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SCOLASTIQUE

BYZANTINE 1712 tache et elle s’y maintint pendant tout le Moyen Age.

1. Caractères généraux. — La scolastique byzantine essaie de pénétrer rationnellement les vérités révélées, transmises par l'autorité des conciles et des Pères. Notons que les Pères connus ne sont que les postnicéens : les anténicéens sont tombés dans l’oubli et les tenants de l’école d’Antioche ont été éliminés après la controverse des Trois-Chapitres.

La caractéristique générale de cette scolastique est un conservatisme rigide, qui se contente de transmettre en l’exposant la doctrine reçue et qui ne soulève que très peu de problèmes nouveaux. Elle est proprement fheologiæ ancilla : éclectique, elle est principalement constituée par un mélange de néoplatonisme et d’aristotélisme. L’antagonisme entre platonisants et aristotélisants est constatable dans toute l’époque byzantine, de Jean Italos jusqu’à la lutte entre Pléthon et Georges de Trébizonde. Sur cette lutte, voir ici ScHoLaRr10os, col. 1545. Sur l’aristotélisme à Byzance, voir K. Krumbacher, Gesch. der byzant. Literatur, 2e éd., p. 430 sq. Les polémiques avec l'islam ne lui ouvriront pas de nouveaux aspects comme ce fut le cas pour la scolastique latine. La christianisation des nations slaves ne lui donnera pas une nouvelle vie, comme ce fut en Occident le cas lors de l'entrée des Germains dans l’Église.

2. Auteurs. — Au 1x° siècle, Michel Psellos l'Ancien et Photius sont les figures les plus marquantes. Au ΧΙ siècle, Michel Psellos le Jeune (* après 1096), dans ses écrits à l’empereur Michel VII Doukas, traite des notions philosophiques applicables aux dogmes trinitaire et christologique. L'originalité de Psellos consiste « dans la comparaison entre les doctrines révélées et les doctrines des philosophes de l’antiquité et dans la tentative d'éclairer les dogmes chrétiens par la raison philosophique. Si, dans le domaine littéraire, Psellos fait figure d’un humaniste de la Renaissance, sur le terrain de la théologie, il rappelle nos scolastiques du Moyen Age. Comme eux, il applique la philosophie à la théologie et fait de celle-là la servante de celle-ci », Art. PSELLOS, t. xt, col. 1154-1155. M. Jugie a indiqué, dans l’article précité, que la méthode scolastique de Psellos, si irréprochable qu'elle dût paraître aux yeux du croyant éclairé, n’en inspirait pas moins de la défiance dans les milieux ecclésiastiques et monastiques. À adapter ainsi la philosophie antique au dogme chrétien, il pouvait y avoir un danger réel, Psellos était à peine mort que son successeur comme recteur de l’académie des lettres, Jean Italos, était condamné. Sur Italos, voir Anne Comnène, Alexiade, 1 V, c. vus; 1. X, ο. 1. Il était commentateur d’Aristote, et c'est sans doute sa dialectique aristotélicienne qui ἃ porté ombrage à l’orthodoxie byzantine. On pourrait, par rapport à la théologie orientale, le comparer à Gilbert de La Porrée par rapport à la théologie latine. Une série de conciles, sous Alexis Comnène (1081-1118), étouffèrent presque au berceau la scolastique byzantine naissante.

Toutefois, au début du xrr° siècle, Euthymius Zigabène, dont on ignore presque tout, écrivait à la demande d’Alexis Comnène sa Πανοπλία δογματική, dont les 21 premiers titres ne sont qu’une longue série de textes patristiques sur la Trinité, le Créateur, le Verbe incarné ou contre les juifs et les anciens hérétiques, à l'exception toutefois du titre ΧΤΠ sur la procession du Saint-Esprit contre les latins. Mais les titres XXI11- XXVII sont consacrés à la réfutation des hérésies contemporaines, notamment les messaliens et les bogomiles; les mahométans sont réfutés au titre xxvII et dernier. C’est principalement dans cette seconde partie que se rencontrent quelques exposés scolastiques au service d’une théologie d’ailleurs peu profonde. Nicolas de Méthone (+ vers 1165) fut l’un des

Éd és

plus célèbres théologiens du xue siècle : l’interprétation du Pater major me est, la controverse sur le sacrifice eucharistique, la procession du Saint-Esprit, lui sont une occasion de faire appel aux exposés rationnels sur ces mystères. Sa dialectique scolastique s'exerce surtout à l'égard des Latins dans trois opuscules sur la procession du Saint-Esprit. Il écrivit aussi un traité De corpore et sanguine Domini contre les bogomiles, P. G., t. cxxxv, col. 509-514. Sur l'édition des autres œuvres, voir ici, t. X1, col. 620.

On retrouve les mêmes polémiques antilatines (procession du Saint-Esprit) chez Jean Zonaras, reprochant aux Latins d'introduire deux principes dans la Trinité, P. G.,t. αχχν, col. 422; chez Nicolas d’Otrante dans son dialogue qui reproduit l’argumentation de Nicolss de Méthone et chez nombre d’autres auteurs de la même époque : Andronique Camatère, polémiquant à la fois contre les Latins (procession du Saint-Esprit), et contre les sectes orientales monophysites. monothélites, théopaschites et aphthartodocètes (christologie); Nicétas de Marcné, qui s efforce de démontrer, {tout en rejetant la légitimité du Filioque, que Gr:cs et Latins tiennent au for.d la même doctrine trinitaire; Théorianos (union hypostatique); Nicétas Acominatos, eXposant la doctrire trinitaire et christologique centre de multiples hérésies, dans «on Thesaurus orthodoriæ, dont une partie est éditée (en latn) dans P. G., t. exxxix et cxL; enfin, Michel Glykas chez qui, plus rarement que chez les précédents auteurs, se retrouve l'exposé raticnnel de quelques points dogmatiques.

On le con:tate par ce bref rappel : les deux pôles de toute intervention de la philosophie dans l'exposé théologique chez les théologiens du x1r° siècle se trouvent rivés au problème trinitaire et au problème christologique. Il en sera de même aux siècles suivants. Les polémiques antilatines dépassaient certes, et de beaucoup, le cadre de la procession du Saint-Esprit, mais sur les autres sujets la raison avait peu à dire et, partant, la scolastique byzantine, pauvre déjà en matière trinitaire, devenait nulle.

Dans l’exposé des processions divines, les auteurs byzantins des Χαμ et x1v® siècles se partagent en deux classes : ceux qui favorisent l’accord avec l’Église latine et ceux qui défendent Photius. La philosophie, chez les uns et les autres, tient toujours une part minime. Seule la notion philosophique de « principe » est invoquée par les partisans de Photius comme contradictoire de la notion de Fils contre le Filioque latin, et cela chez les auteurs les plus en vue non seulement jusqu’au xv® siècle, mais jusqu’à nos jours, pourrait-on dire. Cependant cette notion inspire à Nicéphore Blemmyde (ἢ 1272) une formule de conciliation assez heureuse : le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme d’un seul principe, mais du Père principalement et originairement. P. G.,t. cxLn1, col. 533 sq. Voir ici 1. ΧΙ, col. 444. Blemmyde, dans ses deux Epilome, avait livré « d’une manière plus accessible la pure substance d’Aristote ». Col. 443. A Maxime Planude (+ vers 1310), outre des traités théologiques tantôt justifiant, tantôt attaquant la doctrine catholique sur la procession du Saint-Esprit, nous devons la traduction en grec d’un certain nombre d'ouvrages théologiques et philosophiques latins, notamment le De Trinilate de saint Augustin (fragments dans P. G., t. cxLvri, col. 1113-1130), les cinq livres De consolatione philosophiæ de Boèce et quelques questions de la Somme théologique de saint Thomas. Cf. M. Jugie, Theologia dogmatica christianorum orientalium, t. 1, Paris, 1926, p. 427, et ici t. x11, col. 2251. La controverse hésychaste, au x1v° siècle, eut un effet indirect sur la scolastique byzantine : elle porta les Byzantins à prendre connaissance de certaines œuvres latines. Depuis longtemps déjà, les Dialogues de saint Grégoire avaient été

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