II. AU POINT DE VUE DU CULTE ET DE LA LITURGIE
— 1° Culte d'adoration. — Ici les monuments ne sont pas plus explicites que les documents. Voir le passage souvent cité de saint Grégoire de Nazianze, Oral., VIII, n. 18, P. G., t. XXXV, col. 810, 811, et discuté par le P. Thurston, dans le Journal of theological étudies, janvier 1910, t. xi, p. 275. On a voulu voir dans la position centrale de la mensa Domini sur le plafond de la chapelle des sacrements A^ « l'idée de l'adoration de ce sublime mystère. » Marucchi, Le dogme de l'eucharistie, p. 18. Il est plus que douteux que le peintre ait eu cette idée. Rappelons plutôt une lame de plomb qui a servi d'amulette. On y conjure les mauvais esprits par le corps et le sang de Jésus- Christ : (5) I (à tô) || COIVIA (=<T,op.a) K(a\) EM (=aî(j.a) y TOY KY (=y.up:o'j) IM (=ô|xùv) || lYCOY (='Ir;ToC) || XY (=Xp'.'jroO). Le monument appartient encore à l'antiquité chrétienne. Rom. Quartalsclwift, 1887, t. i, p. 197, pi. iv;Leclcrcq, dans \e Dictionnaire d'arch. chrétienne, t. i, col. 1801, 1802. Peut-être pourrait-on encore rappeler ici ce que nous avons dit sur la communion des morts et l'épitaphe de Tarsicius.
2» Mode de collation. — La communion est symbolisée par le rassasiement miraculeux de la foule, par le repas des sept disciples sur le lac, etc. "Wilpert, Malereien, p. 285, 289 sq. L'idée du repas était étroitement associée à l'idée de la célébration de l'eucharistie. Dans la vie ordinaire, on faisait volontiers des entailles dans le pain pour pouvoir le briser plus facilement. Ces entailles, nous les remarquons sur les plus anciens monuments eucharistiques. Si parfois elles semblent affecter la foriue d'une simple croix, il ne faudrait pas y attacher une importance particulière, parce qu'on rencontre la même forme sur les monuments païens. Pour diviser le pain on a parfois dû faire usage d'un instrument. Aux « couteaux eucharistiques » déjà connus, le professeur Fuhrer en a ajouté un nouveau. Fûhrer, op. cit., p. 177 (847). Disons que la destination eucharistique de ces objets ne nous paraît nullement prouvée. Le pain brisé était distribué aux assistants. Des monuments des premiers siècles nous font voir les fidèles assis à la table eucharistique à la manière bien connue des anciens. On a dit que la posture couchée des convives, en particulier de ceux de la Fraclio panis, était incompatible avec la réception du sacrement.
Leclercq, dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t. I, col. 807. Or, sans parler du motif artistique qui a pu guider le peintre, la raison alléguée perd sa valeur par le fait que telle était la manière habituelle d'être à table chez les anciens. Plusieurs fresques certainement eucharistiques des catacombes nous montrent les convives dans une posture analogue; de même, les représentations de la cène sur des monuments d'une date un peu moins ancienne. Dans les églises, la pratique était évidemment autre. On s'approchait du cancellus ou banc de communion et debout on recevait dans la main le pain consacré. C'est ce que nous démontrent et le marbre d'Autun et l'épitaphe de l'évêque de Tipasa et le cancel haut de 1 '^65 qui, dans sa basilique, séparait le sanctuaire de la nef et, un peu plus tard, les représentations de la réception de la communion étudiées par M. Dobbeft. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, sur un dessm du célèbre codex Rossanensis, édit. de Gebhardt et Harnack, pi. 10, qui date à peu près de l'an 500, le Sauveur est debout et distribue la communion. A ses côtés, un premier disciple élève les mains, pour rendre grâce; un autre, profondément incliné, reçoit le pain et baise la main du Maître, tandis qu'un troisième s'en approche les mains voilées pour recevoir la nourriture céleste. — Le vin était distribué dans des calices à part, calices minisleriales. M. Marucchi en voit un dans celui qui figure sur une mosaïque du v^ siècle, dans le pavé d'une basilique à Madaba, en Palestine. Nuovo bullet., t. m, p. 148, 149. Celui de Reims a dû servir au même but.
3° Mode de conservation. — 1. Dans les églises. — Pour les premiers temps, nous sommes très mal renseignés sur ce point. A partir du iv« siècle, nous trouvons souvent l'eucharistie dans les sacraria des basihques qui équivalent à nos sacristies. Cf. S. J. Chrysostome, Epist. ad Innoc. papam, n. 3, P. G., t. LU, col. 533, et Const. apost., 1. VIII, c. xiii, P. G., t. I, col. 1109. On a cité l'inscription que saint Paulin de Noie plaça dans la basilique de saint Félix, au-dessus d'une espèce de niche, à droite de l'abside : Hic locus est, veneranda penus qua conditur et qua I ponitur (promitur) aima sacri pompa ministerii. Epist., xxxiii, ad Sever.,P. L., t. lxi, col. 338. Faut-il voir dans cette niche, avec le P. Kleinschmidt, dans Pastor bonus. Trêves, 1900-1901, t. xiii, p. 290, 291, et d'accord avec l'Ordo romain, l'endroit où on conservait l'eucharistie, pour la porter solennellement sur l'autel au commencement de la messe, ou bien admettre avec De Rossi, Bullet., 1876, édit. franc., p. 61, qu'on y préparait tout ce qui était nécessaire au sacrifice, en particulier, les éléments qui devaient être portés sur l'autel pour l'offertoire? On peut se demander également si la niche d'une petite église près de Spolète, qui, avant la fin du iv<= siècle, était un temple païen, servait primitivement d'armoire eucharistique. Fleury, op. cit., t. ii, p. 60-65, pi. cxxi; Corblet, iï!5/oi>e... de l'eucharistie,t.ï,p. 567-569. — ■ 2. Dans les maisons. — Tertullien et samt Cyprien, entre autres, attestent que les chrétiens emportaient à la maison l'eucharistie sous l'espèce du pain, pour pouvoir se communier à l'occasion. Tertullien, Ad uxorem, 1. II, c. v, P. L.,t. i, col. 1296; S. Cj'prien,X)e lapsis, c. xxvi, P. I,., t. IV, col. 486 ; De spectaculis, c. v, édit. Hartel, t. ii, p. 8. A ce sujet, certains archéologues ont rappelé les corbeilles de la crypte de Luclne, comme si de pareils paniers avaient servi à cet usage. Marucchi, Le dogme de l'eucharistie, p. 16. Sans doute, saint Jérôme, Epist, cxxv, P. L., t. xxii, col. 1085, dit dans une lettre à Rustique : Nihil illo dilius quam qui corpus Domini in canislro portai vimineo et sanguinem ejus in vitro. Mais ce passage ne prouve rien. Voir Wilpert, Fraciio panis, p. 59, note. Après
la paix de l'Église, l'habitude continuera encore un certain temps. Cf. S. Basile, Episi., xciii, P. G., t. XXXII, col. 486. Exceptionnellement, on y offrait encore le saint sacrifice. S. Grégoire de Nazianze, Oral., VIII, n. 18, P. G., t. xxxv, col. 810, 811. Évidemment on consacrait autant que possible un endroit spécial à l'oblation et à la conservation du sacrement. C'est à cela que se rattachent les oratoires privés. En 1876, on en découvrit un à Rome, près de la gare actuelle. Le monument était du iv« siècle. La description détaillée, fournie par De Rossi, Bullel., 1876, édit. franc., p. 45-63, ne laisse pas de doute sur sa destination liturgique.
4° Vases eucharistiques. — Le pain consacré qu'on emportait à la maison était enveloppé dans du linge et déposé dans de petites boîtes, appelées arca ou arcula, qu'on plaçait dans une niche ou armoire, parfois même dans un petit oratoire. Leur forme nous est rappelée par la fresque romaine du iv" siècle, mentionnée plus haut. Wilpert, op. cit., p. 306 sq., pi. 166, n. 1. Quant aux monuments originaux publiés par Garrucci, Storia del" arte crisliana, pi. 427 sq., et Rohault de Fleury, La messe, t. v, pi. 363 sq., il faut se garder de n'y voir que des reliquaires ou des boîtes aux saintes huiles, ainsi que l'a fait de Waal, Rômisclie Quartalschrijl, 1910, t. xxiv, p. 105. Il ne faut pas non plus, avec les deux auteurs précités, attribuer indistinctement à tous une destination eucharistique : celle-ci ne doit être positivement admise que pour les monuments ornés de scènes eucharistiques. C'est le cas, d'après Wilpert, pour la cassette d'argent de Milan, de la seconde moitié du iv= siècle, dont le couvercle représente la multiplication des pains et le miracle de Cana. Wilpert, Malereien, p. 307; Nuovo bullet., 1900, t. vi, p. 91; Leclercq, dans le -Dîc/fon. d'archéol. clirét., t. ii, col. 1807, 1808, fig. 1985. Une pyxide en ivoire, provenant de Carthage et conservée aujourd'hui au musée de Livourne, montre également la multiplication des pains. Elle est du iv^ siècle et a dû servir au même usage. De Rossi, Bullel., 1891, p. 47-52, pi. iv-v; Stuhlfauth, Die atlchrislliche Eljenbeinplastik, Fribourg et Leipzig, 1896, p. 128 sq. Pour une autre pyxide de la même matière, conservée au musée de Berlin et datant à peu près de la même époque, la destination eucharisUque admise par les meilleurs connaisseurs peut paraître quelque peu douteuse. Le petit monument montre le Christ enseignant au milieu des apôtres et le sacrifice d'Abraham. Leclercq, dans op. cit., t. II, col. 777, 778, fig. 1511, 1512; Leclercq, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 345, 346. Sur une troisième pyxide semblable à la précédente, qui se trouve à Bologne, voir Stuhlfauth, op. cit., p. 29, 30, pi. i, n. 2; sur les pyxidcs en général et la bil)liographie du sujet, Leclercq, Manuel, t. ii, p. 344-348. — Quant aux colombes eucharistiques dont a pu se servir l'antiquité chrétienne, aucune ne nous a été conservée. Kaufmann, Handbuch, p. 313; Raibel, Der Tabernakel einst und jetzl, Fribourg, 1908, p. 131- 143. « Une antique custode eucharistique en forme d'agneau » est mentionnée par Maiocchi, dans Kirista di scienze slorichc, 1904, p. 210-213.
5» Calices liturgiques. ■ — 1. D'après Wilpert, la plus ancienne représentation serait le calice à anses de la l'raclio panis. Wilpert, Frarlio panis, p. 73. Puis viennent les verres de la crypte de Lucine, Wilpert, Malereien, pi. 28, et le verre de la catacombe syracusaine, ce dernier du iv siècle. Un calice figure sur une pierre du cimetière de Pontien, du in« siècle. Boldetti, op. cil., p. 208; Leclercq, dans le Dictionnaire d'archéol. chrétienne, t. n, col. 1599, 1600, flg. 1870. Un autre sur un marbre de Sainte-Priscillc est de la même époque. Perret, Les catacombes, t. v,
pi. 57, n. 8; Ficker, Die altchrisllichen Bildwerke des Laterans, p. 122, n. 174 b. Quelques autres figures sont moins anciennes. R. de Fleury, op. cit., t. iv, pi. ccLxx, ccLxxvii, etc. Un cancel copte, du v«vi"' siècle, montrant deux paons tenant dans le bec un linge qui encadre un calice surmonté d'un disque (hostie), est décrit dans Strzygowski, Koptische Kunst, Vienne, 1904, n. 7368, p. 85, 86, dans Calai, général des cmliq. égyptiennes du musée du Caire, t. xii. Il est difficile de dire dans quelle mesure ces représentations assez rares nous autorisent à tirer des conclusions certaines par rapport à la forme des vases hturgiques primitifs. Cf. Schnyder, Die Darstellungcn des eucharislischen Kelches auf allchrisilichen Grabschriften, dans '^-pujij.y.x'.o-/ àpyaio/ovt/.ov, Rome, 1900, p. 97-118. Plusieurs auteurs attestent l'usage des caUces en verre : ce que les monuments confirment. D'autres mentionnent des calices en métal précieux qui ont dû ressembler à ceux que l'on voit à Ravenne sur les mosaïques de Saint-Vital et de Saint-Apollinaire-/n-C/asse, ou à Rome, à Sainte- Marie-KIajeure, par exemple, le Liber ponliflcalis, l'inventaire de l'église de Cirta, en Afrique, de 301, etc. Cf. Leclercq, dans le Dictionnaire d'archéol. chrél., t. II, col. 1605 sq. ; Richter et Taylor, The golden âge oj classic Christian art, pi. 5, n. 1-3. — 2. Parmi les anciens calices conservés jusqu'à nos jours, citons celui du cimetière Ostrien, aujourd'hui au musée chrétien du Vatican, De Rossi, Bullel., 1879, pi. iv, et les calices trouvés dans les cimetières de Cologne et de Trêves et publiés par E. aus'm Wecrth, dans les Jahrbiicher des Vereins von Alterlumsfreuiuten im Rheinland, 1878, t. lxiv, p. 124-126, pi. x. Leur desUnation eucharistique défendue par quelques auteurs n'est nullement prouvée. Mais il faut l'admettre pour plusieurs autres, par exemple, pour le calice de Chelles, pour celui de Gourdon.avcc sa belle patène, pour le calice de Feltre ou de Zamon, près de Trente. Ils sont du v«-vi« siècle, sauf peut-être le dernier, auciuel le P. Grisar pense devoir assigner une date un peu plus récente. Nuovo bullel., 1897, t. m, p. 15. Le métal dont ils sont faits, les pierreries dont ils étaient ornés, attestent que rien n'était trop précieux pour contenir le sang d'un Dieu. Voir art. Calice, dans CabTO\, Dictionnaire, t. n, col. 1595 sq.
6° L'autel. — 1. Représenlations. — Parmi les plus importantes, il faudrait nommer, selon Wilpert, celle de la Fractio panis, si toutefois on peut parler d'autel : c'est une espèce de sofa en forme de demicercle, exhaussé au-dessus du sol. Wilpert, op. cit., p. 8. La même forme revient encore plusieurs fois, par exem])le, dans les chapelles des sacrements, dans un hypogée de la voie latine récemment découverte, etc. Wilpert, Malereien, pi. 41, n. 3 et 4, 265, 267. Dans la chambre des sacrements A', c'est sur uti trépied que se fait la consécration. Une autre table-guéridon à trois ])ieds,qui porte des pains et des poissons, figure à la voûte de la chapelle A'. Wilpert, op. cit., pi. 38 et 41, n. 1. Pratiquement, il ne faudrait pas attacher une grande importance au motif artistique du trépied pris de la vie ordinaire, ni vouloir en tirer des conclusions certaines par rapport ;\ la forme des autels primitifs. Dans la mosaïque de la coupole de Saint-Jean-/n-Fofi/p, à Ravenne, on a])crçoil quatre autels-tables, sur lesquels est posé le livre des Écritures. Ils consistent en une plaque portée par quatre colonnes. De même à Saint-Vital et à Saint-Apollinaire-i/i-C/asse. Fleury, op. cit., t. i,pl. ii, in et xxix, p. 63. 64, 1.34; Baumstark, Liturgia romana,Y)\. ici IV ; Richter et Taylor, The golden âge oj classic Christian art, pi. 5, n. 2 et 3. Enfin, des autels en forme de cippe figurent dans les scènes du sacrifice d'Abraham sur une fresque du iii'^ siècle, h Saint-Hermès, Wil-
pert, Malereien, pi. 114, sur les pyxicics de Berlin, de Bologne, Stuhlfaiith, op. cit., pi, i, et sur quelques sarcophages. — 2. Monuments originaux. — Aucun texte ne parle en faveur des prétendus autels de la cène, de saint Pierre, de saint Jérôme, de saint Grégoire, etc., qu'on conscrve'encore aujourd'hui à Rome, et leur forme nous oblige à les attribuer à des époques beaucoup plus récentes. Holtzinger, Die attchristtiche Architektur, Stuttgart, 1889, p. 115 sq. ; Kraus, Real-Encyclopddie fiir clirislliche Allertiimer, 1882, t. I, p. 35, 41, 42; Leclercq, dans le Dictionnaire d'archéot. chrétienne, t. i, col. 3158, 3187; Nuovo buliet., 1897, t. III, p. 19 sq. Les autels dont nous avons à parler appartiennent à l'époque de la paix. Les plus anciens, parmi lesquels il faut ranger ceux de Saint- Victor de Marseille et d'Auriol, les autels de la catacombe de Saint-Alexandre, sur la voie Nomentane, et de Baccano, sur la voie Cassia, etc., sont du iv« et v^ siècle. Ils consistent généralement en une plaque de marbre carrée reposant sur 1, 4 ou 5 pieds et sont décorés de différents ornements. Parfois on a utilisé des monuments païens désaffectés qu'on couvrait d'une plaque de marbre qui servait de table d'autel. Trois cippes de marbre conservés au musée de Latran rentrent dans cette catégorie. De Rossi, Buliet., 1877, pi. iii-iv. Plusieurs autres se trouvent en France et ailleurs. Kraus, op. cit., t. i, p. 42; dom Leclercq, loc. cit., t. i, col. 3175 sq. Quelques autels en forme de cippe sont d'origine chrétienne et remontent très haut. Leclercq, loc. cit., col. 3177, 3178. Enfm, il est probable que l'une ou l'autre des tables d'agapc, nvnsœ agapes, trouvées en Afrique, a servi pour la confection de l'eucharistie dans les oratoires où elles étaient placées. Wieland, op. cit., p. 152-154; Nuovo buliet., 1900, t. VI, p. 128, 129; Leclercq, art. Agapc, dans le Dict. d'archéol. clirét. t. i, col. 775. Quelques autels richement décorés sont attribués au iv^ siècle par M. Schultze, dans Realencyclopàdie fiir protest. Théologie und Kirche, Leipzig, 1896, t. i, p. 394. — Nous traiterons la question des reliques placées dans l'autel ainsi que celle de l'oblation de la messe en l'honneur des saints, à l'art. Saints (Culte des). — 3. Nappes d'autels. — L'usage des nappes est un usage profane : on l'a adopté pour la table liturgique. Au iv« siècle, plusieurs auteurs nous en parlent, par exemple, saint Optât de Milève, De schismat., vi, 1, P. L., t. xi, col. 1077; saint Ambroise, De virg., 1. I, c. xi, n. 65, P. L., t. XVI, col. 206. Saint Jean Chrysostome, Homit., L, n. 4, in Matth., P. G., t. lviii, col. 509, mentionne des bordures en or. M. Marucchi, Le dogme de l'eucharistie, p. 18, a voulu voir la représentation d'une nappe sur la table de la Fractio panis. Cette explication est à tout le moins fort douteuse. Des nappes ornées de riches bordures figurent sur les tables eucharistiques ou autels dans les inosaïques déjà citées de Ravenne. Une épigraphe africaine, du v ou vi« siècle, les mentionne avec des reliques déposées dans l'autel :
+ SVB HEC (sic) SACRO H SCO BELAMINE ALTA ||
RIS SVNT MEMORI/E \\ SCOR... De Rossi, Buliet., 1894, p. 39. Voir Leclercq, dans le Diction, d'archéol. chrét., t. i, col. 3155-3189. Voir aussi plus haut, t. i, col. 2578-2584.
7° Chants et lectures à l'office liturgique. Diptyques et vêlements liturgiques. — - 1. Gomme monument antérieur à Gonstantin, on ne peut citer qu'un marbre de Bithynie, du iiMii^ siècle, où on dit du titulaire qu'il a charmé le troupeau du Très-Haut et formé les fidèles au chant des psaumes et à la lecture des saints Livres : ©eOY (û.i || laT) OY nOIMNCIA TePn{„>v)i| YAAMOIC Te AreiOlC K(ai tiva)JirN0OC- MACIN nANTAC EGICcov). Cabrol et Leclercq, Monum. liturgica, Paris, 1902, t. i, n. 2785; Leclercq,
dans le Dictionnaire d'archéol. clirél., t. m, col. 345. A partir du milieu du iv<= siècle, les témoignages épigrapliiques augmentent sensiblement. Par l'inscription de l'évêque africain Alexandre nous apprenons que le peuple tout entier prenait part tau chant. Antérieurement déjà, à Rome, un certain Léon rehaussait le culte par son chant : psallere
ET IN POPULIS VOLUI MODULANTE PROFETA (Si'c),
tandis que l'épitaphe contemporaine du diacre Redemptus dit du titulaire : dulcia nectareo prome-
BAT MELLA CANCRE, | PROPIIETAM CELEBRANS DULCI
MODULAMINE SENEM. Dc Rossi, Roma solter., t. m, p. 240 et 239; Ihm, Damasi epigrammata, Leipzig, 1894, p. 38, n. 35*, p. 28, n. 21*. Pour d'autres épigraphes, voir de Waal, Le chant liturgique dans tes inscriptions romaines, dans le Compte rendu du III" congrès scientifique international des catholiques, ii« section, Bruxelles, 1895, p. 310-317; Leclercq, dans le Diction, d'archéol. chrél., t. m, col. 351-357. — 2. La pratique de nommer les personnes mortes ou vivantes pour lesquelles on demandait pendant le saint sacrifice les prières des assistants est très ancienne. Wilpcrt, Fractio panis, p. 53 sq. Saint Gyprien,£'p(s/.,i, 2, édit. Hartel, t. m 6, p. 466,1a connaît. A cet usage se rattachent les diptyques liturgiques, ou plaquettes d'ivoire, qui portaient le nom des personnes en question. Quelques-uns des monuments encore conservés avaient d'abord une destination profane qui n'a été changée que plus tard, par exemple, le diptyque Barberini, ceux de Kovare et de Brescia. D'autres étaient destinés dès le commencement à l'usage religieux, par exemple, le « livre d'ivoire » de la cathédrale de Rouen, du v^" ou vi« siècle, celui de Tongres, etc. Voir Kraus, Real-Encyclopâdie, t. i, p, 364-372; Leclercq, Manuel d'archéologie chrétienne, Paris, 1907, t. ii, p. 342-344, avec la bibliographie, en attendant l'art. Diptyque, dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne. — 3. Pour les vêtements liturgiques, voir Wilpert, Die Gewandung der Christen in den ersten Jahrhunderlen, Gologne, 1898, p. 33-58; Braun, Die liturgische Gewandung im Occident und Orient, Fribourg, 1907.
Pour Tépitaplic d'Abercius, voir plus liaut, 1. 1, col. 362; pour les inonuments de la troisième catégorie, calices, autels, etc., voir les indications bibliographiques sommaires dans chaque paragraplie de la seconde partie. Nous ne citons pas non plus in extenso le titre des manuels et dictionnaires d'arclicologie chrétienne, tels que Martigny, Allard, Kraus, Kautmann, Marucclii, Scaglia-Xystus, Cabrol, etc., qui consacrent tous un certain nombre de pages à l'archéologie de l'eucharistie.
Baring-Gould, Ow inlieritance, an accoiinl o( tlie eucharistie service in tlie firsl three centuries, Londres. 1888 (cité par Kvaus, Geschiclitc der cliristliclien Kunst, Fribourg, 189(3, t. i, p. 165,n. 2);Bilczewski, Êiicaris/i'a illnslrala da monumenti lelterari, epigrafici, iconografici delta crisliana antichila (paru en langue polonaise); cf. Commentarius authenlicus du 11'^ congrès d'archéologie chrétienne, tenu à Rome, 1900, p. 158; Bulir, Un frammento di bassoritievo rappresentante il calice eucaristico, dans Bulleltino di arclicologia e .storia dalmala, 1906, p. 39-45; Cavedoni, La credenza delta primitit'a Cliiesa modenese nel dogma aiigustissiino del sacramenlo dell' cucarislia comprovato con duc monumenti del terzo secolo, dans Opnscoli religiosi, 2' série, 1863, t. i,p. 321-3T?;Congrès (dixième) eucliarislique inlernalional tenu à Paray-le-Monial, 1897, p. 464-475 (:2 articles de Dory et Gauthey); Corblet, Histoire dogmatique, lituryique cl ai-cltéologique du sacrement de l'eucharistie. 2 vol., Paris, 1885-1886,surtout,t. ii,p. 478-551; Dechent, Die Bcdeulung der Speisungsgcscliiclde auf den Denlimàlern altcluistliclier Kunst, dans Clirislliclies Kunstblatl, 1878; Didiot,Ln tlicologie des catacombes, dans la Revue des sciences cccli's., 1864, t. X, p. 616sq.;Dobbert,i)iix Abendmald in der bildenden Kunst, dans Repertorium fiir Kunslivissenscliafl, 1890, l. XIII, p. 281 sq., 363 sq., 123 sq.; Dolger, IXeYC, Das Fisclisjimbol in fiidicliristliclier Zeit, Rome, 1910, t. i; les premiers chapitres du livre ont paru comme articles dans
EUCHARISTIE DU IX« A LA FIN DU XP SIÈCLE
Rômische Quartalschrift, t. xxiii et xxiv '(1909-1910), p. 3-112, 51 sq.; le t. ii traitera surtout des monuments; Funk, Der Kommunionritus, dans Kirchengeschichtliche Abhandlungen und Untersudningen, Paderhorn, 1897, t. i, p. 293-308; Grisar, Un graffdo eucarislico in un templo pagano — il calice del vino consecrato nelFarte antica — le rapprcsenlazioni dei pani eucarislici, dans Civiltà cailolica, Rome, 1897, 16" série, t. ix, fasc. 1122, p. 721-731; Hoppenot, La messe, Bruges; Lammens, Les formules épigraphiques : Christus hic est el Xji^to; i/OàSî zy-or^Ev,dans la Revue de l'Orient chrétien, 1902, t. vu, p. 668 sq.; Liell, Fractio panis oder Cœna ca;Zesiis, Trêves, 1903; Marucchi, Die Katakomben und der Proleslantismus (trad. de l'italien), Ratisbonne, 1905, p. 34-30; Id., Le dogme de l'eucharistie dans les monuments des premiers siècles, dans la collection Science et foi, n. 14, Bruxelles-Paris-Rome, 1910 (reproduit dans YUniuers, 23, 26, 27, 29 juillet 1911); Picrse, T/ie mass in the infant Church, Dublin, 1909, p. 107-137; Raible, Der Tabernakel einst und fetzt, édit. de Krebs, Fribourg, 1908; Rohault de Fleury, La messe, études archéologiques sur ses monuments, 8 vol., Paris, 1883-1889, particulièrement, t. I, IV, v; De Rossi, Roma sotterranea, t. i et ii; Id. ,BuZZeHmo di orc/ieoZoji'a cris<ia;ia, Rome, 1864 sq., passim ; Id., Jnscriptiones christianœ urbis Romee, Rome, 1888, t. lia, p. XII sq.; Rouquette, Le poisson eucharistique dans une tombe africaine, dans le Bulletin archéologique, Paris, 1907, p. 454-458; Schei\viler,X>ie Elemente der Eucha- j ristie in den erslen drei Jalu-hundcrten, Mayence, 1903 <dans Forschungen zur christlichen Lileralnr und Dogmengeschichte de MM. lîhrhard et Kirsch), t. m, p. 119-124; \ Schermann, Die Fractio panis in S. Priscilla, Realismus i und Symbolik, dans Historisch-Polilische Bldtter, 1906, | t. cxxxvii, p. 338-354; Schilfgaarde, Waszklewicz van, Hct dogma lier heilige Eucharistie in de Romeinsche Catacomben, Amsterdam, 1906; Sehnyder, Die Darstellungen des euchcu-istischen Kelches auf altchristlichen Grabschriften Roms und deren Bedeutung in der sepulUralen Symbolik, dans Expii^àTiov Kf/K.r//,„Yix.,, Mitteilungen dem zweiten internationalen Congress fur christliche Archàologie 7u Rom gerwidmet vom Collegium des dentschen Campo santo, Rome, 1900, p. 97-118; Id., Das altchristliclie Symbol des Fisches und sein Beziehung zur Eucharistie, dans Schiveizerische Kirchenzeitung, Lucerne,1905, p. 230 sq., 237 sq., 246 sq.; Sieglin et Schreiber, Die Xekropole von Kôm-esch-Schukâfa, Leipzig, 1908 (le ch. v traite de la catacombe Wescher à Alexandrie); Swoboda, Dber den lilwgischen Erlrag von Wilperts neuen Katakombenfunden, dans Jalirbuch der Leogcsellschaft, Vienne, 1895, p. 76-82; A. de Waal, Il simbolo nposlolico illuslrato dalle iscrizioni, Rome, 1896, p. 44-49; Wieland, Mensa und Confessio, t. I, dans Vertiffentlichungen aus dem kirchenhislorischen Seminar Mùnchen, n. 11, Municli, 1906; Wilpert, Dos Opfer AbraJicuns, dans Riimische Quartalsclirifl (1887), 1. 1, p. 126-160; Id., Principienfragen der christlichen Archàologie, Fribourg, 1889; Id., La Fractio panis rappresentata in affresco cimiteriale delta prima meta del sccolo n, dans Memorie délia pontif. Accademia romana di archeologia, Rome, 1894; Id., Die Fractio panis, die atteste Darslellung des eucharistischen Opfers, Fribourg, 1895; Fractio panis, la plus ancienne représentation du sacrifice eucharistique, trad. franc., Paris, 1896; Id., Die Malcreien der Sakramentskapellen, Fribrmrg, 1897; Id., Ilvalore dommatico délie piMureccme/eriaZi, Home, 1897, p. 10-17; Id., Die Malereien der Kniakomhen, Fribourg, 1903, p. 45-47, 282-308, 388.