a laissé un commentaire général, encore manuscrit. Son commentaire sur les évangiles de Matthieu et de Marc a été publié et traduit par Sedlaëek, Chabot et Vaschalde, dans le Corpus scriplorum christianorum orientalium, Scriptores syri, série II, t. XGVIrI-XCIX, Rome, 1906-1933. Sedlaëek a publié et traduit le commentaire sur les Actes des apôtres, les épîtres catholiques et l’Apocalypse, ibid., t. cr, Rome-Paris, 1909-1910.

Barhebræus de son côté a écrit un commentaire général pour chacun des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il a résumé souvent les commentaires de ses prédécesseurs, surtout le travail immense et de première importance de Moïse Bar Képha (+ 903). Il a intitulé son ouvrage : Le magasin des mystères; la plus grande partie de ce travail a été publiée mais de façon dispersée, cf. Rubens-Duval, Lillerat. syr., Ὁ. 70. En 1931, M. Sprengling et W. Creighton Graham ont fait paraître, dans les publications de l’Institut oriental de l’université de Chicago, « Barhebræus », Scholia on the old Testament, part. I, Genèse; part. II, Samuel.

Voir également : INSPIRATION, t. vit, col. 2090 sq.

III. LA TRADITION ET LES SYMBOLES. — 10 La tradition, est considérée par l’Église jacobite comme une règle de foi. Jean de Tella (1 538), dans son premier avertissement aux clercs, leur dit : « Je vous demande, avant tout, de conserver votre religion qui est la règle

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