‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 21 sur 148 · X. .\pPLrCATIONS PKATIQUES. 1° Eu thcologic · texte numérisé non relu

X. .\pPLrCATIONS PKATIQUES. 1° Eu thcologic

spc'culative, une méditation sérieuse de l'enfer ist nécessaire pour ap;>récier moins incomplètement toute la conduite de Dieu sur le monde, pour comprendre spécialement la nature si mystérieuse du péché, enfin pour mieux estimer ces attributs divins de sainteté et de pureté, de Justice, de souveraine indépendance.

2» En tliéologie ascétique, l'intelligence individuelle de la doctrine de l'enfer s'acquerra par le travail de la raison éclairée de la foi ou par l'illumination supérieure des dons infus d'intelligence, de sagesse et de science.

La crainte de l'enfer étant évidemment inférieure àl'amour, cettcétudeappartient de soi plutôtà la voie purgative, au commencement de la vie morale et ascétique. Eccli., i, 16; I .Joa., iv, 18. Voir Cuaixte DE Dii:u. Toutefois, il faut, à ce propos, éviter deux excès : a) de dire que les parfaits ne craignent plus l'enfer, parce qu'ils sont établis dans l'amour, Rom., vin, 35-30, et qu'ils ne désirent plus le ciel étant prêts, comme disposition habituelle, à aller en enfer, voir QiiKTisMi:; b) de dire que les parfaits n'ont plus à penser aux motifs de crainte et à l'enfer. Si parfait qu'on soit, on a toujours à craindre le péché mortel et l'enfer, qui en est le cliâtiment. M'-''' Ch. Gay, Vie cl vertus chrétiennes, l" i)artic, t. i, p. 180- 198. Bien phi^, une connaissance supérieure de l'enfer par voie de contem|ilation infuse, ou même de vision imaginaire ou intellectuelle, a été très souvent dans l'iiisloire de la sainteté un facteur capital de grande sanctification. Il suffit de rai)peler les visions de sainte Thérèse et de sainte Françoise Romaine. Cf. .1. Ribet, La miislique divine, Paris, 189,5, t. il, c. xii, p. 219 sq. 3" Quant aux sentiments à avoir à l'égard des damnés, il serait d'abord irraisonnable autant qu'inutile de demander à Dieu leur délivrance ou leur soulagement, i)uis([ue leur sort est fixé à jamais. Voir MiTiGATioN. I-"n outre, il ne faudrait pas avoir pour eux de fausse pitié; ils ne sont pas exclusivement des malheureux, ce sont des misérables. 11 n'y a pas lieu de s'apitoyer sur leur sort qu'ils n'ont (juc trop mérité par leur dépravation finale et irrémissible. Cf. S. Grégoire le Grand, Dial., 1. IV, c. xi-iv, 1'. /,., t. Lxxvii, col. 404; S. Thomas, Sum. theoL, III» Supplem., i\. xciv, a. 2, 3. Les bienheureux n'ont jjour les damnés aucune compassion, soit antécédente ou indélibérée, soit délibérée, car la vraie compassion suppose un mal guérlssal)le. Dieu luimême n'a ])lus de miséricorde pour les damnés, parce qu'ils nvn veulent plus. Nous comprendrons cela dans la lumière infinie.

4" Au point de vue puslorul, on s'est demandé parfois s'il était utile de prêcher l'enfer à notre époque, et la sagesse charnelle tend à répondre négativement. La vraie sagesse traditionnelle a pensé autrement. Si les Pères et les prédicateurs du moyen âge. en effet, ne nndlipliaienl pas les instructions sjiécialcs sur l'enfer, la pensée dp la géhenne avec toutes ses horreurs hantait leur esprit et s'exprimait fréqucni-

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ment dans leurs discours. Dira-l-on qu'à ces ^-poqucs barbares, il fallait dos chocs violents pour (^•branier l'esprit des fidèles, mais que les chrétiens modernes très adoucis, très conscients de l'iiKlèpendancc et de la dignité personnelles, ne veulent céder qu'à l'amour et n'aiment ])as les menaces. On s'évanouit maintenant d'ellroi en entendant prêcher sur l'enfer ou bien la sensibilité aflolée par la peur tombe dans le désespoir. Il est certain qu'il vaut mieux aller à Jésus par l'amour, mais la crainte peut conduire à l'amour, même la crainte de l'enfer. Il faut tempérer la crainte par l'amour, mais aussi exciter l'amour de Dieu jiar la crainte de ses châtiments et éloigner du péché par la pensée de la sanction divine de l'enfer. Or, cette crainte est aujourd'hui nécessaire comme au temps de saint Chrysostome, de saint Césaire, de saint Pierre Damien, de Bourdaloue, parce que la nature humaine est au fond toujours identique. Les prédicateurs doivent donc omettre seulement les descriptions de pure imagination. Les données de la révélation suflisent à faire imiucssion sur [les âmes croyantes. Mais écarter systématiquement de la chaire chrétienne la préoccupation, qui doit être constante, des fins dernières et de l'enfer éternel, c'est ignorer radicalement l'esprit du christianisme ou même la notion de la créature, de l'état de voie et de l'état de terme, puisque la vie chrétienne doit aboutir inévitablement au ciel ou à l'enfer.

Il est impossible de dresser un catalogue complet sur un sujet qui a été la préoccupation constante de l'esprit humain. Voici, avec les travaux signalés au cours de l'article, les principaux écrits à consulter.

I. TnAiTKs cÉNKRMX. — Pour les anciens théologiens, saint Thomas, puis les commenlalcurs des Sp;i/e;!Cf,s ou de la Somme, Suarcz, Salmanticenscs, etc. ; spécialement Petau, De anyelis, 1. III, c. iii-viii, dan^ Do(im<italheologic(t. Paris, 1866, t. iv. p. 74-120; .1. V. Patuzzi, De juhiroimpiorum statu, 1. III, Vérone, 1748; .Jer. Drexelius, ^£/crni/ns infeliisiiie supplicia œlerna damnatortim, Anvers, 1643 (descriptions imaginaires épouvantables); Bœttcher, De injeris rebiisque post moitem luturis, 1846 (riche bibliographie); Passaglia,i3c œteinitale pœnariini deque iqnr injcrno, Rome, 1854. Les cours récents de théologie traitent de l'enfer dans le De novissinii^. habituellement le dernier de leurs traités; cependant Pcrrone, Mazzella, Einig l'adjoignent encore au De Deo créante, de homine; on pourra consulter ces divers auteurs, par exemple, Hurter, Pcsch, Jungmann, Paquet, Tanqueroy, Fci, Lottini, etc.; comme monographies détachées, Billot, De nooissimis, Rome, 1905; D. Palmieri, De novissimis, Rome, 1908; en langue vulgaire, Souben, Les fins dernières; L.LabauchcL'/ionime, Paris, 1909, IVi^ partie; H. Martin, La vie future d'après la foi et suirant la raison, 3'"édit., Paris, 1870; Cari, Du dogme catholique sur l'en/er, Paris, 1842; 1. Baulz, Die Ilolle, 2' édit., Mayence, 1905; W. Schneider. Dus andere Leben, 8" édit., Paderborn, 1905; I. H. Oswald, Eschatologie, d. i. die letzlen Dinge, 5>' édit., Paderborn, 1893; Salmond,C/ir(s(zrm doctrine o/ Immortalitij, 5' édit., Edimbourg, 1903, très complet; Ocsterly, Tlie doctrine o/ LasI Tliings. Londres, 1908. Voir aussi Bautz, Ilôllc, duns Kirclienlexikon, t. vi.col. 112-124; J. Hontheim. Ilell, dans r/ieC«»io)Kfncvc;o/)e(i(Vi, New- Vork, 1910, p. 207-211; P. J. Toner, Eschatologtj, ibid., 1909, t. v, p. 528-534,

II. Travaux spixrvcx. — 1° Sur Venfer et la raison. — Trois études magistrales : Enfer de D' J. D. ; surtout Éternité de l'enfer, de A. Dupont, dans le Dictionn<tirc apologétique de la foi catliolique de Jaugey, Paris, 1890, t. i, col. 1062-1068, 1076-1118; Enfer de Paul Bernard, dans le même Dictionttaire, 4" édit., 1910, t. i, col. 1377- 1399, avec bibliographie. Voir encore F. Hettinger, Apologie du christianisme, 2" édit., Paris, Les dogmes, t. ii, c. XV, p. 387-414; A. Nicolas, Études philosophiques sur le christianisme,! ' édit., Paris, 1851,1. ii, c. viii, ]i. 458 sq., et les études générales d'apologie de Gcnoude, Exposition dn dogme catholique, Paris, 1840, c. xii, p. 251-274; de Du Clot,7.a sainte Bible vengée, 2" édit., Lyon. 1841 , t. m, p. 454- 463; Bougaud, Lechristianisme et les temps présents, Paris, 1889, t. v, p. 336-361 ; doni Sinsart, Défense du dogme catholique sur l'éternité des peines, Paris, 1748; Clarke,iî/frnai pu-

nishmenl and infinilive Loue, dans The Monlh, 1882, t. XLIV, p. 1 sq., 195 sq., 305 sq. ; Rieth. Der moderne Vnglaube und die en>igen Strafen, dans Stimmen aus Maria-Laach, 1886, t. XXXI, p. 25 sq., 136 sq. ; (iibbons, Our c/ins/ian héritage, Baltimore, 1889, c. xiv, p. 216 sq. ; de Bonnitit, Le problème du mal; H. Brémond, La conception catholique de l'enfer^ 9« édit., Paris, 1907; Th. Ortolan, La fausse science contemporaine elles mgstéres d'outre-lombe, S'' édit., Paris, 1900.

2" .Sur l'enfer dans l'Écriture sainte. — .\tzbergcr. Die christliche Eschatologie in den Sladien ilirer Offenbarung im Allen und \euen Jestamente, Fribourg-cn-Brisgau, 1890, p. 36 sq., 61 sq.,84sq.,97 sq., pour l'Ancien Testament, p. 136-156, pour la théologie juive; p. 282-298. pour le Nouveau Testament; abondante bibliographie; S. D. F. Salmond, Ilell, dans Dictionary of the Bible, Edimbourg, 1902, t. n, p. 343-346; Vigonroux, La Bible et les découvertes modernes, 6" édit., Paris, 1896, t. iv, p. 517-528, 585-595; A. Vacant, Enfer, dans le Dictionnaire de la Bible, t. ii, col. 1792-1790; Vacant, .\me, lV,destinée d'après la Bible, ibid., t. I, col. 461-473; Hetzcnauer, Tlicologia biblica, Fribourg-en-Brisgau, 1908, p. 612 sq. ; au point de vue protestant orthodoxe, A. Wabnitz, £n/cr, dans VEncgclopédic de Lichtenbcrgcr, Paris, 1878, t. iv, p. 425-433, courte bibliographie protestante orthodoxe; au point de vue libéral, Milton S. Terry, Biblical dogmatics. Londres, 1907, p. 122- 136; longue bibliographie, p. 583-593; au point de vue rationaliste, Charles, £sc/i«/o/og!/, dans Encgclopsedia biblica^ Londres, 1901, t. ii, col. 1335-1390, et les nombreuses théologies bibliques récentes ou les histoires de la religion juive.

3° Sur l'enfer dans la tradition. — .\tzberger, Geschichte der christlichen Eschatologie innerhalb der vornicdnischen Zeit, Fribourg-en-Brisgau, 1896; Alger, The destiny of the .^oul, a critical history of the doctrine of a future life, 14= édit.,. New York, 1889, très riche bibliographie pour les ouvrages anciens, exposition inexacte de la doctrine catholique; Charles, Critical history of the doctrine of a future life in Israël, in Juduism and in Christianity, Londres, 1899 ^ F. Tournebizc, trois articles sur la tradition et l'enler, feu, universalisme, conditionalismc, dans les Éludes,. 15 décembre 1893, t. LX, p. 621 sq. ; mai, juillet 1904; Id.^ Opinions du jour sur les peines d' outre-tombe, 1" édit., Paris; Turmel, Histoire de la théologie positive, Paris, 1904, t. I, p. 187-194, 250-251, 356.

4° Sur l'éternité de l'enfer, voir G. Cordemoy, L'éternité des peines de l'enfer contre les soeiniens, Paris, 1697; Sachs^ Die ewige Dauer der Ilôllenstrafen, Paderborn, 1900; sur le lieu de l'enfer, .3. V. Patuzzi, De scde infcrni in terris quœrenda dissertatio, Venise, 1763; S. Gretser, De sublerraneis animarum receptaculis, Ingolstadt, 1595; sur lespeines du sens, Gutberlet, Die pœnasensus, dans Der Katho- !ik, 1901, t. II, p. 305 sq., 385 sq.

M. Richard.

ENGELBERT. théologien et historien allemand, bénédictin, né à Volckerstorfï vers 1250, d'une famille noble, mort le 12 mai 1331. Il embrassa la vie religieuse au monastère d'Admont en Styrie. A Prague, il étudia la grammaire, la logique et la physique; à Padoue, la philosophie et la théologie. En 1297, il fut élu abbé d'Admont. Il mourut dans une petite dépendance de son monastère où il aimait à se retirer pour se livrer plus librement à la prière et à l'étude. Il avait résigné sa charge abbatiale en 1327. Engelbert a composé un grand nombre d'écrits (38), dont lui-même a donné l'énumération dans une lettre à. Ulrich, scholastique de Vienne : De sliidiis et scriptis suis, cjue dom Bernard Pez publia, Tfiesaiints anecdoloriim novissinms, 0 in-fol., Augsbourg, 1721-1729, t. I a, col. 429. Dans ce même recueil se trouvent publiés les ouvrages suivants de l'abbé d'Admont : De gratiis clvirtutibiis B. Mariœ Virginis, t. i, col. 503- 762; De causis longœinlatis Iwmimim ante diliiinum, ibid., col. 439-502; Traclcitiis de libero arbitrio, t. iv b, col. 110-147. Dans sa Bibliotheca ascclica anliqiionova, 12 in-12, Ratisbonne, 1723-1740, dom Bernard Pez a encore publié : Spéculum i>irtutum ad Alheriuin cl Olioiicm duces Ausiriœ, t. m, p. 3; Tractalus de providcnlia Dci, t. vi, p. xlix; De passione Domini sccundum MaKItœuni, t. vu, p. 67 ; De stalu defuncloruin, t. IX, p. 117. Le traité d'Engelbert, De orlu, pro-

ENGELBERT — ENGELEN

fjressu et fine Romani Imperii quem mundi finis proxime est insecutiirus, édité à Bâle, par G. Brusch, en 1553; Mayence, 1603; Offenbach, 1610, revu par A. Schott, a été reproduit dans la Maxima bibliotheca Patrum, in-fol., Lyon, 1667, t. xxv, p. 362-378. Cf. E. Micha?l,dans Zeitschrifl fiir katholische Théologie, 1902, t. XXVI, p. 275-279. L'ouvrage De regimine principum a été édité par J. G. Tli. Hufïnagl, in-4o, Ratisbonne, 1725. J. G. Peez a édité trois traités philosophiques de l'abbé d'Admont : De sunmio bono hominis; Dialogus concupiscentiie et ralionis; Ulriim sapienti compelat diicere uxorem? dans Opiiscula philosophica, Ratisbonne, 1725. Le Traclatus de musica se trouve dans Gerbert, t. ii, p. 287. Les autres écrits de l'abbé d'Admont sont jusqu'à ce jour demeurés manuscrits.

Dom Bernard Pez, Thésaurus anecdoiorum novissimus, t. I, p. Lxi; Ziegelbauer, Hisloria rei lillerariœ ord. S. Benedicli, t. m, p. 175; t. iv, p. 32,80, 114,165, 167 ; [doni Fran- ■çois,]Bibliolhcque générale des écrivains de l'ordre de Saint Benoit, t. I, p. 288; Fabricius, Biblinlheca lalina mediœ el infimœ lalinilalis, in-8", 1858, t. ii, col. 507; Fuchs, Abt Enqelberg von AdmonI, dans Milllieiliingen des liisl.Vereins fur Sleierniark, Graz, 1862, t. xi, p. 90-l.'50;\Vichner, Gcschiclite des Benediktinersiifles AdmonI, in-S", Graz, 1878, t. m, p. 1-30, 511-545; E. Michael, Geschichic des deuisclien Volkes, Fribourg-en-Brisgau, 1903, t. m, p. 218, 251, 274, 278; Kirchenlexikou, t. iv, col. 536; Hurter, \'omenclator, 3'- édit., 1906, t. II, col. 5ô'i-5ô8.

B. Heurtebize.

ENGELBRECHT Jean, luthérien, visionnaire allemand, néà Brunswick, le jour de Pâques de l'année 1599, mort dans la même ville le 20 février 1642. Fils d'un tailleur et lui-même marchand de draps, il fut en 1622 atteint d'une grave maladie pendant laquelle il prétendit ensuite avoir été conduit aux j)ortes de l'enfer, en avoir été arraché par le Saint-l--sprit. qui l'avait mené au paradis. Il avait reçu l'assurance de son salut éternel. Dès lors, il ne voulut plus avoir ■d'autre occupation que de sauver tous les hommes. Il exhortait à la pénitence, à une foi vive qui devait se manifester par des œuvres de charité. lùi même temps il annonçait la création d'une nouvelle terre, d'un nouveau ciel et mille extravagances. 11 attaqua viokMument la conduite des ministres luthériens, fut emprisonne à Hambourg, puis chassé de la ville. Dès 1625, un livre avait été publié relatant ses visions du ciel et de l'enfer; plusieurs éditions en furent faites en des langues différentes. Ses prétendues révélations furent •en outre publiées en 1638 : Christliclier W'iinderreicher HindebriefI, avec sa vie. Ses divers ouvrages, réunis en 1686, furent traduits en hollandais el [larurent ù Amsterdam en 1697 et en 1783.

[ P. Edgard,] l.eben ./. EngelbrechV s. in-8°, s. 1. ; in-S", 1684; Arnold, Kirchen-und Kelzerhisiorie, Francfort, 1729, l. m, p. 217; Schnidl, dans Kirclwnlexikon, t. iv, col. 537-538; Bcalenrijclopdtlie, t. v, p. 372.

H. IIeuhtehize.

ENGELEN Guillaume van, que son nom latinisé et plus connu nous présente connue Giilielnius ab Angelis, naquit à lîois-le-Duc, en 1583, et mourut ;\ Louvain, en 1619. Il tint une place marf[uante parmi les théologiens et les polémistes de son temps.

-Vprès de brillantes humanités au collège de sa ville natale, il vint à Louvain, en L")98. Il y suivit le cours de philosophie de " la [)édagogie du Porc », et, à la I)romotlon générale de 1600, il fut classé sepliètnc. li commença ensuite ses éludes de droit, mais y renonça bientôt i)our s'orienter vers la carrière ecclésiastique. Reçu au collège du Uni, il s'y adonna à la théologie sous la direction du célèbre docteur .lean Maldcrus jusqu'en 1606. A cette date, il rentra au collège du Porc, i)our y enseigner, d'abord, le grec, et, un peu plus tard, la philosophie. Ordonné prêtre en

1607, il conquit le grade de licencié en théologie le jour même où il avait célébré sa première messe. En 1614, à son cours de philosophie il joignit celui de morale, et, comme appointements de cette nouvelle fonction, il obtint, selon l'usage, à la collégiale de Saint- Pierre, ce qu'on appelait alors un canonicat de la seconde fondation. Deux ans plus tard, il était proclamé docteur en théologie et quittait le collège du Porc pour prendre la présidence du collège de Viglius. En 1625, il renonça à son cours de morale et accepta la charge de lecteur en théologie à l'abbaye norbertine de P;>rc, aux portes de Louvain. Il%vait rempli cette tâche à la satisfaction de tous pendant près de quinze ans, lorsqu'il fut appelé, en 1639, à succéder, dans la « chaire royale » de théologie, à \Mggers, son ancien maitre et son ami. Ses succès et sa réputation, à partir de ce moment, ne firent que se confirmer et s'accroitre. En 1646, il passa de la présidence du collège de Viglius à celle du collège du pape Hadrien VI. C'est là que, en 1648, il apprit sa nomination à l'évêchè de Rurenionde, alors vacant depuis neuf ans. .Mais il mourut le 3 février de l'année suivante, avant d'avoir reçu ses bulles de provision. Il fut inhumé dans la collégiale de Saint-Pierre, où il était devenu chanoine du premier rang. Sa mort, disent les documents contemporains, fut le signal d'un deuil général dans la vieille cité académique, où son caractère aimable et sa piété profonde, autant que sa science, lui avaient gagné toutes les sympathies. Le docteur Dave, interprète du sentiment universel, prononça en latin son oraison funèbre. Elle a été imprimée à Louvain; et à la fin du petit volume nous lisons cette épitaphe, dans le goût du temps :

Hic cineres, hic ossa jaccnt; quicumque requiris. Caetera, scande polos; ca;tcra Olympus habet. .\ngeliçam nequiit lumiilus concliuicro menteni, Debuit in superas Angélus ire domos.

Outre le nom du défunt, le second distique rappelle sa devise, qui était : Anyelis suis Deus nmndavit de te. Théologien savant et très attaché à l'orthodoxie, professeur clair et éloquent, G. van Engelen s'était acquis une grande autorité ])armi ses élèves et ses collègues. Il joua, dans les aiïaires du jansénisme naissant, un rôle important, qui lui valut à la fois beaucoup de louanges de la |)art des catholiques et beaucouj) de tracasseries de la part des défenseurs de VAuf/uslinus. Ceux-ci, qui ne mancpiaient pas plus d'es|)ril que d'audace, l'accablèrent de petits écrits satiriques, où ils s'edorçaient de ridiculiser sa personne et ses idées; ils lui suscitèrent même plusieurs procès désagréables et coûteux. En revanche, l'archiduc Léopold-(iuillaume, gouverneur général des Pays-Ras catholiques, le tenait en haute estime, et c'est sur la recommandation de ce ])rince qu'il fut nommé au siège épiscopal de Ruremonde. De plus, le nonce .\ntoine Bichi encourageait ses efforts, cl les papes Urbain VIII et Innocent X lui accordèrent tour à tour des éloges mérités. Il n'était i)as homme d'ailleurs à se laisser rebuter par les contradictions et les dillicultès, quand les intérêts de la religion lui paraissaient en jeu. Paquot rapporte de lui un trait qui en dit long sur ce côté de son caractère. Pressé par deux évê(pies et par d'autres prélats, sinon de se déclarer pour les novaleurs, ce dont on le savait iiicai)able, au moins de s'abstenir, par amour de la paix, d'attaquer leurs doctrines, il fit celle réponse : « Si vous jugez (|uuii docteur el un professeur public en théologie i)eut se taire

I lorsqu'il voit la foi el l'autorité du Saint Siège en danger, je suis prêt à le faire, car je hais souverainement

j ces disputes; mais les choses en sont à un point où ma conscience ne me permet pas de garder le silence. » Adversaire décidé du jansénisme dès la première

ENGELEN — ENNEMIS f AMOUR DES)

heure, van Engelen n'avait pas toujours été l'antagoniste de Corneille Jansénius. Il combattit même, en 1630, aux côtés du futur évêque d'Ypres contre les calvinistes de Hollande. Les États généraux de ce pays venaient d'expulser de Bois-le-Duc tout le clergé romain. Ils y avaient ensuite envoyé quatre ministres instruits et renommés, avec mission d'agir sur la population, de la détacher de la vieille foi et de l'amener à l'Église réformée. Ces ministres lancèrent, le 16 mai 1630, à l'adresse des catholiques en général et des prêtres en particulier, une provocation à un débat public, qui aurait lieu en présence du magistrat de la ville et dans lequel on discuterait les titres des deux confessions opposées. D'un commun accord, van Engelen et Jansénius relevèrent ce défi, et ils firent connaître leur décision par un placard afTichc à Louvain le 9 juin suivant. Ils exigeaient seulement que la dispute se fît en lieu sûr pour les deux partis, que la présidence en fût confiée à un magistrat étranger à l'un et à l'autre, que tous les arbitres fussent versés dans les sciences tliéologiques, et enfin que, des deux côtés, on fût muni de sauf-conduits. Ces conditions n'aj'ant pas été acceptées, la guerre, suivant l'expression de Paquot, au lieu de se faire oralement, se poursuivit par écrit.

C'est à cette occasion que van Engelen : 1° publia un livre intitulé : Den Deckmantel des Caiholyckc naems afgenickt van de leere, dte de Calvinsche Predicanteii poogen tots' Hciiogenbosch in te voeren. Ofl Verweyringe voor het Oiidl Calholyck en Aposiolisch geloove, iegen de Nieuivicheden van vier Keilcrsche Woordendienaers tôt s' Herlogenbosch {La doctrine que les ministres calvinistes s'efforcent d'introduire dans Bois-le-Duc, dépouillée du manteau du nom ccdholique, dont on la couvre; ou Défense de l'cmcienne foi catholique et apostolique contre les nouveautés de qucdre prédicants hérétiques de celte ville), in-12, Louvain, 1630. Les quatre ministres visés dans cet écrit, où le calvinisme apparaît en fort mauvaise posture, sont les provocateurs dont il a été question. Ils s'appelaient Gisbert Voet, Godefroid Uclemans, Henri van Swalmen et Samuel Everwyn. Ils étaient réputés les plus habiles parmi leurs coreligionnaires, et ils furent très mêlés aux polémiques religieuses de cette époque. Mais van Engelen en voulait surtout à Voet, plus remuant que les autres, el il composa contre lui plusieurs tracts, qui ne nous sont pas parvenus. Outre le volume désigné ci-dessus, van Engelen: 2 écrivit en latin, avec ses collègues Jean Schinkels et Chrétien Beusecum, une Relation des troubles excités à Louvain par l'impression de t'Augustinus de Jansénius. Cette relation fut envoyée, en 1641, à Urbain VIII, qui, par l'entremise de l'internonce Stravius, en témoigna aux collaborateurs son entière satisfaction. Elle est reproduite en grande partie dans la Disquisitio hisloricotheologica, per Jacobuni Mombron, in-12, Cologne, 1692. 3° G. van Engelen fut encore l'un des rédacteurs et signataires de la Drclaratio sive Protestatio ocio theologorum et professorum Lovaniensium, datée du 18 juin 1642. Ces professeurs déclarent qu'ils ont voté contre la résolution prise par l'université de surseoir à l'exécution du bref que le pape (Urbain VIII) lui avait fait remettre le mois précédent. La pièce se trouve, elle aussi, accompagnée d'une lettre à l'internonce Stravius, dans la Disquisitio de Mombron.

Ant. Dave, Oratio funebris in parenlalibus Gui. ab Anijelis, m-4'', Louvain, 1649; Paquot, Mémoires pour seriùr à l'histoire des Pays-Bas, Louvain, 1765, t. v; Foppens, Bibliotheca BeUjica, part. I, Bruxelles, 1739; Van der Aa, BiographischWoordenboeck, Haarlem, 1852, t. i; Thonissen, Biographie nationale de Belgique, Bruxelles, 1878, t. vi;

Oudenho\-cn, Beschrgvinge der sladl en Meijenje van s'Herlogenbossche, Amsterdam, 1649; Bois-le-Duc, 1670.

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