‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 133 sur 148 · Les vivres apportés à Daniel. — Dans ce prétendu · texte numérisé non relu

Les vivres apportés à Daniel. — Dans ce prétendu

symbole eucharistique, qu'on ne rencontre que très rarement, nous ne voyons que l'expression de l'assistance divine que les survivants demandent au ciel ))our les défunts, conformément à la prière de la Commendatio animœ : Libéra animam servi tui, sicul liberasti Danielcm de lacu Iconum. Wilpert, Malereien, p. 335 sq. On a relevé le fait que dans un cas le Ijrophcte porte un pain et un poisson. Mais c'étaient là les éléments de la nourriture ordinaire qui, en outre, étaient très faciles à représenter. Dans un autre cas, il s'agit d'une lampe chrétienne de Carthage: nous avons probablement alTaire à une simple représentation d'un fait biblique. Revue de l'art chrétien, 1892, n. 675; Le Blant, Sarcophages de la ville d'Arles, Paris, 1878, p. 11, 12; Leclercq, dans le Diction, d'archéol. chrèL, t. i, col. 3012, fig. 1042.

2" Autres symboles. — 1. "L'Ichlbys ou Poisson symbolique. — Les monuments d'Abercius et de Pectorius et d'autres, ainsi que les écrits des Pères, nous apprennent que le poisson symbolise aussi le Christ dans l'eucharistie. Mais comme sa signification n'est pas partout la même, on ne devra lui attribuer un sens eucharistique que quand le contexte y oblige. Dôlger, IXGYC, t. i, p. 122-150; le t. ii traitera in extenso cette question.

2. La vigne. — On la voit à la voûte d'une galerie de Sainte-Domitille qui est de la fin du i*' siècle. Wilpert, Malereien, pi. 1. Plus tard, on la rencontre assez fréquemment. Il est certain que la peinture de Domitille ne symbolise aucunement l'eucharistie, comme le prétend Marucchi. Le dogme de l'eucharistie, p. 9, 10. C'est une peinture purement décorative, dont l'élégance et la fraîcheur rappellent les fresques pompéiennes.

3. Les cerfs buvant à la source; les colombes becquetant des raisins; le vase où se désaltèrent des oiseaux, colombes ou paons. — • Ces représentations, sauf exception, ne paraissent qu'à partir de la fin du iv"^ siècle. On les a rapportées à l'eucharistie, par exemple, Marucchi, Die Katakomben und dcr Proleslantismus, p. 38, 53; Le dogme de l'eucharistie dans les monuments des premiers siècles, p. 20; Leclercq, dans le Diction, d'archéol. chrét., t. i, col. 1052. En réalité, ces représentations symbohsent la joie céleste après laquelle on soupire, ou la vie au sein des délices dont jouissent les bienheureux. Une simple comparaison avec d'autres monuments, par exemple, avec les fresques du Cubiculum dei cinque santi, à Saint-Calixte, impose cette conclusion. Wilpert, op. cit., p. 462, 463. Le jet d'eau au milieu du vase, le remplacement des colombes par des paons perchés sur les bords du vase, les fleurs qui les entourent et d'autres détails excluent tout symbolisme eucharistique. Il en est autrement pour les cas assez rares où on voit un ou deux paons boire dans un calice, sur lequel sont posés des pains, par exemple, sur une lampe romaine et sur une épitaphe du m" siècle, conservée au Latran. Leclercq. dans leDic/ion.rf'arc/iéo/. c/7ré/.,t. ii,col.l611,fig. 1882; Perret, Les catacombes t. v, pi. 57, n. 8; Ficker, Die altchrislichen Bildwerke des Laterans, p. 122, n. 174 b. On peut encore admettre comme assez probable le symbolisme eucharistique pour les quelques lampes dont le disque montre un vase accompagné d'un poisson. Le musée Lavigerie de Carthage en possède une. Deux autres sont publiées dans l'Ephemeris Salonilana. pi. m, n. 1; une quatrième dans Martigny, Diclionnaire des antiquités chrétiennes, 2« édit., p. 772. Par contre, on hésitera beaucoup plus à se prononcer sur les représentations assez nombreuses où on a dessiné le Chrismon ou la croix soit sur le ventre du vase (caUce), soit au-dessus. WUpert, op. cit., p. 463; Schnyder, dans le SrptoiAaT'.ov àpyjx'-oXôyiy.ov, Rome, 1900, p. 108-118. Sans doute, la présence de ce signe

indique que c'est le colice du Christ ou qu'il en est le contenu. Mais le Christ fera encore notre bonheur au ciel dont le vase est le symbole. Donc, encore ici, du moins dans la plupart des cas, la signification eucharistique est d'autant plus douteuse qu'une confrontation de ces figures avec certaines mosaïques africaines du iv« et du v« siècle, publiées par R. de la Blanchàre et reproduites par dom Cabrol, ou avec certaines fresques données par Wilpert , ne parle pas en sa faveur. Leclercq, dans le Diction, d'archéol. cbréi., t. I, col. 716-720; Wilpert, op. cit., p. 463. Il en est tout autrement d'un grafïito, dessiné au v^ ou vi"' siècle sur le mur du temple de la Alater Matuta, appelé vulgairement temple de Vesta, à Rome, qui représente un calice orné d'une croix ctoilée, deux pains et un

seul, ou à côté d'une brebis ou d'une orante au paradis. Wilpert, op. cit., pl.24,96, 158,n. 2, 163,n. 1. Dans toutes ces peintures on ne doit voir qu'une représentation plus ou moins raccourcie du bonheur du ciel. Pourquoi, en effet, les arbres :\ côté des brebis àSainte-Lucine et ailleurs, surtout quand d'autres scènes qui font pendant montrent le jardin céleste? Le pet t tertre, loin de figurer un autel, n'est qu'un motif artistique Inventé par le peintre pour faire mieux voir le vase. La houlette et le vase de lait sont précisément les attributs bien connus du bon Pasteur. Une brebis avec le pedum se voit même dans la catacombe juive de la Vigna Randanini, à Rome, Garrucci, Storia delV arlc, pi. 489, n. 8 : ce qui prouve que dans certains cas on n'a peut-être qu'à y voir un motif purement décoratif.

9. — Peinture du cimetioie de Saiiat-Calixte. D'après De Rossi, rtoma sotterranea, t. u, pi. xii, llg. 1.

verre. Grisar, dans Civillà'cattolica, 1897, t. ix, p. 721- 731; Leclercq, dans le Dic/jon. d'archéol. chrét., t. u, col. 1619, fig. 1894.

4. Le vase de lait ou ta muktra. — On le'^'rcprésente de plusieurs manières. Une première nous le montre posé sur un petit tertre et flanqué de deux brebis, par exemple, sur une fresque de.^la crypte de Lnrinc(ng. 9), de la première moitié du ii"" siècle, et dans la maison chrétienne du Cclius, à^Rome, du milieu du IV» siècle. Wilpert, Matcrcicn. pi. 24, p. 24; Ue Rossi, Roma notlermnea, t. i, pi. xii,^p. 348'sq. ; Id., Bulletlino di arcti. crist., 1890, p. 27, 28; Leclercq, dans le Diction. d'arclicol. clirét., t. ii, col. 28.'),3, fig. 2268. Une autre disposition nous fait voir une brebis avec le bAton ou pedum auquel est suspendu un, seau de lait, par exemple, sur deux fresques de Domilllle, l'une de la fin du i<", l'autre du m" siècle. Wilpert, op. cit., p. 24, pi. 7, n. 2; Garrucci, Storia drU'arlr, t. ii, |)l. 29, 1. Notons ici (luon ne voit pas sur la fresque des Saints-Pierrc-ct-Marcellin le vase posé sur le dos de la brebis et entouré du nimbe, tel que le donnent nos manuels d'archéologie. Wilpert, op. cit., p. 142; Id., Die Kniakomhengemutde und ilirc altrn Knpien. Fribourg, 1891, pi. XXVI. Ailleurs, le vase est représenté

lùihn, les textes cités en faveur de l'opinion traditionnelle se rapportent précisément bien plus au bonheur du ciel qu'à l'eucharistie, ^'olr les développements de Wilpert, op. cit., p. 24, 444 sq., 461.

3» La ircsque de la Vigna Cassia. — • Une représentation à i)art est celle du cimetière de la Vigna Cassia, à Svracusc. Fuhrer, Forscintngen zur Sicilia sotterranea, Munich, 1897, p. 112 (782) sq. et pi. xi, n. 2. Elle est du commencement du iv siècle. Sur le fond blanc et iiarsemé de roses et de feuilles d'un arcoso e qui renferme un tombeau d'enfant, on aperçoit \mi petit garçon dans l'attitude des orantes. A la droite, figure un homme assis à la manière des Orientaux et habillé à peu près de même : on dirait une divinité orientale. Sa main gauche tient une pahuc contre la l)ollrlnc, le coude s'appuie sur le genou. La droite présente à l'enfant un calice en verre rempli à moitié d'une substance rougcâtre. Au -dessus du verre, un pain rond avec entailles. Une colombe avec un rameau d'olivier (?) est placée à droite du personnage assis. Dans ce deniicr, Fuhrer croit reconnaître le Christ représenté d'une manière Inusitée. \olr une figure dans ui\e pose à peu près semblable et tenant également \\n calice en verre dans la droite, dans Holdcttl,Ossfri>a-

:ioni aopra i cimileri de sanii marliri ed onlirlii crisliani di Roma, Rome, 1720, p. 208, pi. 9, n. 36. L'enfant à qui le Sauveur pr(?sente les éléments eucharistiques a reçu la communion avant sa mort; il en a ressenti l'effet salutaire : il est entré au paradis. De là, l'image de la colombe et de l'orante. On a mis en doute l'identification du personnage principal. Marucchi^ dans Nuovo bultet., 1898, t. iv. p. 101; Kaufmann, Handbuch, p. 439 sq. Comme il n'est pas possible d'y voir une personnification de l'Église ni une identification avec l'enfant orant, l'explication du D' Fiihrer, sans être absolument sûre, reste toujours la plus i)robable. Vu le caractère chrétien de la fresque absolument garanti par ailleurs, on ne saurait non plus se ranger à l'avis du D' Achelis, qui voudrait y voir une peinture gnostique. Zeitschrifl fiir neutestamenlliche Wissenschaft und die Lileralur des Urchrisicnlums, 1900, p. 210-218.

//. MOXUMEWS ÉPiGRAriiiQVE^. — Les textes qui parlent clairement de l'eucharistie sont rares. Citons les suivants, avec les passages qui nous intéressent :

1° Le monument d'Abercius, de la seconde moitié du II* siècle, dont le texte complet se trouve plus haut, t. I, col. 57 :

...Ttt'ij't; 7;âvT-/) Sa TtpoTiyE, y.a'i T:apÉ6-/)y.s -rpoqiTiV Ttâvf/] \y%\>s aTtb TtriY?,;, 7rav[jLeY£0T|, y.aOapov, Sv ÈopàÇato Ttapôévoç àyvr|, xa\ To-jTov ii^io(i>-/.z ot'Xot; àVQsiv Sià Travrôç, olvov /priCTÔv iyo-jran, xépacrixa ccooOaa (J.st' àpxo'J.

2° Le marbre d'Autun ou de Pectorius, qui, dans la partie que nous donnons ici, remonte au moins au III* siècle :

'lyO'jo; o(ûpavi'o'j 6c)i'ov yâvoç, riTopt acjxvoj

■/pr|(TS, >.aê(o(v 7C-iiy)))v «[j.rvpoTOV èv PpoTSoiç

6e<T7:eCTt'(dv û6âT(a))v. Tr,-/ t7r\'i, (fils, GâÀTiEo 'h'JyX'ri"')

•jSaai àcvâoiç TtXouToSÔTO'J 'yo'fir]Z-

Sa)T-?ipoi; àyitov jjis).tr|Séa X'i|xêav(e Ppûacv),

ïabii Ti'.vàwv c/Oùv k'y wv 7ta),â[jiaiç.

'Iy 6'JÏ y o(pTaî') àpa, AtÀai'o), ôi<yKoxx Twrsp.

Voir Pectorius et Leclercq, dans le Diclion. d'archéol. chrél., t. i, col. 3195 sq.. et planche.

3° L'épitaphe damasienne du clerc romain Tarsicius, mort pendant la persécution. Le pape le compare au protomartyr; puis, il continue : TARSICIUM SANCTUM CHRISTI SACRAMENTA GERENTEM 1 CUM MALE SANA MANUS PREWIERET VULGARE PROFANIS I IPSE ANIMAM POTIUS VOLUIT Dl- MITTERE C/ESUS | PRODERE QUAM CANIBUS RABIDIS CAELESTIA M E MB R A. Voir \hm, Damasi epigrammata, heipzig, 1894, p. 21, 22, n. 14, et ailleurs.

4° L'inscription en mosaïque que l'évêque Alexandre de Tipasa, en Maurétanie, fit mettre dans une basilique érigée très probab ement avant l'année 428, à ses saints prédécesseurs :

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