‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 100 sur 122 · OSI · texte numérisé non relu

OSI

OSN

mateurs chrétiens, New-York, 1830; Dieu avec l'homme ou Marques de la Providence; Pierres militaires dans le voyage de la vie ; la Pierre du foyer ou Pensées domestiques provenant d'une chaire de ville; sermons et discours nombreux; traductions. Le Nom.

OSIANDER (André) (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Osiander l'ancien ou le père, fut un des premiers adeptes de la réforme prèchée par Luther ; il naquit à Gunzenhausen en 1498, et mourut en 1532. 11 fut professeur à Kœnisberg. Il finit par se fâcher avec les autres chefs lorsqu'il s'agit d'organiser la nouvelle église. 11 était trèsardent et les controverses théologiques qui portent son non ne finirent qu'avec sa vie. Morlin fut celui de ses rivaux qui l'égala le mieux en rudesse et en violence. Le principal motif pour lequel eurent lieu les disputes avec Osiander, c'est qu'il niait la doctrine de l'imputation de la justice de Jésus-Christ. On a de lui ;

Harmonia evangelica, in-folio ;

Epistola ad Zwinglium de Eucharistia ; Dissertât, aux de Lege et Evangelio, et Justificatione;

Liber de Imagine Dei, quid sit etc.

Le Noir.

OSIANDER (Luc) (Théol. hist. biog.

et bibliog.) Ce théologien luthérien, iils du précédent, né à Nurenberg en 1524 et mort à Stuttgard en 1604-, lit un extrait des centuriateurs de Magdebourg, qui fut publié en allemand en 1630 sous le titre : Précis de l'histoire de l'Eglise. On peut encore citer de lui : Commentaires sur la Bible, en latin ; Instniction sur la Religion chrétienne ; Enehiridia controversiarum rcligionis eum Pontifiais, Calvinianis et Anabaptistis, Tubing., 1608, in-8°; Commentaire sur les Evangiles; Sermons et Opuscules polémiques.

Le Noir.

OSIANDER (Luc), le jeune {Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce troisième Osiander, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, naquit à Stuttgard en 1371. « Après avoir occupé diverses autres places, dit M. Dur, il vint en ICI 2 à Bebenhausen et en 1616 à

Maulbrunn, en qualité de conseiller ducal et de superintendant général; fut, en 1619, nommé professeur ordinaire de théologie à Tubingue, où il devint chancelier de l'université et prieur de l'église. Il déploya une grande ardeur contre les Jésuites, les réformés, les anabaptistes et les Schwenkfeldiens, et fut un des plus zélés défenseurs de l'ubiquisme luthérien. » On a de lui :

Justa defensio de quatuor qusestionibus quoad omniprsesentiam humanse Christi naturx ; Disputatio de omniprsesentia Christi hominis ; des panégyriques en latin; de Baptismo ; de Ilegimine ecclesiastico; de Viribus liberi arbitra, etc., etc.

Le Noir.

OSIANDRIENS, secte de luthériens, formée par André Osiander, disciple, collègue et ensuite rival de Luther.

Pour avoir le plaisir de dogmatiser en chef, il soutint contre son maître que nous ne sommes point justifiés par l'imputation de la justice de Jésus-Christ, mais que nous le sommes formellement par la justice essentielle de Dieu. Pour le prouver, il répétait à tout moment ces paroles d'Isaïe et de Jérémie : Le Seigneur est notre justice. Mais quand ils disent que Dieu est notre bras, notre force, notre salut, s'ensuit-il qu'il l'est formellement et substantiellement?

Cette absurdité, imaginée par Osiander, ne laissa pas de partager l'université de Kœnigsberg, et de se répandre dans toute la Prusse. Ce prédicant d'ailleurs n'était pas trèsréglé dans ses mœurs, non plus que ses collègues. Voyez Luthériens.

Bergier.

OSNABRUCK (l'école d') (ThioL hist. biog. et bibliog.) — • Lorsque Charlemagne, dit M. Prisac, fonda le siège d'Osnabruck(Os<nbruck ou lia.* bruck), au milieu des populations saxonnes, il voulut en faire un loyer spécial de civilisation pour cette partie de son empire. Il affranchit I) les évéques futurs de ce diocèse de tout service à la cour et de toutes les

(I) Chronic. epitc. Otnab.

oso

OSS

charges royales imposées aux autres évèques en qualité de vassaux, sauf les cas où une alliance matrimoniale ou un traité d'amitié serait conclu entre les cours franke et grecque.

L'évêque d'Osnabruck devait dans ce cas remplir les fonctions d'ambassa;deur à Constantinople, et, atiu qu'il ne manquât pas dans ces circonstances de l'instruction nécessaire, l'école d'Osnabruck devaittonjoursètrepourvue de maîtres sachant à fond et parlant facilement le grec et le latin.

Charlemagne promulgua un décret spécial à ce sujet, et l'école d'Osnabruck peut avec raison être considérée comme la première et la plus ancienne école de l'Allemagne. Elle est demeurée telle jusqu'à nos jours, et l'université d'Osnabruck a conservé le nom de Charlemagne, son fondateur. Le Carolinum, la Sehola Carolina subsiste, répandant les bienfaits de son haut enseignement sur les provinces d'Osnabruck et de Hanovre, et demeurant une des pépinières du Catholicisme de l'Allemagne du Nord. »

Le Noir.

OSORIUS (Jérôme) [Théol. hist.

bioy. et bibliog.) — Ce savant exégète et prédicateur portugais, naquit à Lisbonne en 1506, fut élève des universités de Salamanque et de Bologne, professa l'exégèse biblique à Coimbre, devint enlin évêque de Sylvadans les Algarves, et mourut en 1580. Il se rendit célèbre par sa bienfaisance envers les savants ; il en entretenait, à sa table et dans son palais un certain nombre. Son neveu publia, à Rome, ses œuvres en 1592; on en peut citer : ses Paraphrases et ses Commentaires sur l'Ecriture ; s°s livres de Nobilitatecivili ; de Nobiiitate Christiana; de Gloria; de Régis institutione ; de Rébus Emmanuelis, Lusitanix régis ; Admonitio et epistola ad Elisabetham, Anglise reginam ; de Justifia cœlesti ; de Vera Sapientia, etc., etc. Voici ce que dit û'Osorius M. Schrôdl :

« C'est avec raison, dit DupiH (1), qu'on nomme Osorius le Cicéron portugais, car il est un des écrivains qui

(l)Bibl.nouv. t. XVI.

ont le mieux imité l'orateur romain, par son style nombreux, par le choix des sujets qu'il a traités et l'art qu'il y a déployé. Il est sobre de citations ; ses commentaires et ses paraphrases s'occupent plus du sens et de l'ensemble que des mots isolés du texte biblique. Aujourd'hui encore on peut recourir avec avantage aux écrits à'Osorius, et surtout à sa magistrale histoire du roi Emmanuel. Il prit dignement rang parmi les Portugais qui, au seizième siècle, cultivèrent dans leur langue nationale la poésie et l'histoire avec l'enthousiasme qu'il porta dans l'étude des lettres latines.

Les écrits d' Osorius méritent d'être cités à côté des poésies de Saa de Miranda (f 1558), des drames et autos de Gil Vicente (f 1557), des œuvres d'Antonio Ferreira (-J- 1509), de Louis de Camoëns (f 1579), des poèmes sacrés de Diego Bernardès (f 1590), de la Cour à la campagne, de Rodriguez Lobo (f ?), et de l'histoire de l'Asie d'Iago de Barros (| 1570). »

Le Noir.

OSSEMENTS (cavernes a) [Théol.

mixt. scien. paléont.) — Ce sont, dit M. Focillon, des cavernes qui renferment dans une pâte terreuse, ferrugineuse, composée de graviers, de galets et de limon, et aujourd'hui complètement solidifiée, des ossements enclavés au milieu d'elles. Ce sont des cours d'eaux qui ont charrié ces débris de nature minérale et les ont déposés sur les ossements des hôtes antérieurs de ces repaires. Ils ont même emmené dans leurs flots des restes d'animaux qui vivaient au grand air. Aujourd'hui le sol des cavernes à ossements est couvert d'un riche dépôt ossifère caché sous les stalagmites dont s'est peu à peu revêtu le plancher de ces antres ; et c'est en brisant cette couche calcaire plus moderne qu'on découvre les ossements.

En Europe on trouve beaucoup de mammifères, et particulièrement des Ours et des Hyènes, une espèce de Loup, quelques-unes du genre Chat, des Rongeurs, des Ruminants, des Pachydermes, desOiseaux, victimes sans doute des voraces habitants de ces

OTF

OTF

retraites dont les dents ont parfois laissé leurs empreintes sur les ossements. Au Brésil les cavernes sont remplies de débris des grands mammifères édentés de te dernière époque tertiaire, Mégacherium, Mégalonix, Mylodon, etc. Dans quelques cavernes du Midi de la France, on a trouvé des ossements humains et des débris de poterie associés à des ossements d'animaux perdus. »

Les plus célèbres cavernes à ossements de la France sont les suivantes : Echenoz, (Haute-Saône) ; Foiwent (ib.); Osselles (Doubs) ; Balot (Côted'Or) ; Malet et Sommiôres (Gard), Luneviel, Souvinargues et Pondres (Hérault), de Bize (Aude), Brcugnes (Lot), Mircmont fDordogne), Avison (Gironde). Celles de l'étranger sont :

Ktrkdalc (Angleterre , Yorskshire) , Galcinreuth, Kuloch, Buumann, Rabensstein (Allemagne)), etc.

Le Noir.

OSSIAN (ThM. hist. biog. et bi- 'bliog.) — Cet ancien barde, qui paraît avoir existé dans le troisième siècle de l'ère chrétienne, était le lils de Fingal, et avait accompagné celui-ci dans ses expéditions militaires ; il vécut très-vieux et devint aveugle. Le Recueil de poésies, attribuées à Ossiun, qui fut publié par Macpherson en 1758, comme étant une traduction de ce poète en prose poétique, a été l'objet de contestations très-vives entre les critiques.

Les uns soutiennent l'authenticité de ce recueil; les antres prétendent que Macpherson l'a complètement créé - Le Nom.

OTAITT ou TA1TI (introduction du Christianisme dans) et les îles de la société (Thcol. hist. égl. part.) — V.

Océanie, etc.

OTFRIED DE WISSENBOl Ï1C (Tliêol. hist. biog.etbiblwg.)—Ce\ic\\x poète allemand du neuvième siècle composa une espèce de messiade ou rhristiade, la plusanciennequi existe, dans sa langue naturelle qu'il appelle franke, flvnhùg*, et dédia ce poftne aux Praofcs. 11 était moine au couvent des bénédictins de Wissem-

bourg. Il dit à l'égard de l'emploi qu'il fait d'une langue naissante, encore barbare : « Que celui qui craint les difficultés d'uue langue étrangère , puisse du moins entendre la parole de Dieu dans sa langue maternelle, et qu'il rougisse d'autant plus de s'écarter en quoi que ce soit de cette loi divine. Quelque barbare, quelque informe que soit encore la' langue allemande, nous pouvons, et nous devons louer par elle le Créateur du monde, qui nous a donné la parole afin qu'elle éclate en louanges de son nom : Qui pledrvm été dederat lingux verbum in eis snx taudis sonarc. »

Voici ce que dit de ce noême M. Scharpff: l

« Ce grand poème peut être nommé le livre ou l'harmonie des Evangiles, liber Erangrliorum, parce que le commencement et la lin sont empruntés aux quatre Évangélistes comparés, Scripsi in primis et in ultimis hujus lihri partibus inter quota» Evangelistas incedens medius, tandis que le milieu est composé de souvenirs tirés des paraboles et des miracles du Christ. C'est la plus anciennne Messiade en haut allemand qui existe. Le poème est divisé en cinq parties. La première s'étend depuis la nativité de Jésus-Christ jusqu'à son baptême dans le Jourdain.

La seconde montre Comment il devint, par ses miracles et son enseignement, le maître du monde. La troisième décrit ses actions et ses paroles en face des Juifs. La quatrième traite de sa Passion et de sa mort; la cinquième, de sa résurrection, de son ascension et du jour du jugement. Il envoya son premier livre, qu'il leur dédia dans un acrostiche en vers, aux moines Hartmuatet \Varinbracht de Saint-Cal], ses anciens condisciples, avant de devenir abbé, par conséquent avant 872. Puis il écrivit le cinquième, et l'envoya, également avec une dédicace en acrostiche, à l'évêque Salomon, qui mourut en 871. Enfin il composa le milieu de son poème, comme il le dit lui-même en écrivant a l'archevêque l.iuthcrt. Le poème entier, il le dédia, dans uu troisième acrosti-

OTF

Page 1