‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 84 sur 148 · Molinos el l'espérance. — De ses 68 propositions · texte numérisé non relu

Molinos el l'espérance. — De ses 68 propositions

condamnées par Innocent XI en 1C87, deux se rapportent directement à notre sujet :

L'âme (dans la voie intérieure) ne doit penser ni à la récompense, ni à la punition, ni au paradis, ni à l'enfer, ni à la mort, ni à l'éternité.

Celui qui a donné à Dieu son libre arbitre ne doit avoir souci de rien, ni de l'enfer ni du paradis; il ne dcit pas désirer sa propre perfection, ni les ^ ertus, ni sa propre sainteté, ni son propre salut, dont il doit purifier l'espérance (ou perdre l'espérance ». trad. de Fénelon, t. ii, p. 233).

7. Non débet anima cogitare nec de prfemio, nec de punitione, nec de paradiso, nec de inferno, nec de morte, nec de seternitate.

Denzinger, n. 1227 ll094).

12. Qui suuni liberum arbitrium Deo donavit, de nulla re débet ciiram habere, nec de interno nec de paradiso; nec débet desiderium habere proprise perfectionis nec virtutum nec propriae sanctitati s nec propri» salutis, cujus spem purgare débet. Denzinger, n. 1232.

La 7* proposition a été appréciée ainsi par les théologiens qualificateurs : maie sonans, scandalosa et hœresint sapiens. « Les docteurs mêmes de la mystique, dit le cardinal Gennari, conseillent la méditation des fins dernières, même à ceux qui sont favorisés de dons surnaturels et qui sont parvenus à la plus haute contemplation : et cela pour qu'ils ne soient pas tentés d'orgueil, ou exposés au danger de tomber. « Et il cite le chapitre xv de l'autobiographie de sainte Thérèse. Del falso mislicismo, 2« édit., Rome. 1907, p. 25. La 12« proposition a été qualifiée ainsi : Hœresim sapiens, damnata in eoncilio Viennensi inler errores Begiiardonim, errore 6°, el in conc. Tridenlino, sess. VI, can. 26 el 31... Sur la proposition analogue des Béguards, prop. G'', condamnée au concile de Vienne, voir Béguards, t. n, col. 532. Quant aux canons du concile de Trente, sur l'erreur analogue des protestants, nous en avons parlé, col. 607-608.

On trouvera les raisons de rejeter la doctrine de Molinos dans la critique que nous ferons de celle de Fénelon.

2. Fénelon el l'espérance. — Plusieurs de ses 23 propositions, condamnées par Innocent XII, en 1699, se rapportent directement à notre sujet : nous les donnons dans le texte original français, Œnorcs de Fénelon, édit. Leroux Gaumc, t. m, p. 106, ou Œuvres de Bossuct, édit. Lâchât, t. xx, p. 474. Pour le texte latin, voir Denzinger, n. 1327 (1193). Si l'on veut retrouver les propositions dans le livre même d'où elles sont extraites avec leur contexte, voir Explication des maximes des sainls sur la vie intérieure, édition critique, par Albert Chérel, Paris, 1911; on trouvera, p. 87, 88, la liste des références.

1" proposilion. Il y a un état habituel d'amour de Dieu, qui est une charité pure et sans aucun mélange du niotil de l'intérêt propre. Ni la crainte des cliâlinients, ni le désir des récompenses n'ont plus de part à cet amour... 2" prop. Dans l'état de la vie contemplative ou unitivc, on perd tout motif intéressé de crainte et d'espérance... 4^^ prop. Dans l'état de la sainte indifférence, l'âme n'a plus de désirs volontaires et délibérés pour son intérêt, excepté dans les occasions où clic ne coopère pas fidèlement à toute sa grâce (cf. 5' prop.)... 6' prop. En cet état, on [ne veut plus le salut comme salut propre, comme délivrance éternelle, comme récompense de nos mérites, comme le plus grand de tous nos intérêts, mais on le veut, d'une volonté pleine, comme la gloire et le bon plaisir do Dieu, comme une chose qu'il veut, et qu'il veut que nous voulions pour lui... 11" prop. lin cet état (d'épreuve) une âme perd toute espérance pour son propre intérêt : mais elle ne perd jamais dans la partie supérieure, c'est-à-dire dans ses actes directs et intimes, l'espérance parfailequi est le désir désintéressé des promesses... 23* prop. Le pur amour fait lui seul toute la vie intérieure, et devient alors l'unique principe et l'unique motif de tous les actes délibérés et méritoires.

La controverse de Fénelon avec Rossuct avait porté d'abord sur la direction des âmes contcnipl:itiv es

ESPERANCE

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