‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 99 sur 122 · OSE · texte numérisé non relu

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avant l'ère chrétienne, et continua pendant plus de 70 anssous les règnes d'Ozias, de Joathan, d'Achaz et d'Ezéchias, rois de Juda.

Le style de ce prophète est vif et sententienx : il peint avec énergie l'idolâtrie et les autres crimes de's Juifs des deux royaumes de Juda et d'Israël ou de Samarie; il annonce le châtiment que Dieu veut en tirer, mais il promet la délivrance de ces deux peuples et le retour des bontés du Seigneur à leur égard.

Plusieurs incrédules ont fait des reproches contre ce prophète et contre ses prédictions. Ils ont dit d'abord qu'Osée était né chez les Samaritains, par conséquent schismatique et idolâtre, à moins que Dieu ne l'eut préservé de ce crime par miracle. Mais outre que le lieu de la naissance de ce prophète n'est pas connu, il est évident par saprophétie qu'il n'avait aucune part à l'idi^âtrie ni au schisme de Samarie, puisqu'il l'appelle Bethavcn, maison d'iniquité, qu'il lui reproche ses infidélités et lui annonce le châtiment terrible que Dieu veut en tirer.

Selon nos critiques, dans le ch. 1, ^ 2 et 3, Dieu commanda à Osée de prendre une prostituée, d'en avoir des enfants, par conséquent, de vivre avec elle dans le crime. Mais ils traduisent infidèlement le texte ; il porte : « Prenez pour épouse une » prostituée ou plutôt une femme » idolâtre de Samarie. » La Vulgate ajoute, faites-vous des enfants, et l'Hébreu dit simplement et des enfants de fornication, ou nés d'un mauvais commerce. Il est évident 1° que l'idolâtrie ries Samaritains est appelée fornication ou prostitution, non-seulement par Osée, mais par d'autres prophète; ; la terre des fornications est une terre idolâtre ; par conséquent une femme et des enfants de fornication sont une Samaritaine et ses enfants. 2° Quand il s'agirait d'une prostituée, ce n'est pas un crime de l'épouser, c'est au contraire la retirer du désordre, et les enfants qui en naîtront ne peuvent être appelés enfants de fornication que par rapport à la vie précédente de leur tnère. Les obscénités grossières que

le plus célèbre de nos incrédules a vomies à cette occasion, ne prouvent que la corruption dégoûtante de ses mœurs.

Dans le c. 3, f 1, Dieu ordonne encore à Osée de témoigner de l'affection à une femme adultère, mais il ne lui commande ni de l'épouser ni d'avoir commerce avec elle ; au contraire le prophète dit à cette femme : « Vous m'attendrez long- « temps, vous n'aurez commerce » avec aucun homme, et je vous at- » tendrai moi-même, parce que les » Israélites seront longtemps sans » rois, sans chefs, sans sacrifices, » etc., et ensuite ils reviendront au » Seigneur : » il n'est donc encore ici question d'aucun crime ni d'aucune indécence.

Cliap. 14, f I, Osée lance, dit-on, des malédictions furieuses contre les Samaritains : « Périsse Samarie, parce « qu'elle a irrité son Dieu; que ses » habitants meurent par le glaive, » que ses enfants soient écrasés, que -) ses femmes enceintes soient éven- » trées. » De là on a conclu doctement que les prophètes juifs étaient desfanatiques furieux quise croyaient tout permis contre les schismatiques et les hérétiques.

Ne sont-ce pas plutôt leurs calomniateurs qui méritent ces titres? Ici, ce n'est pas le prophète qui parle, c'est Dieu qui annonce ce qu'il veut et ce qu'il fera, c. 13, ^ 4 : « Je suis » le Seigneur ton Dieu, etc. ; » c. 14, f 9 : « C'est moi qui exaucerai » Ephraïm ; je le ferai croître comme » un sapin vert, etc. » Osée a-t-il pu ainsi parler de son chef? D'ailleurs, au mot Imprécation, nous avons fait voir que les malédictions qui se trouvent dans les prophéties et dans les psaumes, sont des prédictions, et rien de plus.

BliUGlElt.

OSGOOD (Samuel) {Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce théologien unitairien américain, né à Charlestown (Massachussets) en 1812, élève de théologie à Cambridge, recteur d'une église unitairienne de New- York en 1849, a publié : Etudes biographiques sur les théologiens et réfor-

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