NÉA
vêtement. La jambe et les bras sont toujours nus, chez tes hommes comme chez les femmes.
» Enfin le costume de Nazareth se termine par des souliers larges, dont le bout est arrondi, ayant deux pattes crue serre une petite courroie. Les souliers paraissent également n'avoir reçu à travers les siècles aucune modification. Le cuir qui forme la semelle dépasse de beaucoup celui qui enveloppe le pied. Aucune couleur n'a été donnée à ce cuir. C'est la forme de chaussure la plus simple que l'homme ait pu inventer.
» Je ne m'explique pas que les peintres et les statuaires s'obstinent adonner au Christ et aux apôtres, dans toutes les scènes évangéliques, le costume des philosophes grecs qu'ils n'ont jamais porté, pendant que celui que je viens de décrire est le véritable costume des races abrahamiques. Les dix-huit siècles qui nous séparent du Christ ont passé inaperçus dans l'immobilité de l'Orient.
Les vêtements n'y ont pas plus changé que le langage, les habitations, les mœurs, les croyances. On ne comprendrait pas que l'art s'obstinât à perpétuer cette espèce d'anachronisme. Nous pouvons assurer les hommes de l'art que lorsqu'ils auront drapé leurs personnages bibliques des vêtements qui se portent en Palestine et en Arabie, ils leur auront donné, outre le mérite de la vérité du costume, celui d'une beauté de forme qu'on ne pourra leur contester.
» Je n'ai pas parlé du costume des femmes de Nazareth, qu'il faut aussi donner à la Vierge. Il a la même valeur au point de vue de l'art :
Une tunique bleue, retenue par une ceinture ; un voile bleu, jeté sur la tête, sans aucune autre coiffure ; des bracelets aux liras et à la jambe; tel est le costume. Il est remarquable que, de toutes les villes de l'Orient, Nazareth soit la seule où les femmes aient dans la rue levisugo découvert.
A Jérusalem, les femmes chrétiennes ne sortent jamais sans être aussi rigoureusement voilées que les musulmanes. Et cet usage est aussi de l'antiquité la plus reculée. Rébecca,
conduite par l'esclave d'Abraham, se hâte de couvrir son visage en voyant Isaac(l). Lorsque Judas rencontra sa belle-fille Thamar sur le chemin de Thamnas, elle était voilée. IL s'entretient longuement avec elle, et il ne voit pas son visage. Si telle n'eût pas été la coutume du temps, cette obstination à rester voilée lui eût été suspecte, et lui eût épargné un crime.
» Sur tous les chemins de Palestine, à peine nous étions aperçus de quelques femmes qui venaient chercher l'eau aux fontaines, qu'elles ramenaient leur voile sur leur visage.
Remarque pour les peintres: Le bleu de la robe et du voile des femmes de l'Orient n'est pas un bleu de bel azur. C'est une teinte de bleu terne et gris, qui a peu d'éclat. »
Le Noir.
NÉANDER (Jean - Auguste - Guillaume) (Thêol. hist. biog. et bibliog.) — Cet illustre historien de l'Eglise protestante né en 1789, à Goettingue, d'une famille juive et mort en 1850, à Berlin, généralement regretté, a laissé :
L' Empereur Julien et son siècle, 1812; Saint Bernard et son siècle, Berlin, 1813; deuxième édition, 1848; Développement génétique des principaux systèmes gnostiqueSj Berlin, 1818 ; Chrysostome et l'Église d'Orient de son temps, Berlin, 1824, deux volumes ; YAntignostique, esprit de Tertullien, et introduction il ses écrits, 1824; deuxième édition, corrigée, Berlin, 1849; Memorabilia de l'histoire du Christianisme, trois volumes, Berlin, 1822 ; Histoire de l'établissement et de la direction de l'Église par les Apôtres, deux volumes, 1832; quatrième édition, 1847 ; Vie de Jésus, au point de uue historique, Hambourg, 1837; quatrième édition, provoquée par la Vie de Jésus, de Strauss ; Histoire universelle de la religion et de l'Église chrétienne, Hambourg, 1823-43, dix volumes; elle va jusqu'en 1300, c'est-àdire jusqu'au pape Bonii'ace VITT.
Le Nom.
(1) At Ma tnllens cito pillium, operuit se.
(Geuès. XXIV, 64.)