‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 51 sur 457 · S UNIVERSITÉS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

S UNIVERSITÉS CATHOLIQUES

liques, est la Congrégation des séminaires el universités.

20 Collation des grades canoniques. — L'Église, dans le Code, consacre un article spécial à la collation des grades canoniques. C’est l'élite du clergé qui est appelée à recevoir ces grades, couronnement d’études supérieures. Ces grades confèrent certains privilèges dans l'Église : il faut qu'ils ne soient accordés qu’à des sujets vraiment méritants par leur science, Pour éviter les surprises et le favoritisme, pour indiquer surtout son intention formelle, le Code stipule que personne ne peut conférer des grades académiques qui ont des effets canoniques dans l’Église, si ce n’est en vertu d’une permission concédée par le Siège apostolique (Can. 1377).

En fait, les professeurs font subir aux candidats les examens prévus par les statuts, et les sujets reconnus aptes reçoivent du délégué du Saint-Siège le diplôme leur conférant le grade conquis. Dans les universités où les professeurs ne sont point religieux, il appartient au chancelier de conférer, au nom du Saint-Siège, les grades canoniques; dans les universités confiées aux religieux, c’est ordinairement au supérieur général que va la délégation pontificale.

3° Les privilèges des docteurs. — Les grades canoniques comprennent, comme les grades universitaires en général, le baccalauréat, la licence, le doctorat. L'Église veut que ses docteurs soient particulièrement considérés, non seulement des fidèles, mais encore des autorités ecclésiastiques. Aussi, leur confère-t-elle certains privilèges, que le nouveau droit récapitule brièvement dans le canon 1378 : « Les docteurs, en dehors des fonctions sacrées, ont le droit de porter l’anneau orné d’une pierre et la barrette doctorale. De plus, sont maintenues les prescriptions des saints canons,statuant que, dans la collation de certains offices et bénéfices, l’évêque devra préférer parmi les candidats lui paraissant présenter des garanties égales, ceux qui ont obtenus la licence ou le doctorat. » Nous ne faisons que signaler ces dispositions du Code qui témoignent de la volonté de l’Église. Les sciences ecclésiastiques, la théologie surtout, sont appelées à donner à ceux qui les possèdent plus complètement, une influence plus considérable, dont l’écho, chez les fidèles, doit être un plus grand respect, une déférence particulière, et une confiance très justifiée. Voir ici t. 1v, col. 1501 sq.

4° Rôle des universités catholiques. — Les universités catholiques sont fondées avant tout pour la formation de la jeunesse studieuse catholique, laïque et cléricale : elles s’adressent aux clercs non moins qu'aux laïques. Le Code ne laisse aucun doute à cet égard.

1. La jeunesse laïque catholique est invitée à fréquenter nos universilés. — Les règles concernant la fréquentation des écoles neutres et mauvaises, s’appliquent aussi aux écoles secondaires et supérieures. Il y a même plus de raison de se montrer sévère à mesure que l’adolescent avance en âge et devient plus capable de s’assimiler l’erreur. A certains points de vue, il y a plus de danger dans une université neutre ou hostile que dans une simple école primaire : les étudiants ont une vie plus libre et plus exposée que les petits écoliers; les cours qu'ils fréquentent amènent plus facilement la discussion sur le terrain religieux. C’est donc une véritable œuvre de préservation et de préparation qu’accomplissent les universités catholiques à l'égard de la jeunesse. Cf. Concile sud-américain, n. 695.

2. Vis-à-vis de la jeunesse qui les fréquente, les universités catholiques jouent encore le rôle d’écoles normales supérieures de l’enseignement libre. En fondant les facultés libres, les évêques français avaient surtout en vue de :

Pourvoir à la préparation de bons professeurs, munis de grades et licenciés, pour les collèges libres. Déjà depuis longtemps, l'École des carmes, à Paris, l'École des chartreux, à Lyon, et, depuis 1871, l’école Saint-Aubin, à Mon-

gazon, puis à Angers, tendaient à cette fin; mais ou, comme à l’École des carmes, on dépendait étroitement de l’enseignement universitaire, ou l’on devait se contenter de peu de maitres et de peu de cours. Cependant l’enseignement supérieur de l’État marchait à une transformation toute professionnelle : par les cours fermés, par les maîtrises de conférences, voire par le caractère plus scientifique, plus technique, des cours publics, les facultés officielles devenaient peu à peu de vraies écoles préparatoires; grâce aux avantages qu’on leur promettait, grâce à l'institution des boursiers, les candidats aux grades et aux fonctions universitaires se multipliaient ; bientôt le moindre collège municipal allait être, du haut en bas, pourvu de licenciés. Il devenait urgent d'assurer à ceux qui aspiraient aux chaires de l’enseignement secondaire libre une formation égale et des titres égaux; c’est ce qu'ont fait nos instituts catholiques. A. Baudrillart, dans Dict. de la foi cathol., t. τι, col. 1043.

3. Les universités catholiques visent encore à la formation d’une élite intellectuelle dans le clergé :

A s’isoler de la culture générale contemporaine, le savoir ecclésiastique courrait le plus grand des périls; apanage de quelques individus, il serait pour le reste des hommes une langue morte, et demeurerait sans la moindre action sur la pensée, bientôt par conséquent sur la vie. Donc il faut que, dans le clergé, tous ceux qui sont susceptibles de recevoir cette culture supérieure la reçoivent et il faut qu'ils la reçoivent véritablement supérieure. Id., ibid., col. 1044. Former l'élite du clergé, de façon à le rendre capable de discuter les erreurs sans se laisser entacher par elles, voilà « ce qui constitue la plus haute mission des universités catholiques; elles représentent et soutiennent la doctrine chrétienne dans son intégrité, en face de ses ennemis déclarés et de ses faux défenseurs ». Id., ibid., col. 1045.

C’est surtout dans les sciences ecclésiastiques que l'Église désire voir s’instruire le clergé. Les docteurs, les licenciés en théologie et en droit canon ne sont pas tous appelés à devenir professeurs. La théologie est nécessaire dans le ministère : le droit canonique est indispensable pour la bonne administration d’une paroisse. Plus il y aura de prêtres instruits dans les sciences sacrées et plus la foi sera vivante et agissante dans le peuple chrétien : « Il est à souhaiter, dit le canon 1380, que les évêques, s'inspirant des règles de la prudence, envoient leurs clercs les plus remarquables par la piété et l'intelligence, suivre les cours d’une université ou d’une faculté fondée ou approuvée par l'Église, afin d'y parfaire leurs études, et principalement leurs études en philosophie, théologie et droit canonique, et d’y conquérir les grades académiques. »

4. Le cardinal Baudrillart ajoute que les universités catholiques doivent être des foyers chréliens de haute science, nantis d’une véritable mission doctrinale.

Foyers chrétiens de haute science, les universités de l'Église le sont et par les professeurs de haute valeur qu’elles accueillent dans leurs chaires, et par les publications scientifiques qui émanent de ces maîtres. On aimerait sans doute à connaître le développement que les faits ont donné en France à ce double programme de nos facultés libres. Le cardinal Baudrillart l’a rappelé avec la compétence très particulière qui appartient au recteur de l’Institut catholique de Paris.

I] faut, avant tout, que, dans toutes les branches de la science, il y ait des professeurs remarquables se distinguant par l’amour de la vérité et concentrant leurs efforts sur la défense et l’apologie de la foi chrétienne.

VI. LES DROITS DE L'ÉGLISE VIS-A-VIS DES ÉCOLES (can. 1381). — Le canon 1381 ne souffre aucune dificulté d'interprétation; il s'explique de lui-même et nul, parmi les catholiques, ne peut songer à en contester le bien fondé ou à en restreindre la portée.

Voici les textes de ce canon :

$ 1. Dans n'importe quelle école (catholique ou non), la formalion de la jeunesse est soumise à l'autorité et au contrôle de l’Église. ω

$ 2. C’est le droit el le devoir des Ordinaires de sur-

veiller toutes les écoles, de telle manière qu'il ne s’y passe

Page 1