‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 7 sur 457 · RÉSUMÉS D’ARISTOTE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉS D’ARISTOTE

caine que sur les doctrines de saint Thomas et de l’école dominicaine.

L’admiration pour saint Thomas ne diminue pas dans l’avant-propos dont, sur le tard de sa vie, Scholarios fit précéder son commentaire. L'Ange de l'École est toujours pour lui le philosophe et le théologien incomparable. C’est pourquoi, lui, Scholarios, a traduit en grec un grand nombre de ses écrits. Mais il a soin d’avertir ses lecteurs qu'il n’a pas suivi Thomas en tout. Là où le docteur latin s’écarte de la doctrine de l'Église orientale, en particulier sur la procession du Saint-Esprit, il n’a pas craint de le contredire. Les points de divergence entre les deux Églises, pense-t-il, se réduisent, en fait, à la question du Filioque et à celle du palamisme.

Le chapitre χοῖν (p. 281-285) touche à la question du palamisme. Scholarios y prend parti assez ouvertement pour Palamas; cela se comprend aisément, quand on songe qu’au moment où il écrit son commentaire, il est en pleine lutte contre les Latins. Comme les antipalamites en appelaient à l’autorité de saint Thomas, Scholarios cherche à l’expliquer dans un sens favorable à sa thèse. Il ne triomphe, du reste, de Barlaam, d’Acindyne et de leurs disciples qu’en leur prêtant la pure doctrine nominaliste, tandis qu’il découvre un accord à peu près complet entre Grégoire Palamas et les scotistes. Il déclare, en terminant, qu’il n’a examiné ici cette question que superficiellement et qu’il se propose d’en traiter ex professo dans une dissertation à part, ce qu'il ἃ fait.

3. Traduction du commentaire de saint Thomas d'Aquin du « De anima » d’Aristote (p.327-581).— Cette traduction paraît avoir été exécutée avant le concile de Florence. Elle est très soignée et l’on peut soutenir sans paradoxe qu’elle est supérieure à l'original, par le fait que Scholarios a ajouté au texte de saint Thomas les références du texte d’Aristote. Ces références, il les a multipliées, si bien qu’on peut suivre presque ligne par ligne le texte grec d’Aristote accompagné de son commentaire thomiste.

8° Tome v11. Commentaires et résumés des ouvrages d’Aristote (p. 1-509). — Ce volume est tout entier consacré à la philosophie aristotélicienne. Il contient des commentaires, des résumés et annotations et de simples notes marginales,

1. Commentaires. — Sous ce titre est compris un grand ouvrage tripartite où Scholarios commente l’Isagogè de Porphyre, le livre des Catégories et le livre de l’Interprétation d’Aristote.

La première partie, intitulée : Prolégomènes à la logique et à l’Isagogè de Porphyre, s'ouvre par une longue épître dédicatoire à Constantin Paléologue, le seul morceau qui fût publié avant l’édition des œuvres (cf. Sp. Lambros, op. cit., t. 11, p. 14-18). D’après cette dédicace, la date de composition se place vers 1432- 1435; le but a été de fixer la substance des leçons données par le professeur de philosophie; les sources, ce sont non seulement les anciens commentateurs d’Aristote, mais aussi les modernes, parmi lesquels figurent Averroès, Avicenne, Gilbert de La Porrée, Albert le Grand, Thomas d'Aquin. Mais Scholarios ne cite pas ses sources. C’est au lecteur à les rechercher à travers tout le commentaire. La méthode suivie est celle de nos scolastiques, et en particulier celle de saint Thomas d'Aquin. Les commentaires sont divisés en leçons ou entreliens, ἀναγνώσεις À ὁμιλίας. Chaque leçon débute, en général, par des préliminaires; on indique ensuite la division générale du texte du maître, puis on le commente morceau par morceau. Suivent des questions sur le texte et quelquefois hors du texte. Et dans l’élucidation de ces questions, on procède encore à la manière des Latins : d’abord la position de la question, puis les objections, puis l'exposé de la vérité, puis la

réponse aux diflicultés. De tous les commentateurs grecs d’Aristote notre Byzantin fut le premier à suivre cette méthode, comme il le déclare lui-même.

2. Annotations sur divers ouvrages d’Aristole. — Ces annotations tiennent à la fois du résumé et du commentaire et regardent principalement les livres de la Physique (p. 349-408), le De cælo (p. 409-429), le De anima (p. 429-454); mais les opuscules : De memoria et reminiscentia, — De somno et vigilia, — De insomniis, — De divinalione per somnum, — De animalium πιοίϊοπε, — De senectule et juventute, — De respiratione εἰ surtout De meteorologicis, sont aussi représentés. Le texte autographe de ces notes, conservé dans le seul Vaticanus 115, cesse brusquement au IVe livre De meteorologicis. Le tout constitue une sorte de memento de la philosophie d’Aristote et rappelle, pour la méthode, les résumés des deux Sommes thomistes. Il faut sans doute y voir une œuvre de jeunesse, composée du temps où l’auteur enseignait la philosophie.

3. Notes marginales aux trois premiers livres de la « Physique » (p. 486-509). — Nous avons là comme un essai des Annolations, regardant certains passages des trois premiers livres du De physica auscultatione, avec cette différence que ces notes se rapprochent plus du commentaire que du résumé.

9° Tome vzr1. Fin des œuvres εἰ des traductions philesophiques. Grammaire. Varia.

1. Suile des œuvres el des traductions philosophiques. — a) Division sommaire des cinq premiers livres de la Physique d'Aristote (p. 1-133). — Sous le titre de : Διαίρεσις χεφαλαιώδης, Scholarios donne un commentaire succinct des cinq premiers livres du De physica auscultatione, visant surtout à mettre en relief la belle ordonnance, la suite logique impeccable de l’original et la perspicacité des commentateurs qui ont retrouvé et fait ressortir le plan génial du Stagyrite.

δ) Prolégomènes à la Physique d’Aristote tirés de divers auteurs (p. 134-162). — Ces extraits, intitulés : Προλεγόμενα ἢ προθεωρούμενα, viennent en grande partie de saint Thomas ou d’un autre Latin, que les éditeurs n'ont pas réussi à identifier. Le premier extrait est la traduction du début du commentaire thomiste sur la Physique d’Aristote. Il y a un court extrait de Simplicius. Suivent de brèves annotations de Scholarios lui-même.

c) Traduction du commentaire thomiste du « De physico auditu » d’Aristote (p. 163-254). — Cette traduction ne regarde que les deux premiers livres, et encore avec des lacunes. Le reste, s’il a jamais existé, n’a pas été retrouvé.

d) Traduction de l’opuscule « De fallaciis » de saint Thomas d’Aquin (p. 265-282). — La traduction de cet opuscule, dont l’authenticité est discutée, est par endroits assez libre, quoique toujours intelligente. Certaines omissions s’expliquent par le fait que les passages en question roulent sur des mots latins, auxquels le traducteur aurait dû substituer des mots grecs de son invention.

e) Traduction de la « Dialectique » (Summulæ logicæ) de Pierre d'Espagne (p. 283-337). — Le Pierre d’'Espagne qui a composé les Summulæ logicales est bien celui qui devint pape sous le nom de Jean XXI (1276- 1277). Quant à la traduction grecque des Summulæ, elle a toute une histoire et divise en deux camps, depuis trois quarts de siècle, les historiens de la philosophie. L'origine de la querelle vient de la première édition de cette traduction par Élie Ehinger en 1597, à Augsbourg. Dans le manuscrit utilisé {Monacensis 548), la traduction est présentée comme un ouvrage de Michel Psellos, et porte le titre de Synopse sur la logique d’Aristole : Eic τὴν ᾿Αριστοτέλους λογικὴν σύνοψις. Ayant remarqué la presque identité de ce résumé avec le texte des Summulæ logicales de Pierre d'Espagne,

SCHOLARIOS.

QUESTIONS

Page 1