‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 15 sur 122 · BUS · texte numérisé non relu

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Matth., c. 10, $ 14. Saint Paul juge cette mission si nécessaire, qu'il demande : « Comment prêcheront-ils, s'ils n'ont pas de mission? » Rom., c. 10, y 15. Pour soutenir la dignité de son apostolat ou de sa mission, il déclare qu'il ne l'a pas reçue des hommes, mais de Jésus-Christ luimême. Gai , c. A, f 1.

Les signes que Dieu a donnés à ses envoyés pour prouver leur mission sont certains et indubitables. Ce sont des connaissances supérieures à celles des autres hommes, des vertus capables d'inspirer le respect et la confiance, le don de prédire l'avenir, mais surtout le pouvoir de faire des miracles. Telles ont été les lettres de créance de Moïse, des prophètes, de Jésus-Christ, des apôtres : touthomme qui se prétend revêtu d'une mission extraordinaire, doit la prouver de même, sans quoi l'on a le droit de le regarder comme un imposteur.

Mais les incrédules out donné une décision fausse et absurde lorsqu'ils ont dit que « quand on annonce au » peuple un dogme qui contredit la >' religion dominante, ou quelque » fait contraire à la tranquillité pu- » blique, justifiât-on sa mission par » des miracles, le gouvernementa droit » de sévir, et le peuple de crier cru- » cifige. » C'est supposer que le gouvernement et le peuple ont droit de punir un homme qui est évidemment envoyé de Dieu ; que Dieu n'a plus aucun droit d'envoyer des prédicateurs pour détromper un peuple qui a une religion fausse, dès que cette religion est devenue dominante et autorisée par les lois; que les païens incrédules ont eu raison de persévérer dans l'idolâtrie, de rejeter l'Evangile, et de mettre à mort les apôtres qui ont voulu les instruire.

On dit : « Quel danger n'y aurait- » il pas à abandonner les esprits aux » séductions d'un imposteur, ou aux » rêveries d'un visionnaire? » Mais un homme peut-il être un imposteur ou un visionnaire, lorsqu'il prouve par des miracles qu'il est envoyé de Dieu ? Dieu donne-t-il à un imposteur ou à un visionnaire le pouvoir d'opérer des miracles ?

Il est faux que le sang de Jésus-

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Christ ait crié Juifs, précisément « parce qu'en le » répandant ils fermaient l'oreille à » la voix de Moïse et des prophètes » qui le déclaraient le Messie. » Ils ont été coupables, principalement parce que Jésus-Christ leur prouvait par ses miracles qu'il avait droit de s'appliquer les prophéties, d'en montrer le vrai sens, de réfuter le sens faux que les docteurs juifs s'obstinaient à y donner. C'est principalement à ses miracles que Jésus-Christ en appelait pour démontrer qu'il était le Messie. Voyez Miracles, § 3.

Ce qui suit est encore plus faux.

« Un ange vînt-il à descendre du cielj » appuyât-il ses raisonnements par » des miracles, s'il prêche contre la » loi de Jésus-Christ, Paul veut qu'on » lui dise anatlième. » Jamais saint Paul n'a supposé qu'un ange pouvait descendre du ciel pour prêcher un faux Evangile, et faire des miracles pourle confirmer. Foyez Miracles, §3.

Enfin la conclusionest absurde. «Ce » n'est donc pas par des miraclesqu'il » fautjugerdelamî'ssj'o?! d'un homme, » mais c'est par la conformité de sa » doctrine avec celle du peuple au- » quel il se dit envoyé, surtout lorsque » la doctrine de ce peuple est démontrée » vraie. » Et lorsque la doctrine de ce peuple est démontrée fausse, telles qu'étaient la doctrine des païens, les traditions et la morale des docteurs juifs du temps de Jésus-Christ, par où jugerons-nous de la mission du prédicateur qui vient pour en détromper les peuples?

Il est étonnant que l'auteur des paradoxes que nous réfutons n'ait pas vu qu'il prononçait un arrêt de mort contre lui-même et contre tous les incrédules; il s'ensuit évidemment de sa décision que quand une troupe de prétendus philosophes sont venus enseigner parmi nous le déisme, l'athéisme, le matérialisme, le pyrrhonisme, autant de systèmes qui contredisent la religion dominante, et qui sont très-propres à troubler la tranquillité publique, le gouvernement a eu droit de sévir, et le peuple de crier crucifige. Il est donc fort heureux pour tous ces prédicants que le gouvernement et lo peuple ne

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