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cessaire pour participer aux saints mystères, était d'avoir la paix entre eux, de renoncer à tout sentiment de Laine et de jalousie, de se témoigner mutuellement une sincère amitié, puisque la communion même est un symbole d'union et de bienveillance.
Conséquemment dans l'Eglise d'Orient, le baiser de paix se donnait avant l'oblation, et après avoir congédié les catéchumènes ; cet usage fut même suivi dans les Gaules et en Espagne ; mais dans l'Eglise de Rome, il parait que la coutume a été constante de faire cette cérémonie immédiatement avant la communion. Le pape Innocent 1 er fit comprendre à un évèque d'Espagne que cet usage était le plus convenable, et il s'est établi dans toute l'Eglise latine, à mesure que la liturgie romaine y a été adoptée.
La manière de donner la paix n'a point varié non plus dar»; l'Eglise de Rome ; le célébrant baise l'autel et embrasse le diacre en lui disant : P(i£ iibi, f rater, et Ecclesiœ sanctse Dei; le diacre fait de même au sous-diacre, et lui dit : Fax tecum ; celui-ci donne la paix au reste du clergé. Depuis le douzième siècle jusqu'au seizième, il était d'usage dans plusieurs églises de France que le célébrant brisât l'Lostie avant d'embrasser le diacre ; depuis ce temps-là il a paru plus convenable d'en revenir à l'ancienne coutume de baiser l'autel qui est le siège du corps de Jésus-Christ. Ce n'est aussi qu'à la fin du quinzième siècle que l'on a substitué un instrument de paix, la patène, une^ image ou une relique qui est baisée d'abord par le prêtre, ensuite par ses assistants et par le clergé ; on ne la présente point aux personnes d'une Laute dignité, de peur de donner lieu à quelques contestations sur la préséance, comme cela est arrivé plus d'une fois.
Avant de donner la paix, le prêtre adresse à Dieu une prière, par laquelle il le supplie de maintenir l'union entre les membres de son Eglise, et d'y réunir ceux qui ont eu le malheur de s'en séparer. La manière ordinaire dont Jésus-Christ saluait ses disciples, était de leur dire :
PAJ
La paix soit avec vous : Pax vobis ; c'était la formule usitée parmi les Hébreux: or nous voyons par plusieurs passages de l'ancien Testament, que la paix signifiait non-seulement l'union et la concorde, mais la prospérité et le bonheur. Pour saluer quelqu'un, les Grecs lui disaient :
yocipe, soyez gai et content; les Latins:
Salve, vale, ave, portez-vous bien. Le mot adieu, due le christianisme a introduit parmi non?, signifie soyez avec Dieu, mais ordinairement on le prononce sans savoir ce qu'il exprime, ou sans y faire attention.
Bercier.
PAJONISTES, sectateurs de Claude Pajon, ministre [calviniste d'Orléans, mort en 168o; il avait professé la théologie à Saumir. Quoiqu'il protestât qu'il était soumis aux décisions du synode de Dordreeht, il penchait cependant beaucoup du côté des arminiens, et on l'accuse de s'être approché des opinions des pélagiens. Il enseignait que le péché originel avait beaucoup plus influé sur l'entendement de l'homme que sur la volonté, qu'il restait à celle-ci suffisamment de force pour embrasser la vérité dès qu'elle lui était connue, et se porter au bien sans qu'il fût besoin d'une opération immédiate du Saint- Esprit. Telle est, du moins, la doctrine que ses adversaires lui ont attribuée, mais qu'il savait envelopper sous des expressions captieuses.
Cette doctrine fut encore soutenue et répandue après sa mort par Isaac Papin, son neveu, et violemment attaquée par Jurieu, qui parvint à la faire condamner dans le synode wallon, en 1G87, et à la Haye en 1688.
Mosheim convient qu'il est difficile de découvrir, dans toute cette dispute, quels étaient les vrais sentiments de Pajon, et que son adversaire y mit beaucoup d'animosilé.
Papin, dégoûté du calvinisme par les contradictions qu'il y remarquait et par les vexations qu'il y éprouvait, rentra dans le sein de l'Eglise catholique, et écrivit avec succès contre les protestants. Son traité sur leur prétendue tolérance est très-connu.
Dergier.
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PALAMITES. Voyez Hésiciiastes.
PALESTINE. Voyez Terre-promise,
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PALINGÉNÉSIE, renaissance. Ce mot est devenu célèbre parmi les philosophes modernes, depuis la publication de l'ouvrage de M. Bonnet, intitule Palûigénésie phMosôpMgae.
Cet auteur, savant physicien, bon observateur, et qui fait profession de respecter beaucoup la religion, pense que Dieu a créé l'univers de manière que tous les êtres peuvent recevoir une nouvelle naissance dans un état iutm-, et s'y perfectionner assez pour que ceux qui nous paraissent les plus imparfaits, y reçoivent un accroissement de facultés qui les égale à ceux d'une espèce supérieure ■ qu'ainsi une pierre peut y devenir un végétal, une plante être changée en animal, celui-ci être transformé en homme, et l'homme parvenir à une perfection fort supérieure à celle qu il possède aujourd'hui. Au reste 1 auteur de ce système ne le propose' que comme une conjecture probable.
Pour l'établir, il suppose 1° que tout corps organisé, soit végétal, soit animal, vient d'un germe préexistant ; que ce germe est un tout déjà organisé, qu'il est indestructible et impérissable, à moins que Dieu ne l'anéantisse ; que tous les germes ont été produits au commencement du monde par le Créateur.
2° En conséquence de l'analogie qu il y a entre la structure, les facultés les opérations des animaux et celles de l'homme, il lui parait probable que les premiers ont, aussi bien que l'homme, une âme immatérielle et immortelle. Comme il y a aussi beaucoup d'analogie entre' la fabrique, l'organisation, la vie des plantes et celle de certains animaux, il conclut qu'il en faut raisonner de même. Si on lui demande ce que deviennent ces âmes après la mort des animaux et après la destruction des plantes, il semble penser quelles demeurent unies aux germes qui ne périssent point.
3» Il trouve encore probable qu'avant la création rapportée par Moïse, 1 univers existait déjà, que cette pré-
tendue création n'a été qu'une grand* révolution ou un grand changement que notre globe subissait pour lors puisqu il est prédit dans le nouveau
I estament, qu'il y doit arriver encore une entière destruction par le feu •
II Vctr., c. 3, f 10. Il prétend prouver cette conjecture par la manière dont Moïse raconte la création • cet historien suppose qu'elle a été 'successive au lieu que, suivant les lois de la physique, les mouvements des globes célestes tiennent tellement les
"S 8 *!?! autres > C 11 '* 1 faut que le tout ait été formé et arrangé d'un seul jet et au même instant.
4» Il conclut que l'univers n'a pas été failprincipalement pour l'homme, puisque la terre n'est qu'un atome de matière en comparaison des autres globes qui roulent dans l'immensité de l'espace, et qui sont autant d'autres mondes ; que d'ailleurs l'homme connaît très-peu de chose dans cette énorme machine; il pense donc qu elle a été faite pour exciter l'admiration, et procurer le bonheur des intelligences qui la connaissent infiniment mieux que nous, et à la perfection desquelles l'homme parviendra peut-être dans l'état futur. Conséquemment l'auteur fait au hasani plusieurs conjectures sur ce que feront les animaux dans ce nouvel état.
5° Il fonde cet amas de suppositions sur le principe de Leibnitz, que Dieu ne fait rien sans une raison suffisante; que sa volonté seule n'est point cette raison, et qu'il lui faut un motif; que cette volonté divine tend essentiellement au bien et ou plus grand bien; qu'ainsi l'nnivi est la somme de toutes les perfections réunies et le représentatif de la perfection souveraine.
Nous ne savons pas si nous avons bien saisi l'ensemble d'un système aussi compliqué, et dont les parties sont éparses dans deux volumes; mais plus nous l'examinons, plus il nous parait que l'auteur, quoique bon logicien, n'a pas raisonné eon qnemment, et qu'il est peu d'accord avec lui-même.
En premier lieu, il semble n'avoir pas compris que son système fondamental est l'optimisme; or à cet ar-
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ticie nous avons fait voir qne l'on ne peut pas supposer dans les ouvrages du Créateur un optimum ; un degré de perfection au delà duquel Dieu ne peut rien faire de mieux; il s'ensuivrait que la puissance de Dieu n'est pas infinie, qu'il n'est ni libre ni indépendant, qu'il agit hors de lui-même par nécessité de nature, et qu'il produit nécessairement dans ses ouvrages l'infini actuel : aillant de suppositions fausses et absurdes. L'auteur de la Palinrjénésie aurait du le comprendre mieux qu'un autre, puisqu'il enseigne que chaque espèce de créatures est susceptible de devenir plus parfaite dans un étal Mm-.
Si elle peut recevoir plus de perfection, Dieu peut donc la lui donner, et il peut en accordera l'intini, puisque sa puissance n'a point de bornes. S'il daignait rendre chaque espèce de créatures plus parfaite, cela ne contribuerait-il en rien à la perfection du tout ou de l'univers? Il est donc faux que l'univers actuel soit un optimum, au delà duquel Dieu ne peut rien faire de mieux. Nous avotts encore prouvé qne le prétendu principe de la raison suffisante n'est qu'une équivoque, puisque l'on confond ce qui suffit réellement à Dieu avec ce qui nous parait lui suffire :
comme si la borne de nos connaissances était le terme de la puissance et de la sagesse de Dieu.
En second lieu, personne n a mieux démontré que notre auteur l'imperfection de nos connaissances naturelles, combien peu de choses nous savons touchant la nature, les facultés, les relalhms des différents êtres, à plus forte raison towshmt l'ordre et le mécanisme général de l'univers. « Il serait, dit-il, de la plus » grande absurdité, qu'un être aussi » borné et aussi ebétif que moi osât » prononcer sur ce que la puissance » absolue peut ou ne peut pas. » Et par une contradiction choquante, personne n'a poussé plus loin que lui la licence des conjectures sur ce que Dieu peut on ne peut pas faire.
En troisième lien, il ne veut pas qu'en fait de systèmes philosophiques, l'on môle la religion avec ce qui n'est pas elle ; que l'on tire des
objections ni des preuves de la révélation. Cependant il en fait usage lui-même, pourrions faire souvenir que notre monde doit éprouver une révolution et un changement total par le feu; il prétend expliquer Moïse.
S'il n'avait pas été instruit par la révélation, aurait-il acquis par la philosophie une croyance aussi ferme de la création et des conséquences qui s'ensuivent, pendant qu'aucun des anciens philosophes n'a voulu l'admettre? 11 dit que ce qui est vrai en philosophie est nécessairement vrai en théologie; donc, au contraire, ce qui est évidemment faux en théologie ne peut être ni vrai ni probable en bonne philosophie. Or nous soutenons que, par son système, il donne atteinte à pltrsietrrs vérités révélées, qu'il ne rend point le sens des paroles qu'il cite de saint Pierre, et qu'il s'expose à de funestes conséquences.
1° Moïse dit qu'au commencement Dieu créa le ciel et la terre, le soleil, la lune et les étoiles; donc Dici donna l'existence non-seulement à notre globe, mais à tous ceux qui roulent dans l'étendue des cieux; donc il ne leur donna pas seulement un nouvel état, mais un commencement d'existence absolue. L'entendre autrement, c'est vouloir nous enlever une des leçons les plus essentielles de la révélation, qui nous ont appris que le monde n'est pas éternel. Vtiyez Création. Ce qu'ajoute l'auteur' sur la haute antiquité de la terre prouvée par sa constitution intérieure, par son refroidissement, par les corps étrangers qu'elle renferme, etc., a été réfuté par des physiciens très-habiles (1). Voyez GïrrtsB.
2» Pour créer l'homme, Dieu dit :
Faisons- le à notre image et ressemblance. Cela signifie t-il que l'homme existait déjà auparavant dans l'état d'animalité, et que Dieu, en le perfectionnant, l'a élevé à l'état d'intelligence? Si l'animal peut devenir un homme dans un état prétendu futur, il y a lieu de douter si nous n'avons pas été des animaux dans un état an-
M) La rfuliRio mo'lorne, dont Bergier n avait pas l'idée, établit par dos faits celle liante antiquité de la terre.
M Lz Nom.
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tArieur du monde ; doute injurieux à Dieu et à la nature humaine. L'Ecriture sainte, loin d'enseigner nulle part que les brutes ont comme nous une âme immatérielle, semble plutôt insinuer qu'il n'y a rien en elles que de la matière. Nos philosophes incrédules ont blâmé Moïse d'avoir dit que le sang tient lieu d'âme aux animaux, Levit., cap. 17, f 14(1); mais ce passage peut avoir un autre sens.
Voy. Ame. Quand il serait prouvé que leur âme est un esprit, il ne s'ensuivrait encore rien. De même que Dieu a pu créer des matières hétérogènes ou de différente nature, il a pu créer aussi des esprits de différente espèce, dont l'un ne peut jamais devenir l'autre, dont les uns sont destinés à l'immortalité, les autres seulement à une existence passagère. Prétendre que, s'il a créé des âmes pour les brutes, il ne peut pas les anéantir, parce qu'il n'y a point de raison suffisante, c'est répéter toujours le même sophisme. Supposer que nous ne sommes différents des brutes que par l'organisation, c'est donner gain de cause aux matérialistes.
3° Il sied mal à un philosophe qui fait profession de respecter la révélation, et qui en a donné de bonnes preuves, de soutenir que l'histoire de la création ne peut pas être vraie dans le sens littéral. Quoique Newton ait dit que les mouvements des globes célestes sont tellement engrenés et dépendants les uns des autres, qu'il faut que le tout ait été fait et arrangé d'un seul jet, que prouve ce jugement? Que ce grand physicien ne comprenait pas comment Dieu a pu faire et arranger le tout successivement. Mais Dieu, doué du pouvoir créateur, n'est-il pas assez puissant pour faire ce qu'un philosophe ne comprend pas ? A la vérité, le dessein de Moïse n'était pas de nous enseigner l'astronomie; mais il ne suit pas de là que les astronomes ont
(i) Voici le texto : « Anima eniro ornais in sanguine est : uo.de dixi liliis Israël : Sanguioem UQirerse -carnis dod comodetis quia anima carois to sanguine est. Le mot anima, en cet endroit, parait signifier vie*
LiNou.
droit de forger, sur de simples conjectures, un système contraire à ce qu'il dit. D'autres philosophes, pour la commodité de leurs hypothèses, ont supposé que les jours de la création ne sont pas seulement un espace de vingt-quatre heures, mais des intervalles de temps indéterminés et peut-être fort longs : ainsi nos savants dans leurs disputes se jouent de l'Ecriture sainte (I).
4° Le texte de saint Pierre, Epist.ll, c. 3, f 12, porte : « Nous attendons » l'arrivée du jour du Seigneur dans » lequel les cieux seront détruits par » les flammes, et les éléments dis- » sous par l'ardeur du feu; mais » nous attendons aussi, suivant ses » promesses, de nouveaux cieux et » une nouvelle terre, dans lesquels » habite la justice. » Ce n'est certainement pas là une palingénésie ou un renouvellement de notre globe, mais une entière destruction du monde.
Les nouveaux cieux et la nouvelle terre sont le séjour du bonheur éternel, et non une seconde vie temporelle; ils existent déjà, puisque l'apôtre dit que la justice y habite, et non qu'elle y habitera. D'ailleurs les promesses de Dieu n'ont jamais eu pour objet une nouvelle vie sur la terre, comme l'avaient imaginé les millénaires, mais une vie éternelle dans le ciel. On dirait que notre auteur a voulu copier la mythologie des Indiens, touchant les quatre périodes ou les quatre âges du monde que les brahmes ont rêvés. La foi chrétienne nous enseigne qu'après la mort les justes et les méchants iront incontinent, les uns jouir du bonheur du ciel, les autres souffrir les peines de l'enfer; ainsi l'Eglise l'a décidé contre les Grecs et les Arméniens : ni les hommes ni les animaux ne sont donc point réservés à un nouveau période de vie terrestre, pour s'y perfectionner et y changer de nature. Ce système de la palingénésie ressemble un
do
(I) Ce n'est pas ie jouer de l'Écriture sainte, que i travailler a la mettre en harmonie arec les certitudes scientifiques auxquelles conduit le progrès; c'est an conlrairo la soutenir, la respecter, la coroprondre et faire comprendre aux autres dt mieux en mieux.
La Non. I
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peu trop à celui de la métempsycose ou de la transmigration des âmes, que soutenaient les anciens philosophes, et que nous réfuterons en son
lieu.
go Nous avons encore à reprocher à notre philosophe d'avoir dit que l'univers n'a pas été fait principalement pour l'homme, mais pour des intelligences d'un ordre très-supérieur. L'Ecriture sainte nous parait enseigner le contraire. Le Psalmiste, parlant de l'homme, dit au Seigneur, Psal. 8, f 6 : « Vous l'avez fait très- » peu inférieur aux anges ; vous » l'avez environné de gloire et d'hon- » neur; vous l'avez établi sur lesou- » vrages de vos mains, vous avez mis » le tout sous ses pieds, » ou en son pouvoir. Saint Paul enchérit encore en citant ces mêmes paroles, llebr., c. 1, i 14. « Les anges, dit-il, ne » sont-ils pas tous des esprits admi- » nistrateurs, envoyés pour servir » ceux qui auront le salut pour héri- » tage? » c. 2, f 5. Dieu n'a point soumis aux anges le monde futur dont nous parlons, au lieu qu'un auteur sacré dit de l'homme : « Vous » l'avez fait très-peu inférieur aux an- » ges, etc. » A la vérité, saint Paul applique ces ïparoles à Jésus-Christ; mais il ajoute, f H : « Celui qui » sanctifie et ceux qui sont sanctiiiés » sont de même nature ; c'est pour » cela qu'il ne rougit point de les ap-
» peler ses frères Or, il n'a point
» pris la nature des anges, mais celle » desdescendantsd' Abraham. «Qu'aurait pensé l'apôtre d'un système, qui, loin de nous rapprocher des anges, les suppose placés à une distance iniinie (1) au-dessus de l'homme, et qui entreprend d'assimiler à celui-ci les animaux et les plantes ?
6° Il ne sert à rien d'exténuer a l'excès nos connaissances touchant la fabrique et la marche physique du monde, dès que nous en avons assez pour admirer, remercier et bénir le
(1) Infinie, non. Ce mot ne convient qu'à Dieu ot signifie, chez lui, la perfection absolue ou lu possession de tout ce qui ne rien de contradictoire avec l'essence des choses. Quant aux anges et aux autres créatures, par rapport à l'homme, ce n'est jamais que du plus ou du inoins.
^ La Nota.
Créateur. Des lumières plus étendues n'ont abouti souvent qu'à rendre les philosophes orgueilleux, ingrats et incrédules. Un écrivain sacré a tenu un langage tout différent de celui de notre auteur. «Dieu, dit-il, a donné » à nos premiersparents l'intelligence » de l'esprit et la sensibilité du cœur ; » il leur a montré les biens et les » maux; il a eu l'œil sur eux; il leur » a fait voir la grandeur et la beauté » de ses ouvrages, alin qu'ils bénis- » sent son saint nom, qu'ils le glo- » ridassent de ses merveilles, et qu'ils » fussent attentifs à les publier; il a » daigné les enseigner, et leur a donné » une loi vivante; il a fait avec eux » une alliance éternelle; il leur a fait » connaître sa justice et ses juge- » ments, etc. » Eccli., c. 17, jk 6. Ce sage auteur ne fait pas consister la science de l'homme à concevoir le mécanisme du monde physique, mais à respecter l'ordre du monde moral, ordre tout autrement important que le premier.
Fonder un système sur la multitude des mondes répandus dans l'immensité de l'espace, c'est bâtir en l'air ettoujourspécher par inconséquence.
D'un côté, nous ne savons rien ou presque rien sur la construction de l'univers; de l'autre, nous savons que les globes célestes sont autant de mondes peuplés d'habitants meilleurs que nous sans doute ; du moins nous ne risquons rien de le supposer, en attendant qu'il nous en vienne des nouvelles. De tout cela nous concluons que l'hypothèse de la Fulingéncsie ne peut servir qu'à diminuer notre reconnaissance envers Dieu, à nous taire douter de sa providence particulière à l'égard de l'homme, et à favoriser les rêves des incrédules (1).
Behgier.
PAL^OTHERIUM ( ■Théol. rrdxt.
scien. palœont.) — C'est un animal
(t) Nous sommes bien loin de soutenir la Palingénèsie de Charles Bonnet ; mais nous ne comprenons pas bien la liaison d'idées sur laquello seraient solidement fondés les reproches que Bergier fait à ce système, ou moins ces derniers. Nous voyons au reste avec plaisir que notre théologien croit a la pluralité des mondes habités, et, parmi leurs habitants, à des êtres mémo meilleurs que l'homme. ' La Nota.
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fossile découvert par Cuvier dans les carrières à plâtre des environs de Pans Ses os sont mêlés à ceux de lanoplolheriurn. On en a constaté une douzaine d'espèces, depuis la taille du rhinocéros jusqu'à celle du mouton. Cette bete était trapue et ressemblait assez an tapir. C'était un pachyderme. Ce fossile appartient aux terrains tertiaires.
Le Nom.
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PALESTINE (la) (Théol. mi.xt. scien geou.) — Nous n'avons pu donner à notre dictionnaire assez de développement pour y pouvoir traiter les questions de géographie sacrée ; aussi n y trouve-t-on point, sauf de rares exceptions, les noms des lieux dont il est question dans l'Ecriture sainte Mais au moins parmi ces rares exceptions devons-nous faire entrer une vue générale de la Palestine, cette terre sacrée qui fut | a patrie de Jesus-Uinst, et qui est restée son tombeau. Cet article satisfera, d'ailleurs, quoique d'une manière trèsconcise, à un assez grand nombre de renvois. ISons avons mis en tête de notre Evangile pour la jeunesse une étude préparatoire dont le chapitre 2 intitule le Pays, n'est autre qu'une description de cette vallée du Jourdain qm vit naître, vivre, prêcher et mourir Jésus de Nazareth. Cette description répond exactement à notre Pensée pour l'article prient; contentons-nous de la transcrire.
« le Pays
™l Et n t0US ces W""»*, «Wsi merveilleux que dramatiques, mélanges d humain et de divin, sVcomphssent dans la vallée du Jourdain et sur les monts qui la dominât pays étrange lui-même au doublé point de vue historique et géographique. ° °
» La Palestine, située à peu mis au centre du monde ancien, pays de ilZ^? «*MP»*Ato*M£ et, ni, £21 A '' ab ;"' cft quefutla.N,„.|né pour la Gaula et ce qu'elle est encore aujourd'hui, sous le nom de Normandie, pour la France. Espèce de paradis terrestre, dont la renommée de fertilité était sans égale, elle de-
vint, pour les Hébreux, la Terre- Promise; et ce peuple, arraché à la servitude des Pharaons par Moïse s en empara sous la conduite du belliqueux Josué, à peu près comme es Normands, dans notre histoire nationale, se sont emparés de la fertile Neustne, à laquelle ils ont donné leur nom. La Palestine ressemble encore a la Normandie, en ce qu'elle
L el , en M^- i nordau sud sur les côtes de la Méditerranée orientale, comme la Normandie s'étend du nord-est au sud-ouest, sur les côtes de l'Océan atlantique.
» Le Jourdain est un beau fleuve assez large pour avoir de la majesté dans la seconde moitié de son cours c est-à-dire dans les lieux que fréquenta le plus Jésus-Christ.
» Après avoir pris sa sourc-, sous le nom de Nahr-llasbava, aux lianes du Djebel-Ech-Chcikli/la plus haute des montagnes del'Anti-Liban, chaîne de mamelons parallèles à ceux du Liban du côté des terres, il descend vers le sud, en franchissant de temps en temps, des rapides qui en rendent la navigation ooimpossible ou très-difficile dans toute sa longueur.
» En Palestine, où il entre non loin de Bamas, l'ancienne Césarêe de hilippe, qui est sur son autre «■anche, beaucoup plus petite mais portant le nom arabe de Jourdain Arden, il forme, d'abord, le grari î étang de Mérou m, ensuite, la délicieuse mer de Génézarelh, de Tibénade ou de Galilée, lac important, de cinq à six lieues de longues*!
dans le genre de notre beau lût européen de Genève, et va, vingt-cinq lieues plus bas, se perdre dam ta mer Morte, ou lac Asphallilc, ■ isolée, aux lourdes eaux chargées des dévolutions du sel gomme d montagne de Soda», qui l'ai sine (1). i
» La vallée du Jourdain, depuis son origine dans les pics méri naux de l'AnU-Liban jusqu'à sa i pression la plus profonde, qui ut
(I) L'«n de la wm Si- ■■ (-^ntient S5 p 100 •!» Muu Jos «mres uieri <,1î7*J.
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le grand trou du lac Asphaltite, présente une longueur d'environ 240 kilomètres ; et elle est, à partir de la petite mer de Génézaretk, c'est-àdire pendant une longueur d'à peu près trente lieues, la plus basse peut-être qui soit sur le globe relativement au niveau général des eaux.
Elle se trcruve, vers l'embouchure du Jourdain, à douze cents pieds audessous de la surface de la Méditerranée, et, vers l'entrée du Jourdain dans le lac de Génôzareth, à deux cent cinquante, en sorte que, s'il s'établissait une communication quelconque de cet océan à la mer Morte, la vallée de Jésus se verrait noyée par deux cent cinquante à douze cents pieds d'eau, et à jamais transformée en une mer intérieure do profondeurs diverses et d'une longueur de 2 à 300 kilomètres (1).
» Sur la gauche de son fleuve, se reforment des hauteurs dont les prolongements sont les déserts de la Pérée et de l'Arabie.
» Sur la droite, s'échelonnent les plateaux de la Galilée, puis ceux de la Samarie, et, plus bas, les soulèvements de la Judée, dont les monts de Bethléem, de Jéricho, de la Quarantaine, de Sion, des Oliviers, font partie.
» Les hauteurs galiléennes dominent de plus de deux mille pieds la vallée du Jourdain, et de mille, environ, la Méditerranée.
» Tout le pays, dont le sous-sol ne se compose que de terrains calcaires, est riche d'accidents, de gorges, de plaines aux végétations vigoureuses, de mamelons verdoyants et de crêtes abruptes.
» Quant à la vallée centrale, grand égout collecteur de beaucoup de torrents, qui sont à sec presque toute l'année, elle est le résultat de brisements géologiques; et ses deux ailes présentent ça et là, entre roches et
(1) Lft dépression de niveau de la mer Morte jointe à sa salure excessive a fait croire a beaucoup de naturalistes qu'elle va se desséchant progressivement, le Jourdain etles torrents ne suffi ont pas à réparer les pertes qu'elle fait jusqu'à présent par l'ôvaporation. Cette mer est bien nommée mer Morte, car il no s'y développe aucun être vivant, Bt les poisse s qu'y jette le Jourdain meurent en p,«Dtr «nt (1874).
coteaux, des flaques d'humus d'alluvion que le Jourdain y déposa dans les temps antiques, et qui sont d'une fécondité, d'une opulence de végétation offrant peu d'exemples pareils.
» L'eau des deux petites mers de Méroum et de Tibériade est douce, limpide, fraîche, agréable à boire et poissonneuse. Le lac Asphaltite, qui est la grande mer de la vallée, et dont la pointe nord-ouest baigne les ruines de Gomorrhe, est célèbre par son eau salée, acre, et assez pesante pour que T'homme, sans être nageur, puisse, avec le moindre mouvement régulier, se maintenir à la surface.
« Plusieurs des végétaux qui poussent sur les bords du Jourdain, sont de ceux qu'on voit dans nos contrées ; on y rencontre des platanes dans le nord, des peupliers dans le sud ; on y trouve aussi, outre les diverses espèces de palmiers qui couvrent les rives délicieuses des lacs, le laurierrose, parfois en abondance, et d'autres arbres ou arbustes à larges feuilles, propres à l'Orient. Les versants voisins du bas Jourdain possèdent de grands fourrés qu'on dit habités par des lions; cet animal, en tout cas, y serait devenu très-rare.
» L'histoire fait mention d'un pont antique qui traversait le haut Jourdain, au-dessus du lac de Génézareth, le pont des filles de Jacob, sur la grande route de la Syrie. On en voit les ruines. Un autre pont existe audessous du lac; mais les Turcs, qui ne détruisent ni n'éditient rien, laissent le temps détruire tout. L'histoire parle encore de trois passages à bacs sur le Jourdain inférieur : l'un vers Beit-Abara, non loin de sa rapide et dangereuse embouchure; un autre à la hauteur de Jéricho, d'une part, et du mont Nébo, de l'autre; et le troisième au grand gué du Jourdain qui est encore très-fréquente aujourd'hui. » Des sommets galiléens les vues sont gracieuses, champêtres ou sauvages, et souvent assez étendues pour vous montrer, d'une part, les versants méditerranéens, et, d'autre part, les vallées du fleuve, beaucoup plus profondes.
» Nazareth, ou Nazra, mot qui si-
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gmfie fleur, est assise, à l'abri de ±>eaux arbres, sur le flanc d'une de ces montagnes ; et l'on pourrait en
ïiff ce » e -.'à Pour une Ion tagne de fleurs. Bâtie au fond d'un petit cjrque calcaire, ouvert au midi Nazra ressemble, dit l'abbé JlS r n a if P ^, t0, i tes Ces ^trées à d une roche. De ce nid, si l'on se tourne vers le sud, on voit à droite le Carmel aux longues croupes boise* ;■ en face les monts chauves del Samane, a gailc b e Ie vert ThaLo a qui en est à quatre lieues, à ses pieds la nche plaine d'Esdrelon ; et l'on respire un air si pur que sa transpa renée permet de distinguer de petits detai s à des distances où l'œil dan, ^climats, ne voit jamais'quets 3
haut des montagnes dénudées de ancienne Samarie. Parmi ces montagnes figurent le Garizim et l'Etal de chaque côté de la gorge magn I en?o e re^Tl ed /^ U ^ n »e
nar W P ;' ltS f 6 ^ acob ' si cé 'èbre pai 1 entretien du Sauveur avec la Samaritaine.
» En remontant de Nazareth vers t ™n ' T 5 distance Presque égale
sont t qm a Se > are de Jérusalem?
sont les conhns de Sidon, et, un peu Plus bas, ceux de Tvr, 'limites des
et ae la Phemcie.
» Entre Jérusalem et la mer Morte
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vers le sud, circule la" route d'Ethàm'
ce d t 1 p S H lfi ff Ver5ail,eSdeSalomon . avec' cette différence que le Versailles de notre Louis XIV emprunte ses eaux
c elnTs dela T itale ' tandis q»e celui de Salomon donnait les siennes
conXc enil,ar , delon S sc anauxde conslmction salomonienne dont les vasques ou bassins, sont une des curiosités du pays. Sur la route d'E tham est Bethléem ou Éphrata avec ses coteaux d'oliviers efde vigu es V U arrivé' l 1 n q °° iqUe aband onnés 8 ; on
plaine «Ef a, A 0,r traversù la belle piaine aux anémones, dont les
nuances vives, blanches, b eues
rouges charment l' œi | du pèlerin
)» Ln tournant, de Jérusalem, vers
le sud-ouest, on trouve, à une dis-
nsThmî^^"™ 613116 " 656 ^^, i isthme de Suez, appelé à devenir un centre de civilisation par le nasf
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jouranui 1 pujs se présen{ , terre antique des Pharaons, théâtre enfance 6 ^^ pendanf la sa ^e » Les vues des montagnes de Judée nont pas la beauté riante et gra!
cieuse de celles de Galilée Cette Partie de la Palestine ann^e,£ que toute autre, la désolation, et elle fut aussi toujours plus sévère ce qui aide a expliquer pourquoi on l'appë' lait le pays des montagnes. Mais les Panoramas n'en sont que plus grandioses, plus imposants ; et ils durent être bien admirables aux temps glorieux de Sion. Par exemple, te .font des Oliviers, qui vous étale, à l'orient utletassindubas Jourdain et dé la mer Morte au pied des rochers de Jéricho, et, à l'occident, fpar-des
SâtaaFf de „ Josailhat ES
theâie de la ville sacrée, aux innombrables coupoles blanches, çà et a Jt es autonr d ° assise carrée de son temple comme autour d'une tribune q U on aurait posée sur le rempart escarpé du torrent de Cédron est un des plus beaux sites de la terre; et le site de Bethléem, plus riche encore peut-être en dons de la nature avec ses échappées sur la glace d argent de la mer Morte n'est pas moins étonnant dans sa beauté sauvage. ""
» Et, comme si le Créateur avait voulu rassembler, en miniature, dans
cette petite contrée, toutes les grandes merveilles, après qu'il y eut âis les montagnes, les mers, les vallées plantureuses, les roches nues elles fleuves, il y mit aussi les tempêtes.
» Quand le vent d'ouest sooffle des hauteurs du Thabor et des autres monts de Galilée, il s'engouffre pa?î fois dans la vallée qu'occupe la mer de Tibçnade avec une telle violence,
*1^!k l i st]uemenl ' l"'» for me des trombes dont l'effet suri* lac est ef- » ayant Quelque temps avant l'arrivée de la rafale, on voit les oiseaux
t<) l Ce canal e,i n,ai nten , Dt , n , • ,„„:,et œéme protégé par l'Angleterre. P |(|8 7 7).
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aquatiques, ibis, pélicans, grands cygnes, goélettes, fuir par multitudes et disparaître dans les petits promontoires durivage. De largesbandes noirâtres, dures à l'œil comme des stries, dit l'abbé Miclion qui assistait le 28 décembre 1803, à une de ces tempêtes, semblent sillonner le lac d'un bord à l'autre bord ; puis, de blanches taches d'écume à 1 horizon, et la houle comme sur les grandes eaux dans les plus mauvais jours. La mer furieuse s'agite ; elle se brise sur les rocs de ses rives ; et si c est le soir, la nuit, qui tombe tout à coup en Orient, met le comble à l'horreur. Le fracas devient étourdissant. Les lauriers-roses, dont les pieds se baignent dans les eaux, secouent leurs grosses siliques et semblent vous les jeter avec co ère.
La rigide chevelure des palmiers Hotte aux vents. L'on entend même parfois le bruit de leurs nœuds qui se rompent. Et, si viennent se mettre de la partie le tonnerre, l'éclair, un ciel moitié noir et moitié de feu, comme dans les orages grandioses des tropiques, vous pourrez dire que le lac de Génézareth vous a donné un échantillon des plus sombres scènes de la nature.
» Tel est ce petit pays, rendu par le Christ à jamais le plus intéressant de tous les points de la terre, et auquel ne manque que la force motrice, le travail, pour cesser d'être ce qu'il est devenu, un séjour de désolation et de mort. Le Noir.
(V Evangile pour la jeunesse, Etude préparatoire II).
PALESTRINA, ouGIOVÀNNÏ PIERLUIGI {Théol. hist. biog. et billiog.) — Ce grand compositeur de musique religieuse, le sauveur du nouveau style, naquit à Palestrina, l'ancienne Préneste, dans la Camargue romaine, et vécut de 1524 à 1594.
il fut,sous Jules m,magisterpuerorum, puis maitre de la chapelle qu'avait fondée ce souverain pontife. 11 perdit sa place sous Paul IV, et en tomba malade|; il était pauvre et avait quatre enfants. En 1555, il fut retiré de sa malheureuse position étant nommé maitre de la chapelle de Saint-Jean
de Latran et il garda cette place jusqu'en 1561. Toujours très gêné dans ses affaires.il fut alors élevé à la place un peu plus lucrative de maitre de chapelle de Sainte-Marie Majeure, où commença la période brillante de sa vie. C'est là qu'il résolut la question soulevée par le concile «le Trente, de la réforme du chant ecclésiastique, en faveur du nouveau style rausicat de l'Eglise. Toujours pauvre, le Pape le nomma compositeur de la chapelle papale, mais cette place ne lui rapportait encore que 1 1 scudi par mois, et il fut obligé d'avoir recours à Guillaume V de Bavière qui lui était déjà venu plusieurs fois en aide. De 1575 à 1580, il vécut dans la solitude, perdit sa femme en 15S0, ce qui l'attrista beaucoup, fut l'objet, sous Sixte V, des jalousies des autres musiciens, renonça pendant longtemps à la musique religieuse, et mourut d'un anthrax, assisté par son ami saint Philippe de Néri, en 1594.
On doit à Palestrina une multitude de compositions, la plupart religieuses, dont il est souvent difficile de retrouver les originaux, et dont beaucoup sont restées, parait-il, inédites. Citons ses quatre Messes pour quatre ou cinq voix, dédiées à J ules III, qui furent sa première œuvre ; ses Impropcria qu'on chante encore le vendredi saint dans la chapelle Sixtine, paroles de Jérémie si bien rendues qu'elles font saigner tous les cœurs ; sa Messe ut, ré, mi, fa, sol, la; trois autres Messes dont la fameuse connue sous le nom de Messe du pape Marcel; ce fut elle qui résolut la question du nouveau style ; le volume de Messes à quatre, cinq ou six voix dédié à Guillaume V, de Bavière; ses Motets mélancoliques composés après la mort de sa femme.
Ses célèbres Motets sur le texte du cantique des cantiques, composes deux ans plus tard ; il a oublié sa douleur, le caractère est tout autre, et cette œuvre lui a valu le titre de prince de la musique ; le motet et la Messe à cinq voix sur le texte: Te pastor ovium, qui firent dire a Sixte V : « Le maitre a cette fois oublié la messe de Marcel et les motets du cantique » ; sa messe Assumpta est Maria, qui lit
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dire au même Pape, après son exécution, le jour de l'Assomption : « Voilà une messe vraiment nouvelle, qui ne peut être que de Palestrina. » « L'auteur y unissait, dit M. Waldmann, la gravité du chant grégorien à la vivacité du style nouveau; » son livre de Madrigaux à cinq voix, qui fut le chant du cygne.
Le Nom.
PALFREY (John Gorham) (Théol.
hist. biog. et bibliog.) Ce théologien américain, né à Boston en 1796, plusieurs fois membre du congrès depuis 1847, et l'un des pins célèbres abolitionnistes, auteur même d'un opuscule contre l'esclavage et directeur de 1833 à 1843 de la North- American Rewiew, a publié :
Preuves du Christianisme, 2 vol.
in-8°, Boston, 1843, conférences religieuses ; Académical lectures ou The JewishScripiures and antiquitics, S vol. in-8°, 1838-51 ;Textcs de l'ancien Testament cités dans le nouveau; un volume de Sermons nouveaux; etc.
Le Nom.
PAL1SSV (Bernard de) (Theul.
hist. biog. et bibliog.) — Cet homme d'une éducation simple mais de génie, qui s'est rendu si célèbre par ses poteries émaillées sous Henri III , après avoir fait tant de sacrifices et triomphé de la pauvreté pour réaliser son invention, peut être considéré comme le père de nos géologues ; dans des cours qu'il lit à Paris, à la fin de sa vie, il jeta les premières idées justes sur la véritable nature des terrains coquilliers dont la terre est couverte jusque sur les montagnes. 11 soutenait que t'étaient des restes de dépôts luîmes sous les eaux; on se moquait de lui, et il avait raison. Ses principaux ouvrages sont :
Nature des eaux et fontaines, </■ t métaux, sels et salines, des pierres, ck t tares, du feu, des émaux, in-8°, 1380; Recette véritable par laquelle tous les hommes pourront apprendre éi awjmeuter b un trésors ; avec te dessin d'un jardin délectable et utile, et celui d'une fortcresseimprcnable, petit in-4°, H'.ii'j ; If Moyen > riche,
ou Traité des métaux, minéraux et des pièces précieuses , 2 t. en 1 roi.
in-8°. C'est la réunion de plusieurs traités. Fargas de Saint- Fonds donna une nouvelle édition de ses œuvres avec des notes en 1777.
Bernard Palissy était calviniste. Il était né dans le diocèse d'Agen, et il mourut en prison vers 1580, à l'âge de 90 ans.
Le Nom.
PALLADE (77iéoZ. hist. biog. et bibliog.) — «Cet auteur de Vllistoria Lausiaca, dit M. Hœgélé, qui décrit le monachisme dans sa forme primitive, naquit, dit-on, en 368 en Galatie, se prit d'enthousiasme, à Alexandrie, pour la vie des anachorètes, se rendit dans le désert de Nitrie et y vécut jusqu'au moment où de violentes épreuves, nées vraisemblablement du conflit des parties qui divisaient les moines entre eux, le poussèrent dans la Thébaïde.
» Les savants ne sont pas d'accord sur l'époque où Pallade l'ut évèque d'Hellônopolis, en Bilhyuie, sur l'exil auquel il fut condamné en qualité de partisan de saint Chrysostome, sur la question de savoir si Olympie, la pieuse et généreuse amie de saint Chrysostome, fut bannie en même temps queluiàSyène, sur le séjour de Pcdlade à Rome, durant le pontilicat du pape Sosime (417-418), et enlin sur l'année de sa mort. Martini, dans sa dissertation sur Pallade (I), a réfuté l'accusation de ceux qui prétendent qu'il était Pélagien et ( irigéniste, fondant surtout cette dernière accusation sur ce que Pallade ne parle pas avec assez de respect de s.iint Jérôme, et sur ce qu'il avait été intimement lié avec Butin d'Aquilée, le traducteur latin de la Lausiaca.
■> Ce qui est certain , c'est que l'alladeëcrivit VHistoria Eau$4acO, sive parndisus de vitis Patriim, et que ce fut Lausius, gouverneur de la Cappadoce, qui l'y engagea et donna ainsi son nom à l'ouvrage. Ce livre esf une des principales sources de l'histoire dumonachiHiio ; car Pallade
(I) Pisputatio d' vita fatitque Palladii Htllenofo'.ittini, etc., Altorf, 1754,
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écrivit ce qu'il avait vu et expérimenté par lui-même; les détails exacts et minutieux dans lesquels il entre prouvent avec quel soin, dès l'origine, les fondateurs du monachisme organisèrent cette institution, L'histoire de Ballade renferme, au chapitre 39, un fragment de la règle monacale de S. Pacôme; le chapitre 40 nous montre que Vora etlabora proverbial des Bénédictins était déjà le mot d'ordre des solitaires de Tabenne et que ceux-ci exerçaient presque tous les métiers. Ballade compte, parmi les 300 moines du monastère de Panopolis, qu'il visita vers l'an 400, 15 tailleurs, 7 forgerons, 4 charpentiers, 12 gardiens de
chameaux, 15 foulons
On trouve l'Historia Lausiaca dans le 8 e volume des œuvres du philologue Jan de Meurs, publiées par Lanô, Florence, 1741-1703; Fronton le Duc la traduisit en latin et en grec, Paris, 1624. Cotelier publia les deux traductions, avec des suppléments tirés de divers manuscrits, dans ses Monumenta Ecclesix Grsecx. »
Le Nom.
PALLAYICINI (Sforza) {Théol. hist.
biog. et blbliog.) — Ce jésuite et cardinal, auteur de l'Histoire du concile de Trente, naquit à Rome en 1607 et mourut en 1667. « Il avait été, dit M. Schrôdl, un des savants les plus èminents du dix-septième siècle; professeur distingué de philosophie et de théologie, littérateur remarquable, historien de premier ordre, Pallavicini joignait à l'activité scientifique une grande piété et une profonde humilité; il n'accepta la pourpre que par obéissance, et fêtait chaque année l'anniversaire de son élévation au cardinalat par un jeune sévère. Sa foi délicate et vive avait été singulièrement affligée des excès des probabilistes. »
On peut citer parmi ses ouvrages les suivants : Del Bene libri quatro ; Assertiones theologkœ; Disputatioues in primam secundee S. Tliomse ; Arte délia Perfezione Cristiana; Vindicationcs Societatis Jesu; la Monarchia sulipsorum ; Considcrazioni sopra Varie dellu utile e del dialogo, etc. « Mais,
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dit M. Schrodl, l'œuvre capitale de Pallavicini est l'Histoire du concile de Trente, qu'il puisa aux sources originales, écrivit avec infiniment de talent eu langue italienne, et opposa heureusement à celle de Sarpi. »
Le Noir.
PALLE. Ce mot, ditle père Le Brun, vient de pallium, manteau, couverture. On prétend que dans l'origine c'était une pièce de toile ou d'étoile de soie, assez grande pour couvrir l'autel entier, et on l'en couvrait en elFet lorsque le prêtre y avait placé le calice et ce qui était nécessaire au sacrifice. Dans le Sacramentaire de saint Grégoire, le corporal et l&palle sont appelés pallx corporales, pour les distinguer des nappes d'autel, qui sont simplement nommées pallie :
dans la suite on a donné le nom de corporal au linge qui est dessous le calice, et celui qui est dessus a retenu le nom depalle; en raccourcissant pour la commodité, on y a mis un carton, afin de le tenir plus ferme, Explic. des cérémonies de la Messe, t. 2, pag. 25. Bergier.
PALLIUM, ornementpontilical propre aux évèques et qui désigne ordinairement la qualité d'archevêque.
Il est formé de deux bandelettes d'étoffe blanche, large de deux doigts, qui pendent sur la poitrine et derrière les épaules, et qui sont marquées de croix. Cette étoffe est tissue de la laine de deux agneaux blancs quisont bénis à Home, dans l'église de Sainte- Agnès, le jour de la fêle de cette sainte.
Ces agneaux sont gardés ensuite dans quelque communauté de religieuses, jusqu'à ce que le temps de les tondre soit arrivé. Les pallium faits de leur laJne sont déposés sur le tombeau de saint Pierre, et y restent pendant toute la nuit qui précède la fête de cet apôtre; ils sont bénits le lendemain sur l'autel de cette église, et envoyés aux métropolitains, ou aux évoques qui ont droit de le porter.
Vies des Pères et des Martyrs, t. 5, p. 201.
Ce qui regarde ce droit et les privilèges attachés au pallium, appartient à la jurisprudence canonique.
PAxN
M. Languet a réfuté dom de Vert qui avait imaginé que lepalKum était dans son origine le parement ou la bordure de la chasuble des prêtres et qu'il en a été détaché depuis deux ou trois cants ans seulement, pour être un ornement particulier. M. Languet prouve que c'était déjà un ornement épiscopal du temps de saint Isidore de Uamiette, mort au milieu du cinquième siècle, puisque ce saint en a parlé et en a donné les significations mystiques. Il fut accordé par le pape Symmaque à saint Césaire d'Arles, mort au milieu du sixième siècle. Du véritable esprit de l Eglise, etc., p. 288. Bergier.
PALMES. Voy. Rameaux.
PAMÈLE ou PAMÉLIUS (Jacques) {Theol. hist. biog. et bibiliog.) — Ce docteur en théologie, né à Bruges en 1536, mais que la guerre civile força de se retirer à Saint-Omer où il devint archidiacre, et qui plus tard lut nommé par Philippe II évêque de baint-Omer, au moment même où une fièvre chaude l'emporta (Mons, 1787), a laissé les ouvrages suivants :' Liturgica Latinorum, Cologne, 15/1 et 1476, 2 vol. in-io ; Micrologus de ecclesiashcis observationibus ; Catalogua commentariorum vetcrum selectwrum in universam Bibliam, Anvers, 1566, in-8°; Relatioad Bcluii ordmes de non admittendis ma in republwa diversanim religionum exercitus, Anvers, 1589, in-8°; une édition de saint Cyprien, Anvers, 1568 , et Pans, 1616, in-fol. ; une édition de Terlullien, avec d'excellentes notes, la vie de ce Père, ses erreurs et leur réfutation, Anvers, 1579, et Paris 1636, in-folio; le traité de Cassiodore de Divinis Nominibus; une édition nouvelle de Rlmban Maur, qui parut après sa mort à Cologne, 1627, par les soins d'Antoine d'Hennin, éveque d'Yprcs, en 3 vol. et qui comprend les Commentaires de Pamélius sur le livre de Judith et sur l'Epitre de saint Paul à Philémon.
Le Noir.
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PANACRANTE. Voy. Conception