V. D/r LA P.iLÉOGRAPHlE PnOI'IIE MR.\r DITE. — Lcs
monuments chrétiens présentent à peu près la même paléographie que les ijaïens, sauf que ces derniers se distinguent généralement par plus de régularité et d'art. La capitale est l'écriture usuelle. Mais, dès la fm du m'" siècle en Afrique, au iv« à Rome, au v<^ dans les Gaules, on constate divers changements qui annoncent l'écriture onciale. Les lettres A, D, 12, M commencent à s'arrondir, d'autres, comme I>, F. I, R. deviennent plus longues. Xuoro bullel., 1901, p. 240; De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 173, n. 395. La cursive paraît sur un marbre de l'an 296. De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 25, n. 18. C'est surtout d'elle qu'on se sert dans les graffiti.
Pour l'exécution, on peut dire qu'en général, aux !'■' et II*' siècles, les lettres sont très bien formées; elles le sont moins bien au ni'"; elles deviennent difformes aux iv^ et V''. l^es tables ajoutées aux grandes publications de MM. De Rossi, Le Riant, Hùbner, RoUer,. Perret permettent facilement de suivre cette décadence de l'écriture. Naturellement cette règle souffre plus d'une exception. L'uniformité n'existe pas toujours. Ainsi, dans les inscriptions les plus anciennes. De Rossi a pu distinguer ileiix types paléographiques particuliers : le type priscillien et le type ostrien. Une autre exception bien connue des archéologues concerne les caractères tout à fait ty|)iques inventés ])our les inscriptions du pape Damase par son secrétaire Furius Dionysius Philocalus. Perret, op. cit.,. t. V, pi. 39; De Rossi, Ronia sotter., t. ii, pi. ii; Inscript, christ., t. I, p. 145, n. 329; Bullel., 1884-1885, p. 7 sq.; Carini, Epigraffa c paleographiii del papa Damaso, Rome, 1887; Le Blant, Paléographie des inscriptions latines du ni' siècle à la ffn du vii', dans hi Revue archéologique, lll'^ série, t. xxix-xxxi (1896, 1897).
(7. DE I.A LAXOUE ET DE l.'onTIIOCnAPII E DES-
/.v.sr;i/pï70vs. — l^Lestextes épigraphiques en langue latine sont les plus nombreux. Les textes grecs i)rédominent en Orient, l^n outre, l'i'^gypte en a produit en langue copte. Pendant les trois premiers siècles, le grec a été fréquenuneut employé ;\ Rome, par exemple, |)our presejue toutes les épitaphes des ])apes du m'' siècle, parfois même dans les (iaules. .Sur queUpies monuments on rencontre les deux langues à la fois. Perret. op. cit.. pi. Kt. n.23;38, n. 127; Corp. in.sr. lai., t. v, n. 6195. Ailleurs, le texte latin est écrit en lettres grecques, par exemple, les graffiti cités par De Rossi. Ilultet., édit. ilal.. 1863, p. 2, 3, ré])itaphe d'une certaine Severa. de l'année 269, De PiossI, Inscript, christ., t. i. p. 18. n. 11 ; ou encore le texte suivant, publié par \Vj|()ert. Malereicn,]). 185 : AeOYC XPICTOYC OMNinOTe(N)C CniPIT(OYM) TOY(OYM) PE0PirEPE(T). L'inverse est plus rare.
ÉPIGRAPIJIE CHRETIENNE
DeRossi,jB«//c/., 1886, p. 68, n. 73; p. 70, n. 77. Une seule inscription chrétienne de Rome est en caractères hébraïques. De Hossi, Roma sotte r., t. m, p. 386. 2° Les textes les plus anciens sont les plus corrects. A partir du iv« siècle paraissent des mots nouveaux empruntés au langage populaire. A la même époque, les fautes d'orthographe de tout genre deviennent très nombreuses. Tantôt la cause en est aux lapicides, qui étaient des gens du peuple comme ceux pour qui ils travaillaient; tantôt il faut y voir l'effet d'une prononciation défectueuse ou des singularités de provincialismes. Les particularités orthographiques, sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici, sont indiquées dans les tables des différentes publications épigraphiques, par exemple, dans Muratori, Le Blant, les volumes du Corpus. Les plus ordinaires sont réunies dans les dictionnaires de Martigny, 2^ édit., p. 364, 365, et de Kraus, t. II, p. 45, dans les manuels de Kaufmann, p. 197, et du P. Xystus, loc. cit., p. 8, 9. Voir Audollent, De l'oitlm graphe des lapicides carthaginois, dans Compte rendu du IV^ Congrès scientifique internat, des catholiques, Fribourg, 1898, t. vi, p. 195 sq. ; Kûbler, dans Wôlfllin, Archiv fiir lateinische Lexikographie und Grammatik, t. viii (1892), fasc. 2; Le Blant, Manuel, p. 193 sq.; Cornoy, Le latin d'Espagne d'après les inscriptions, dans le Muséon, 1902 (plusieurs articles); Pirson, La langue des inscriptions Icdines de la Gaule, dans Bibliothèque de la faculté de philos, et lettres de l'Université de Liège, hicge, 1901, fasc. 11, ]). 1-326.