‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 445 sur 457 · SYRIENNE (ÉGLISE). LITURGIE · texte numérisé non relu

SYRIENNE (ÉGLISE). LITURGIE

coté 16-12, cité par I. Armalet, Catalogue des manuscrits de Charjet, Jounieh, 1937, p. 486. Un de ces synodes eut lieu du 1 décembre 1853 au 14 janvier 1854. Convoqué et présidé par le P. Planchet, délégué apostolique, il s’occupa d’élire le patriarche et édicta quelques lois. Après une longue introduction sur l’histoire de la nation syrienne et une exhortation du patriarche à l’adresse des nouveaux convertis, il contient cinq parties : 1. de la foi; 2. des sacrements, en huit chapitres; 3. de la hiérarchie, en trois chapitres; 4. des églises et des rites, jeûnes et fêtes, en trois chapitres; 5. des moines réguliers, du séminaire commun et des écoles particulières, en trois chapitres. Une copie de ces actes fut envoyée à la Congrégation de la Propagande pour être soumise à l’examen avant son approbation. Aucune suite ne lui fut donnée; cf. Échos d'Orient, t. x1v, 1911, p. 293 sq. On peut trouver une copie de ce synode dans les mss arabes de Charfé, 4-17; cf. Armalet, op. cit, p. 342. On y trouvera aussi les actes d’un autre synode tenu à Alep en 1866.

Il n’est pas nécessaire de rappeler que tous les actes portés par le Saint-Siège, soit par des lettres des souverains pontifes, soit par des actes du Saint-Office, de la Propagande ou de la Sacrée Congrégation orientale, qui s’adressent à toutes les Églises orientales obligent aussi l’Église syriaque catholique.

V. LA LITURGIE. — Un exposé succinct sur la formation de la liturgie syrienne a été fait à l’art. ORIEN- TALE (Messe), t. ΧΙ, col. 1434 sq. Il suffit d’ajouter quelques remarques sur les livres liturgiques, l’office divin, l’année liturgique et la musique sacrée.

1° Les livres liturgiques sont écrits en majorité en langue syriaque. Dès le début, la liturgie syrienne a été célébrée en syriaque dans les montagnes et en grec dans les grands centres. Après la conquête arabe, le clergé s’est vu obligé de dire en arabe les parties auxquelles les fidèles devaient prendre part, là où le peuple ne comprenait plus que cette langue. Dans les milieux où le turc était prédominant, il a remplacé l’arabe. Les parties principales se récitent toujours en syriaque. Les catholiques ne se servent que du syriaque et de l’arabe.

1. Jacobites. — Les livres liturgiques des jacobites sont pour la plupart manuscrits. Le missel n’a pas été imprimé. Chaque prêtre en Syrie et en Mésopolamie copie lui-même son missel et choisit, selon sa dévotion, un certain nombre d’anaphores; on trouve de très grandes variantes d’une copie à l’autre. C’est pourquoi au synode de 1930, tenu au monastère de Mar Mattaiï, il a été décidé de reviser les livres liturgiques, en vue d’une publication unifiant les textes liturgiques pour toute l’Église jacobite. Il est certain que l’impression cristallisera les formules liturgiques. Jusqu'à présent, aucune suite n’a été donnée à cette décision. Cependant, aidés par les anglicans, les jacobites avaient imprimé leur bréviaire à Deir-Zaafaran; la seconde édition a paru en 1890 et une autre en 1913. Le rituel est manuscrit dans certaines Églises jacobites de Syrie et de Mésopotamie. D’autres Églises emploient le rituel édité, pour la seconde fois, en 1900 aux Indes, par les soins du moine malabare Mathieu Dkounati (imprimerie de Mar Julius à l’école de Famfakoudo). Voici le contenu de ce rituel : le baptême suivi immédiatement de la confirmation (qui complète l’iniliation chrétienne); la bénédiction des premières noces; la prière des fiançailles; prière sur les habits des nouveaux mariés ; bénédiction des secondes noces; prières sur la mère et l’enfant 40 jours après l’enfantement; rite du Candil (de la lampe); les funérailles (services funèbres) variant d’une catégorie de personnes à une autre, on a inséré dans ce rituel trois services, les plus nécessaires au desservant dans son

ministère (pour les hommes, pour les femmes et pour les enfants); l’onction des malades; les sept psaumes de la pénitence ; la bénédiction des maisons; la confession.

A la fin du rituel on trouve un abrégé de certaines vérités que le prêtre aura à rappeler aux fidèles : les dix commandements de Dieu; les cinq obligations de la confession (se souvenir de ses fautes, s’en repentir, les confesser d’une confession véridique et sans honte, accomplir la pénitence imposée pour les fautes, avec le ferme propos de ne plus pécher); les vérités dont il faut toujours se souvenir (la mort, le jugement, l’enfer et le paradis); les péchés de la mort (l’orgueil, l’envie, la colère, la paresse, l’avarice, la gourmandise, la luxure, etc.., ce sont, ajoute le rituel, les péchés pour lesquels il n’y a pas de pénitence, c’est-à-dire ce sont les péchés dont on ne veut pas se repentir). L'’abrégé énumère les sept sacrements de la sainte Église (le baptême, le saint-chrême, l’onction sacrée, l’ordre, la confession, le sacrifice, le mariage); puis les sept commandements de la sainte Église : 1. assistance au sacrifice les dimanches et fêtes; 2. jeûnes prescrits par la sainte Église; 3. abstinence des aliments défendus les mercredis et vendredis; 4. confession des péchés au prêtre; 5. participation au sacrifice; 6. continence dans le mariage aux temps défendus; 7. paiement des dons, dîmes et prémices; les œuvres de charité (il y en a quatorze, dont sept pour le corps et sept pour l’âme); les grandes vertus (l’espérance, la charité et la foi). Suit une formule de bénédiction générale. Il s’agit d’une formule d’absolution, la voici : « Que Dieu le Père très fort et tout puissant vous fasse parvenir à la vie éternelle. Par le pouvoir de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par ce pouvoir qu’il confia à ses apôtres qui l’ont communiqué aux évêques et ceux-ci à ma misère, par ce pouvoir qui a été placé en mes mains, moi, esclave faible et pécheur, je vous délie ὃ frère béni (tel), de tous vos péchés, ceux que vous avez confessés et ceux que vous avez oubliés, les mortels et les véniels, ceux que vous avez commis la nuit et le jour. Par le pouvoir de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je vous délie de tous les liens, excommunications, malédictions et interdits, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit pour la vie éternelle. « Que la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et la compassion de Notre-Dame la vierge Marie, mère de Dieu, soient pour le pardon de vos fautes et la rémission de vos péchés. Amen. » Suit la bénédiction des prêtres; la bénédiction de tous objets nouveaux offerts pour l’usage de l’autel (calice, patène, ornements, encens, vases); la prière sur l’autel profané par les infidèles ou les hérétiques (sans faire usage du saint chrême); la prière sur les enfants; la prière sur les malades; les prières sur les objets qui ont appartenu à un mort (lit, habits...) avant la levée du corps; l’hymne à la levée du corps.

Les autres livres liturgiques sont manuscrits. On en trouve de nombreuses copies dans les différentes bibliothèques d'Europe bibliothèque Vaticane, British Museum, Bibliothèque nationale de Paris, et dans les monastères syriens, spécialement au monastère de Charfé, cf. I. Armalet, Catalogue des manuscrits de Charfet; dans les monastères de Saint-Marc de Jérusalem, de Mar-Mattaï près de Mossoul et de Zaafaran. E. Renaudot ἃ traduit dans sa Liturgiarum orientalium collectio, Paris, 1716, trente-sept anaphores qu’il attribue à l’Église jacobite. Denzinger a donné une traduction latine d’une bonne partie du rituel et du pontifical de l’Église syrienne, Ritus orientalium, 2 vol., Wurzbourg, 1863-1864.

2. Catholiques. — Dès la constitution de l’Église | syriaque catholique, la Propagande s’est occupée |

d'éditer les livres liturgiques devant servir au culte de ce nouveau groupement.

DICT. DE THÉOL, CATHOL

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