PAC
PAG
formèrent entre eux une association religieuse et guerrière, pour purger nos provinces méridionales d'une multitude de bandits, qui, sous le nom de brabançons et de cotereaux, y exerçaient des violences inouïes, pillaient le sacré et le profane, mettaient les villes et les villages à fcu et à sang. C'était un reste de troupes anglaises que les flls du roi d Angleterre avaient accoutumées au pillage. L'association dont nous parlons se forma vers Tan 1183, au Puy en Vêlai, et les historiens du temps en citent des prodiges de valeur. Ilist. de l'Egl.
gallic, tome 10, 1 28, an. 1183.
3' On donna encore dans le seizième siècle le même nom à certains anabaptistes qui parcouraient les bourgs et les villages, en disant qu'ils annonçaient la paix, et qui par cet artifice séduisaient les peuples.
En général les hérétiques ne veulent la paix qu'à condition que l'on suivra leur doctrine, et que l'on adoptera toutes leurs idées.
4° L'on a pu enfin désigner ainsi les théologiens syncrélistes ou conciliateurs, qui ont cherché un milieu pour accorder, soit les catholiques avec les protestants, soit les différentes sectes de ces derniers entre elles, et qui tous ont fort mal réussi. Voyez Sy,\xrétistes.
Behgiek.
PACTE, convention expresse ou tacite faite avec le démon, dans l'espérance d'obtenir par son entremise des choses qui passent les forces de la nature.
Un pacte peut donc être exprès et formel, ou tacite cl équivalent. Il est censé exprès et formel, 1° lorsque par soi-même l'on invoque expressément le démon, et que l'on demande son secours, soit que l'on voie réellement cet esprit de ténèbres, soit que l'on croie le voir ; 2» quand on l'invoque par le ministère de ceux qu'on croit être en relation et en c»mmerce avec lui ; 3° quand on l'ait quelque chose dont on attend l'effet de lui. Le pacte est seulement tacite ou équivalent lorsque l'on se borne à faire une chose de laquelle on espère un effet qu'elle ne peut produire naturelle-
ment ni surnaturellement et par l'opération de Dieu, parce qu'alors on ne peut espérer cet effet que par' l'intervention du démon. Ceux par exemple qui prétendent guérir les maladies par des paroles, doivent comprendre que les paroles n'ont pas naturellement cette vertu. Dieu n'y a pas attaché non plus cette efficacité ; si donc elles produisaient cet effet, ce ne pourrait être que par l'opération de l'esprit internai.
De là les théologiens conclurent que non-seulement toute espèce de magie, mais encore toute espèce de superstition renferme un pacte, au moins tacite ou équivalent, avec le démon, puisqu'aucune pratique superstitieuse ne peut rien produire, à moins qu'il ne s'en mêle. C'est le sentiment de saint Augustin, de saint Thomas et de tous ceux qui ont traité cette matière.
Il n'est pas nécessaire do prouver que tout pacte avec l'esprit impur est un crime abominable ; puisque l'invoquer expressément ou équivalemment, c'est lui rendre un culte, c'est donc un acte d'idolâtrie ; attendre de lui ce que l'on sait bien que Dieu ne veut pas accorder, c'est en quoique manière le mettre à la place de Dieu, et lui donner plus de confiance qu'à Dieu. La loi divine le défend expressément : Jésus-Christ a mis en fuite l'esprit tentateur, en lui répétant ces paroles de la loi : « Tu » adoreras le Seigneur ton Dieu, et » lu le serviras seul, » Mat th., c. 4, f 10; il est venu sur la terre pour détruire lesœuvres dudémon,! Joan., c. 3, j/ 8. L'Eglise, dans tous les temps, a condamné toutes les pratiques superstitieuses ou magiques, et a dit anathème à ceux qui y avaient recours. C'est un reste de paganisme d'autant plus difficile à déraciner, que la curiosité, l'intérêt aveugle, l'envie de se délivrer promptement d'un mal ou d'obtenir un bien, sont des passions à peu près incurables. La seule raison, qui peut dominer jusqu'à un certain point le crime des superstitions, est l'ignorance ou plutôt la stupidité de ceux qui les pratiquent.
Thiers, Traité des Superst., t. 1,1. 1.
c. i et 10.