‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 10 sur 122 · MIE · texte numérisé non relu

MIE

aussi de ces miels empoisonnés étaient des miels sauvages produits par d'autres espèces. Rien ue s'oppose à de pareils résultats ; mais ils aj outent encore au mystérieux du produit des abeilles. Les mids du mont Hymette près d'Athènes, ceux du mont Ida en Asie- Mineure, si célèbres dans l'antiquité, sont encore au nombre des meilleurs ; en France ceux de Narbonne sont les plus renommés, et ceux de Mahon dans les îles Baléares, avec ceux de Cuba ne le sont pas moins que les précédents.

Le Noir.

MIEL. Dans le Lévitique, c. 2, f 11, il est défendu aux Hébreux d'offrir du miel dans les sacrifices.

Chez les païens, le miel était offert à Bacchus ; on en garnissait la plupart des victimes; on faisait des libations de vin, de lait et de miel à l'honneur des morts et des dieux infernaux ; on croyait que les douceurs étaient agréables aux dieux. Moïse voulut retrancher toutes ces superstitions.

Dans plusieurs endroits de l'Ecriture, le miel désigne en général ce qu'il y a de meilleur et de plus exquis parmi les productions de la nature. Pour exprimer la fertilité de la Palestine, il est dit souvent que c'est une terre dans laquelle coulent le lait et le miel; on sait, en effet, que la Palestine avait d'excellents pâturages, et que les Juifs y nourrissaient de nombreux troupeaux : or, parmi les peuples pasteurs, le lait pur, ou avec différentes préparations, fait la principale nourriture. On sait encore que, dans cette môme contrée, les abeilles se logent souvent dans le creux des rochers; que pendant les grandes chaleurs, leur miel, devenu très-liquide, coule et se répand par les fentes de la pierre ; ainsi se vérifie à la lettre l'expression des livres saints, et c'est l'explication de ce que dit Moïse, Leut., c. 32, f i3, que Dieu a voulu placer Israël dans une terre dans laquelle il sucerait le miel de la pierre.

Souvent encore le beurre et le miel sont joints ensemble, pour exprimer

MIG

ce qu'il y a de plus gras et de plus doux; mais dans Isaïe, c. 7, f 1S, où il est dit que l'enfant qui naîtra d'une vierge, et qui sera nommé Emmanuel, mangera du beurre et du miel, aûn qu'il sache choisir le bien et rejeter le mal, il paraît que c'est une expression figurée, pour signifier que cet enfant recevra une excellente éducation.

Beugier.

MIGALE (la) (Théol. mixt. scien.

zool.) — La migale est un grand genre â'arachnides, de l'ordre des pulmonaires, famille des fileuses; il y en a aux Antilles et en Amérique d'assez grosses pour couvrir une étendue de 16 à 18 centimètres; les colons français les appellent araignées crabes, et redoutent leurs morsures. Mais parmi toutes les migales, il en est une qui a été appelée par Latreille la migale maçonne et qui se fait un nid bien curieux. Copions la description que Latreille lui-môme en a laissée : a Un canal cylindrique, creusé dans un terrain calcaire et nu, le plus souvent situé en pente ou coupé à pic, afin d'empêcher le séjour des eaux, dont la voûte est consolidée par une toile qui la tapisse, telle est la retraite de notre araignée. Son issue est fermée par une porte circulaire, une sorte de trappe formée de plusieurs couches de terre détrempée et liées ensemble par des fils de soie, raboteuse et inégale en dessus, mince, plane et trèslisse en-dessous, tapissée de soie sous la face inférieure, fixée, par une sorte de charnière à. la partie fa plu* élevée du bord de l'ouverture, afin de se fermer par son propre poids, reçue dans son contour par une feuillure tellement appliquée qu'elle ne déborde pas, et que, se confondant par le nivellement, par sa couleur et ses aspérités avec le terrain environnant, elle ne puisse pas attirer les regards de l'observateur. Retirée dans son habitation, toutes les secousses, tous le?

ébranlements qui ne détruisent pas cette porte ne peuvent l'obliger à sortir; mais si l'on touche à cette porte, si quelque bruit s'y fait entendre, elle accourt aussitôt du fond de sa retraite, et le corps renversé,

MIG

accrochée par les pattes à la toile qui tapisse l'opercule, elle le tire fortement à elle, et si on tire cette porte avec une force nécessaire pour la faire céder, il en résulte une sorte de lutte de pulsion et de répulsion. Obligée de céder à la nécessité, elle se précipite au fond de son habitation, et si on va l'en tirer, au lieu de courage, elle ne montre que de l'abattement et de la tristesse. Les efforts que l'on a faits pour la nourrir captive ont toujours été inutiles, » (Nouveau recueil des mémoires de la société d'histoire naturelle de Paris, an. vn.)

Est-ce la migale qui a inventé sa porte? Non; car si elle l'avait inventée, elle la modifierait selon les occasions, selon les ennemis qu'elle peut craindre ; toutes les migales ne la feraient pas de la même manière; en un mot, il n'y aurait pas, dans l'art de cet insecte, une fixité qui ne varie jamais. Il y a pour toutes les bêtes une providence universelle qui fait tout en elles et pour elles; il y en a une aussi pour l'homme; c'est la même providence ; mais elle lui a laissé une partie de la tâche.

Le Noir.

MIGRATIONS ou ÉMIGRATIONS DES ANIMAUX (Théol. mixt. scien.

zool. hist. nat. )— L'homme n'a point sur la terre un habitat déterminé; celle-ci lui appartient tout entière; il la sillonne dans tons les sens ; il sait vivre dans ces contrées mêmes où l'on ne trouve plus de manifestation de la vie; il s'établit à demeure, quand cela lui pi ait, jusque dans les zones où il semblerait que se fussent retranchés, pour l'en repousser, les éléments. D'ailleurs, les voyages et les migrations de l'homme portent le cachet de la liberté morale ; toutes ces choses sont , chez lui, raisonnées, calculées, entourées de mesures de précaution toujours nouvelles inventées, pour les circonstances et en vue d'un but lointain; les exceptions à cette liberté ne se montrent que dans des cas tout à fait exceptionnels, tels que les déluges de tout un pays qui forceront les habitants de ce pays à aller s'établir dans un autre; c'est que la terre a

MIG

été donnée aux enfants des hommes, et non pas telle ou telle partie de la terre. Terrain dédit fiUis hominum. Il n'en est pas de même des animaux; chacune de leurs espèces a son habitat naturel, et si les acclimatations étendent ces habitats, c'est encore par le fait de l'industrie humaine qui associe à sa puissance cosmopolite les espèces qu'elle a domestiquées. A considérer les animaux dans leur état sauvage, tout chez eux parait fatal, et cette fatalité qui les entoure, laquelle n'est autre que la loi de Dieu qu'ils n'ont pas, comme l'homme, la liberté de violer, se manifeste avec éclat dans leurs migrations, soit qu'elles soient régulières ou irrégulières, soit qu'elles s'exécutent à des époques plus ou moins éloignées les unes des autres, soit qu'elles suivent des directions toujours les mêmes ou toujours variées. Ce qui les détermine ne manque jamais d'être un besoin, qui s'impose à des masses, soit le besoin de chaleurs plus ou moins fortes , soit le besoin d'aliments qu'il faut aller chercher dans une autre contrée, soit le besoin de conditions nécessaires pour la reproduction, qui ne se rencontreront qu'ailleurs. C'est pour ces raisons mêmes que les migrations sont remarquables et curieuses surtout chez les oiseaux insectivores qui suivent, en émigrant, les contrées riches de ces insectes qui leur sont nécessaires pour vivre, et chez les poissons dont le frai ne se développe bien que dans certains parages, après qu'ils ont eu le soin de s'en exiler pendant le reste de l'année pour satisfaire aux nécessités de leur régime alimentaire. Jamais on ne reconnaît, dans ces migrations, la fantaisie, cette fille de Dieu et de la liberté.

Il y a des espèces émigrantes dans la classe des mammifères terrestres et aquatiques, dans celle des oiseaux, dans celle des reptiles, dans celle des poissons, dans celle des insectes et dans celle des crustacés. Ce sont donc les vertébrés d'une part et les articulés d'autre part qui fournissent ces espèces. Quelques mots seulement sur ces curieux phénomènes dont les

MIG

MIG

voyageurs ont raconté tant de merveilles, et parmi lesquels il en est encore qui gardent du mystère, quoiqu'ils se passent chaque année sous nos yeux (V. Hirondelle).

Parmi les mammifères, les Campagnols, les Hamsters, les Lemmings, les Antilopes, les Bisons, les Dauphins, sont voyageurs. Par exemple, le Campagnol des prés (mus œconomus de Pallas), de la Sibérie, que l'on croit avoir aussi trouvé en Suisse et dans le midi de la France, espèce voisine de notre Mulot, a l'habitude d'émigrer par troupes d'une contrée à l'autre du Kamtchatka et de la Sibérie; au printemps il va vers l'ouest et revient au Kamtchatka vers le mois d'octobre. Les Bisons d'Amérique émigrent pour chercher de nouveaux pâturages à dévorer, quand ils ont plumé tous ceux d'une savane. C'est un vieux mâle qui conduit la troupe, ces troupes sont en nombre incalculable. Les Dauphins tant de l'Océan que de la Méditerranée se rapprochent de nos côtes quand les femelles sont pleines; elles mettent bas en automne et allaitent leurs petits en nageant de côté le plus près possible de la surface, pour que le petit puisse respirer en tétant; quand l'allaitement est fini, ils retournent au large suivis du petit devenu déjà grand.

Parmi les reptiles, les Tortues de mer, dont fait partie la Tortue franche qui pèse souvent 400 kilogrammes, émigrent par troupes, pour la ponte, vers les sables des rivages où elles déposent leurs œufs qui ont de 7 à 8 centimètres de diamètre, sont trèsnombreux et sont bons à manger, puis regagnent la grande mer quand la ponte est finie. Les œufs sont couvés par le soleil.

Parmi les insectes, les sauterelles ont fait retentir nos histoires sacrées et toutes les histoires des désastres et môme des famines qu'elles ont parfois causées dans leurs migrations, qui n'ont pour motif que le besoin de trouver de la verdure, des feuilles d'arbres et surtout des blés verts à dévorer. Ce ne sont point les sauterelles proprement dites qui sont le plus à craindre, leurs dégâts sont minimes ; ce sont les criquets, dont

la multiplication est beaucoup plus active ; le Criquet voyageur tient parmi ces espèces redoutables le premier rang; c'est de lui qu'il est question dans l'Exode x, sous le nom hébreu arbéth, qu'on a traduit par Sauterelle ; un vent d'orient les amena, par ordre de Dieu, sur le pays de Pharaon, et un vent d'occident les remporta quand la liberté de partir fut accordée à son peuple. Tout le nord de l'Afrique, la France méditerranéenne, l'Italie, la Transylvanie, la Moldavie, la Valachie, la Crimée, n'ont pas cessé d'être exposées à ce terrible fléau. Dans les années où ces orthoptères dénudent de la sorte les champs, quand ils n'y trouvent plus rien à manger, ils partent pour d'autres parages, pressés dans leur vol et formant des nuages à faire la nuit en plein jour; leurs ailes se choquent et produisent un bruitsourd, profond, assez semblable aux roulements du tonnerre par les échos lointains ; ils suivent en général la direction du vent, et quand la nuée s'abat sur un pays, tout est dévoré en quelques heures. Puis, si quelque cause, telle que la pluie, vient à les faire mourir en voyage, ils forment une épaisse couche de putréfaction qui peut donner la peste. On ne conçoit guère un plus grand fléau. Ces criquets ont l'abdomen solide, ont les ailes parfois colorées de rouge ou de bleu, sont sauteurs, et ont bien 4 à 5 centimètres de longueur; on les mange assez généralement en Afrique.

C'est ainsi que Jean le précurseur en faisait sanourriture au désert, comme de miel sauvage. Les Acridophages les font en général griller sur les charbons; ils en font aussi des salaisons pour conserves ; mais c'est une nourriture irritante pour la gorge et peu nutritive.

Parmi les crustacés se présentent, comme opérant des migrations curieuses, les Tourlourous ou Gécarcins, espèces de crabes de terre tout pareils à ces crabes de mer à pattes plates, à torses épineux et à test presque carré ; ils possèdent, de plus, une poche ou réservoir à eau dans leur intérieur ; ils habitent les voisinages marécageux de la mai' aux Antilles et en Australie. Ils sont d'un

MIG

rouge de sang quelquefois taché de jaune. Voici ce que dit Latreille de leurs migrations périodiques : « Rochefort nous apprend qu'ils se rendent chaque année, vers le mois de mai ou de juin, dans la saison des pluies, au bord de la mer, pour y pondre leurs œufs; ils descendent des montagnes où ils font leur séjour habitue], en si grand nombre, que les chemins et les bois en sont tout couverts. C'est une sorte d'armée qui marche en ordre de bataille et sans rompre ses rangs, suivant une ligne droite; ils escaladent les maisons, franchissent les rochers et autres obstacles qu'ils rencontrent en chemin. » Ils font des ravages dans les jardins qu'ils traversent, vont déposer leurs œufs sur la plage, puis retournent à leurs demeures, laissant à la mer et à la chaleur le soin d'élever leur progéniture. Ces crabes ont depuis 8 à 10 centimètres de largeur jusqu'à 20. Ils constituent la plus grande partie de la nourriture des habitants, et leurs œufs sont trèsbons.

Mais les plus intéressantes migrations sont celles des oiseaux et des poissons, parce qu'elles s'exécutent à de très-grandes distances au sein d'éléments dans lesquels la nage ou le vol rendent faciles les rapides et longs voyages, à ces créatures pleines d'activité.

Les poissons voyageurs sont les maquereaux, les thons, les goujons, les saumons, les truites, les éperlans, les ombres, les harengs, les sardines, les aloses, les anchois, les morues, les merlans, les esturgeons, les raies, les lamproies, les anguilles et quelques autres.

Adanson et Duhamel ont laissé des descriptions merveilleuses des voyages réguliers et périodiques des maquereaux dont l'habitat durantl'hiver serait la mer du Nord ; mais ces grandes migrations ont été déclarées fabuleuses par Laccpède et sont pour le moins, aujourd'hui, révoquées en doute; ce que nous savons de ces poissons, c'est qu'ils paraissent sur nos côtes, pour le frai, de mai à juillet, puis disparaissent. Les Thons suivent les maquereaux dont ils se nour-

MIG

rissent; ils abondent, excepté en hiver dans les mers tropicales; on a dit qu'au printemps ils entrent dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, se divisent en deux bandes, l'une qui va côtoyer l'Europe, l'autre qui va côtoyer l'Afrique, la première allant déposer ses oîufs autour de la Sardaigne, l'autre allant les déposer dans la mer Noire; mais ce sont encore des faits révoqués en doute et l'on croit plutôt qu'ils vont, dans l'hiver, se cacher aux grandes profondeurs. Il en est de même des Harengs, dont on dit les choses les plus merveilleuses. Les voyages des Saumons sont moins mystérieux; ils abandonnent les mers au moment de frayer, remontent les fleuves, sautent même par-dessus les cascades et les rapides, et vont jusqu'aux petits lacs des contrées montagneuses, y font, pour la ponte, un séjour de quelques semaines, puis redescendent vers la mer.

Les Truites ont des instincts semblables, et les Goujons aussi; avec cette différence que l'Océan des Goujons, c'est le lac, et leur fleuve, c'est le ruisseau. L'Eperlan, tout petit qu'il est, a comme le Saumon la grande mer pour son habitat ordinaire, et les fleuves qui s'y rendent pour ses itinéraires au temps de la reproduction. Les Ombres ont les mêmes habitudes que les Saumons. Les Sardines, comme les Harengs, quittent probablement les grandes profondeurs, en automne, par troupes immenses et habitent les côtes environ trois mois pour la reproduction.

L'Alose habite les mers près des embouchures, et remonte les lleuves, au printemps, pour le même motif. Les Anchois sont aussi des hivernours des mers profondes, mais en mai, juin et juillet, ils franchissent, par troupeaux innombrables, le détroit de Gibraltar et vont frayer sur les côtes de la Méditerranée où ils se font pêcher par les hommes, leurs grands ennemis. La Morue a pour patrie les mers du Nord, ne remonte point les eaux douces, ne se trouve pas non plus dans la Méditerranée, mais borne ses voyages aux grands bancs de sable, comme celui de Terre-Neuve, pour y déposer ses œufs; c'est là que

MIG

MIG

l'homme lui dresse ses guets-apens.

Les Merlans suivent les bancs de Harengs dont ils vivent. Les Esturgeons habitent presque tontes les mers, et remontent, pour frayer, en mars, avril et mai, les grandes rivières. Les Raies habitent en général l'Océan et toutes les mers, mais on en trouve aussi, en Amérique, dans les grands fleuves ; les ont-elles remontés pour y pondre leurs gros œufs carrés à coquille du poids d'un œuf de poule?

C'est ce qu'on ne croit pas possible, dumoinspour certaines localités où le voyage parait impraticable. Les Lamproies remontent les fleuves au printemps comme la plupart des poissons.

Enfin les Anguilles paraissent suivre, dans leurs migrations, une méthode contraire à la méthode générale.

Cette méthode générale consiste, d'après la revue qui précède, en ce que la mère exécute le voyage pour transporter ses œufs en un lieu convenable qui est presque toujours la rivière et ses lacs; l'anguille, à l'inverse de cette méthode, se reproduit, paraitil du moins, dans la mer, près de l'embouchure des fleuves ; il en résulte une génération nouvelle composée de myriades de petits vers blancs, transparents, qu'on appelle la montée, et ce sont ces populations naissantes qui exécutent elles-mêmes la migration; elles remontent le fleuve en colonnes serrées, se divisent en troupes de moins en moins nombreuses, à mesure que les affluents se présentent, et vont, de la sorte, en se divisant toujours, jusqu'aux sources, s'établissant çà et là par bandes dans les habitats qui se trouvent convenir à leur développement. La montée des vers blancs disparait vite, car bientôt les petites anguilles prennent la couleur grise qu'elles auront à l'âge adulte, et dès lors on ne les voit plus. Quant aux mères, elles restent dans la mer, et il n'est pas besoin qu'elles y soient très-abondamment remplacées par de nouvelles qui redescendront les fleuves quand elles seront grandes, car elles vivent, diton, plus d'un siècle.

11 nous resterait à paeser une revue de même genre sur les migrations des oiseaux; mais ici la science est plus

avancée, et cette revue, toute rapide et sèche que nous la fissions, deviendrait trop longue; nous donnerons seulement une énumération des espèces-types émigrantes, selon M. Ad.

Focillon, et reproduirons ensuite quelques observations générales du même auteur :

Espèces types émigrantes parmi les oiseaux : Aigles pêcheurs, Balbusards, Eperviers, Scops, Pies-grièches, Gobemouches, Grives et quelques espèces du genre Merle , Loriots, Traquets, Rubiettes, Fauvettes, Pouillots, Hochequeues, Bergeronnettes, Farlo lises, Hirondelles, Martinets, plusieurs espèces de Bruants, Becs-Croisés, certaines espèces de Corbeaux, Huppes, Coucous, Pigeons, Dindons, Cailles, Outardes, Pluviers, OEdicnèmes, Vannaux, Huitriers, Grues, Hérons, Cigognes, Courlis, Bécasses, Barges, Maubèches, Alouettes de mer, Combattants, Chevaliers, Échassés, Flammants, Grèbes, Plongeons, Guillemots, Pétrels, Albatros, Mouettes et Goélands, Stercoraires, Sternes, Cygnes, Oies, Bernaches, Macreuses, Garrots, Eiders, Millouins, Tadornes, Canards, Sarcelles, Harles.

Observations générales sur les migrations des oiseaux : « Les oiseaux, dit M. Ad. Focillon, sont des êtres essentiellement mobiles, et un grand nombre d'espèces exécutent régulièrement des voyages que l'on nomme leurs migrations. La vitesse du vol n'a été observée que dans quelques cas; elle peut atteindre une rapidité incroyable. On a pu estimer que l'hirondelle fait, en moyenne, 35 kilomètres à l'heure dans ses migrations :

les Faucons, les Mouettes, les Pigeons font jusqu'à GO et 63 kilomètres. On a établi avec raison une distinction entre les voyages de certaines espèces dirigés de l'est à l'ouest et inversement, et ceux que beaucoup d'autres accomplissent, dans notre hémisphère, du nord au sud, et vice versa.

Dans les premiers, il y a changement d'habitation et non de climat, puisque la latitude est à peu près toujours la même; dans les seconds, les oiseaux cherchent de la chaleur en se rapprochant des régions équatoriales, où le froid en se dirigeant vers les con-

Page 1