SYRIENNE (ÉGLISE). LITURGIE
La première édition du bréviaire a été donnée, en 1696, à Rome (moins l'office du dimanche); puis en 1787 sous ce titre Breviarium feriale syriacum 5. S. Ephrem et Jacob syrorum juxta ritum ejusdem nationis (avec l’office du dimanche) et en 1853 sous ce titre : Officium feriale juxta ritum Syrorum S. C. de Propaganda Fide jussu editum. L’imprimerie du séminaire de Charfé en a fait une nouvelle édition en 1902.
Pour l’usage du chœur une ample édition, en sept volumes, a été faite à Mossoul entre 1886-1896; elle est intitulée : Breviarium juxta ritum Ecclesiæ Antiochenæ Syrorum; on l’appelle encore le Phinkith. Le psautier a été imprimé à part. Afin que le peuple puisse participer à la prière officielle de l’Église, on a été amené à imprimer les oraisons et les lectures de l'office en langue arabe sous ce titre : Lectionarium syriacum seu collectio orationum et lectionum quæ in horis canonicis per totum anni decursum excepto jejunio quadragesimali ab Ecclesiæ syriacæ clero adhiberi solent, Mossoul, 1879.
Jusqu’en 1843 le missel syriaque resta manuscrit et variable d’un diocèse à l’autre. Chaque prêtre avait un missel dans lequel il avait réuni quelques anaphores, celles-ci étant très nombreuses et, d’après certains, dépassant la centaine. Pour obtenir une certaine uniformité, la Propagande fit éditer, en 1843, à Rome, un missel qu’elle intitula Missale syriacum juxta ritum Ecclesiæ Antiochenæ Syrorum. Il contient sept anaphores, celles de saint Jacques, de saint Pierre, de saint Jean Chrysostome (il semble que c’est un Jean de Mardine), de saint Xyste de Rome, de Matthieu le pasteur, de saint Basile et de saint Jean l’évangéliste et enfin une anaphore de la consignation du calice pour la messe des présanctifiés. Cf. art. : PRÉSANCTI- FIÉS (Messe des), t. xin1, col. 77-111 et spécialement, col. 84-92. En 1922, une autre édition du missel a été faite au Liban par les soins du patriarche Rahmani sous ce titre : Missale juxta ritum Ecclesiæ apostolicæ Antiochenæ syrorum, Charfé, 1922. Cette édition donne six anaphores : celles de saint Jacques, des douze apôtres, de saint Marc, de saint Eusthate, de saint Basile, de saint Cyrille et un ordo consignationis calicis. Ce ne sont pas toujours les mêmes anaphores dans les deux éditions et des variantes existent dans les anaphores pareillement intitulées.
Le diaconicon : En Orient, le diacre prend une part prépondérante à la liturgie eucharistique; son rôle est souvent tenu, à la messe quotidienne, par le servant de messe. C’est lui qui lit l’épître et les répons. Les prières qu’il a à réciter sont presque aussi considérables que celles récitées par le célébrant. C’est pourquoi on a été amené à constituer un livre spécial à l’usage du diacre, appelé diaconicon. Un essai de « Service de la messe privée selon le rite syrien »; une nouvelle édition en fut donnée en 1881. Plus tard le patriarche approuva une autre réédition non datée. Le diaconicon complet n’a été édité qu’en 1905 à Charfé.
Le lectionnaire : L'édition romaine du missel contenait déjà quelques péricopes des évangiles pour les messes. Le premier volume de l’évangéliaire a été imprimé à Charfé en 1912 et l’épistolier en 1925; tous deux contiennent les lectures qui doivent être faites durant la célébration de la sainte liturgie.
Le rituel, le pontifical et autres livres liturgiques pour l’administration des sacrements et sacramentaux Une première édition du rituel a été donnée à Beyrouth en 1872; puis, en 1922, le patriarche Rahmani édita à Charfé le Liber ritualis usui Ecclesiæ Antiochenæ Syrorum; il apporta des modifications importantes à la première édition. 1. Armalet avait préparé une édition du pontifical et n’a fait paraître que la
partie contenant les ordinations mineures. Avant l'impression du livre des funérailles en 1925, à Charfé, on pouvait trouver les offices funèbres dans le rituel.
Le calendarium ad usum diæceseos Mausilensis Syrorum a été édité à Mossoul en 1877. Dix ans plus tard parut encore à Mossoul le Calendarium juxta rilum Ecclesiæ Antiochenæ Syrorum.
Ce sont les principales éditions des livres liturgiques |
que nous avons pu étudier de près. Cf. Bickell, Conspectus rei Syrorum lillerariæ, Munster, 1871, p. 59 sq.
20 L'office divin. — Dans l’Église syriaque, il se divise en sept parties : Ramchô, qui correspond à vêpres, se récite la veille (la journée ecclésiastique commence avec le coucher du soleil) Le Soulor6, équivaut à complies ou apodypne; Liliô à matines ayant quatre nocturnes. Le Safré est l’office du matin. Les prières de la journée sont tierce, sexte et none.
Le clergé jacobite est tenu de réciter l’office divin au chœur et ne connaît pas la récitation privée. Dans la branche catholique, la récitation de l'office est obligatoire pour les clercs des ordres sacrés et cela de par la coutume établie depuis la première édition du bréviaire. Le synode de Charfé tenuen 1888 stipule que, à partir du diaconat, il y a obligation pour lesclercs de réciter l’office au chœur chaque jour à condition qu’il y ait dans l’église au moins deux prêtres; si un diacre ou un des clercs dans les ordres sacrés est arrivé en retard il poursuivra la récitation avec le chœur et suppléera privalim à la partie manquée; cf. Synode de Charfé, c. 111, art. 6, éd. lat., p. 45 sq. Actuellement la récitation privée commence à prévaloir. Les occupations paroissiales et la présence d’un seul prêtre dans nombre de localités, par suite de la pénurie de prêtres, rend l'office choral impossible. Dans ce but une édition du bréviaire en petit format a été imprimée.
3° L'année liturgique. — Dans l’Église syrienne, elle est réglée suivant le calendrier julien pour les jacobites et le calendrier grégorien pour les catholiques. La liste des fêtes se trouve dans les calendriers imprimés dont il a été question plus haut et au début ou à la fin d’un certain nombre de livres liturgiques. N. Nilles a étudié l’année liturgique de l’Église syrienne dans son Xalendarium manuale utriusque Ecclesiæ orientalis et occidentalis, 2° éd., Inspruck, 1896-1897, t. τ, p. 428-436, 459-484; t. τι, p. 415 sq., 639-646; cf. Revue de l’Église d'Orient, t. τι, p. 148 sq.
L’année liturgique commence avec novembre. Plusieurs cycles composent l’année. Les principales fêtes forment le centre de ces cycles, des dimanches les préparent et les terminent. Ainsi on a le cycle de Noël, celui de Pâques avec le jeûne quadragésimal; la Pentecôte, avec les dimanches qui la suivent jusqu’à la fête de la Croix le 14 septembre. Cette fête forme un nouveau cycle avec les dimanches suivants jusqu’à la fin de l’année.
Les jeûnes sont au nombre de cinq : le grand carême, qui dure sept semaines, commence le lundi de la quinquagésime et se poursuit jusqu’à Pâques. Originairement, on jeûnait jusqu’au coucher du soleil; les jacobites commencent à tolérer la cessation à trois heures et même à midi. Le patriarche autorise quelquefois l'usage du poisson. Encyclique du patriarche Ignace Élie III, en février 1930; cf. revue At-Hikmat, 1930, p. 66-69.
Les catholiques n’obligent au jeûne que ceux qui ont 21 ans révolus et leur jeûne dure jusqu'à midi. Les jacobites âgés de 20 ans sont soumis à la loi de l’abstinence des mercredis et vendredis. Les malades, les pauvres et les femmes enceintes ou nourrices sont exceptés; cf. Bedjan, p. 54; Nau, can. 186 du patriarche Cyriaque. Et ils jeûnent depuis le coucher du soleil jusqu’au lendemain midi.