‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 70 sur 457 · SCYTHES (MOINES) — SÉBILLE (ALEXANDRE · texte numérisé non relu

SCYTHES (MOINES) — SÉBILLE (ALEXANDRE

giæ scolisticæ de Dupasquier se recommande par sa concision et sa clarté et que Dupasquier lui-même doit être considéré dans l’histoire des dogmes et des doctrines comme le vrai représentant, au Χ τι siècle, de l’école scotiste. Voir Histoire des dogmes, t. νι, Période des temps modernes, 2° éd., traduite par A. Degert, Paris, 1904, p. 44.

J.-H. Sbaralea-E. Rinaldi, Scriplores trium ordinum S. Francisci continuati, dans J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2e éd., t. 111, Rome, 1906, p. 293; D. Sparacio, Frammenti bio-bibliografici di scrittori ed autori minori conventuali dagli ultimi anni del 600 al 1930, Assise, 1931, p. 79-80 et dans Miscellanea franciscana, t. XXVII1, 1928, p. 152.

A. TEETAERT.

SÉBILLE Alexandre, dominicain anversois (1612-1657). — ΤΙ fit ses études de théologie à l’université de Salamanque avant d’enseigner avec éclat la théologie de la liberté et de la grâce à l’université de Louvain. Il mourut prédicateur de la cour de Bruxelles et prieur de son couvent d'Anvers. Sébille représente, en plein milieu favorable à l’augustinisme renforcé de Baïus et de Jansénius, la réaction d’augustinisme modéré des dominicains thomistes, qui tiennent à la prémotion physique mais ne veulent pas considérer comme entachés de nécessité ou de coaction les actes méritoires des hommes. Vers 1648, la lutte entre jansénistes, thomistes et molinistes était extrêmement vive à l’université de Louvain autour d'Alexandre Sébille, Les conclusions de Sébille sur la liberté et plus exactement sur l’accord entre la grâce du Dieu Tout-Puissant et la liberté d’indifférence départie absolument à chaque homme, conclusions qui nous paraissent pourtant d’une orthodoxie et d’une modération parfaites, ne purent pas être proposées et défendues en 1649. Mais Sébille n’était pas d'humeur à céder devant ses adversaires. Il s’appuya sur maître Turco, général de son ordre. Il en appela au pape Innocent Χ. Les thèses de Sébille furent pleinement approuvées par le Saint- Siège. Maître Turco qui partageaïit les convictions théologiques de Sébille exigea que les conclusions de ce dernier, repoussées jusque-là à Louvain, y fussent défendues par son auteur même.

C'était l’époque où deux jésuites éminents, Petau et Deschamps (ce dernier sous le pseudonyme de « Richard ») avaient publié deux opuscules sur le libre arbitre, dans un esprit vivement anti-janséniste. Ils s’attirèrent une triple réponse du théologien liégeois Froidmont (voir ici, t. vi, col. 927), héritier spirituel de son ami Jansénius. La plus importante de ces trois répliques de Froidmont était intitulée Vincentii Lenis theriaca adversus Petavium et Ricardum, Paris, 1646. Certains théologiens, qui ne savent pas que Vincent Lenis est un nom de guerre de Froidmont, font donc intervenir dans le débat le théologien Lenis! Froidmont, doyen du chapitre de Saint-Pierre à Louvain, professeur à l’université, était le principal adversaire doctrinal d’Alexandre Sébille. D’où l’ouvrage de celui-ci : D. Augustini et SS. Patrum de libero arbitrio interpres thomisticus adversus Cornelii Janseniti episcopi Iprensis doctrinam, prout defendatam in Theriaca Vincentii Lenis, theologi Arausicani, authore Fr. Alexandro Sebille Antverpi ordinis prædicatorumS. T. Doctore, quondam in Universitate Salamantina philosophiæ professore et in Lovaniensi studio generali sui ordinis regente primario, 1e édit., Mayence, 1652; 2e édit., Venise, 1672, in-89, 450 p.

L'ouvrage est capital pour qui veut comprendre les controverses théologiques sur la grâce et la liberté au xvure siècle. En un latin excellent, l’auteur se borne à analyser et à réfuter très précisément deux sortes d’adversaires : d’un côté les deux jésuites et de l’autre Froidmont. Pour ce qui concerne Froidmont, il le dépasse, il l’écrase, si l’on ose dire, par toute la supé-

riorité de sa connaissance des théologiens scolastiques, trop méprisés et trop ignorés des jansénistes. Sébille dispute formaliter et per se sur la nécessité d’une liberté d’indifférence totale pour chaque acte libre et méritoire. Une volonté, sollicitée par une pente peccamineuse plus ou moins invincible comme le voudraient les jansénistes, n’est plus absolument libre. Extrêmement utile est l’exposé des thèses thomistes des difrérents auteurs : Albert le Grand, Innocent V, Hervé de Nédellec, Pierre de La Palud, Armand de Belvedere, Robert Holkot, saint Antonin, Raïinier de Pise, Capréolus, Soncinas, Dominique de Flandre, Cajétan, Silvestre de Ferrare, Conrad, Javelli, Diez, Jean de Naples, Dominique Soto, Durand de Saint-Pourçain, puis de nombreux autres théologiens non thomistes, mais affiliés à saint Augustin. A dire vrai, Sébille fait refluer le problème vers l’étude de la puissance, tandis que saint Thomas l’avait précisé par l’étude de l’acte libre; or,-c’est par l’acte qu’on connaît la puissance, non pas inversement. La juste pensée de Sébille, protestant contre une opinion des jansénistes nettement hétérodoxe, reste donc un peu floue. Lorsqu'il attaque subsidiairement ses adversaires jésuites à propos de la Physica prædeterminatio, pour employer son expression favorite, son raisonnement est plus précis et sa verve excellente.

Mortier, Histoire des maîtres généraux de l’ordre des frères précheurs, t. vit, 1914, p. 97; Quétif-Échard, Scriptores S. ordinis prædic., t. 11, 1721, p. 585-586.

M.-M. GORCE.

SEBON (Raymond de). Voir article MONTAIGNE, t. x, col. 2340-2341.

SECONDI Dominique, frère mineur conventuel italien (xvirie-x1xX® 5.). — Né à Barchi, dans la Marche d’Ancône, en 1773, il entra jeune dans l’ordre des conventuels de la province d’Ombrie, probablement au couvent de Montefalco. Il étudia la philosophie à Spello et, à partir de 1794, la théologie à Assise. En 1801 il fut inscrit comme étudiant au collège Saint- Bonaventure des conventuels à Rome et y prit le doctorat en 1803. Cette même année il fut nommé régent et professeur au studium philosophique de l’ordre à Spello et, en 1807, il passa avec les mêmes charges au studium de Pérouse, où il occupa aussi la chaire de théologie à l’université. Le 18 décembre 1818, il fut nommé professeur de théologie à l’université d’Urbino. Il exerça dans sa province, à plusieurs reprises, la charge de gardien à Spello et à Pérouse, ainsi que celle de provincial, en 1826. Élu procureur général en 1827, il fut appelé à régir l’ordre entier comme général dans le chapitre de 1830. Il enseigna aussi la théologie à la Sapience à Rome. Le 2 juillet 1832, Grégoire XVI le fit évêque d’Assise; il se démit en 1841. Promu archevêque titulaire de Bosra, il se retira au couvent de Spello, où il mourut le 3 avril 1842. Il fut enterré dans le sanctuaire de Rivotorto, à Assise.

Dominique Secondi est l’auteur de nombreux écrits inédits, qui passèrent au conventuel M. Rosato Settimi, son exécuteur testamentaire : Cursus completus philosophiæ; Cursus completus theologiæ dogmaticæ ; Tractalus de re sacramentaria, rédigé pour ses élèves de la Sapience à Rome; Tratlalo sopra i doveri dell’ uomo in ogni slalo; plusieurs sermons, homélies, discours et circulaires. Outre une allocution tenue au chapitre général de 1830, une lettre pastorale et une neuvaine en l'honneur du bienheureux André de Spello, il édita : Riflessioni sulla educazione, Pérouse, 1823; IL filosofo crisliano che medila sul sepolcro, Assise, 1836, 1843 et

D. Sparacio, Frammenti bio-bibliografici di scritlori ed autori minori conventuali dagli ultimi anni del 600 al 1930, \ssise, 1931, p. 177-178 et dans Miscellanea franciscana,

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