D'AUTHENTICITÉ
| Karl Prantl, dans son Histoire de la logique en Occident,
t. 1, Leipzig, 1864, p. 264-293, émit l’idée que l’opuscule de Pierre d'Espagne n’était qu’une traduction de la Σύνοψις de Michel Psellos. Contredit par le Français Ch. Thurot, Prantl maintint sa thèse et la fortifia par de nouveaux arguments dans les éditions ultérieures de son ouvrage. Il publia même, en 1877, une dissertation spéciale sur la question, à laquelle Thurot répondit. Les historiens de la philosophie et de la littérature byzantine qui ont écrit depuis cette controverse ont pris parti tantôt pour le premier, tantôt pour le second. Dans un article paru en 1896 et aussi dans sa monographie sur le pape Jean XXI, Papst Joannes XXI, Munster, 1898, p. 16 sq., R. Stapper reprit la question en étudiant la tradition manuscrite et ruina à peu près complètement la thèse de Prantl. Cependant la question ne parut pas résolue à plusieurs, et l’on voyait encore, en ces dernières années, des historiens sérieux hésiter à se prononcer dans un sens ou dans l’autre, ou même soutenir encore l’opinion de Prant]. La nouvelle édition vide définitivement le débat, car elle repose sur trois manuscrits autographes réclamant pour Scholarios la paternité de la traduction grecque et affirmant par le fait même que les Summulæ logicales n’ont rien à voir avec Michel Psellos et sont bien l’œuvre de Pierre d'Espagne. Rectifier en ce sens l’article JEAN XXI, t. vx, col. 632.
[) Traduclion du « De sex principiis » de Gilbert de La Porrée (p. 338-350). — Le texte latin de cet opuscule n’est pas la limpidité même. On pardonnera à Scholarios les libertés qu’il s’est données pour ne pas être incompréhensible. À maint endroit, en effet, la traduction devient plus ou moins paraphrase ou commentaire.
2. Grammaire. — Composé à la demande de Manuel Sébastopoulos, cet ouvrage est sans doute le premier que Scholarios ait publié. Il l’a divisé en deux parties, qu'il intitule Première introduction et Seconde introduction à la grammaire. En fait, la première répond à ce que nous appelons la morphologie (p. 351-424). La seconde (p. 425-498) est un curieux lexique, disposé selon les lettres de l’alphabet. De ce lexique on peut dire que c’est avant tout un recueil de mots rares, bien que les mots usuels s’y trouvent aussi.
Il y a, dans la première partie, un passage intéressant directement la théologie. S’occupant de la préposition διά et de ses diverses significations, Scholarios a été amené à changer sa première rédaction, qui était toute favorable à la doctrine catholique pour ce qui regarde l'interprétation de la formule des Pères grecs sur la procession du Saint-Esprit : ἐκ Πατρὸς διὰ τοῦ Υἱοῦ ἐκπορεύεται. Relisant plus tard .cette œuvre de jeunesse dans l’actuel Ambrosianus 291, l'auteur ἃ complètement raturé sa première rédaction et lui a substitué un nouveau texte, où se lisent les diverses significations de la préposition διά inventées pour enlever à la formule grecque toute force probante en faveur de la procession éternelle du Saint-Esprit ἃ Patre per Filium.
3. Varia (p. 499-507). — Sous ce titre viennent six courts morceaux, dont plusieurs ne sont que des notes marginales. Le n. 1 est une brève dissertation sur la nature du bonheur d’après Aristote et Plotin. Il a pour but de concilier les définitions du bonheur données par ces philosophes. Les n. 2, 3 et 4 sont des notes marginales au Contra errores Græcorum de Manuel Calicas, aux Leltres de saint Basile et au Contra Celsum d’Origène. Le n. 5 est un bref éloge d’Aristote signé de Gen nade.
109 Authenticité des écrits unionistes de Scholarios. - Par écrits unionisles de Georges Scholarios nous entendons : 1. Les déclarations et les discours faits par lui au concile de Florence en faveur de l’union et de la
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doctrine catholique sur la procession du Saint-Esprit, imprimés dans le t. 1 des Œuvres complètes (voir plus haut, col. 1531 sq.);2. La Réfulation des chapitres syllogistiques de Marc d’ Éphèse, qui termine le t. πὶ (voir plus haut, col. 1510).
L'authenticité, ou du moins, l'intégrité de ces pièces, a été rejetée ou mise en doute par plusieurs auteurs. Sans parler de ceux qui, comme Allatius et Jean- Matthieu Caryophylle, ont dédoublé ou même triplé le personnage de Scholarios pour résoudre le problème, il faut nommer, parmi ces auteurs, E. Renaudot, Gennadii patriarchæ homiliæ…., Paris, 1709, p. 43, 52-53, qui ἃ cru à des interpolations dans les discours de Florence, à cause d’allusions qu’il a cru y découvrir à la prise de Constantinople. Mais il n’y ἃ pas trace d’allusions de cette sorte dans les textes publiés. Renaudot était, par ailleurs, peu à même d'apprécier exactement le rôle de Scholarios à Florence, parce qu'il lui attribuait faussement les discours sur le Purgatoire qui appartiennent à Marc d'Éphèse. Plus récemment, Théodore Fromann, Xrilische Beiträge zur Geschichte der Florentiner Kircheneininung, Halle, 1872, p. 86- 104, n’a rejeté comme apocryphes que les pièces n. 1 et 2, c'est-à-dire le Billel de Scholarios à l'assemblée des Orientaux (t.1, p. 295-296) et l’'Exhortalion sur la nécessilé de secourir Constantinople ou πχράκλησις (ibid., p. 296-306). Hefele, Histoire des conciles, trad. Leclercq, t&. var ὃ, p. 1000, note 1, a adopté la conclusion de Fromann. Spanheim, Acla sanctorum, aug. t. 1, p. 194, avait rejeté en bloc tous ces discours comme apocryphes. Bien plus nombreux encore ont été les critique; qui ont nié la paternité de Scholarios pour ce qui est de la Réfutalion des syllogismes de Marc d’Éphèse. Fabricius, Bibliotheca græca, éd. Harlès, t. xt, p. 392, οἵ, à sa suite, Hefele, Tübing. Theol. Quartalschrift, 1848, p. 197-199, et Rochol, Bessarion. Studien zur Geschichle der Renaissance, Leipzig, 1904, p. 73, l'ont attribuée à Grégoire Mammas. Hergenrôther, Préface aux œuvres de Bessarion dans P. G., t. cLxt, col. 3-7, et tout récemment L. Mohler, Kardinal Bessarion als Theologe, Humanist und Staatsmann, t. 1, Paderborn, 1923, p. 232-235, hésitent à se prononcer et laissent la question en suspens.
Après l'édition complète des œuvres, l'authenticité des écrits en question ne peut donner lieu à aucun doute sérieux. Voici les preuves de notre assertion tout d’abord pour les discours prononcés à Florence :
1. Il y a, en premier lieu, le témoignage concordant des trois mss qui nous les ont conservés : le Laurenlianus 3 dei Conventi soppressi, V Ambrosianus 252 et le Parisinus 422, Ils sont presque entièrement remplis par les Acles du concile de Florence, rédigés par Dorothée de Mitylène, un des évêques grecs qui assistèrent au concile, et ne présentent aucune trace d’interpolation. Le premier est un autographe de Jean Plusiadenus, qui devint évêque unioniste de Méthone sous le nom de Joseph. La véracité du récit de Dorothée n’a jamais été sérieusement contestée par les critiques. Ce récit, beaucoup plus complet que celui de Syropoulos, dont le caractère tendancieux n'échappe à personne, concorde généralement avec lui et ne le contredit nulle part. Pour ce qui regarde en particulier l'attitude de Georges Scholarios au concile, l'accord est parfait entre eux, Sans doute, Syropoulos ne donne pas le texte des discours de Georges; mais, outre qu’il nous a conservé le texte de la formule de conciliation rédigée par Scholarios et adoptée par la majorité des Grecs, op. cil., p. 243-244, il nous montre en lui un partisan décidé de l'union, qui, avant le départ des Grecs pour Ferrare, les exhorte à se rendre au concile et leur donne d'excellents conseils sur la manière de mener les discussions dogmatiques, ibid., p. 49-50, et qui, au moment d'entamer les débats sur le Filioque, est d'avis de
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