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NÉBULEUSES (Thcol. mixt. scien.
cosmol.) — On appelle ainsi des espaces célestes plus lumineux que le reste du ciel et qui ne présentent pas à nos yeux des points brillants qu'on pui?se appeler des étoiles. Il y a sur ces taches blanches deux sj'stèmes qui sont l'un et l'autre soutenus par les astronomes, et qui seront également soutenables jusqu'au moment, si ce moment arrive jamais, où nous aurons inventé des instruments assez puissants pour résoudre -la difficulté qu'ont levée la perfection même de ceux qui ont été inventés jusqu'à ce jour. Voici cette difficulté.
On remarque d'abord les nébuleuses à l'ccil nu, telles que la crèche ou nébuleuse du cunccr, le nébuleuse de l'épée de Persée, qui se trouve dans la poignée, la chevelure de Bérénice, la nébuleuse d'Andromède qui forme un ovale très-allongé, la grande nébuleuse de la voie lactée, etc. On remarque, enmème temps, que certains amas de petites étoiles très-serrées comme les pléiades , ne sont des groupes d'étoiles que pour les personnes qui ont la vue bonne, et que pour celles qui ont la vue courte, ces amas ne soit plus que des nébuleuses.
L'idée vient donc naturellement de se demander si toutes les nébuleuses ne seraient pas des amas d'étoiles.
On en était là avant les télescopes.
Or, les télescopes montrèrent, en effet, que les taches blanches célestes n'étaient que des multitudes d'étoiles plus petites et plus rapprochées les unes des autres; mais, en même temps, ils tirent apercevoir, dans les nébideuses ainsi résolues, de nouvelles nébuleuses. On inventa des télescopes plus puissants ; et le môme effet se produisit de nouveau. Ce qui n'était que nébuleuse pour les premiers télescopes, devenait des étoiles pour les seconds, mais en même temps se montraient d'autres nébuleuses, et ainsi de suite. Les nébuleuses étaient toujours reconnues réductibles en étoiles, mais avec apparition de nouvelles. C'est ainsi que la nébuleuse à'Orio7i que découvrit Huyghens audessous des trois roi«, nébuleuse trèsirrégulière qui entoure, en cette région l'étoile 9, a été depuis Huyghens
résolue en quelques-uns de sespoints, mais est restée nébuleuse, dans les plus puissants télescopes, en plusieurs autres.
Or Ilerschel et Laplace soutiennent qu'il existe des nébuleuses proprement dites, absolument irréductibles, lesquelles sont des mondes en voie de se former, qui ne sont encore composés que d'une matière cosmique , et forment une espèce de chaos primitif, que nous ajoutons, nous, devoir être semblable à ce que fut notre terre avec notre monde solaire au moment dont parle le cosmographe sacré lorsqu'il dit d'elle : Erut inanis et vacua. (F. Ages cosmologiuues.)
D'autres croient que toutes les nébuleuses sont réductibles en étoiles, et ne sont pas éloignés de penser qu'il arrivera un jour où nos instruments perfectionnés nous montreront la voûte céleste comme un fond vide parfaitement uniforme sur lequel pointilleront seulement des milliards de milliards d'astres tout formés.
Nous partageons la conviction d'Herschel et de Laplace, d'abord parce qu'elle est conforme à l'idée grandiose que nous croyons trouver dans Moïse, en second lieu, parce qu'il nous semble démontré suffisamment que les queues des comètes avec leurs noyaux eux-mêmes, du moins pour la plupart, ne sontaussi que les amas de substances gazeuzes, matières cosmiques élémentaires, qui peuvent être aussi de petits mondes naissants.
Le P. Secchi, analysant, au moment même où nous faisons cet article, la comète Boggia qui nous visite depuis le mois d'avril et qui va bientôt devenir invisible pour nous, l'analysant au mo} r en du spectroscope (V.
ce mot), la trouve composée d'oxygène et de carbone (oxyde de carbone) ; ce sont précisément des gaz élémentaires propres à entrer dans la composition de mondes nouveawx(l).
Il n'y aurait pas de différence entre
(1) L'oxyde do carbone, relui rie la tmre an moins, est ud poison h es- Mibtil; (-''est lui surtout qui tue dans l'aephyxie par le charbon ; 1/100 de ce iraa dans l'air suffit pour tuer subitement un oit-eau. Si donc une comète composée de ce gaz venait en pénétrer notre atmosphère, elle la rendrait vénéneuse, et ce serait une manière dont pourrait sa réaliser la fin de notre monde animal ; or, il est
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une queue de comète et une vraie nébuleuse.
Eu tous cas, admirons cette écrasante immensité de l'œuvre de Dieu qui a mis des étoiles en si grande quantité dans les cieux et les a semées à des distances si considérables que la lumière ne peut nous eu arriver des profondeurs de l'espace qu'avec des millions d'années, tout en faisant près de 100 mille lieues par seconde ; et admirons aussi cette intelligence éternelle qui nous a donné quelque idée de son étendue en enfermant, dans notre misérable cerveau, une intelligence à son image, qui embrasse dans une idée, de pareilles grandeurs.
Le Noir.
NÉCESSITANT, terme dogmatique dont on se sert en parlant des causes de nos actions ; ainsi, l'on dit motif nécessitant, grâce nécessitante, pour exprimer une grâce ou un motif auxquels nous ne pouvons pas résister, et qui entraînent nécessairement le consentement de la volonté. A la réserve des protestants et des jansénistes, il n'est personne qui soutienne que la grâce est nécessitante, et que la volonté bumaine ne peut résister à son impulsion ; mais il est plusieurs théologiens qui, en rejetant le terme, semblent cependant admettre la chose, par la manière dont ils expliquent l'efficacité de la grâce.
A l'article Grâce, § 4, nous avons prouvé par l'Ecriture sainte, que souvent l'homme résiste à la grâce, et nous n'en sommes que trop convaincus par notre propre expérience.
Nous sentons que quand nous faisons le mal avec remords, et en nous condamnant nous-mêmes, nous résistons à un mouvement intérieur qui nous en détourne ; ce mouvement vient certainement de Dieu, et c'est une grâce à laquelle nous résistons. L'Eglise ajustement condamné cette proposition de l'évèque d'Ypres : On ne résiste jamais à la grâce intérieure dans
tris-possible qu'il y ait daos les espaces une comète de cette nature qui serait lancée vers nous comme une flèclie de Dieu pour empoisonner un jour, tout notre genre humain. Quel astronome oserait dire le eoutrairo ?
Le Nom.
l'état de nature tombée. Voyez l'article suivant.
Bergier.
NÉCESSITÉ. C'est aux métaphysiciens de distinguer les divers sens de ce terme ; mais il importe aux théologiens de remarquer l'abus que les matérialistes en ont fait pour fonder une morale dans leur système. Ils disent que le devoir ou l'obligation de faire telle action et d'en éviter telle autre, consiste dans la nécessité d'agir ainsi ou d'être blâmé par notre propre conscience et par nos semblables, de recevoir tel ou tel préjudice de notre conduite (1).
Indépendamment des autres absurdités de ce système, que nous avons remarquées au mot Devoir, il est évident qu'il détruit la notion de la vertu. Ce terme signilie la force de l'âme. Est-il besoin de force pour céder à la nécessité? C'est pour y résister qu'il faut une âme forte. Un scélérat consommé étouffe ses remords, méprise le jugement de ses semblables, brave les dangers dans lesquels le jette un crime : ce n'est point là la force de l'âme qui constitue la vertu; c'est plutôt la faiblesse d'une âme dépravée, qui cède à la violence d'une passion déréglée et à l'habitude de commettre le crime. La vraie force ou la vertu consiste à vaincre notre sensibilité physique , nos besoins , notre intérêt momentané , nos passions, lorsqu'il y a une loi qui nous l'ordonne.
Les matérialistes ne font donc qu'un sophisme , lorsqu'ils disent qu'un homme qui se détruit alin de ne plus souffrir, ne pèche point , parce qu'il cède à la nécessité physique de fuir la douleur. Mais s'il y a une loi qui lui impose l'obligation de souffrir plutôt que de se détruire, que prouve la prétendue nécessité physique de fuir la douleur? Il faut donc commencer par démontrer qu'alors la nécessité est invincible, et que l'homme n'est plus libre.
Par le sentiment intérieur, nous distinguons très-bien ce que nous
(1) Voyez l'article Lidkrte.
Gol-ssst.
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faisons librement et par choix, d'avec ce que nous faisons par nécessité; nous ne confondons point, par exemple, le désir indélibéré de manger, causé par une faim canine, avec le désir réfléchi de manger dans un moment où il nous est possible de nous en abstenir. Nous sentons qu'il y a nécessité dans le premier cas et liberté dans le second; le choix a eu lieu dans celui-ci, et non dans le premier.
Sous l'empire de la nécessité, nous sommes moins actifs que passifs; il nous est impossible alors d'avoir du remords et de nous croire coupables pour avoir succombé. Lorsque l'évèque d'Ypres a soutenu que, dans l'état de nature tombée, pour mériter ou démériter il n'est pas besoin d'être exempt de nécessité, mais seulement de coaction ou de violence, il avait entrepris d'étouffer en nous le sentiment intérieur, plus fort que tous les arguments.
Par une autre équivoque, on a confondu là nécessité qui ne vient pas de nous, avec celle que nous nous imposons à nous-mêmes, et l'on a étayé cette confusion sur un principe posé par saint Augustin, qu'il y a nécessité d'agir selon ce qui nous plaît le plus : quod inagis nos delectat, secundum id operemur necesse est. S'il est question là d'un plaisir délibéré et réfléchi, le principe est vrai; mais alors la nécessité de céder à ce plaisir vient de nous et de notre choix ; c'est l'exercice même de notre liberté, comment pourrait-il y nuire? S'il s'agit d'un plaisir indélibéré, le principe est faux. Lorsque nous résistons à une passion violente par réflexion et par vertu, nous ne faisons certainement pas ce qsi nous plaît le plus, puisque nous nous faisons violence :
il est absurde de nommer plaisir la résistance au plaisir : la distinction entre le plaisir spirituel et le plaisir charnel -n'est dans le fond, qu'une puérilité. Voyez Délectation.
Voilà cependant sur quoi l'on a fondé le pompeux système de la délectation victorieuse, dans laquelle l'évèque d'Ypres et ses adhérents font consister l'efficacité de la grâce, et qu'ils soutiennent être le sentiment de saint Augustin. Mais dans le cé-
lèbre passage du vingt-sixième Traité sur saint Jean, n. 4, où saint Augustin dit : Trahit sua quemque voluptas ; il ajoute : non nécessitas, sed voluptas; non obligatio, sed dclectatio. Donc il ne suppose point que la délectation victorieuse impose une nécessité ; donc le système des jansénistes est formellement contraire à celui de saint Augustin. Ceux qui l'ont suivi se sont-ils flattés de changer le langage humain et les notions du sens commun, afin d'autoriser tous les sopbismes des fatalistes ?
Les théologiens distinguent encore deux autres espèces de nécessité ; savoir la nécessité de moyens et la nécessité de préceptes. Le baptême, disent-ils, est nécessaire de nécessité de moyen ou de nécessité absolue, parce que c'est le seul moyen que Jésus- Christ a institué pour obtenir le salut; tellement que quiconque n'est pas baptisé, soit par sa faute ou autrement, ne peut être sauvé. L'eucharistie est seulement nécessaire de nécessité de précepte ; si un homme refusait volontairement de la recevoir, il mériterait la damnation; mais s'il en était privé sans qu'il y eût de sa faute, il ne serait pas coupable. Voy. Baptême, § 6.
Bergieh.
NECHILOTH. Le psaume 5 a pour titre en hébreu El hannéchiloth, et ce terme ne se trouve nulle part ailleurs ; il n'est donc pas étonnant que la signification en soit fort douteuse.
La Yulgate et les Septante ont traduit pour l'héritière, et cela ne nous apprend rien ; le chaldéen a mis pour surchanter ; d'autres disent que c'était pour chanter à deux chœurs, pour la troupe des chantres, pour les instruments à vent, etc. Tout cela n'est que conjectures : heureusement la chose n'est pas fort importante. Le sens du mot mqinoth, qui se trouve à la tète de plusieurs autres psaumes, n'est pas mieux connu.
Voyez la Synopse des critiques.
Bkugieh.
NÉCROLOGE, terme grec, formé de vExpàç, mort, et de Aoy&ç, discours ou liste ; c'est le catalogue des
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morfs. Dès les premiers siècles du christianisme, les fidèles de chaque église curent soin de marquer exactement le jour de la mort de leurs évêques, afin d'en faire mémoire dans la liturgie, et de prier pour eux ; mais on n'y inscrivait pas ceux qui étaient morts dans le schisme ou dans l'hérésie. Il y a encore de ces nécrokges dans les monastères et dans les chapitres des chanoines.
Tous les jours, à l'heure de prime, la coutume est de lire au chœur les noms des chanoines morts ce jourlà, qui ont fait quelque donation ou fondation; et l'on prie pour eux comme bienfaiteurs de l'Eglise. C'est un usage pieux et louable ; il est bon que les hommes consacrés au service du Seigneur se rappellent le souvenir de la mort, et la mémoire de leurs anciens confrères ; ceux qui oublient les morts n'ont guère plus d'amitié pour les vivants.
On a aussi nommé Nécrologe ce que nous appelons aujourd'hui Martyrologe, c'est-à-dire le catalogue des hommes morts en odeur de sainteté, quoique tous n'aient pas été martyrs. Ceux que nous nommons en général confesseurs, n'ont pas attesté par leur mort la vérité de la doctrine de Jésus-Christ; mais ils ont témoigné par leur vie qu'il n'est pas impossible de pratiquer sa morale et de vivre chrétiennement :
l'un de ces témoignages n'est pas moins nécessaire à la religion que l'autre.
Beegier.
NÉCROMANCIE, art d'interroger les morts, pour apprendre d'eux l'avenir ; cela se faisait par une cérémonie que l'on nommait évocation des mânes. Nous laissons aux écrivains de l'histoire ancienne le soin de décrire cette superstition, nous nous bornons à en rechercher l'origine, à en montrer les pernicieuses conséquences, et la sagesse des lois qui ont proscrit ce genre de divination.
Chez les anciens, les funérailles étaient accompagnées d'un repas commun, où tous les parents du mort rassemblés s'entretenaient de
ses bonnes qualités et de ses vertus témoignaient leurs regrets par leurs soupirs et par leurs larmes. Il n'est pas étonnant qu'avec une imagination frappée de cet objet, quelquesuns des assistants aient rêvé que le mort leur apparaissait, s'entretenait avec eux, leur apprenait des choses qu'ils désiraient de savoir, et que ces rêves aient été pris pour une réalité. On en a conclu que les morts pouvaient revenir et s'entretenir avec les vivants, que l'on pouvait les y engager, en répétant les mêmes choses que l'on avait faites à leurs funérailles, ou des cérémonies analogues.
Quelques imposteurs se sont vantés ensuite que, par des paroles magiques, par des formules d'évocation, ils pouvaient forcer les âmes des morts à revenir sur la terre, à s'y montrer, à répondre aux questions qu'ils leur faisaient ; les hommes croient aisément ce qu'ils désirent.
Il ne fut pas difficile aux nécromanciens, par une lanterne magique ou autrement, de faire paraître dans les ténèbres une figure quelconque, que l'on prit pour le mort auquel on voulait parler.
Nous n'entrerons pas ici dans la question de savoir s'il n'y eut jamais que de l'illusion et de l'artifice dans cette magie, si quelquefois le démon s'en est mêlé pour séduire ses adorateurs, ou si Dieu, pour punir une curiosité criminelle, a permis qu'un mort revînt véritablement annoncer les arrêts de la justice divine à ceux qui avaient voulu les consulter ; nous en dirons quelque chose au mot Pytdonisse. Quelques auteurs ont écrit que, suivant la croyance des païens, ce n'était ni le corps ni l'âme du mort qui apparaissait, mais son ombre, c'est-à-dire, une substance mitoyenne entre l'un et l'autre ; mais ils ne donnent pour preuve que des conjectures ; et certainement le commun des païens ne faisait pas une distinction si subtile.
Par la loi de Moïse, il était sévèrement défendu aux Juifs d'interroger les morts, Deut., c. 18, jMl ; de faire des offrandes aux morts, c. 26, f 14; de se couper les cheveux ou la barbe, et de se faire des incisions en