‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 109 sur 122 · Cor., c. 10, f · texte numérisé non relu

Cor., c. 10, f

Pour exprimer cette union, nous voyons qu au quatrième siècle les chrétiens s envoyaient mutuellement des cidogies ou du pain bénit; saint Grégoire de Nazianze, saint Augustin saint Paulin et plusieurs conciles en ont parle. Les évoques s'envoyaient même quelquefois l'eucharistie en signe d union et de fraternité, et la nommaient euîogie ; mais le concile ae Laçdicee, tenu vers le milieu du quatrième siècle, défendit cet usage et ordonna d'envoyer seulement du pain bénit.

Lorsque les Grecs ont coupé un morceau de pain pour le consacrer, ils divisent le reste de copain en petits morceaux, le distribuent à ceux qui n ont pas communié et en envoient aux absents ; c'est ce qu'ils appellent eulogie; cet usage est trèsancien parmi eux.

On a aussi nommé pain bénit ou eulogie les gâteaux ou les autres espèces de mets que l'on faisait bénira ILguse. Non-seulement les évoques eues prêtres, mais encore les ermites faisaient cette bénédiction. Enfin on !a donné le même nom à tous les présents que l'on s S faisait en signe d'amitié.

L'usage du pain bénit aux messes paroissiales fut expressément recommandé au neuvième siècle dans 1 église latine, par le pape Léon IV par un concile de Nantes et par plusieurs évoques, et ils ordonnent aux lioctes de le recevoir avec le plus grand respect. Le Brun, Explic. des cérém. de la messe,, t. II, p. 288

Dans les paroisses de la campagne 1 offrande du pain bénit se fait sans appareil et sans dépense superflue; c est ordinairement une mère de famille qui fait cette offrande, et sou- 111'' f commilnie - alin de joindre ensemble le symbole et la réalité.

Dans les villes, où le luxe et l'orgueil ont tout perverti, le pain bénit entraîne quelquefois une dépense

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considérable pour ceux qui l'offrent

est oïdmairement proportionné à leur condition et à leur fortune cha.

cun se pique d'enchérir sur ses égaux Quelques-uns de nos censeurs modernes sont partis de là pour décla-

rT,,r° n , tre , C - et Usa S e ; ils en ont calcule la dépense pour tout le royaume, et il ne leur en a rien coûté pour enfler le résultat; ils ont conclu qu'il vaudrait beaucoup mieux employer à soulager les pauvres cette dépense superflue, et qui, selon leur opinion, ne sert à rien.

Nous n'avons garde d'approuver aucune espèce de luxe, surtout dans les pratiques de religion ; nous convenons qu'il serait à souhaiter qu'on 1 évitât dans une cérémonie qui est destinée à nous faire souvenir que tous les fidèles sont nos frères, par conséquent nos égaux devant Dieuque quand l'offrande du pain bénit est accompagnée d'un cortège fastueux il en resuite souvent de l'indécence Mais ce n'est pas à l'Eglise qu'il faut s en prendre, puisqu'elle a défendu plusieurs fois, dans ses conciles, toute espèce d'éclat et de bruit capable de troubler l'office divin et de détourner l'attention des fidèles. Vou.

rhiers, Traité des Supcrslit., t. 2,

Ainsi nous supplions les censeurs de tous les usages religieux de faire a ce sujet quelques réflexions : 1° en blâmant l'abus d'un usage quelconque, Une faut pas confondreTun avec 1 autre, ni conclure à tout supprimer; c'est la manie des ignorants parce qu'il est beaucoup plus aisé dfl retrancher que de réformer. Que l'on bannisse le luxe et Ja dépense superflue du pain bénit, cela sera très-men ; mais il faut laisser subsister cette pande, parce qu'elle nous donne un.leçon très-bonne et très-nécessaire.

En gênerai c'est une mauvaise méthode que de calculer combien coûte une instruction ou un acte de ve 2° Ce ne sont point les pasteurs de l'Eglise qui ont suggéré, commandé ou conseillée* luxe, c'est la vanitédes particuliers qui l'a introduit, comme elle a fait dans les pompes funèbres, dont le but est de nous montrer la

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vanité des choses de ce monde, et de nous humilier ; il y a de l'injustice à mettre cet abus sur le compte des pasteurs. 3° Le motif de faire l'aumône est très-louable, mais c'est un masque dont l'irréligion se sert souvent pour se déguiser ; eeax qui ne donnent rien à Dieu ne sont pas ordinairement mieux disposés à donner aux hommes; 4° En blâmant le luxe religieux, il ne faut pas oublier de censurer avec encore plus de force le luxe voluptueux, qui est cent fois plus criminel et plus meurtrier pour les pauvres. Quand on dépense beaucoup pour les spectacles, pour le jeu, pour les modes, pour alimenter les talents frivoles, etc., comment trouverait-on de quoi soulager les malheureux ? 5<> Puisque l'économie est le motif qui fait déclamer nos adversaires, ils doivent faire attention que les dépenses du culte religieux ne sont pas perdues pour l'Etat, plusieurs personnes en profitent; c'est une consommation qui est aussi utile politiquement que toutes les autres.

Beucier.

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