‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 67 sur 457 · CHARLES · texte numérisé non relu

CHARLES

notamment : Directorium confraternitatis christianæ doctrinæ, 1667, et Sancla Sanclorum sancte tractandi sive religiose sacrificandi methodus, Liége, 1669; il documenta le bollandiste Papebroch sur sainte Odile.

Pour s’aider dans ses missions, servir ses confrères et maintenir un souvenir durable de son enseignement dans les confréries de la Doctrine chrétienne qu'il instituait un peu partout, il composa en allemand un commentaire du Calechismus catholicus de Canisius, Cologne, 1676, 7 vol. in-8°, compendium de dogme et de morale écrit avec clarté et solidité; autres éditions : 1682, 1684, 1687, 1689, 1692; il a été depuis et jusqu’au xIx® siècle réédité ou réadapté. A l’adresse des maîtres d’école, il le condensa : Abrégé du catéchisme cathotique, Luxembourg, 1696; les évêques recommandèrent vivement cet Abrégé; il est encore aujourd’hui fort apprécié. Un abrégé plus petit encore fut publié et revu par le P. Wiltz. Le P. de Scouville mourut en 1701 à Luxembourg.

A. Pruvost, Vie de Philippe de Scouville, Luxembourg, 1866; Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. ΝΙΙ, col. 970-982; E.-M. Rivière, Additions et corrections……, col.802-803; Sotvell, Bibl.scriptorum Soc.Jesu, p.713; Hurter, Nomenclator, 39 éd., t. 1V, col. 715; Feller, Dictionnaire universel, t.vit, p.512; de Guilhermy, Ménologe de la Compagnie de Jésus, Germanie, 119 sér., t. 11, p. 443; Biographie nationale de Belgique, t. XxX11, col. 114-116.

A. RAYEZ

SCRIBANI Charles, jésuite belge (xvI®-xvIIe 5.). — Né à Bruxelles en 1561,il entra au noviciat de Trèves en 1582 et, après ses études, joua un rôle important dans l’administration et le gouvernement de la Compagnie : vingt-deux ans recteur des collèges d'Anvers et de Bruxelles, deuxième provincial de la province flandrobelge (1613-1619). La séparation des provinces faite d’après la frontière linguistique suscita des rivalités, fit craindre au général Aquaviva une poussée de nationalisme et mit à rude épreuve les talents administratifs de Scribani. Il eut la consolation de recevoir au noviciat de Malines saint Jean Berchmans (1616); c’est lui aussi qui l’envoya au Collège romain (1618). Très considéré en cour de Rome, où les cardinaux Frédéric Borromée et Barberini (le futur Urbain VIII) étaient ses amis, apprécié et consulté par les princes, les rois (Philippe IT, Ferdinand II), les marchands, les magistrats, il mourut à Anvers en 1629.

Écrivain abondant, il a laissé des œuvres polémiques, historiques et spirituelles. Parmi les premières, il faut notamment signaler : Ars mentiendi calvinisla, Mayence, 1602. — Amphitheatrum honoris in quo calvinistarum in Societatem Jesu criminationes jugulatæ, Anvers, 1605 (publié sous l’anagramme de Clarus Bonarscius), dans lesquels il répond avec verve aux accusations portées contre les jésuites. C’est à l’occasion de ce dernier ouvrage que, dénoncé à Henri IV, il en reçut des félicitations et des lettres de naturalisation. — Défense posthume de Juste Lipse, 1608, composée, semble-t-il, à cause des relations de Lipse avec Lavinus Torrentius, évêque de Tournai, oncle de Scribani; — Orthodoxæ fidei controversæ, Anvers, 1609, 3 vol.in-8°. L'ensemble de ses écrits le fit appeler la « terreur des calvinistes ».

A cause des renseignements de première main dont il pouvait faire état, les œuvres historiques de Scribani, bien qu’elles soient souvent un panégyrique, demeurent précieuses : Anlverpia; Origines Antverpiensium, tous les deux édités à Anvers en 1610; son Veridicus Belgicus, Anvers, 1624, 1626, 1627, présente les différents gouverneurs des Pays-Bas et tente de caractériser la psychologie des Belges de cette époque.

Directeur de conscience fort couru, moraliste très réputé, irrefragabilis norma, dit son épitaphe, Scribani a fait passer dans ses nombreux opuscules et traités

spirituels ses conseils et, sans doute, y note-t-il aussi sa manière d'agir. Nous ne ferons que les citer, car ils relèvent plutôt de la spiritualité. Un livre de Méditations parut en flamand, Anvers, 1613 et fut traduit en latin par le P. J. Brissel, Anvers, 1615, et en français (avec quelques suppressions) par Philippe Dinet, Paris, 1619; ces Médilations ne font que développer le thème des Exercices. — Philosophus christianus, Anvers,1614. — Amor divinus, Anvers, 1615, plusieurs éditions parurent chez Chevalier à Lyon du vivant de l’auteur; on pourrait l’appeler aussi bien Élévations sur les mystères. — Medicus religiosus, de animorum morbis el curalionibus, Anvers, 1618, Lyon, 1619, Munster,1620, etc., traité de direction spirituelle destiné à des religieux. — Superior religiosus de prudenti ac religiosa gubernatione, Anvers, 1619, Lyon, 1620, Munster, 1620, etc., dédié à l’abbé de Liessies ; ces deux ouvrages semblent s'inspirer du Panarion de Busée, 1608, mais où l’apparat scripturaire et patristique aurait été considérablement allégé et où les remedia proposés seraient devenus pratiques, concrets. — Adolescens prodigus, Lyon, 1622, sous forme de dialogue. — Politicus christianus, 1621, etc. Scribani eut aussi quelque part à l'édition des œuvres posthumes de Lessius.

Hurter, Nomenclator, 3° édit., t. 111, col. 724-725; Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vit, col. 982-990; t. ΙΧ, col. 849; Sotvell, Bibl. script. Soc. Jesu, Ὁ. 133; de Guïlhermy, Ménologe de la Compagnie de Jésus, Germanie, 110 sér., t. 1, p. 609; Feller, Biographie univers?lle, t. V1, p. 512; Biographie nationale de Belgique, τ. xxx, col. 116- 129 (on y trouvera une bibliographie plus détaillée); Poncelet, La Compagnie de Jésus dans les anciens Pays-Bas, t. r'et 11, passim (cf. la table à la fin du t. 11); J.-M. Prat, Recherches historiques et critiques sur la Compagnie de Jésu; en France du temps du P. Coton, t. 11, p. 438-447, à propos de l’Amphitheatrum de Scribani.

A. RAYEZ

SCRIBONIUS Jean-Marius, frère mineur français de la stricte Observance (xvrr siècle). — Originaire du diocèse de Coutances, il appartint tour à tour, semble-t-il, à la province de Saint-Thomas et de Saint- Denis des observants, de sorte que Jean de Saint- Antoine, Bibliotheca universa franciscana, Madrid, 1732-1733, distinguerait à tort deux mineurs de l’Observance, dont l’un, Jean-Marius Scribonius, aurait appartenu à la province monastique de Saint-Denis et l’autre, Marius Scribonius, à celle de Saint-Thomas. Après avoir enseigné pendant quinze ans la théologie il édita Pantalithia seu Summa flotius verilatis theologicæ, Paris, 1620, dans laquelle il s’efforce de ressusciter la théorie oubliée et ensevelie depuis assez longtemps du dominicain Ambroise Catharin (Lancelot Politi), d’après laquelle, pour administrer validement un sacrement, une intention purement extérieure, et nullement intérieure, serait seule requise dans le ministre. Voir ici, au mot Pozrrr (Lancelot), t. ΧΙ, col. 2431-2433. Il serait encore l’auteur de Conciones in omnia Jesu Christi evangelia toto Adventus curriculo legi solila, Paris, 1619; Sermones de Verbi incarnalione per totum Adventum, ibid., 1622; Super universum Testamentum commentarii, qui, d’après Jean de Saint-Antoine, op. cit., t. 11, p. 332, étaient conservés de son temps au couvent Sainte-Marie-des- Anges à Turin; Æpisltola 5. Judæ elucidata tempore Adventus in ecclesia Metensi, Chambéry, 1634.

L. Wadding, Scriplores O. M., 3° éd., Rome, 1906, p. 145; .J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° 6d., τ. 117, Rome, 1921, p. 102; J. Pérennès, Dictionnaire de bibliographie catholique, t. 1, Paris, 1858, col. 399; H. Hurter, Nomenclator, 3° 64., t. 111, col. 641.

A. TEETAERT.

SCRUPULE. -- I, Sa nature. II. Ses causes III, Ses effets néfastes. IV, Comment remédier au scrupule.

SCRIBANI (CHARLES) —

I. NATURE DU SCRUPULE. — 1° Nolion analytique. — Le scrupule, qui est une obsession et une phobie dans les matières qui relèvent de la conscience morale, est une disposition d'âme, mal fondée, qui fait croire à celui qui en est affecté qu’une action est illicite alors qu’en réalité elle ne l’est pas. Le sujet appréhende aussi ordinairement de tomber fréquemment dans le péché, même dans la faute grave et cela uniquement pour des motifs vains ou légers. Cette anxiété trouble la paix de l’âme et la remplit d’une inquiétude d’autant plus forte que le scrupuleux est d’une sensibilité plus vive. De ce fait le jugement porté par la conscience risque d’être faussé. Suivant les cas il est certain ou douteux. Or, c’est l’enseignement des théologiens, le dictamen de la conscience certaine doit être suivi. Dans l’autre cas, à savoir si l’âme est « agitée par les scrupules », il ne doit pas être écouté. Seule cette situation morale nous retiendra en cet article.

Le scrupule se distingue de la conscience délicate. Celle-ci essaie de connaître les plus petits défauts de l’âme, les considère comme des faiblesses, des imperfections ou des fautes vénielles et non pas comme des péchés graves et essaie par amour pour Dieu de s’en corriger : bref, elle s’alarme du péché réel et non pas de celui qui n’est qu'imaginaire, ne consent à rien de peccamineux, même en matière très légère et pour demeurer fidèle à Dieu fuit toujours les occasions qui pourraient lui être spirituellement funestes.

20 Signes du scrupule. — La notion analytique qui vient d’être donnée du scrupule se précise davantage par la connaissance des principaux symptômes par lesquels il se manifeste, bien qu’ils ne se trouvent jamais tous ensemble chez le même sujet. C’est l’incapacité de parvenir à la certitude, le doute et la crainte, l’anxiété sur la qualité des confessions, le jugement obstiné et certaines bizarreries extérieures.

1. L'incerlilude. — Le symptôme le plus général, semble-t-il, du scrupule est l'incapacité de l’âme à parvenir au sentiment de certitude dans les questions d'ordre moral. Quand elle y atteint, ce n’est que d’une façon éphémère. Aussi, privée de la paix et du contentement intérieurs, éprouve-t-elle un malaise moral qui la met en sérieux état d’infériorité.

2. Le doute et la crainte. — L'incertitude dans laquelle elle vit engendre le doute sur la moralité de toutes les manifestations publiques ou intimes de sa vie morale et surnaturelle. Puisqu'’il s’agit de ses intérêts les plus sacrés, elle est à la torture, car elle craint de commettre le péché, et le péché grave, en toute occurrence, même s’il est question de choses honnêtes ou indifférentes. L’angoisse causée par la crainte est parfois si vive qu'elle brise l’équilibre des facultés, exalte au maximum l'imagination, obnubile l’intelligence et produit un tel affolement intérieur que toute appréciation morale est rendue presque impossible.

3. Intégrilé des confessions. — Les anxiétés des âmes scrupuleuses portent souvent sur l'intégrité de leurs confessions. Par rapport au passé, elles éprouvent des inquiétudes, car elles craignent de ne pas avoir fait connaître, comme il fallait, les détails de leurs fautes. Aussi, pour y mettre fin, désirent-elles sans cesse produire de nouvelles accusations générales ou reprendre telle partie de leurs confessions antérieures. Par ailleurs, quand elles s’approchent du tribunal de la pénitence, leurs aveux se répètent et se perdent dans les détails ou dans le récit de circonstances dont la connaissance estinutile. Π ne faudrait pas cependant se hâter de généraliser. Un nouveau converti qui a beaucoup péché est parfois inquiet de certaines de ses confessions du passé et, après une accusation générale au tribunal de la pénitence, peut légitimement revenir sur certains détails, jugés insuffisamment accusés. De même dans la vie morale, la culpabilité peut quelque-

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