‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 85 sur 457 · SÉLEUCIE (CONCILE DE · texte numérisé non relu

SÉLEUCIE (CONCILE DE

tion de la minorité tendant à la promulgation d’une nouvelle profession de foi suscita un long et tumultueux débat. A en croire saint Hilaire, des membres de la minorité auraient avancé que « rien ne peut être semblable à l’ousie divine » et que le Christ est « une créature tirée du néant». On aurait aussi donné lecture d’un passage d’un discours d'Eudoxe, portant « que Dieu n’a jamais été Père car il n’a pas de Fils, s’il avait eu un Fils il aurait fallu qu'il eût une femme... » Voir le texte complet de ce passage d'Eudoxe dans saint Hilaire, Contra Constantium, 1. 11, c. xxx, P. L.,t. x, col. 590 sq. Finalement, sur la proposition de Silvain de Tarse, la majorité décida de s’en tenir au symbole de la Dédicace. Ce symbole est le second de ceux dits de la Dédicace. Sur ce point voir Bardy, Le symbole de Lucien d’'Antioche et les formules du synode « in encæniis », dans Recherches de science religieuse, t. 111, 1912, p. 148 sq. Nous avcns donné plus haut les passages principaux de ce symbole. Quand cette décision fut prise, la minorité avait déjà quitté la salle conciliaire.

La seconde session eut lieu à huis clos le lendemain 28 septembre. Malgré les protestations d’'Acace, le symbole de la Dédicace fut signé par 105 membres du concile.

A la troisième session, le 29 septembre, Basile d'Ancyre était présent ; Acace, au nom de son parti, déclara qu’il refusait de siéger si les évêques qui avaient été déposés ou qui étaient sous le coup d’une accusation continuaient à prendre part aux délibérations conciliaires. Pour le bien de la paix, les évêques visés par la déclaration d’Acace se retirèrent. Cyrille de Jérusalem était du nombre de ceux-ci, car il avait été déposé par un concile; probablement aussi Basile d’Ancyre, car des plaintes avaient été déposées contre lui pour actes de violence perpétrés par lui au temps de sa faveur, en 358, après la troisième déclaration de Sirmium. Le comte Léonas donna ensuite lecture d’un écrit qu'Acace lui avait remis. Les procédés tumultueux de la première session y étaient blâmés ; ensuite il y était dit : « Nous ne repoussons pas la foi authentique promulguée à la Dédicace d’Antioche... mais comme les termes ὁμοούσιος et ὁμοιούσιος ont causé bien des troubles et en suscitent encore... nous les repoussons comme étrangers à l’Écriture et nous frappons d’anathème le terme ἀνόμοιος... Nous confessons le Fils semblable au Père, selon la parole de l'Apôtre qui a dit du Fils qu'il est l’image du Dieu invisible...» Pour le reste, la pièce, lue par le comte Léonas, reproduisait la quatrième formule de Sirmium. Cet exposé de la foi n’obtint aucun succès auprès de la majorité du concile bien que la réprobation de l’anoméisme et la citation de Col., 1, 15, constituât une avance aux homéousiens. Sophrone, évêque de Pompéiopolis, s’écria : « Si l’affermissement de la foi consiste dans la concession faite à un chacun d'émettre chaque jour une opinion particulière, c'en est fait de la certitude de la foi. » Éleusius de Cyzique déclara : « Si Basile et Marc (d’Aréthuse qui avait tenu la plume pour la rédaction de la quatrième formule de Sirmium) ont fait quelque chose en leur particulier, si eux et les acaciens s’entre-accusent sur tel point particulier, cela ne regarde pas le concile, il n’a pas à rechercher si leur exposition de la foi est satisfaisante ou non. »

A la quatrième session (30 septembre), Acace fit remarquer que, à plusieurs reprises depuis le concile de Nicée, on avait promulgué une nouvelle formule de foi. Éleusius lui répondit que le concile n’était pas réuni pour élaborer un nouvel exposé de la foi, mais pour s’en tenir à celle des Pères, lesquels, selon la pensée d'Éleusius, étaient ceux du concile de la Dédicace d'Antioche. Le lendemain, 1® octobre, le comte Léonas refusa de venir à la séance. Il dit aux envoyés de

la majorité qui insistaient auprès de lui : « J'ai été envoyé par l'empereur à un concile uni quant à la doctrine; comme plusieurs d’entre vous ne sont pas d'accord, je ne puis être avec vous; allez disputailler à l’église ». La minorité s’abstint aussi, mais la majorité siégea. Elle rétablit Cyrille sur le siège de Jérusalem, prononça la déposition d'Acace, de Georges, l’intrus d'Alexandrie, et d'Eudoxe, lequel fut inconlinent remplacé par Annien. Enfin elle chargea dix de ses membres d'aller rendre compte à l’empereur de ce qui s'était passé. Eustathe de Sébaste, Basile d’Ancyre, Éleusius de Cyzique et Silvain de Tarse faisaient partie de cette délégation, à laquelle se joignit saint Hilaire.

4° Acace et Eudoxe qui les avaient précédés à Constantinople étaient parvenus à susciter dans l'esprit de l'empereur des préventions contre la majorité du concile de Séleucie. Quand la délégation de cette majorité se présenta à l'audience impériale, Basile d'Ancyre, se fiant à son ancien ascendant sur l'esprit de Constance, lui reprocha de s'être éloigné des « dogmes apostoliques ». Mais l’empereur lui imposa silence et le traita de fauteur de troubles. De longs et orageux pourparlers s’engagèrent ensuite en présence de l’empereur entre les envoyés de la majorité d’une part, Acace et Eudoxe d'autre part. Eustathe de Sébaste donna lecture d’un exposé de la foi à tendance nettement anoméenne et dénonça Eudoxe comme son auteur. Celuici essaya d’esquiver cette accusation en affirmant que cet exposé n’était pas de lui mais d’Aétius. Sur les menaces de l’empereur, Eudoxe anathématisa l’écrit de son protégé anoméen, mais réussit à se maintenir dans les bonnes grâces de Constance. Pour embarrasser ses adversaires, il proposa la réprobation des termes ὁμοούσιος et ὁμοιούσιος comme non contenus dans l’Écriture. Les homéousiens parèrent le coup en demandant la condamnation des termes χτίσμα et ἑτεροούσιος qui, eux non plus, ne sont pas dans l'Écriture. Silvain de Tarse essaya ensuite de démontrer le bien fondé de la doctrine homéousienne par le moyen de syllogismes, mais il n’arriva pas à convaincre ses adversaires. Les discussions s’éternisaient parce que Constance attendait de jour en jour l’arrivée des délégués du concile de Rimini qui devaient lui apporter l’adhésion des évêques d'Occident à la quatrième formule de Sirmium. A l’arrivée de la délégation de Rimini, Silvain de Tarse et ses compagnons lui écrivirent pour la mettre en garde contre Acace et Eudoxe qui, tout en condamnant la personne d’Aétius, voulaient imposer sa doctrine à l’Église. Voir cette lettre dans 5. Hilaire, Fragmenla historica, x, P. L., t. x, col. 705 sq. Mais, au grand désespoir de saint Hilaire, les délégués de Rimini s’unirent à Acace et Eudoxe. Fort de l’adhésion de l’épiscopat d'Occident, l'empereur entreprit de mater l’opposition des délégués du concile de Séleucie. Il y arriva en employant les moyens dont il usait habituellement en pareil cas et, dans la nuit du 31 décembre 359 au 1: janvier 360, tous les délégués de Séleucie avaient apposé leur signature à la quatrième formule de Sirmium. Voir cette formule et son appréciation dogmatique à RIMINI, t. ΧΙ, col. 2708 sq. En inaugurant son dixième consulat, le 1e janvier 360, l’empereur Constance proclama la pacification religieuse de tout l’empire, toutes les Églises ayant accepté la formule de foi proposée sous les auspices impériales.

Les chefs du parti homéousien étaient en règle du fait d’avoir apposé leur signature au formulaire de foi proposé par l’empereur. Néanmoins ils furent tous déposés au début de l’année 360, non pas pour des raisons doctrinales mais pour des faits d’ordre disciplinaire. Pour rendre la balance tant soit peu égale, Aétius fut déposé du diaconat et excommunié.

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