Dsulhidscha (mois du pèlerinage
» L'année des Mahométans commence avec le 1" moharram, qui est, par couséquenL, leur nouvel an, et elle se termine par le dernier du mois de dsulhidscha. Chaque mois commence avec la première apparition visible du croissant de la lune au crépuscule du soir, et dure jusqu'àce que la lune ait achevé son cours et que le premier croissant reparaisse.
Or, la lune faisant son parcours en vingt-neuf jours, douze heures, quarante-quatre minutes et trois secondes, chaque mois ne dure pas moins de vingt-neuf jours, ni plus que trente. Si, le soir après le vingt-neuvième jour d'un mois, le croissant de la lune n'est pas visible, ils lui donnent trente jours, comme la Sonna le prescrit formellement (2). Il peut môme arriver que deux mois de suite aient chacun vingt-neuf jours, et que deux autres en aient, au contraire, chacun trente (3) sans qu'on puisse le déterminer d'avance.
» A cette manière flottante de compter les mois, qui est la manière canonique, c'est-à-dire prescrite par Mahomet, par conséquent la plus rulgaire, celle qui détermine les pèlerinages et les fêtes, les astronomes arabes ont opposé un calcul des mois
(i) GoUiNot. ad Alferg. p 4
(2) Alferg , p. 2.
(3) Conf. Nul. Golii ad Alferg., p. 14.
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qui est fixe, qu'où nomme le calcul artificiel ou astronomique, ^arce qu'il donne alternativement vingt - neuf jours à un mois et trente à l'autre, c'est-à-dire au moharram ou au premier de l'année trente, au safar ou au deuxième vingt-neuf, et ainsi de suite ulternativernentjusqu'au dernier mois, qui a, par conséquent, régulièrement vingt-neuf jours. Ce calcul n'est donc pas toujours d'accord avec le calcul canonique pour le commencement du mois. Suivant le calcul astronomique l'année a 354 jours, et c'est, en effet, la durée habituelle de l'année mahométane, selon le calcul soit canonique, soit astronomique.
Or ce chiffre ne comprend que les
29 jours et 12 heures dans l'intervalle desquels la lune parcourt son orbite, sauf 44 minutes dont elle a encore besoin. Ces 44 minutes de chaque mois font dans l'année 8 heures et 48 minutes. Dès que ces heures forment un jour il faut qu'un jour soit intercalé dans l'année astronomique, de telle sorte que 7 mois renferment
30 jours et 5 mois seulement 29 (1).
D'après ces 8 heures annuelles chaque troisième année devait renfermer une pareille intercalation ; mais, comme il y a 48 minutes de plus, les astronomes arabes comptent, dès que ces 8 heures dépassentune demi-journée, c'est-à-dire plus de 12 heures, un jour entier, qu'ils ajoutent au dernier mois de l'année, le dsulhidscha, qui, au lieu de ses 29 jours habituels, en a ainsi 30, comme celui qui précède, et font, par conséquent, de la deuxième année l'année intercalaire ; puis ils sautent les deux années suivantes, font de la troisième année une nouvelle année intercalaire , et continuent ainsi alternativement jusqu'à la trentième année, de telle sorte que ces 30 années renferment non pas 10, mais 11 années intercalaires, parce que dans 30 années les 48 minutes forment précisément un jour (2;. Celle année intercalaire astronomique a donc 355 jours.
» Mais le calcul canonique des années n'a pas d'année intercalaire,
parce qu'il prend tout le temps du parcours de la lune pour le mois, de la première phase à la dernière, et qu'il ne s'inquiète pas du mois qui a 29 ou 30 jours, du nombre de mois qui ont 29 ou 30 jours dans l'année, de l'année qui a 354 ou 355 jours, ces chiffres ne pouvant être déterminés d'avance, puisqu'il faut pour les fixer attendre la fin du mois ou de l'année.
» Ainsi l'année intercalaire astronomique attribue régulièrement 29 jours à un mois et 30 à l'autre, tandis que le calcul canonique abandonne cette fixation au hasard ; et elle est nécessaire pour remettre d'accord de temps en temps les années astronomiques et les années canoniques.
» Les quatre mois sacrés dont parle le Coran étaient les mois de moharram, radschab, dsulkada et dsulchidscha, que les Arabes, avant Mahomet, nommaient saints, parce qu'il leur était défendu d'avoir un procès quelconque ou de faire la guerre pendant ce temps, Ils observaient si saintement cette défense que chacun émoussait la pointe de sa lance, que celui qui avait un ennemi à redouter était enpleine sécurité, et que même celui qui rencontrante meurtrier de son père et de son frère ne lui faisait pas de mal(l). Mahomet confirma cet usage, avec cette restriction qu'ils pourraient, même pendant ce tenps, faire la guerre aux infidèles (2).
» La semaine a, chez les Mahurnétans comme chez les Juifs et les Curétiens, sept jours ; elle commence le dimanche et finit le samedi. Le dimanche se nomme chez eux le premier jour de la semaine, le lundi le second, le mardi le troisième, le mercredi le quatrième, le jeudi le cinquième, le vendredi le jour de l'assemblée, parce que c'est le jour de leur fête hebdomadaire, et le samedi se nomme sabt, c'est-à-dire sabbath.
» Le jour a aussi chez eux 24 heures; il commence, comme chez les Juifs, avec le coucher du soleil, parce que c'est aussi le moment où com-
(1) Alfcr,'..
(2) lbid.
(1) Galii Not. adAlferr/., p. 4.
(2) Muraài Nota adSur. 9. 27,
menée le mois, et il dure jusqu'au coucher du soleil suivant, de sorte que la nuit précède le jour, et non le jour la nuit, comme chez les Chrétiens; c'est pourquoi ils comptent habituellement d'après les nuits et non d'après les jours (1). Ces 24 heures sont partagées en deux portions de douze heures ; la première est attribuée à la nuit, la deuxième au jour, quelle que soit la longueur réelle du jour, de manière que le jour le plus long n'a que douze heures comme le plus court, et il en est de même de la plus longue et de la plus courte nuit. Aussi ce n'est qu'à l'équinoxe que les heures du jour et de la nuit ont la même longueur ; hors delà elles sont toujours d'inégale durée. Le jour est-il plus long que la nuit ; les heures du jour sont plus longues que celles de la nuit, et réciproquement. En revanche les heures sont toujours semblables le même jour et la même nuit de l'année, de sorte que midi et minuit sont toujours à la même heure. Lorsque le soleil se couche il est chez eux douze heures, et douze heures lorsque le soleil se lève ; une heure après il est une heure, et ainsi de suite ; à minuit il est toujours six heures (2).
» L'année lunaire commune n'ayant que 354 jours environ, et l'année solaire commune 365 à peu près, la première est d'environ 11 jours plus courte que la seconde, ce qui, au bout de 33 ans, fait approximativement une année solaire, de sorte que les Mahométans, au bout de cet espace de temps, ont un an de plus que les Chrétiens. De là il résulte aussi cpie la nouvelle année des Mahométans ou le l or moharram, par conséquent tous les autres mois, ainsi que les deux grandes fêtes et le pèlerinage de la Mecque, tombent, dans l'espace de 33 ans, une fois à chaque saison de l'année.
» ldeler, dans son Manuel de Chronologie, t. II, p. 487, a donné une formule fort simple pour ramener
(l)Alferg., P . 2. et 4Î.
(2) Voir Alferg., p. 42. Fundgruben des Orients
I, 412, 41S. Ualer, Manuel de Chronoloqie.l.i'i-