NAY
l'ont senti, et saint Augustin l'a remarqué. Nous répondons qu'ils en ont l'ait une simple conjecture, mais qu'ils étaientincapablesde laprouver, et que nous ne le savons nous-mêmes que par la révélation. Si saint Augustin avait regardé leur raisonnement comme une démonstration, il aurait renversé le principe qu'il avait posé contre les manichéens, et qui est de la plus grande évidence ; mais il ne l'a pas fait, puisqu'il l'a répété constamment jusque dans son dernier ouvrage.
Dès qu'il est prouvé par la révélation que nous naissons souillés du péché et condamnés à l'expier par les souffrances, peu importe à notre félicité temporelle de savoir jusqu'à quel point nous aurions été heureux, si Adam avait persévéré dans l'innocence. Mais il importe infiniment à notre salut de reconnaître ce que Dieu a fait pour réparer la nature humaine, afin d'être reconnaissants envers la miséricorde divine, et envers la charité de notre Rédempteur.
Notre consolation est de savoir que, par sa mort, il a détruit l'empire du démon, qu'il nous a réconciliés avec Dieu, et qu'il nous a ouvert de nouveau la porte du ciel. Voyez. Rédemption. Bergier.
NAVIGATION AÉRIENNE ou Aérostatique (Tliéol. mixt. scien.mêtéor.
et indust.) — V. Ballons.
NAVIGATION OCÉANIQUE ou Maritime (Théol. mixt. scien. etind.) — Il serait trop long de raconter et de décrire les mille inventions par lesquelles le génie de l'homme a réalisé le commandement divin qui lui fut fait au commencement d'assujettir à sa puissance toute la terre avec les eaux de la mer : Invention des cartes marines ; invention du loch avec ses nœuds; invention de la boussole; invention de la manière d'estimer la direction exacte en rapportant la ligne du lock à celle de la houache ou du sillage ; invention de la manière de faire le point, c'est-à-dire de préciser le lieu où l'on se trouve en rattachant la vitesse à la direction;
invention des moyens d'utilisation des astres; invention de la rose des vents ; etc., etc. Ce sont là les grandes conditions fondamentales dont nous sommes redevables à nos pères; en toutes les industries, nous avons beau, avec notre science moderne, introduire des perfectionnements merveilleux, tels que celui de la vapeur avec ses roues, ses hélices et le l'esté, ce ne sontque des perfectionnements; le fond était trouvé, et la trouvaille de ce fond était la plus importante, la plus méritoire. Nous nous arrêterons seulement un instant sur la solution d'un problème qui est aujourd'hui même à l'étude et dont la solution paraît devoir se réaliser bientôt.
L'industrie de la navigation est parvenue à une telle perfection qu'il est résulté de cette perfection même un inconvénient dont plusieurs sinistres maritimes n'ont que trop éloquemment signalé l'importance. Qui le croirait? malgré l'immensité des océans et la largeur des routes qu'ils nous offrent, les rencontres des paquebots et des navires sont devenues très à craindre. On en est arrivé à calculer les routes nautiques avec tant de précision sur cette immense plaine des océans, qu'il y a de graves dangers à courir entait de rencontres, pendant les nuits sombres, de deux bâtiments allant en sens contraire; ici l'on n'est pas retenu dans une voie fixe par des rails comme le sont les wagons sur un chemin de fer; on a, à droite et à gauche, l'immense plaine absolument libre ; et cependant on se rencontre souvent; le calcul de la direction nautique est appliqué par la marine avec tant d'exactitude qu'il ne s'y glisse pas même, trèssouvent, l'erreur d'une largeur de navire, et cela malgré l'cscillation perpétuelle des eaux, malgré leurs courants, malgré les vents quand ils ne sont pas tempétueux, malgré les mille causes qui devraient, ce semble, amener des déviations; c'est que toutes les influences sont mises en ligne de compte et que la résultante des estimations devient une fixité précise.
Quand il fait jour, on se voit assez à