‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 66 sur 457 · SCOLASTIQUE — SCORTIA (JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

SCOLASTIQUE — SCORTIA (JEAN-BAPTISTE

soit utile d’insister. Nous ne ferons que signaler, parmi les philosophes, Frick, Haan, Boedder, Cathrein, Lehmen, C.-M. Schneider, Matthias Scheid, L. Schutz, Otto Willmann, Reinstadler, etc., et parmi les théologiens, Jungmann, Herrmann, Gutberlet, Commer, Peltzer, Dummermuth, Lercher, Diekamp et Grabmann.

e) En Hollande. — Une impulsion vigoureuse a été donnée à l'étude de la scolastique dans les séminaires par Van Noort, Beysens, de Groot.

1) En Espagne enfin, les jésuites Cuevas et Mendive ont allié saint Thomas et Suarez. Plus strictement thomistes sont Orti y Lara et Antonion Hernandez y Fajarnès en philosophie. Parmi les théologiens, il faut citer, chez les dominicains, N. del Prado, professeur à Fribourg (Suisse), dont la vigoureuse logique a su, malgré certaines rudesses, rallier bien des suffrages et, chez les jésuites, les PP. Muncunill et Beraza.

G. Frirz et A. MICHEL.

SCOLASTIQUE DE CHATILLON, frère mineur capucin français (Χ τ 5.). — Né à Châtillon-en- Bresse, de parents protestants, il fut élevé dans la religion calviniste. Converti au catholicisme, il entra chez les capucins de la province de Lyon et se distingua par son grand zèle à propager la foi catholique et à attaquer la religion calviniste. Alors qu’il habitait le couvent de Saint-Léonard, dans le Nivernais, il eut, assisté du gardien de ce couvent, le P. Emmanuel de La Richardière, en 1629, une dispute publique avec un ministre protestant du nom de Monsenglard. Le rapport de ce débat, qui roulait surtout sur le purgatoire, fut publié sous le titre : Discours véritable de ce qui s’est passé en la conférence tenue à Chalement (je n’ai pas pu identifier ce nom) entre le r. p. Scolastique de Chastillon en Bresse... el le sieur Monsenglard, ministre de l’église prétendue réformée du dit lieu, Nevers, 1630, in-8, LXXI1-193 p., dans lequel il étale une grande érudition et une connaissance approfondie de la sainte Écriture, des Pères et des langues grecque et latine.

L. Wadding, Scriptores O. M., 3° éd., Rome, 1906, p. 209; Bernard de Bologne, Bibliotheca scriptorum O. M. cap., Venise, 1747, p. 227; Marcellin de Civezza, Storia universale delle missioni francescane, t. ναι, 17e partie, Appendice bibliografica, Prato, 1883, p. 19.

A. TEETAERT.

SCORTIA Jean-Baptiste, jésuite génois (xvit- XVIIe 5.). — Né en 1553, entré au noviciat en 1572, il enseigna la philosophie et la théologie morale et mourut à Gênes, en 1627. Il publia De sacrosanclo missæ sacrificio, Lyon, 1616, in-4°; In seleclas summorum pontificum constituliones epitome ac theoremata, Lyon, 1625, in-40, Cet epitomé donne des extraits des constitutions des papes concernant le droit canonique.

Le premier de ces ouvrages mérite plus qu’une simple mention. Scortia y présente en quatre livres un traité complet de la messe : théologie, droit canonique et morale, liturgie, polémique, spiritualité, histoire. Le premier livre comprend l’étude proprement théologique, le second traite des personnes (qui offre? à qui offre-t-on? pour qui?) et des lieux, les troisième et quatrième donnent une explication détaillée de toutes les cérémonies de la messe.

Sans négliger ni l’Écriture, ni la Tradition, ni les grands théologiens antérieurs, Scortia connaît, utilise, classe tous ses contemporains qui ont, à un titre quelconque, parlé de la messe et qui ont effectivement laissé un nom : Sa, Salmeron, Fr. Ribera, H. Henriquez, Maldonat, Tolet, Canisius, Bañez, les Vasquez, Valentia, Azor, Gutierrez, Molina, Louis Du Pont, Fr. Arias, Th. Sanchez, Miranda, Suarez, Gretzer, Lessius, Richeome, Bellarmin, etc. Autant d'écrivains, autant de théories; Scortia les confronte, les juge; ses préférences vont très nettement à saint Thomas et à saint

Bellarmin; sa position dans les questions controversées est commandée par celle de ces deux docteurs. Immutation et destruction d’une offrande, telle est l'essence de tout sacrifice, telle est la messe (1. I, €. 117, $ 4, 6, 9); à la messe, où le Christ vivant est offert réellement sous les espèces inanimées du pain et du vin, l'immutation consiste dans la consommationetiln'y a, dans les deux consécrations, que mort mystique ex vi verborum ($ 12). Consécration, oblation, communion constituent l'essence du sacrifice de la messe : la consécration, c’est la mactatio; s’en tenir à la consécration d'une seule espèce, c’est représenter incomplètement le sacrifice de la Croix et seulement commencer le sacrifice de la messe (c. vi, ὃ 1, 2); l’oblation, implicitement unie à la consécration, se ramène à la présence de la victime sur l’autel de Dieu et ne comporte ni paroles ni gestes particuliers (c. v, ὃ 2); la communion sous les deux espèces permet l’immutation parfaite du Christ (c’est à ce titre que la messe des présanctifiés est une partie du sacrifice de la veille, ibid.).

L'opinion de Bellarmin, qui place l’immutation dans la communion, est donc fidèlement suivie; mais, embarrassé sans doute par ses présupposés relatifs à l'essence du sacrifice, Scortia voudrait conserver son importance à l’oblation — sans oblation, pas de sacrifice, l’oblation étant le genus du sacrifice (€. v, ὃ 2) — sans parvenir néanmoins à la reconnaître où elle est et sans pouvoir la dégager du rôle subordonné qu’il lui attribue. La première oblation n'appartient, d’après lui, ni à l’essence ni à l’intégrité du sacrifice (1. IV, c. 1, $3); la troisième, qu'il voit dans la prière Unde el memores, ne fait partie que de l'intégrité de la messe (1. I, c. v, ὃ 2). La seconde, essentielle, fait pratiquement corps avec la consécration. Bien qu’il semble avoir échappé aux investigations de M. Lepin, dans L’idée du sacrifice de la messe chez les théologiens, il faudrait pourtant assigner à Scortia le rang de disciple direct de Bellarmin et en même temps reconnaître dans son œuvre comme une ébauche d’une doctrine progressive, si peu décantée soit-elle, vers le sacrifice-oblation.

Scortia donne encore l’impression d’être le témoin d’une doctrine de transition lorsqu'il aborde la question du mode de présence du Christ sous les espèces. Il se défend d'admettre l’annihilation, ce qui supposerait, écrit-il, la soustraction de l’influx divin, alors que cette desitio substantiæ panis et vini se produit par une action positive qui fait se succéder sous les espèces le corps et le sang du Christ (1. IV, c. xv, ὃ 3). Il s’explique davantage au chapitre suivant et se conforme à la doctrine de la xin® session du concile de Trente : la conversion ne forme qu’une seule et unique action positive; au $ 3 : la conversion se fera par production et adduction, production qui signifie seulement rendre présent sous les espèces, passage d’une substance à une autre.

La principale préoccupation de l’auteur est tournée vers la polémique protestante, notamment contre cet impie Luther qui corrompt tout ce qu'il touche, (1. II, c. v, $ 1), polémique sereine et toute positive. Scortia préfère exposer largement sa doctrine et souligner, à l’occasion, les faiblesses de l’argumentation adverse. Quelques développements visent toutefois directement les réformés : les chapitres sur les saintes images, 1. III, c. rx, sur le signe de la croix, 6. virr, sur les reliques, Ὁ, ΧΗ, et l’importante discussion sur la formule de la consécration. L. IV, c. xt, $ 15.

Le large exposé liturgique et mystique des cérémonies de la messe mériterait qu’on s’y arrêtât. L’origine des rubriques, leur évolution et leur symbolisme sont expliqués avec l’ampleur de Durand, d’ai leurs souvent cité. Il est vrai que trop fréquemment Scortia attribue aux Apôtres des cérémonies qui leur sont postérieures (encensements, introït lectures, etc.), ou

SCORTIA (JEAN-BAPTISTE)

ΟΣ 1730 qu'il accorde une autorité excessive à des liturgies plus récentes ; cependant, il ἃ su, en général, puiser à bonne source (le pseudo-Denys, saint Cyrille de Jérusalem, saint Pierre Damien, etc.) et ses explications sont empreintes d’une grande piété, son développement sur les demandes du Paler en fait foi. L. IV, ΟΣ ΣΣΕΙΙ.

Sotvell, Bibl. script. Societ. Jesu, Ὁ. 418; Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vit, col. 965-966; Hurter, Nomenclator, 3° édit., t. 111, col. 863.

A. RAYEZ

SCOTELLUS DI TONNAPARTE ou PIERRE D'AQUILA, frère mineur du xrv® siècle et disciple fidèle de Duns Scot, appelé Scotellus par antonomase et dénommé du titre honorifique de Doctor sufjiciens. Voir Fr. Ehrle, Die Ehrentitel der scholastischen Lehrer des Millelalters, Munich, 1919, p. 38, 42, 44, 48, 52 et 55. — Originaire d’Aquila, il appartint à la province des mineurs des Abruzzes et à la custodie d’Aquila. Voir Barthélemy de Pise, De conformitate, dans Analecta franciscana, t. IV, 1906, p. 530. Il étudia à l’université de Paris, où il fut promu maître en théologie. Il n’est cependant point prouvé, comme quelques-uns le soutiennent, qu’il y ait été l’auditeur de Duns Scot. Ce qui est certain, c’est que, de retour en Italie, il y enseigna les doctrines du Docteur subtil, dont il est, de l’avis des historiens de la scolastique, un des meilleurs interprètes. Même pendant sa vie il avait déjà cette réputation et le chapitre d'Assise de 1334 le chargea, avec quatre autres docteurs de l’ordre, de l'examen du commentaire sur les Sentences de Guillaume de Rubion. Le décret d'approbation de cet ouvrage, porté par Gérard Odonis, général de l’ordre des mineurs, a été publié par Fr. Ehrle, Der Sentenzenkommentar Peters von Candia, dans Franzisk. Studien, fase. suppl. 9, Munster-en-W., 1925, p. 256, n. 1. Il résulte de ce texte que Pierre d’Aquila était à cette époque provincial de la Toscane. D’après J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. τι, Rome, 1921, p. 322, il aurait encore exercé cette charge en 1336.

Le 22 janvier 1344, Jeanne, reine de Naples et de Sicile, choisit Pierre d’Aquila comme un de ses chapelains et familiers. D. Scaramuzzi, ΠῚ pensiero di Giovanni Duns Scoto nel mezzogiorno d'Italia, Rome, 1927, p. 79, en conclut que Pierre d’Aquila doit avoir résidé pendant un certain temps à Naples, où très probablement il est entré en contact avec un autre grand scotiste, Landulphe Caracciolo, et où peut-être il a enseigné au studium de l’ordre. Toutefois, si cela est, il nous semble qu'il faut placer le séjour de Scotellus à Naples avant 1344, puisqu’après cette date il fut inquisiteur pour la Toscane et, en cette qualité, résida très probablement à Florence. Voir C. Eubel, Bullarium franciscanum, t. Vi, 1902, n. 402, p. 192, n. 7; L. Wadding, Annales minorum, 3° éd., t. vir, 1932, an. 1343, n. xxxv, p. 363. Comme il avait été obligé de sévir contre quelques citoyens de Florence, en 1346, ceux-ci s’insurgèrent contre lui. Ils entraînèrent avec eux tous les Florentins dans leur insurrection contre Pierre d’Aquila et l’accusèrent auprès du pape d’avarice et de toutes sortes d’impostures. Voir L. Wadding, Annales minorum, éd. cit., t. vir, an. 1346, n. 1V-vI, p. 390-391. Clément VI, ayant reconnu son innocence, le promut évêque de Sant’ Angelo dei Lombardi, en Calabre, le 12 février 1347 et, le 27 avril suivant, il nomma le frère mineur Michel Lapi comme inquisiteur de la Toscane, à la place de Scotellus. C. Eubel, Bull. franc., t. vi, n. 402, p. 192-193; n. 413, p. 197; n. 426, p. 201, n. 3, et Hierarchia catholica Medii Aevi, 2e éd., t. 1, 1913, p. 90. Le 30 mai 1348, Pierre d’Aquila fut transféré au siège épiscopal de Trivento, dans la province de Campobasso et suffragant de Bénévent, où il mourut en 1361, puisque son successeur fut désigné

SCOTELLUS

le ὃ novembre 1361. Voir C. Eubel, Bull. franc., t. VI, | est déterminée par Dieu pour agir, maïs il nie que de

n. 461, p. 214; Hierarchia, t. 1, p. 495.

L'ouvrage le plus important de Pierre d'Aquila est son Commentarius in quatuor libros Sententiarum, qu’il doit avoir terminé en 1334 et qu’il appelle lui-même Scotellus, parce qu’il constitue une synthèse de la doctrine de Duns Scot, telle qu'elle résulte des leçons données par celui-ci tant à Oxford qu’à Paris et mises par écrit soit par lui-même, soit par ses disciples et auditeurs. Ce commentaire doit avoir exercé une grande influence pendant tout le Moyen Age et au début de la Renaissance, comme en témoigne le grand nombre de manuscrits qui en sont conservés dans toutes les bibliothèques de l’Europe, et les éditions relativement nombreuses qui en ont été faites dans un espace de temps assez bref, à savoir à Spire, s. d., mais probablement en 1480, d’après L. Haïin, Repertorium, t. 1 a, Berlin, 1925, n. 1325, p.156, ou en 1485, d’après W.-A. Copinger, Supplement to Hain’'s Repertorium, t. 1, Berlin, 1926, n. 1324, p. 35, à moins qu’il ne s’agisse de deux éditions successives; Venise, 1501; 1bid., 1584, par le cardinal Constantin Sarnano, conventuel, avec une copieuse table par Guidon Bartolucci, frère mineur; Paris, 1585, réédition de la précédente; Venise, 1600 et 1680. Enfin le P. Cyprien Paolini, frère mineur, ἃ tâché de rétablir le texte primitif et authentique, publié par le cardinal Sarnano, dans l’édition qu’il a donnée en quatre volumes, dont les trois premiers ont paru à Recco, en 1907, et le dernier à Levanto, en 1909.

Pierre d’Aquila se rallie généralement aux doctrines de Duns Scot, qu’il appelle Doctor noster. 1] en appelle cependant bien souvent à l’autorité des autres maîtres franciscains. Ainsi, dans les deux thèses scotistes de l’immaculée conception et de la primauté du Christ ou du motif de l’incarnation, il reprend substantiéllement la doctrine du Docteur subtil. Aux arguments allégués par Scot en faveur de l’immaculée conception, il en ajoute un emprunté aux paroles du Christ : Inter nalos mulierum non surrexit major Joanne Baptista, en faisant observer que le Christ a certainement exclu la Vierge de inter nalos mulierum. Quant au motif de l’incarnation, Pierre d’Aquila se rapproche d’Alexandre de Halès, de saint Bonaventure et surtout de Matthieu d’Aquasparta, en ce qu’il considère ce problème d’une façon hypothétique, plutôt que in facto esse, comme le fait Scot; mais dans son argumentation il suit de près le Docteur subtil, tout en corroborant les arguments de celui-ci. Il distingue entre la substance et la fin de l’incarnation et tient que, si l’on considère l’incarnation en soi, elle aurait eu lieu, même si Adam n'avait pas péché; dans ce cas, néanmoins le Christ doit encore être considéré comme le médecin de l'humanité, non lollens infirmilatem, sed præservans ab infirmilale et largiens perfectam feliciltatem. Si l'on considère la fin de l’incarnation, Pierre d’Aquila dit qu’il faut s’en tenir aux témoignages des saints et que ceux-ci ont enseigné que le Christ s’est incarné indépendamment du péché d'Adam. Il tient également avec Scot que le summum bonum, qui est l’incarnation, ne peut pas être un bien occasionné. Voir D. Scaramuzzi, op. cil., p. 78-79.

Pour la prescience divine, Pierre d’'Aquila défend, dans le premier livre de son commentaire, une théorie qui est opposée à celle qu’il tient dans son second livre. Ainsi, dans le premier livre, il soutient que Dieu connaît les futurs contingents dans la détermination de sa volonté, qui doit avoir infailliblement son effet et s'étend à tous les futurs contingents, donc aussi aux futurs contingents libres. Il admet aussi comme un principe fondamental que la volonté divine est la dernière raison de toute contingence. Il s'ensuit, dès lors, et Pierre d’Aquila le concède, que la volonté humaine

ce fait la liberté soit détruite, sans en donner toutefois une déclaration satisfaisante. Dans le deuxième livre, il rejette l’interprétation de la doctrine de Scot, d’après laquelle le Docteur subtil aurait enseigné que la volonté humaine ne peut pas être la seule et l’unique cause de son acte, parce que, dans ce cas, il n’y aurait pas connaissance de cet acte et il incline à admettre que la volonté créée doit être considérée comme la seule cause de son acte. D’après H. Schwamm, Das gütlliche Vorkherwissen bei Duns Scolus und seinen ersten Anhängern, Inspruck, 1934, p. 296, il faudrait expliquer cette opposition manifeste dans la doctrine de Pierre d’Aquila par le fait qu’il n’a pas bien saisi les points fondamentaux de la question et les relations essentielles qui existent entre la prescience de Dieu et la liberté humaine. Mais cette opposition ne pourrait-elle pas s’expliquer par un changement de doctrine chez Scot luimême, que Pierre d’Aquila aurait trouvé dans différentes recensions de l’enseignement du Docteur subtil?

Pierre d’Aquila se rattache encore très étroitement, et souvent même littéralement, à Duns Scot dans ses théories sur la sainte Trinité, comme l’a montré M. Schmaus, Der Liber propugnalorius des Thomas Anglicus und die Lehrunterschiede zwischen Thomas von Aquin und Duns Scotus, 1195 part., Die trinilarischen Lekhrdifjerenzen, dans Beiträge τ. Gesch. ἃ. Philos. u. Theol. d. M. A.,t. xxix, Munster-en-W., 1930, p. 35, 70, 105, 149-150, 240-241, 357-358, 543-544, 640, 643; de même pour sa doctrine sur les dons du Saint-Esprit, comme l’a démontré K. Boeckl, Die sieben Gaben des Heiligen Geistes in ihrer Bedeutung für die Mystik nach der Theologie des X111. u. XIV. Jahrhunderts, Fribourgen-Br., 1931, p. 148. Pour sa théorie sur le sujet psvchique des vertus cardinales, il se rallierait plutôt à saint Bonaventure qu’à Scot, selon Th. Graf, De subjecto psychico graliæ et virlutum secundum doctrinam scholasticorum usque ad medium sæculum X1V, Fe partie, De subjecto virtutum cardinalium, t. 11, dans Studia Anselmiana, fasc. 3-4, Rome, 1935, p. 200. Pierre d’Aquila reproduirait encore la doctrine de Duns Scot quant à la théologie de l’unicum esse dans le Christ. Il tient que, dans le Christ, il y ἃ un seul esse subsisltentiæ, mais plusieurs esse existentiæ. Voir E. Hocedez, Quæslio de unico esse in Chrislo a doctoribus sæc. XI11 disputata, dans Pont. Univ. Gregoriana, Textus οἱ documenla, series theologica, fase. 14, Rome, 1933, p. 115.

Les doctrines de Pierre d’Aquila paraissent avoir été tenues en honneur et enseignées non seulement dans l’ordre franciscain mais aussi dans les universités. Pour la grande estime dont il jouit chez les mineurs plaide le témoignage significatif de saint Jean de Capistran, conservé dans le ms. lat. 18339, fol. 1 το, de la bibliothèque de l’État à Munich et publié par L. Meier, De schola franciscana Erfordiensi sæculi xv, dans Antlonianum, t. ν, 1930, p. 174-175. Le même saint possédait aussi parmi ses livres le commentaire sur les Sentences de Pierre d’Aquila. Voir A. Chiappini, Reliquie letterarie Capistranensi, Aquila, 1927, p. 289 et 297. L. Meier, dans l’article cité, a prouvé aussi que les théories de Pierre d’Aquila étaient enseignées à l’université d'Erfurt au xv* siècle. Il le déduit de ce que l’on retrouve sa doctrine chez les franciscains qui ont étudié et enseigné à cette université, par exemple chez Nicolas Lakmann (p. 174), et de ce que dans plusieurs manuscrits le commentaire de Pierre d’Aquila est joint à des commentaires sur les Sentences d'Erfurt, par exemple dans le ms. 413 de la bibliothèque publique d’Augsbourg (p. 162); le ms. Fol. 98 de la bibliothèque Amplonensis d'Erfurt (p. 163); le ms. 59 de la bibliothèque de Magdebourg (p. 84).

Quant aux autres ouvrages de Pierre d’Aquila, il règne encore une grande confusion et il est diflicile de

1733 SCOTELLUS — les déterminer avec certitude, Ainsi d'après Barthélemy de Pise, op. cit., p. 339, il aurait composé, outre le commentaire déjà cité, une Lectura super Sententias multum pulchra et un Opus super Sententias (p. 530), que Pierre Rodolphe de Tossignano, Hisloriarum seraphicæ religionis libri tres, Venise, 1586, p. 333, et L. Wadding, Scriplores ord. minorum, 3° éd., Rome, 1906, p. 184, désignent probablement sous le nom de Compendium super Magistrum Sententiarum et font débuter : In ista prima distinctione, quæ est quasi quæstio proæmialis. Marianus de Florence, Compendium chronicarum ord. fr. minorum, Quaracchi, 1911, p. 74, dit que Scotellus scripsit super mullos Aristotelis libros, et L. Wadding, op. cit., p. 184, affirme qu'il est l’auteur de Comment{aria in libros Aristotelis de anima, qui commencent : Anima nascitur sicut tabula rasa.

Outre les ouvrages déjà cités voir : G. Mazzuchelli, Gli scriltori d'Italia, t. τ, 2° part., Brescia, 1753, p. 902-903; A. Dragonetti, Le vite degli illustri Aquilani, Aquila, 1847, p. 60-66; Minieri-Riccio, Memorie storiche degli scrittori nati nelregno di Napoli, Naples,1884, p.271 ;J.-H.Sbaralea, Supplementum ad scriptores Ο. M.,2° éd.,t.11. Rome, 1921, p.322- 323 ; H. Hurter, Nomenclator, 3° éd., t.11, col. 624; H. Lennerz, Ex schola Scoti, dans Gregoriantim, t.x11, 1931, p.466.

A. TEETAERT.

SCOTTI Marcel-Eusèbe, savant ecclésiastique italien, né à Naples, en 1742, membre de l’Académie des sciences et belles-lettres de cette ville en 1779, prédicateur de renom. Scotti acquit une regrettable célébrité en prenant parti contre le Saint-Siège dans le différend entre le pape et la cour de Naples sur la présentation de la haquenée. Son ouvrage (anonyme) Della monarchia universale de’ papi. Discorso umiliato alla Maësta di Ferdinando IV re delle Due Sicile ed a tutti gli sovrani del mondo christiano, Naples, 1789, in-8°, devait être mis à l’index par décret du 2 juillet 1804. Cette affaire obligea Scotti à la retraite; il composa alors différents ouvrages sur l’Église primitive et la liturgie. La révolution napolitaine de 1799 trouva en Scotti un chaud partisan; on le nomma membre de la commission législative révolutionnaire. Emprisonné lors du rétablissement de la monarchie (13 juin 1799), Scotti fut condamné à mort et exécuté en janvier 1800; sa maison fut livrée au pillage et tous ses ouvrages manuscrits jetés au feu. Outre sa Monarchie * universelle des papes, Scotti a publié un Catechismo nautico, Naples, 1789, in-8°, destiné à l'instruction religieuse des gens de mer. Scotti est aussi l’auteur des deux écrits suivants : Dissertazione corografico-storica delle due antiche distrutte citta Miseno e Cuma, Naples, 1775, in-4°. — Orazione in morte dell imperatrice aposlolica Maria-Teresa d’Austria, Naples, 1785, in-4°.

Arnault, Biographie nouvelle des contemporains, t. XIX, Paris, 1825, p. 94-96; Michaud, Biographie universelle, nouvelle éd., t. XXXVIIT, p. 582-583.

J. MERCIER

SCOUVILLE (Philippe de), jésuite belge (χντι9 5.). — Né près de Marche en 1622, après ses études au collège de Luxembourg et à Louvain, ilse destina au barreau; en 1643, il obtenait sa licence en l’un et l’autre droit ; en 1644, il était inscrit au tableau des avocats de la cour de Luxembourg. Il entra au noviciat de Tournai en 1647 et fut, après avoir achevé sa théologie à Douai, occupé comme missionnaire pendant quarante ans dans le Luxembourg et les pays limitrophes. Il accompagna plusieurs années, dans ses tournées pastorales, Mgr d’Anethan, évêque auxiliaire de Trèves, en qualité d’adjunctus regius; le roi d’Espagne, duc de Luxembourg, désignait ainsi le délégué qu’il choisissait pour le représenter auprès de l’évêque. Scouville avait à veiller à la réforme du clergé et des fidèles, à contrôler l’enseignement, à dirimer les procès, bref, à traiter toutes les questions de droit. Il publia un grand nombre d’ouvrages de piété et de vies de saints,

SCRIBANI

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