TRADUCTIONS
DE S. THOMAS 1550 coin de son monastère », où Scholarios pourra loger, sans déranger la communauté, pendant le temps que dureront les sessions du concile à Florence (n. 21). La lettre à l’empereur Constantin, écrite à la veille de revêtir l’habit monastique; capitale pour la biographie de Scholarios, nous apprenant son vœu de jeune homme d'abandonner le monde pour servir Dieu; les obstacles qui l'ont empêché de réaliser plus tôt son dessein; les attaques des jaloux et des envieux contre sa personne; l'opportunité de sa retraite, au moment où l’empereur lui témoigne toute son amitié. — La lettre à Manuel Raoul Oisès, qui nous conte la curieuse et triste histoire de l’aventurier Juvénal, un apostat rêvant de rétablir la religion païenne, et trace d’une plume alerte et sûre les règles du pouvoir coercitif de l'Église contre les hérétiques et les apostats : ce qu’on pourrait appeler la théologie de l’Inquisition. La doctrine de Scholarios sur cette délicate question est à la fois modérée et énergique et cadre, dans son ensemble, avec la doctrine et la pratique de l’Église catholique (n. 2 de la IIe série). — La lettre au grand-duc Luc Notaras, cachant sous des flatteries hyperboliques un blâme de la politique opportuniste pratiquée par le grand-duc dans la question de l’union avec les Latins (n. 5 de la 115 série).
5. Chronographie (p. 504-512). — Tout ce que Scholarios nous a laissé en fait d'histoire proprement dite se réduit à ce morceau, intitulé : Χρονογραφία. Cette curieuse chronographie va d’Adam à l’année 1472, date à laquelle l’auteur l’a transcrite dans le Parisinus 1289, et annonce la fin du monde pour l’année 1493- 1494, cette année 1494 coïncidant, d’après le calcul de Scholarios, avec la fin du septième millénaire depuis la création de l’homme. Une note sur les destinées de l'empire byzantin et les curieuses coïncidences signalées à son sujet mérite d’être remarquée.
6. Tome v. Résumé de la Somme contre les gentils et de la 1τὸ partie de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin. — Ces deux résumés, restés inédits jusqu’à présent, ont été tirés d’un autographe, le Parisinus 1273. Le résumé de la Somme contre les gentils est beaucoup plus développé que celui de la Somme théologique et équivaut presque à une traduction littérale. Pour la Somme théologique l'auteur nous avertit luimême qu'il s’agit de simples notes, ἀποσημειώσεις τινές, titre modeste, qu’il ne faut point trop prendre à la lettre, surtout pour certains traités qui ont été exploités plus abondamment.
Pourquoi Scholarios entreprit-il ce travail? Il nous le dit dans sa préface. Ce fut un motif d’utilité personnelle. L’estime qu’il professait pour les deux Sommes de saint Thomas était telle qu’il ne pouvait s’en séparer. Or, même après sa démission du patriarcat, il eut encore une vie assez agitée. Las d’avoir toujours à transporter avec lui les deux Sommes thomistes, il résolut d’en faire un résumé pour son usage, estimant que ce résumé pourrait aussi être utile à d’autres. De saint Thomas il fait le plus grand éloge, saluant en lui un excellent interprète de la théologie chrétienne, qui a ramassé en un tout facile à saisir les diverses parties qui la composent. Sans doute, ce Latin n'est pas complètement orthodoxe : il s’écarte en deux points de la doctrine de l’Église orientale, à savoir sur la procession du Saint-Esprit et sur la distinction entre l’essence de Dieu et son opération; mais sur tout le reste il est irréprochable. A propos des deux divergences signalées, Scholarios a soin de mettre à couvert son orthodoxie personnelle en rappelant qu'il ἃ écrit des ouvrages pour défendre les thèses orientales. On remarquera pourtant qu’il n’a pas gardé la même attitude à l'égard de chacune des deux questions. Alors qu'il a passé purement et simplement les articles qui, tant dans la Somme contre les gentils que dans la Somme
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théologique, traitent de la procession du Saint-Esprit a Patre et Filio, il a résumé, sans les accompagner dela moindre remarque, les nombreux articles où saint Thomas aflirme l'identité en Dieu de l'essence et de l'opération et en général de tous les attributs. Pour expliquer cette différence de traitement, on peut penser qu’en approfondissant davantage la doctrine thomiste, notre théologien s’est aperçu que celle-ci coïncidait pour le fond avec la sienne, telle du moins qu’il l’a exposée dans l’opuscule : Περὶ τοῦ πῶς διαχρίνονται αἱ θεῖαι ἐνέργειαι, dont nous avons parlé plus haut.
Tant pour la forme que pour le fond, ces résumés thomistes ne méritent que des éloges. Pour ce qui regarde la forme, on admirera la grande limpidité et le parfait classicisme du style, ainsi que la propriété des termes philosophiques et théologiques. Sous ce rapport, Gennade est, pour une bonne part, tributaire de Démétrius Cydonès qui, au x1v® siècle, avait rendu en un grec impeccable les deux Sommes de l’Ange de l'École. Gennade n’a pourtant pas copié servilement son prédécesseur. Et c’est en tant qu’abréviateur de la pensée thomiste qu’il mérite des éloges. Cet effort est surtout remarquable dans le résumé de la 15, où notre auteur ἃ visé à l'extrême concision de la forme, tout en n’oubliant rien d’essentiel.
Au demeurant, les diverses parties de l’œuvre thomiste sont représentées dans ces résumés d’une manière inégale. Notre Byzantin a pris plus aux unes qu'aux autres, suivant le but spécial d'utilité personnelle qui le guidait. IL s’est attardé sur celles qui n’avaient aucun équivalent dans la théologie byzantine et où le génie du docteur latin affirme le plus son originalité et sa supériorité. De la Somme contre les gentils c’est le 1. IV qu’il ἃ le plus exploité. Dans la 15, il n’a tiré que 38 pages des longs traités de Dieu et de la Trinité, tandis qu'il ἃ consacré 26 pages au traité des anges, 15 au traité de la création corporelle, 50 au traité de l’homme, 28 au traité du gouvernement divin.
A de rares exceptions près, tous les chapitres de la Somme contre les gentils, et toutes les questions de la Somme théologique avec chacun de leurs articles figurent dans ces résumés. Ν᾽ ἃ été passé délibérément que ce qui regarde la procession du Saint-Esprit ab utroque. 11 faut y ajouter une dizaine de chapitres de la Somme contre les gentils (1. II, €. XXXVIHIT, LX, LXXIV, LXXV; 1. III, ©. v, vi, xXuI1, XLII, XLIV) de contenu strictement philosophique. Les citations scripturaires sont soigneusement rapportées.
ἡ. Tome vi. Résumés, traduclions el commentaires thomistes. — C’est encore saint Thomas d'Aquin qui fait tous les frais du t. νὰ, Tout le contenu en était également inédit et, comme pour le t. v, tout a été trouvé dans des autographes.
1. Le premier morceau est un Résumé de la 15-119 (p. 1-153), semblable au résumé de la première partie du même ouvrage, publié dans le t. v. Sauf quelques exceptions, tous les articles sont signalés plus ou moins longuement, Les réponses aux objections ne sontpas négligées et attirent parfois davantage l'attention de l’abréviateur que le corps de l’article lui-même. Ce résumé a été trouvé dans le Valicanus 433.
2. Traduction et commentaire du « De ente el essentia » de saint Thomas d'Aquin (p. 154-326). — Ce double travail est antérieur aux résumés des Sommes et doit se placer entre 1444 et 1450, d’après les indications précises de notes autographes. Il est dédié à l'élève préféré de Scholarios, Matthieu Macariotès,
L'’épitre dédicatoire, qui précède le commentaire dans les manuscrits autographes, renferme un magnifique éloge de saint Thomas et nous montre Scholarios aussi bien renseigné sur les théories de l’école francis-