‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 13 sur 148 · III. I.F. DOOME DÉFINI DE I.'EXFER KTEnXKI · texte numérisé non relu

III. I.F. DOOME DÉFINI DE I.'EXFER KTEnXKI

1° La définition. — Le trouble plus ou moins général causé par l'origénisme, était bien calmé définitivement vers le milieu du v" siècle. On a cru trouver, il est vrai, dans le pseudo-Denys l'Aréopagite, des tendances uni^'ersalistes, avec sa théorie mystique du retour de toutes clioscs à l'unité, èTUTTpoçr, ; mais pour la foi des Églises, ce vague néoplatonisme ne lirait pas à conséquence et pouvait être compris en un sens orthodoxe. Vin autre petit groupe d'origénistes universalistes fil plus de bruit et occasionna ainsi une définition solennelle du dogme de l'enfer éternel. Cf. l'ouvrage classique sur la matière de Diekamp, Die oriqcnisticbcn Streitirjkeilen irn vi Jaltrlmndert, in-8", .Munster, 1899; Prat, Origêne et l'orif/ènisme. dans les Études, janvier 1906, t. cvi, p. 13 sq.; Hefele, Histoire des conciles, trad. Leclercq, Paris, 10O8, t. ii, avec les notes éruditcs du traducteur, p. 1171-1196: Srhwane, Histoire des dogmes, Paris, 1903, t. m, p. 208 302.

Le conflit commença, vers 520, parmi quelques moines de Palestine. II y eut des violences répétées entre origénistcs et antiorigénisfes dans certaines latires. Deux origénistcs ayant été élus évcques, au milieu des intrigues de cour, Domitien à Ancyre et Théodore .^skidas à Césarée de Cappadoce, puis le moine édessénien Etienne Par Sûdaili étant venu dans lescouvenls palestiniens i)rêcheruiie sorte d'apocatastase panthéiste et d'absorption dans le I.ogos de Dieu (secte des isoclirisies^ les antiorigénistes effrayés recoururent à l'empereur Justinien; Pelage, représentant du pape, et Menas, patriarche de Constantinopie, ajjpuyèrent la requête et préparèrent pour l'empereur t'ine liste des erreurs origénistcs. Làdessus, Justinien donna son fanioix êdit contre Orifiàne, entre 538-543. qui rejette en particulier la théorie de i'apocatastase et la réfute, spécialement par la tradition.

L'édit se terminait par 10 anatiièmes, Oenzinger- IJaiinwart. n. 203 sq.; le neuvième dil : quiconque d.t

ou pense que la peine des démons et des impies ne s( ra pas éternelle, qu'elle aura une fin et qu'il se produira alors une àTroxarâ (TTaiTtv des démons et des impies, qu'il soit anathème.J.'édH fut signé par le synode de Constantinople de 5 13, par tout l'Orient, par le pape Vigile,enfin on peut dire, grâce aux soins de Justinien, partout le monde chrétien. C'est l)ien une condamnation officielle et infaillible. Le même synode de 543 fut probablement l'auteur des 15 anathèmes contre Origène, qu'on a attribués parfois au V" concile œcuménique de Constantinople (553); le 1"', condamne la monstrueuse apocatastase, TepariôSy) àitoxa- TotTradiv; le 5'', la circulation des âmes aux divers degrés du bien et du mal; le 12«, l'unification finale universelle dans le Logos de Dieu et de mênje le dernier. Denzinger, n. 187, sq., supprimés dans la 10« édit. Le V^ concile œcuménique condamna certainement Origène in qlobo, can. 11, Denzinger-Bannwart, n. 223; s'occupa-t-il aussi des 15 anathèmes susdits? C'est très douteux; ils furent pourtant publiés avec les actes du concile; et les trois conciles œcuméniques suivants, VP de Constantinople, 680, VII" de N'ieée, 787, VIIl^ de Constantinople, 869, renouvelèrent la condamnation d'Origène en se référant au V« concile de 553. Pour plus de détails, voir Origène et Origé- NiSME. Mais il faut remarquer que la controverse origénistc était alors devenue surtout eschatologique.

Il est bon d'observer enfin que l'éternité de l'enfer a toujours été de foi catholique explicite (hins l'Église, bien que non de foi définie avant la controverse origénistc; I'apocatastase d'Origène était donc hérétique, bien qu'Origène lui-même n'ait été sans doute que matériellement liérétique.

2" Époque de transition. — 1. En Orient. — Au milieu du dernier conflit origéniste, vers 534, Énée de Gaza publia son Theophrastus ou de l'inmiortalité de l'âme, si célèbre au moyen âge. On y trouve de beaux développements sur les sanctions morales et la justice de Dieu, la réfutation de la métempsycose, spécialement comme châtiment de vies antérieures; la liberlé,fle péelié et la providence; enfin et conséquemment l'existence et la raison des supplices éternels de l'enfer, P. G., t. i-xxxv, col. 944; l'âme des méchants doit être immortelle pour la sanction de ses péchés, quand elle est tombée au fond de l'enfer, elle n'en sortira jamais. Cf. col. 984 sq. \'ers 553, Théodore, évêque de Scythopolis, écrit une h'tlre touchante aux patriarches de l'Orient ]iour rétracter publiquement ses opinions origénistcs : préexistence et restitution; il les condense en 12 propositions qu'il anathématise. Voir spécialement, P. G., t. i.xxxvi, <;ol. 233, 236. Aussi vigoureuse condamnation des mêmes erreurs dans le traité intitulé : Sancti Harsanuphii doctrina circa opiniones Origenis, Evagrii et Didijmi,el qui a dû sortir vers le même temps dequekfue monastère i)alestinien, P. G., t. i.xxxvi, col. 892 sq. ; la condamnation est à la fois dogmatique et ascétique; le " frère inquisiteur» qui pose des difficultés objecte entre autres l'autorité de saint Grégoire de Nyssc. lùicore au milieu du vi' siècle, Léonce de Byzance, le premier théologien'de son tcmps(Mai), réfuta aussi I'apocatastase origéniste dans ses Schotia ou De seclis, act. x, n. 6, P. G., t. r.xxxvi, col. 12G5 sq. A la fin de ce siècle, saint .lean Climatiuc prêche la méditation du feu éternel. Sc(da paradisi, grad. ni, P. G., t. i.xxxviii, col. 661; grad. v,col. 76 L avec malédiction de l'impie doctrine d'Origène;et au commencement du VII" sièrie, Dorothée, abbé en Palestine^ Dodrina, xii, 1-5, et De timoré et pœnis in/rml, P. G. t. i XXXVIII, col. 1718 sq., fait de même et donne un bon résumé du dogme (le l'enfer et de ses supplices, avec une discussion pour savoir si les damnés se rappellent tous leurs péchés, in .sperie ou in indi-

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vidiio. Parmi les qiia'sliones, pas toutes authentiques, du 7.('lc polC'iniste, Anastasc le Sinaïte, fin du VII'' siècle, la xc>-' expose sommairement l'état des âmes actuellement clans l'au-delà et déclare que le paradis ou l'enfer sont éternels. P. G., t. i.xxxix, col. 721. La question suivante expose la théorie de la dilation; contre l'apocatastase, il rappelle les décisions conciliaires, VicTditx, c. v, col. 101, et fait quelques bonnes remarques de critique traditionnelle contre les oricénistes qui invoquaient pour leur «restitution » les deux saints Grégoire de Nazianze et de Nysse, c. xxii, col. 289 sq. ; la q. xxii, col. 536 sq., prouve par la raison, l'Écriture et la tradition (textes de Denysl'Aréopagite, des Constitutions apostoliques, de saint Épiphane, de saint Chrysostome), que la prière pour les morts n'est pas pour les imjjies et les pécheurs damnés. Saint Maxime le Confesseur, le plus grand théologien sans doute de l'Église grecque au vii« siècle, a été accusé d'origénismeuniversalisle, comme son maître préféré le pseudo-Denys. Voici quelques-uns de ses principaux textes sur la question. Qiiwsl. ad Tliolassiiim, q. xi, P. G., t. xc, col. 292, ex professa sur l'enfer des démons : alterna vinciita : coriini vohinlatis est atquc animi omni ex parle jufjisque circn bomim motus abseniia ac inertia; ex qua est ut divina uunquam jucunditatis fiant eonipotes; caligo, c'est l'absence de tout bien divin en eux; judicio reservati, ce sont les supplices que la sentence divine in sœcula nulluni iinquam finnm hubitura, prononcera contre eux. Cf. q. lix, lxi. Dans Qusest. et respons., q. x, le feu purificateur est dit réservé aux seuls possesseurs de rirtules peccatis commistns, col. 792. Des Loci coninumes, le sermon i.iii, P. G., t. xci, col. 950, donne une citation de Clément très explicite sur l'enfer éternel et sans fm ; cf. Serm., xi.v, de futuro judicio; mais surtout les Epist., I, IV, V, XXIV, XI. m, P. G., t. xci, col. 364, etc., on ne peut plus explicites sur l'éternité de diverses peines de l'enfer, puissamment décrites, avec profondeur et compréhension, et toujours avec le terrible in sempiternum, jupes, semper,nunquani finis, nulla spes evadendi, exspectent nihil, interminabilibus in perpetuuni suppliciis; V Epist., i, en particulier {sernio epistolaris), est un des plus beaux sermons de l'antiquité sur l'enfer. A côté de cela, on signale q\ielqucs passages ambigus, Quœst. et resp.,q. lxxiii, sur ICor. m, 13-15, et principalement q. xiii. qui traite directement de l'apocatastase de saint Grégoire de Nysse. L'Église, dit ce ])assage, P. G., t. xc, col. 845 sq., connaît (reconnaît) une triple apocntastasc : la première individuelle par la ])ratique accomplie de la vertu; la deuxième, nalurœ univcrsalis, par la résurrection qui immortalisera et rendra tout incorrup tible; la troisième, enfin, et c'est celle de (irégoire de Nysse, est la restitution, ^ho anin-ii vires quœ peccato succubuerant, in pristinum illum rcsliluanliir in quo condilœ erant. La résurrection, en effet, restaurera la nature; de même les puissances de l'âme viciées devront, pendant la longue durée des siècles, perdre cette vitiositas , cnnctisque sepnratis sœculis ncc requiem aliquam nactum,ad Deum qui fine caret ('f;î(>c; ainsi il sera clair que le créateur n'était pas l'auteur du péché. Le texte est obscur. Est-ce, jusqu'au bout, simple citation de l'opinion de l'évcque de Nysse, ou doctrine absolue? et, dans ce dernier cas, s'agit-il de la restitution universelle de tous les hommes ou de la restitution totale de chaque homme sauvé dans le sens du Deus omnia in omnibus de saint Paul ? Vu les autres textes cités plus haut, en plus des raisons intrinsèques, le sens hérétique nous semble devoir être certainement écarté.

Le théologien compilateur, saint Jean Damascène, au viii'= siècle, résume le déveloi>pemcnt du dogme

])our l'Orient. Son résumé est suffisamment complet, De fide orthodoxa, 1. II, c. iv, /'. G., t. xciv, col. 877; il indique d'abord l'immutabilité fie l'ordre ultraterrestre pour les méchants ;1. IV, c. xix, xxi, il donne les principes généraux de la permission du mal éternel; enfin le c. xxvii et dernier, col. 1228, condense le dogme de la vie future : existence pour le corps et pour l'âme, pour les justes et pour les pécheurs, et en quelques lignes, le jugement, le feu éternel. Cela est abondamment développé ailleurs. Voici d'abord une très copieuse théologie positive de l'enfer : Écriture sainte et tradition grecque, dans les Sacra parallcla, litt. A, tit. xii, De impiis... et eorum suppliciis, P. G., t. xcv, col. 1148; tit. xv. De resurrcctionc, judicio et pœna leterna, col. 1176 sq.; litt. M, tit. iv;litt.0, tit. \i,De infernorum statu, P.G., t. xcvi, col. 28; 1. il. De loco cl dcscriptione inferni, P. G., t. xcvi, col. 436 sq. Parait. JUipefucatd. ,Vi\.t. A, tit. Lxxi, col. 484, des sanctions futures éternelles, récompenses et supplices; tit. lxxiii. De terribili resurrectione, col. iS5sq.; citation surtout d'Antipater deBostraqui àla fin duvsiècle avait écrit une longue réfutation de Y Apologie d'Origènc de Pamphile- Eusèbe. Le compilateur de Damas condense sa théologie spéculative sur l'enfer dans le Dialogue contra manich., P.G., t. xciv; les n. 33-50, col. 1540, 1549, étudient avec profondeur les rapports de l'enfer avec les attributs divins, prescience, justice, bonté; de même, n. 68-75, col. 1564^1573; la théodicée chrétienne a peu ajouté depuis à ces vigoureux développements; remarquons seulement que le théologien Chrysorrhoas, n. 75, donne, comme dernière explication de l'enfer, l'obstination des damnés, ex conditione nalurœ. Deus in omnes bona profundit... Post morlem vero nec conversionis, nec pœnitentiee locus est. Non quod Deus pœnitentiam non suscipiat {neque enim seipsum negare potesl), nec miserationem suam abjicit, sed conditio animée est quœ converti ncqueat... Sicut enim da'mones post lapsum non resipiscunt neque ctiam angcli nunc pcccant, sed utrique hoc habent ut nulla in ipsos mutatio cadat, sic homines post obilum. Saint Jean Damascène n'a pas admis la réalité matérielle du feu de l'enfer. Voir Feu. C'est enfin son autorité, qui, par l'homélie De ils qui in fide dormierunt, à lui faussement attribuée, a fourvoyé tout le moyen âge dans la discussion de la délivrance miraculeuse des damnés : histoire de la délivrance de Trajan par saint Grégoire le Grand, etc., si bien que plus tard iJenoît XII ne définira l'enfer éternel pour tous les hommes morts en péché mortel que secundum Dei ordincUionem communem. Voir plus loin.

2. Époque de transition cnOccident. — Dans la décadence des études qui va du milieu du V^ siècle au xi= siècle, se poursuivent d'abord quelque temps, bien que sur un terrain diminué, les grandes controverses de l'âge précédent, en particulier celle de l'origénisme, sous forme de miséricordisme, comme l'a appelé saint Augustin. Les » miséricordieux » ne sont plus qu'une foule plus ou moins vague et anonyme. (;ontre eux, est écrite, vers 430. l'année de la mort de saint Augustin, VEpist. De malis docloribus et operibas fidei et de judicio futuro, tout entière, dans Caspari, liriefe, Abhandlungen und Prediglcn, in-8'', Christiania, 1890, p. 67 sq. ; vigoureuse réfutation de la théorie du salut sans les œuvres chrétiennes, au nom de la raison, iii-vi, p. 70-74 ; de l'Écriture sainte, vii-xi, p. 75-85; xv-xvi, p. 91-100, solution des difTicullés classiques.

Saint Césaire d'Arles appelle encore, fm du v^ siècle, les miséricordieux multi. Serm., civ, dans les Opéra S. Augustini, P. L., t. xxxix, col. 1946. Sa réfutation tend à expliquer le texte principal de la controverse, I Cor., III, 11-15 -.si quis .supera-dificat... salvus

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crit quasi per igncrn; le prédicateur populaire distinsiie nettement les capitaliapeccata et les minuta, hcu\s purifies par le feu de l'au-delà; et même, ce que n'avait su faire saint Augustin, il détaille assez longuement ces deux espèces de péchés. Le 1. I du Prxdestinaius (milieu du v^ siècle, peut-être d'Arnobc le Jeune), dans sa liste de 90 hérésies, inclut, au n. 13, Tapocatastase interpolée dans les livres d'Origène, /'. L., t. LUI, col. GOO. Gennade de Marseille, De eccl. dogmatibus, c. ix, P. L., t. t.viii, col. 083, rappelle, lui aussi, la restiliiiio qiiam délirât Origenes. lùifin l'abbé Eugippius, nu commencement du \i^ siècle, popularise les enseignements de saint Augustin sur i'cnfer avec ses textes, dans ses Excerpln ex operibus S. Aiignstini, qui eurent tant de vogue au moyen âge,

c. XXXII, XCIX, CXLII-CMI, CCXXVIII, P. L., t. I.XII,

col. 625 sq., 710, 783-801, 889.

Pendant ce temps, les autres niaitres de la vie chrétienne continuaient à exposer le dogme, y ajoutant çà et là quelques réflexions personnelles, en général de peu d'importance. Salvien, dans un but apologétique et pour appeler le monde romain à la pénitence, De gubernalione Dei, 1. IV, n. 8; 1. VIII, n. 1, P.L., t. i.iii, col. 78, 79, 153; Claudicn Mnmert en philosophe, De statu anima', 1. III, c. vni, xi, P. L., t. LUI, col. 7^)8, 773. Fulgcnce de Rtispe,le plus grand théologien latin du vi« siècle (f 533), résiune le dogme de main de maître. De fidc ad Petrum, en particulier celui de l'enfer; n. 31, /'. L.,t. lxv, col. 687 sq., péché et supplice des anges in endem instanti, feu éternel dans lequel née mata voluntatc possint unqnam carcie, nec pœna, scd permanente in eis injustrc aversionis malo, permaneat etiam justse relribulionis sclerna damnalin; n. 33-36, enfer des hommes damnés : sont damnés tous ceux qui meurent en état de péché mortel, car cette vie est l'unique épreuve morale; obstination naturelle de la volonté dans le mal en l'autre vie, in supplicia ignis œterni... nullam ultcrius habebunt requiem... bonam nullatenus liabcre poterunt voluniaiem; cf. n.39, 40, et parmi les Régulas jidei, n. 69, 70, sur le jugement de I.i vie éternelle, n. 79, 81, sur les damnandi, spécialement tous les fidèles de l'Église catholique, s'ils sont pécheurs à la mort.

En Italie, Boèce ne s'occupe guère que de i)hilosophie et n'aurait parlé de l'enfer que dans le traité : Brcvis fidci complexio, s'il est authentique, /'. L., t. Lxiv, col. 337, 338; rien dans le De eonsolatinnc philosophiœ, dont le 1. IV fait i)ourtant la théodicéc (lu bien et du nial.L'n peu plus tard, Cassiodore retourne dans son De anima, c. xii, P. L., t. Lxx, col. 1302, à la considération philosophicpie de l'enfer : Dolor sine fine, pa-nu sine rcquie, afflictio sine spc, malun} ineommutabile. Cf. son Lxpositio in Psalterium, In ps. i.\, 16, col. 8-1, 85; en enfer, il n'y a pas que la peine intérieure, mais encore exirinsecus pnnale malum; In ps. i.xxxvi, 13, lieu de l'enfer sous terre, col. 615.

Mais le grand effort des maîtres des v" et vi" siècles est tout tourné à la vie jiratique, tout appliqué à faire vivre la doctrine chrétienne soit j)nr les ascètes que la ruine du monde ancien précii)ile nombreux dans la vie religieuse, soit par le nouveau monde en formation pendant et après les invasions des barl)arcs. Le dogme de l'enfer tient évidemment une large i)lacc dans cette prédication. Parmi les ascètes, citons ,Iean Cassien, Coll., I, c. xiv, /'. L., t. xLix, col. 199 sq. et passim; .lulien Pomèrc, De vila contemplntira, I. III, c. xiT, de futuro judicio vel wternifnle supplieii ac de qiialitate geliennir, P. L., t. l.ix, col. 191 %([., conlinuwi gemitus. rruciatus ivternus, dolnr summiis, pn^nalis sensvs torquent animani, non extorquent, puninni corpora, non finiunt; saint Euchcr ♦le Lyon, Ilomil., \, ad monartws, sur l'enfer, /'. L.,

t. L, col. 833 sq. ; de même l'homil. 'i. de Valérien de Cemelum, P. L., t. lu, col. 691 sq. Parmi les prédicateurs, saint Léon le Grand, Serni., viii, P. L., t. nv, col. 160 sq. ; Serm., xxx% , col. 252; Fauste de Riez, Serm., iv, P. L., t. i.viii, col. 876 sq. ; saint Pierre Chrysologue, Serm., lxvi. cxxi-cxxiv. De divile et Lazarn, P. L., t. lu, col. 386, 529 sq. ; Serm., xcvi. De :i:nniis, col. 469; le fameux Serm., cv, sur les fêtes du jour de l'an : qui jocari volncrit eum diabolo, non polerit gauderc cum Chrislo; saint Césaire d'Arles, le grand orateur populaire de l'ancienne Église latine, Serm., lxviii, lxix, lxxvii, lxxvih, civ, etc.. P. L., t. xxxix, col. 1875 sq. ; t. lxvii, col. 1080.

Tous ces noms sont éclipsés par saint Grégoire le Grand. Il dit, en effet, le dernier mot sur les controverses qui viennent de mourir: il donne la grande impulsion chrétienne au moyeu âge; il condense la doctrine morale des Pères pour l'usage des nouvelles générations; tout cela en i)articulier pour l'eschatologie infernale. Il réfute d'abard vigoureusement un dernier reste d'origénisme : délivrance par le Christ des âmes qui voulurent croire en lui lors de sa descente aux enfers; son argument est tire de l'absurdité du miséricordisme, Epist., 1. VII, epist. xv, P. L., t. LXXVII, col. 869; ailleurs la vraie théorie des conditions du salut est fréfiuemment répétée, par exemple, Dial., 1. IV, c. XXXIX, P. L., t. lxxvii, col. 396. Sur un autre point, la doctrine de l'enfer doit beaucoup à saint Grégoire; en Occident justju'à saint .Xugiistin et audelà, jusqu'aux derniers auteurs ici éiuunérés, l'état des danuiés immédiatement après la mort est très obscurément exju-imé lorsque des doctrines de délai ne sont pas explicitement afTirmées; saint Grégoire met fin à ces fluctuations par ses enseignements très nets sur l'entrée immédiate des damnés en enfer après la mort, Dial., I. IV, c. xxviii. P. L., t. lxxvii, col. 365 : .s/e(/Z electos bcatiludo hvtifical, ita credi necesse est quod a die cxitus sui, ignis rcprobos exurat.

C'est lui aussi qui a le plus contribué à imposer à l'Occident le réalisme du feu de l'enfer. Dial., 1. IV, c. .xxix; Moral., I. XV, c. xxix. Pour le reste, saint (uégoirc ne fait qu'exposer, et il le fait excellemment, le dogme catholique ; surtout Dial., 1. IV, c. xlii- XLV, P. L.. t. lxxvii, col. 400-105 : lieu de l'enfer, pas de certitude, le jdus probable, c'est qu'il est siib terra; inégalilé des peines dans lui même feu; éternité, les paroles de ,Iésus-(;hrlst ne sont pas de simples et vaines menaces; justice de cette éternité, car le pécheur s'attache au péché pour l'éternité; Dieu bon ne se plaît pas au châtiment, mais à la justice des sujiplices des inq)ies; utilité de l'enfer pour les hommes ici-bas, et jiour les élus au ciel; immu labilité dans le mal, d'où plus de pitié pour les damnés : ce sont tous textes exj)loités jiar la scolasti<|ue. Cf. c. xxxiii et xxxv, de la connaissance mutuelle des damnés; c. xxxvi : ap|)aritions des damnés, col. 381-385; .Moral., 1. IX. c. lxiii-i.xvi, longue description détaillée des peines ])ositives de l'enfer, P. L., t.i.xxv, col. 911-!»1() : sobre, assez coin plète, etc. Voir les index de Migne. Connue idée générale, il est clair que, pour le grand pape de la fin du VI'' siècle, il n'y a pas de consolation ni de bien en enfer, mais le mal et la souffrance tout seuls et à un deyré inconi]iréhensible. Voir plus loin.

.\près saint Grégoire, commence répo(|ue des compilateurs encyclopédistes, simples transuu-lteurs. Sur i'cnfer, on répète saint Augustin et saint Grégoire. Inutile de relever ces travaux, qui eurent leur in fluenee comme canaux, mais pas iilus; la prédication continue aussi évidemment à secouer les consciences l)ar la crainte «le l'enfer. Les écrivains s'occupent surtout de (luelcpu's points de détail avec insistance :

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milif<;iUon et suffrages, voir Mitig\tion; et inOiiic, après .Je;m le Diacre (ix^siècle), délivrance de l'cnferj voir plus loin; feu et ténèbres : est-ce que le feu de l'enfer éclaire, en sorte que les damnés puissent se voir? est-ce qu'ils ^■oient la gloire des bienheureux? est-ce qu'ils conservent la mémoire et la science, la raison (folie)? socii'té des démons et des damnés, horrible guerre perpétuelle, état des corps damnés, maladies, infirmités, laideurs, douleurs ititérieures, confusion, ennui, désespoir; comment l'enfer est une mort perpétuelle; réalisme ou symbolisme du vermis, du fleliis cl sliidor dcnlium ; modes de distribuer les peines inégales d'après les espèces de péchés; enfin les raisons de l'enfer éternel : raisons de finalité; raison psychologique ex œternitate ciilpœ, le plus souvent. Cf. Index, t. ccxx de Migne, col. 214-247 : nombreuses citations pour cette époque. Signalons seulement ([uelques traités consacrés plus spécialement à la théologie de l'enfer. S. Isidore de Séville, Sent., 1. I, c. xxviii-xxix. De gehenna et de pcenis inipiornm; 1. IIT, c. Lxii.Df exitii, P. L., t. i,xxxin. col. 597- .599, 73fi-738; S. .Julien de Tolède (au viii'^ siècle), Prognosiicon futuri saculi, le premier traité spécial De novissimis, assez bien ordonne et assez complet pour l'enfer, mais peu profond; solutions surtout avec des textes de saint Augustin et de saint Grégoire, P. L., t. xcvi, col. 4C1-524; Taion de Saragosse, dans sa Somme, Sent., 1. V, c. xx, xxix-xxxiii, P. L., t. Lxxx, col. 974-990.

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