Mediol., 1723-1751 , 28 vol
in-fol., collection aussi importante pour l'histoire d'Italie que les Monumenta de Pertz pour celle d'Allemagne. Muratori ayant admis dans ces Scrip/ores les biographies des Papes, cet ouvrage est d'une grande valeur pour l'histoire de l'Eglise.
AntiquUatcs Italix medii gevi, 6 vol., Mediol., 1731-1743, in-fol.; Arezzo, 1777-1780, 17 vol. in-4°, qui s'étendent de la chute de l'empire romain jusqu'en 1500. Annali d'Italia dal principio dell' era volgare sino ail' (iiirui 1740, Mediol., 1744-1749, 12vol.
in-4°, avec des suppléments, 1753- 1756, 17 vol.; nouvelle édit., 1818- 1821, 18 vol., traduits en allemand,
Leipz,, 1745-1750, 9 vol.
par
Baudis, travail merveilloux
Anecdota Grseca, Patav., 1709, in-4' ; Novits Thésaurus veterum inscriptionum, Milan, 1739 1742,4 vol. in- toi. ; Leipzig, 1745; Venet., 1780; Liturgia Romans vêtus, 2 vol., Venet., 1748.
Ses œuvres complètes parurent à Arezzo, 1767-1780, 36 vol.; Venise, 1790-1810, in-4°, 48 vol.
« Le pape Benoit XIV, dit M. Gams, qui reconnut l'immense mérite dM Muratori, luiadressa, le 15 septembre 1748, un bref qui devait le tranquilliser sur un certain nombre d'attaques dont ses ouvrages avaient été l'objet.
Le Pape disait que ce qui avait déplu à. Rome, dans les écrits de l'auteur, se rapportait surtout à la juridiction temporelle du Pape dans ses Etats, qu'on suivait à Rome d'autres principes qu'ailleurs, et qu'on n'avait pu, par conséquent, admettre la valeur de certaines hypothèses ou de certains faits allégués par Muratori; que, si tout autre que lui avait accueilli ces faits dans ses ouvrages, les congrégations compétentes de Rome n'auraient pas hésité à les défendre; que cela n'était point arrivé à cause de la faveur publique dont Muratori jouissait et de l'estime que son talent et son savoir lui avaient valu à Rome comme dans le monde entier. La môme année 1748, le 27 août, Ganganelli, plus tard le pape ClômeutXIY,
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qui était alors consnlteur de la congrégation de la Sainte-Inquisition, lui écrivit : « Quant à moi, je m'estimerai toujours heureux de pouvoir contribuer, d'une façon quelconque, à vous faire rendre justice et à mettre un terme aux persécutions dont vous êtes l'objet; car il n'y a pas d'homme au monde qui ait défendu aussi dignement que vous notre sainte religion. La haine des gens superstitieux estdifticile à éviter; on ne peut jamais les convaincre, parce qu'ils tiennent pour d'immuables dogmes toutes les idées qui leur passent par la tète. »
MURILLO (Bartholome Esteban ) (Théol. hist. biog. et œuvr. d'art.) — Murillo et Velasquez sont les deux grands chefs des écoles espagnoles, comme Raphaël et Michel-Ange le sont des écoles italiennes, Rubens et Rembrandt des écoles flamandes et hollandaises, Eugène Delacroix et Ary Schefler de nos écoles françaises, Corîielius et Kaulbach des écoles allemandes. Murillo naquit à Pilos près de Séville en 1G17, et mourut en 1082. On parle aujourd'hui d'idéalisme et de réalisme comme de deux antiihèses ; voyez Murillo dans la Vierge intitulée la Conception, (au Louvre) et dans la Mort de sainte Claire, n'est-il pas làl'idéaliste par excellence?
Voyez-le dans son Piojoso (le Pouilleux) qu'on a intitulé, à notre musée du Louvre, le Jeune Mendiant, et même encore dans sa Grand-Mère épouillant son petit enfant, qui fut jamais réaliste à ce point-là? Et c'est bien toujours le puissant Murillo, à la fois le peintre de l'âme glorieuse au ciel et du corps misérable far la terre. Son petit pasteur avec le mouton rebelle qu'il ramène au bercail, est, en même temps, d'un réalisme et d'un idéalisme sublimes. Il en est de même, soit à l'un des deux points de vue, soit aux deux points de vue à la fois, de tous ses tableaux : Saint François en extase ; la Cuisine des Anges (au Louvrej ; la Fuite en Egypte; les Muehachos, (à Munich) ; Saint Antoine de Padoue (à Séville) ; Sainte Elisabeth de Hongrie, (à Séville;/; Jésus sur la montagne des Oliviers; le Christ à la
colonne ; la Vierge glorieuse ; la sainte Famille ; l'Enfant Jésus devant saint Augustin agenouillé ; les six Panneaux de la parabole de V Enfant prodigue; etc., etc.
Le Noir.
MURGER (Henry) (Théol. hist. biog.
et bibliog.) — Ce littérateur français né à Paris en 1822 et mort il y a une dizaine d'années, s'est rendu célèbre par sa Vie de Bohême, à la fois œuvre littéraire et histoire de sa jeunesse, et par d'autres œuvres légères, où brillent la verve, le fantasque et le sentiment.
Le Noir.
MURMURE. Ce mot, dans l'Ecriture sainte, ne signifie pas seulement une simple plainte, mais un esprit de désobéissance et de révolte, accompagné deparoles injurieuses àla Providence; c'est dans ce sens que saint Paul, I.
Cor., c. 10, f 10, condamne les murmures dont les Israélites se rendirent souvent coupables. Us murmurèrent contre Moïse et Aaron dans la terre de Gessen, lorsque le roi d'Egypte aggrava leurs travaux, Exod., c. S, f 21 ; sur les bords de la mer Rouge, lorsqu'ils se virent poursuivis par les Egyptiens, c. 14, j^ H; à Mara, à cause de l'amertume des eaux, c. 15, f 24; à Sin, parce qu'ils manquaient de nourriture, c. 16, f 2; àRaphidim, parce qu'il n'y avait pas d'eau, c. 17, y 2; à Pharan, lorsqu'ils se dégoûtèrent delà manne, Num. , c. 11,^ 1 ; après le retour des envoyés dans la terre promise, c. 14, f 1, etc. Ces murmures séditieux, de la part d'un peuple qui avait fait tant d'épreuves des attentions et des bienfaits surnaturels de la Providence, étaient trèsdignes de châtiment; aussi Dieu ne les laissa-t-il pas impunis.
Quelques incrédules ont voulu en tirer avantage. Si Moïse, disent-ils, avait donné autant de preuves qu'on le suppose d'une mission divine, il n'est pas possible que les Israélites se fussent si souvent révoltés contre lui. Mais la même histoire qui raconte leurs révoltes, nous apprend au -si qu'ils furent toujours punis, et souvent d'une manière surnaturelle, par
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une contagion, par le feu du ciel, par des serpents, par des gouffres subitement ouverts sous leurs pieds ; qu'ils furent toujours forcés de revenir à l'obéissance et de demander pardon de leur faute; et c'était toujours Moïse qui intercédait pour eux auprès de Dieu. Ce sont donc là plutôt des preuves de sa mission divine, que des objections que l'on puisse y opposer.
MUSACH. Ce terme bébreu a été conservé dans la Vulgate, IV Reg., c. 16, y 18, Musach Sabbathi; et la signification en est fort incertaine.
Le parapbraste chaldéen a mis cxcmplar sabtha, qui est encore plus obscur; les Septante ont entendu, la base ou le fondement d'un siège ou d'une cbaire; le syriaque et l'arabe ont traduit, la maison du Sabbat. Parmi les commentateurs, les uns disent que c'était un endroit du temple où l'on s'asseyait les jours de sabbat ; d'autres que c'était un pupitre; quelques-uns, que c'était une armoire; plusieurs enfin que c'était un parvis ou un portique couvert qui communiquait du palais des rois au temple, et que le roi Acbaz fit fermer. Il importe fort peu de savoir lesquels ont le mieux rencontré.
Bergier.
MUSC {Théol. mixt. scien. nat. et ontol.) Le musc est une substance animale qui présente uq intérêt particulier et qui rappelle un mystère naturel. Le vrai musc à l'état pur, ce qui est assez rare, a été sécrété par un mammifère du genre chevrotain appelé le moschus moschiferens, dont la vraie patrie est une contrée couverte de rochers qui s'étend entre la Sibérie, la Chine et le Thibet. Le mâle seul sécrète le musc dans une poche que cette espèce seule possède et qui est située au-devant du prépuce. C'est une membrane oblongue formant à l'intérieur beaucoup de plis irréguliers, et c'est dans ces plis que se trouve le musc. Le plus estimé nous vient du Tong-King, pays commerçant qui fait partie du royaume d'An-Am et qui en occupe
le nord. Le commerce nous apporte la poche môme où la substance a été sécrétée, mais cette substance est presque toujours additionnée de san° desséché, de graisse, de résine et de plomb en poudre, afin de la faire peser davantage. Dans son état de pureté, le musc est d'un rouge tirant sur le noir, et par grumeaux ressemblant à du sang caillé et desséché. Ces grumeaux sont, d'ailleurs, doux, onctueux et s'écrasent facilement.
La divisibilité des molécules aromatisantes du musc dépasse l'imagination ; un grain mêlé à deux mille grains de poudre inodore, suffit pour les parfumer très-fortement ; cinq centigrammes de musc aura parfumé pendant une année une multitude de corps et n'aura presque rien perdu de son poids. On comprend difficilement une pareille division ; mais ce qui ne se comprend plus, ou plutôt ce qui se conçoit comme impossible, c'est que chacun de ces infiniment petits qui constituent l'arôme soit à son tour divisible à l'infini, en parties plus petites, lesquelles auront pourtant toujours, éternellement, à quelque degré que la division soit imaginée, une dimension, un milieu et des côtés. Si l'imagination ne faisait que s'y perdre, ce ne serait rien; mais l'esprit voit bien clairement, que les éléments manquent à la matière ainsi conçue, et que, pour la concevoir une réalité il faut la concevoir autrement. Or, nous ne voyons, pour la rendre possible en soi, que deux explications : celle de Leibnitz et celle de Berkeley; (1) selon la première, c'est une hiérarchie de monades simples, non divisibles; selon Berkeley, c'est une figure des idées qui n'a de réalité substantielle que celle de l'idée en Dieu et dans les esprits créés; mais l'explication de Leibnitz revient sur la question de substance, à celle de Berkeley, puis-
(1) II n'y en a pas qu'on puisse attribuer à Kaut : il n'admet ni la divisibilité il l'infini de Descartes, ni le monadisme de Leibnilz, ni l'idéalisme de Berkeley, quoiqu'il se dise idéaliste ; or, ces troii explications mises de côté, il n'en reste aucune. Aussi Kant se contredit-il avec une évidence qui étonne son lecteur à propos de l'idéalisme de Berkeley, l'admettant et le rejetant tout a la fois. Etudiez là-dessus la Critique de la raison pure.
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qu'elle réduit la matière à une hiérarchie de simplicités substantielles, lesquelles ne peuvent être que des esprits ; il y a cependant une différence entre les deux explications ; d'après celle de Leibnitz, la matière serait un en soi composé d'esprits de tous les degrés inférieurs de perfection, tandis que, d'après celle de Berkeley, la matière ne serait rien en soi; elle n'aurait pas d'en soi, abstraction faite des esprits qui la pensent et l'imaginent, à commencer par Dieu. Dieu l'a créée de cette façon et lui donne ainsi en lui-même une réalité, imaginable il est vrai, mais solide, indépendante des esprits créés, et lui servant même d'auréole par laquelle il se montre à eux d'une manière plus ou moins imparfaite.
Qui eût cru qu'à propos du musc nous serions allé à ces hauteurs métaphysiques ? Achevons.
Les deux hypothèses de Leibnitz et de Berkeley sont également rationnelles; elles n'impliquent, ni l'une ni l'autre, aucune contradiction ; elles lèvent au contraire, l'une et l'autre, la contradiction ontologique qui est inséparable de l'hypothèse cartésienne de la divisibilité à l'infini, ou du composé sans composants. On prendra celle qu'on voudra; leraonadisme du philosophe allemand sera plutôt admis parce qu'il laisse à la nature un en soi, mais dans ce monadisme on sera toujours obligé de réduire l'étendue et les dimensions des corps à desimpies apparences limitatives, parce que ce qui est simple dans ses éléments, ce qui n'a, chez ces éléments ni milieu ni côtés, ne saurait en avoir dans son ensemble, et ne saurait produire, par son lien de hiérarchie que Leibnitz appelait vinculum unionis, que du simple en soi. En un mot, la matière de Leibnitz n'est qu'une collectivité d'esprits subordonnés les uns aux autres selon une grande harmonie préétablie par le créateur. Qu'importe, au fond, cette absence d'étendue, de contiguïté réelle, puisque l'apparence est la même en vertu de l'acte créateur?
Quant à l'hypothèse de Berkeley, prcsi|uo tous la rejetteront, bien qu'au fond elle revienne, à bien peu
près, à celle de Leibnitz et que lesapparences ne soient pas plus atteintes par elle que par sa sœur.
Pour nous, elle nous parait la plus simple, la plus propre à rationaliser tout, et, loin de nous répugner, news plait singulièrement.
Le Nom.
MUSCLES (les) (Théol. rnixt. scien.
anat.) — V. Mïologie.
MUSCULUS (André) ou MEUSEL (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce théologien luthérien, né à Schnéeberg en 1S14, fut de ceux qui s'opposèrent à l'intérim ; il écrivit contre (Mander avec beaucoup de méchanceté; il soutint la présence réelle; il prit part à la formule de concorde; il mourut en 1581, laissant beaucoup d'écrits, parmi lesquels : Loci communes theologici ; — Disputatio d.e libero arbitrio ; — Refutatio opposita necessitati physiese locutionis in corpore Christi ckmficato et glorioso, etc., etc.
Le Noir.
MUSCULUS (Wolfgang) (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — Ce théologien protestant, plus célèbre que le précédent, naquit à Dieuze, en Lorraine en 1497, de parents si pauvres que l'enfant gagnait sa vie eu chantant, fut admis par les bénédictins dans leur couvent de Lixheim — ils furent frappés de la beauté de sa voix un jour qu'il chantait aux vêpres —, étudia la théologie à vingt-cinq ans, lut les œuvres de Luther et se sentit attiré vers sa doctrine — On le surnomma dès lors le moine luthérien — , n'en fut pas moins nommé prieur, mais refusa cette dignité, quitta le couvent et alla à Strasbourg où il se maria, dépensa son petit pécule et fut obligé de se mettre en apprentissage chez un tisserand, tandis que sa femme se faisait domestique, se brouilla avec son maitre et se résignait à gagner sa vie comme terrassier aux travaux des fortilications lorsque le bourgmestre et Buoer le chargèrent de prêcher le dimanche les paysans mécontents d'un village voisin — il copiait, le reste/du temps, les manuscrits peu lisibles de Bueer
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— , se fit aimer des paysans, s'établit chez eux avec sa femme et reçut d'eux son entretien, l'année suivante fut nommé diacre à Strasbourg, puis plus tard prédicateur à Augsbourg où il inquiéta beaucoup les anabaptistes et les catholiques, réussit à faire évacuer la ville par ces derniers et fut nommé prédicateur de l'église Notre-Dame, apprit le grec et l'arabe, traduisit des pères grecs, fut toujours très-réservé et très-conciliateur dans les controverses, tenta en vain, à Eisenacb, la conciliation dans la dispute sur l'Eucharistie, fut le secrétaire des conférences de Ratisbonne entre EcketMélanchthon, futobligé de quitter Augsbourg parce que le sénat par crainte de l'empereur y avait adopté l'intérim, refusa une belle position qui lui fut offerte par Thomas Cranmer à Cantorbéry, fut appelé en 1549 à Berne où il professa la théologie, pendant quatorze ans, jusqu'à sa mort qui arriva en 1563. 11 refusa, pendant ce temps, par reconnaissance pour les Bernois et aussi par dévouement pour sa femme et ses enfants, beaucoup de positions très-honorables et trèslucratives.
Parmi les ouvrages de Musculus on peut citer : Deux sermons sur la messe papale, que Cochlœus réfuta ; son Anti-Cochlœus ; Quatre Dialogues sur cette question : Un protestant peut-il prendre part extérieurement aux cérëremonies papistes?; des Commentaires sur la Genèse, les psaumes, et quelques épitres de saint Paul ; Loci communes, auxquels il travailla dix ans; beaucoup de Dissertations.
Le Noir.