‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 50 sur 122 · NEM · texte numérisé non relu

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logie comparée- nous en citerons seulement quelques faits :

Aux deux pôles, ce sont partout les neiges et les glaces éternelles, aussi Lien dans les plaines que sur les montagnes.

Dans la Norwége intérieure où la température moyenne de l'année entière est de + 3°, dans les plaines, et celle de l'été de + 11" 2, par une latitude de 70° à 70° 1S, la limite inférieure des neiges perpétuelles se trouve à 1,072 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Dans les Alpes, sous la latitude de 43° à 40% la même limite est à 2,708 mètres; la température moyenne de l'année est, d'ailleurs, sous la même latitude, de H» 2, et celle de l'été de 18° 4.

Dans les Pyrénées, par la latitude 42° à 43°, la même limite est à 2,728 mètres; la température y est, d'ailleurs, à égale latitude, de 15,7 en moyenne pour l'année, et de 24° pour l'été.

Au Mexique, par la latitude 19° à 19° 15, cette limite est à 4,500 mètres ; température moyenne de l'année, 25°, et de l'été 27° 8.

EnAbyssinie, par la latitude 13°10, cette limite est a 4,287 mètres.

Dans l'Amérique méridionale, sur la Sierra-Nevada, par la latitude 8° 5, cette limite est à 4,550 mètres ; température moyenne de l'année, 27° 2, de l'été, 28° 3.

C'est sur le mont Bolar, par une latitude de 37, 30, que la limite inférieure des neiges perpétuelles est la plus élevée; elle est à 5,185 mètres.

Le versant septentrional de l'Himalaya en approche : 5,067 mètres; et le versant méridional des mêmes montagnes n'a plus la même limite qu'à 3,950 mètres.

Dans l'hémisphère austral, sur les Andes à Quito, pour 1 ° 30 de latitude, et par conséquent presque sous l'équateur, la limite des neiges est à 4,812 mètres; sur las Cordillères orientales, parla même latitude, elle est à 4,803 mètres ; au Chili par 33° de latitude, elle est à 4,483 sur le volcan de Peuquennes, et à 1822 seulement sur les Andes du littoral.

Au détroit de .Magellan par une latitude de 53 à 54, elle est à il 30.

Dans les contrées où sont des montagnes à neiges éternelles, les paysenvironnantss'enressententdans leur température ; le Pérou est beaucoup moins chaud qu'il ne serait sans les neiges de la Cordilière; le climat de l'Arménie est relativement trèsfroid par suite de ses montagnes.

La neige est un des corps les moins conducteurs du calorique à cause de la grande quantité de vides et par suite d'air qu'elle immobilise, elle fait l'eflet de Tédredon; et il suit de cette propriété qu'elle préserve les plantes de la gelée durant l'hiver. On remarque même que ces plantes acquièrent, sous la neige une grande puissance de végétation, qui se manifeste par une pousse rapide au printemps, pourvu qu'elle se soit fondue lentement.

On a raconté des fables sur des fleurs de neige. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'il existe un petit champignon, nommé Yuredo nivulis qui se développe dans la neige, qui est rouge et qui la colore souvent en rouge dans les contrées à neiges perpétuelles où il se rencontre.

Le Noir.

NÉMÉSIUS [Thèol. hist. biog. et bibliog.) — Ce philosophe chrétien des iv e et V siècle, qui fut, parait-il, évêqued'Émèse, est l'auteur d'un ouvrage sur la nature de l'homme, irsp!

9Ùaeuç ivSpû-ïîou, qui fut autrefois attribué à saint Grégoire de Nysse, parce que ce père en avait fait un sur le même sujet. « Némésias, dit M. Stemmer, donne, dans cet ouvrage, des preuves remarquables de ses connaissances anthropologiques, psychologiques et naturelles, et de l'expérience qu'il avait acquise de la philosophie grecque, dont il applique avec habileté les idées aux théories théologiques. Il traite, dans quarante-cinq chapitres, de la nature de l'homme, de l'âme, de l'union de l'âme et du corps, de l'organisme physique, des facultés de l'esprit, de la liberté de l'homme et de la Providence divine.

A chaque occasion il combat les doc-

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trines des Manichéens, des Eunomiens, des Apollinaristes et du Fatum païen; mais il se prononce en faveur du traducianisme et de la préexistence des âmes. Le professeur Mattbœi a publié l'édition la plus récente de cet ouvrage, eu 1802, à Halle. »

Le Noir.

NENNIUS (Théol. kist. biog. et bibliog.) — Cet abbé du couvent de Bangor écrivait vers 858, une Hïsforia Bretonum, qui fut aussi intitulée, dans la suite, Eulogicum Britannise , et augmentée ; celte histoire a de l'importance pour l'histoire de l'Eglise dans la Grande-Bretagne.

Le Noir.

NÉOCÉSARÉE (concile de). {Théol.

hist. coiic.) — « On possède, dit M. Floss, le texte original grec et une antique version latine de quatorze canons d'un concile de ISléocCsarée, en Cappadoce. Les inscriptions qui se trouvent dans les manuscrits disent que ce concile eut lieu plus tard que celui d'Ancyre, plus tût que celui de Nicée. Par conséquent il eut lieu entre 314 et 325. Une indication chronologique plus immédiate se trouve dans la liste des évèques réunis au synode, qui est ajoutée aux éditions in«/>rimées. Ce sont presque les mêmes noms que ceux du concile d'Ancyre, Vital d'Anlioche à leur tète. Leur nombre flotte de dix-neuf à vingt. Les noms varient de môme. Le Synodicon, rédigé vers la lin du neuvième siècle, compte vingt-quatre évèques (1). Toutefois ces listes d'évêques sont, suivant toutes les probabilités, d'une date postérieure. Elles manquent dans les manuscrits grecs et dans Denys le Petit. Elles se trouvent dans Isidore Mercator et dans la Prisca de Justellus. On ajouta, d'un autre côté, une liste à quelques copies de la collection de Denis. On eut de bonne heure des doutes sur leur authenticité (2). Les Ballerini les ont nettement déclarées d'une origine postérieure àleurdateprétendue(3)...

(1) Har.lnio, V. U99.

(ï) Titlemoot, Mémoires, VI, 86.

$) Op. Leonis M., t. III, p.xx.[ (1, I

» Ces quatorze canons défendent le mariage des prêtres (c. 1), le mariage au premier degré de l'alliance (c. 2); ils traitent de la pénitence de ceux qui se marient plus de deux fois (c. 3) ; l'impureté de pensée n'entraîne aucune pénitence extérieure (c. 4); ils parlent des châtiments du catéchumène qui pèche grièvement (c. 5), du baptême des femmes enceintes (c. 6); ils interdisent au prêtre d'assister au banquet nuptial d'un bigame (c. 7] ; ils s'occupent de l'adultère (c. 8) ; du prêtre qui, avant ou après son ordination, commet un péché charnel

. 9); du diacre dans le même cas c. 10) ; ils exigent l'âge de trente ans pour la réception de la prêtrise (c. 1 1) ; ils n'autorisent que par exception le clinique à recevoir l'ordre de la prêtrise (c. 12); le prêtre rural ne peut offrir le saint Sacrifice el. donner la communion dans la cathédrale qu'en cas d'absence de l'évèque ou du prêtre de, la ville, et s'il en est chargé spécialement ; les corévêques le peuvent, eu égard à leur dignité (c. 13); les grandes villes ne peuvent avoir en général que sept diacres (c. 14).

Le canon 13 se divise souvent dans les manuscrits grecs en deux canons, ce qui en porte le nombre total à quinze. »

Le Noir.

NÉOMÉNIE, fête de la nouvelle lune. Ces fêtes ont été célébrées par toutes les nations. Moïse nous en montre l'origine dans l'histoire de la création, lorsqu'il dit que Dieu a fait le soleil et la lune pour être les signes des temps, des jours et des années. Gen., cap. 1, f 14. Dans le premier âge du monde, lorsque les hommes ne savaient pas encore tirer le même secours que nous des lumières artificielles, il leur était naturel de voir avec joie la lune reparaître au commencement de la nuit, et c'est de ce moment que l'on comptait un nouveau mois. Rien n'était donc plus innocent dans l'origine que la fête de la nêomênie. Voy. l'Hist. religieuse du Calendrier, c. 10, p. 281.

Lorsque les peuples se furent avisés de diviniser les astres, les fêtes de la nouvelle lune devinrent un acte

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d'idolâtrie et une source de superstitions. Moïse ne défendit point cette fête aux Juifs, elle était plus ancienne qu'eux ; il leur prescrivit au contraire les offrandes et les sacrifices qu'ils devaient faire. Num., c. 28, jMl; mais il défendit sévèrement toute espèce de culte rendu aux astres. Deut., c. 4, f 19. Dans le psaume 81, f 4, il est dit . « Sonnez »de la trompette à la nêoménie. »

C'était pour annoncer le nouveau mois et les fêtes qu'il y aurait à célébrer pendant sa durée; on annonçait encore plus solennellement le premier jour de l'année. Ce n'était point là une imitation des fêtes païennes, comme le prétend Spencer, mais un usage très-raisonnable plus ancien que le paganisme.

A la vérité, les Juifs imitèrent souvent dans cette occasion les superstitions des païens; alors Dieu leur déclara qu'il détestait ces solennités, et que ce culte lui était insupportable. Isaî., c. 1, jM3 et 14. Les chrétiens mêmes, dans plusieurs contrées, eurent d'abord de la peine à renoncer aux folles réjouissances auxquelles les païens se livraient le premier jour de la lune; il fallut les défendre dans plusieurs conciles. Quand on connaît les mœurs des peuples de la campagne et la facilité avec laquelle la jeunesse se livre à tout ce qui excite la joie, on n'est pas surpris des obstacles que les pasteurs ont eus à vaincre dans tous les temps pour déraciner tous les désordres. Voyez Trompettes.

BEjRGIER.

NÉO-ORIGÉNISME philos, psychol. ontol.

DISME.

[Théol. miœt.

— V. Diun-

NÉOPANTHÉISME {Théol. mixt.

phtlos. ontol. etpsycholA — V. Hue-

tishe (le) Moderne.

NÉOPHYTE, terme grec qui signifie nouvelle plante ; on nommait ainsi les nouveaux chrétiens ou les païens convertis depuis peu à la foi, parce que. le baptême qu'ils recevaient était regardé comme uue nouvelle naissance.

Saint Paul ne veut pas qu'«n élève les néophytes aux ordres sacrés, de peur que l'orgueil n'ébranle leur vertu encore mal affermie. I Tim., cap. 3, ^ 0. Il y a néanmoins dans 1 histoire ecclésiastique quelques exemples du contraire, comme la promotion de saint Ambroise à l'épiscupat ; mais ils sont rares.

On appelle encore aujourd'hui néophytes les prosélytes que font les missionnaires chez les infidèles. Les néophytes du Japon, sur la fin du seizième et au commencement du dixseptième siècle, ont montré dans les persécutions et les tourments un courage et une fermeté de foi dignes des premiers siècles de l'Eglise : il en a été de même de plusieurs Chinois nouvellement convertis. On a enfin nommé autrefois néophytes les clercs ordonnés depuis peu, et les novices dans les monastères. ■

Bekgier.

NÉPENTHE (le), NÉPENTHÉES {Théol. mixt. scien. physol. vêyét). — V. Feuilles.

NÉPOSIENS [Théol. hist. sect.) — « Nepos, dit M. Franz Werner, évêque égyptien qui, à la fin de la première moitié du troisième siècle, était à la tête d'une Eglise chrétienne du district d'Arsinois, daps l'Egypte centrale, vraisemblablement Arsinoé (Crocodilopolis), devint, après sa mort, la cause d'une secte de chiliastes, (millénaires) nommée, d'après lui, Néposiens, et qui s'évanouit rapidement. Denys d'Alexandrie, son adversaire, nous le dépeint comme un homme pieux, vertueux, remarquable par la clarté des explications qu'il donnait des saintes Ecritures, et dont l'orthodoxie était d'ailleurs hors de doute. 11 s'était fait un nom par la composition de plusieurs psaumes et de plusieurs hymnes à l'usage de l'Eglise. Cependant tout cela n'empêcha pas Népos de partager l'erreur assez commune de m m temps, même parmi les Catholiques, d'un règne de milleans. Népos crut devoir opposer à la première attaque scientiiiquedontle chiliasmc fut alors l'objet, de la part d'Origène et de sou

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école, un livre intitulé : "E>*rx.<K ™ v àXXtiyopKiïûv, dans lequel il insistait sur le sens littéral de l'Apocalypse et des prophéties de la nouvelle Jérusalem qu'il renferme. Denys d'Alexandrie rapporte (1) [que, quoique les espérances que ce livre révèle^ ne portent que sur des choses mesquines et éphémères qu'il substitue à l'avenir magnifique et divin qu'annonce le Seigneur, il trouva beaucoup d'admirateurs dans le nome d'Arsinoé, ei passa de main en main comme un écrit renfermant de grands et de profonds mystères, ûç ^éya ti xaî xExpujx-

[iévov [j.uaxT\p;ov

Heureusement Denys, disciple d'Origène, joignait à un zèle ardent pour la foi une grande largeur d'esprit, à unprofond savoirthéologique beaucoup de bienveillance et de douceur.

Il se rendit de sa personne, en 254, dans le nome d'Arsinoé, réunit tous les prêtres et les maîtres des bourgs et des villages, dans une assemblée à laquelle assistèrent également des laïques, et dans laquelle la doctrine de Népos fut soumise à une investigation attentive. Cette conférence dura trois jours, du matin au soir.

Quoique les Ncposiens lui opposassent d'abord le livre de Népos comme un rempart infranchissable, ils finirent par se montrer accessibles à la vérité.

On proposa des questions, on éleva des doutes, on lit des concessions, avec autant de calme et d'ordre que de modestie. Nul ne se permit de soutenir avec opiniâtreté une opinion par cela seul qu'il l'avait professée jusqu'alors. Personne ne refusa d'admettre des raisons solides et probantes. Tous reconnurent avec joie la vérité, y compris Coracion, le chef de la secte chiliaste. Il avoua franchement et en pleurant qu'il se sentait vaincu et renonça publiquement à l'erreur. »

Le Noir.

NEPTUNE (la planète) (ThêoLmixU

scien. uslron.) — Cette planète est celle que découvrit en 1846, M. Le Verrier à l'aide de calculs sur les perturbations à'Uranus. M. Le Verrier

(i) Ap. Eus. ftist.ecc. VII, 22.

avait calculé, en prenant pour base les lois de Kepler et celle de Newton, qu'il devait exister dans le ciel une planète au delà de l'orbite d'Uranus, que l'on croyait être jusqu'alors la plus éloignée du soleil, et avait indiqué, sans qu'on l'eût encore jamais vue, ni qu'il l'eût vue lui-môme, les éléments principaux de cette planète.

Le 1 er juin 1846, il annonçait à l'Académie des sciences que cette planète se trouverait au 1 er janvier 1847 à 325 degrés de longitude, mais en ajoutant qu'il pouvait encore se tromper de 10 degrés au plus. Au 31 août de la même année, après trois mois de vérifications de ses calculs, il annonçait avec assurance : 1° qu'elle devait se trouver au moment même de la communication, à la longitude de 326 degrés 30 minutes ; 2° que sa masse était plus forte que la masse d'Uranus; 3° que son éclat et son diamètre apparent étaient un peu moindres ; 4° qu'en somme le disque de cet astre devait être visible dans les télescopes et qu'on devait le distinguer, dans l'espace, des étoiles voisines ; enfin qu'en dirigeant exactement les instruments sur le point qu'il indiquait, on finirait par la découvrir.

Or, vingt-trois jours après (23 septembre 1846), un astronome de Berlin, M. Galle, ayant reçu le matin communication de l'annonce de M. Le Verrier, dirigea, le soir même, sa lunette vers le point indiqué, et y aperçut une petite étoile qui n'était pas marquée sur les cartes de cette région céleste; c'était la planète elle-même.

Il y avait pourtant une petite différence de position, mais qui était de moins d'un degré (52 minutes) ; l'erreur était bien petite. Depuis cette date, Neptune, qu'on appelle aussi parfois la planète Le Verrier, est connue de tous les astronomes ; on suit ses mouvements et M. Lassël lui a même découvert un satellite dont la révolution s'accomplit en cinq jours 21 heures. Voici ses éléments :

Elle est éloignée du soleil de 30 fois la distance du soleil à la terre; elle met 165 ans à faire sa révolution autour du soleil ; et sa masse est de 25 fois celle de la terre.

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Encke, de Berlin, a dit de cette découverte : « C'est là la plus brillante des découvertes planétaires ; pour la première fois, des investigations purement théoriques ont permis de prédire l'existence et de montrer du doigt la place d'un astre inconnu. »

On sait qu'Arago avait dit : « Jusqu'ici les astronomes ont découvert les planètes au bout de leurs télescopes ; M. Le Verrier a trouvé la sienne au bout de sa plume. »

Ce fait démontre l'exactitude des

lois sur lesquelles Le Verrier avait

basé ses calculs; il concourt à établir

la solidité de l'astronomie moderne.

Le Nom.

NERFS ou SYSTÈME NERVEUX.

[Théol. mixt. scien. physiol.) — Nous allons laisser M. Milne Edwards exposer les merveilles du système nerveux; le lecteur sait pourquoi nous citons, dans ce dictionnaire, ces sortes d'exposés; c'est pour imiter Bossuet et Fénelon lorsqu'ils faisaient admirer Dieu dans ses œuvres; nous avons à cœur de mettre à la place de la science de leur temps, la science de nos jours, avec la même visée. Après cet exposé, nous ferons connaître quelques observations plu* modernes encore, et en tirerons une déduction contre le matérialisme.

<■■ La vie de relation, dit M. Milne Edwards, s'exerce chez les animaux à l'aide de deux grands appareils, l'appareil des mouvements, l'appareil des sensations. Le premier permet à l'animal de se transporter d'une place à une autre, de rechercher ce qui peut le servir et d'éviter ce qui peut lui nuire. 11 doit cette faculté de transition à des organes charnus que l'on nomme muscles (1), et qui, par leurs rapports et leurs attaches avec la charpente solide du corps, en font mouvoir les dilférentes parties les unes sur les autres et opèrent ainsi les mouvements de totalité.

» Les sensations lui font connaître tout ce. qui l'environne, et la faculté de les percevoir réside dans un appa-

(t) Voy. Uïowgu,

Lr Noir.

reil particulier appelé système nerveux.

» Du système nerveux. — Il existe dans toutes les parties du corps des espèces de cordons blancs et mous qui se ramifient dans les divers organes, et vont se terminer par leur extrémité opposée au cerveau ou à la moelle épinière. Ces cordons sont appelés nerfs et servent à transmettre les sensations de l'organe qui les reçoit au cerveau qui est le siège de leur perception; c'est également, par l'intermédiaire des nerfs, que l'influence de la volonté se communique du cerveau auxmuscles des différentes parties du corps.

» Aussi, lorsqu'un de ces nerfs se trouve coupé, les organes auxquels il se distribue perdent la faculté de sentir et d'exécuter des mouvements volontaires,ou en d'autres mots, sont paralysés.

» On appelle système nerveux la réunion au cerveau, de tous ces nerfs et des autres parties de même nature avec lesquelles ils sont unis. On distingue dans cet appareil deux parties principales, savoir: le système nerveux de la vie organique ou nerf grand sympathique sous l'influence duquel s'exécutent les diverses fonctions de nutrition, et le système nerveux de la vie animale qui préside aux fonctions de relations.

» Le nerf grand sympathique se compose d'un certain nombre de petites masses nerveuses appelées ganglions qui sont disposés le long de la colonne vertébrale depuis la tète jusqu'au bassin, et d'une foule de petits nerfs qui unissent ces ganglions entre eux et qui se répandent dans les organes de la digestion, de la respiration, de la circulation et des sécrétions. Les muscles qui reçoivent des lilets du ««/grand sympathique, se contractent d'une manière régulière et périodique, et ne sont pas soumis à l'influence de la volonté; le cœur et la tunique musculaire des intestins sont dans ce cas.

» Le système nerveux de la vie animale a reçu aussi le nom de système cérébro-spinal, parce que le cerveau et la moelle épinière en constituent la partie principale.

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» On appelle encéphale la grande masse nerveuse formée par ces deux organes et par les autres parties centrales du système nerveux logées dans la cavité du crâne et dans le canal qui règne dans toute la longueur de la colonne vertébrale.

» La partie supérieure de l'encéphale est formée par le cerveau, viscère très-volumineux et de forme ovalaire qui remplit la majeure partie de l'intérieur du crâne et qui est divisé sur la ligne médiane, par un sillon très-profond, en deux moitiés appelées hémisphères du cerveau.

Chacun de ces hémisphères, divisé à son tour en trois lobes, présente à sa surface un grand nombre de sillons, et de saillies contournées sur ellesmêmes, comme les intestins, et appelées circonvolutions du cerveau.

Eniin on trouve dans leur intérieur des cavités nommées ventricules, et on distingue dans la substance dont ils sont composés deux matières , l'une blanche qui en occupe l'intérieur, et l'autre de couleur grise qui en forme la superficie.

» En arrière et au-dessous du cerveau se trouve une autre masse nerveuse, bien moins grosse, mais de structure analogue que l'on appelle cervelet. C'est de ces deux organes que naît la moelle épinière qui a la forme d'une grosse corde blanchâtre et qui descend de l'intérieur du crâne jusque vers la partie inférieure du canal dont l'épine du dos ou colonne vertébrale est creusée.

» Une multitude de nerfs sortent de la base du cerveau et des côtés de la moelle épinière et vont se ramifier dans les diverses parties du corps. On en compte quarante-trois paires dtmt les treize premières naissent dans l'intérieur du crâne ou du moins sortent de cette cavité, et trente qui sortent de chaque côté de la colonne vertébrale.

» Parmi ces nerfs, il en est un certain nombre qui ne servent qu'à la transmission des sensations, d'autres qui sont destinés uniquement à déterminer, sous l'influence de la volonté, les contractions musculaires; mais la plupart remplissent en même temps ces' deux fonctions.

» Ces nerfs sont d'une sensibilité extrême et la moindre blessure de l'un d'eux occasionne une douleur vive; il en est de môme de la moelle épinière : mais, du moment où ces organes sont séparés du cerveau, ils perdent leur sensibilité et toutes les parties, auxquelles ils se distribuent, sont frappées de paralysie. Pour qu'un animal reçoive une sensation, il faut que l'impression propre à la produire soit transmise par les nerfs jusqu'au cerveau. Cet organe est eu même temps le siège de la volonté et de la perception des sensations ; aussi, lorsque par une blessure ou par une forte compression, il ne peut plus remplir ses fonctions, l'animal devient insensible, cesse d'exécuter des mouvements volontaires et tombe dans un état qui ressemble à un sommeil profond.

» Les nerfs qui viennent de la moelle épinière et qui servent tous en même temps à la sensibilité et aux mouvements, naissent par deux faisceaux de libres ou racines, l'un situé en avant et l'autre en arrière.

Les racines postérioures servent à la transmission des sensations ; les antérieures à la production des mouvements; aussi, lorsqu'on coupe sur un animal vivant les racines antérieures de tous ces nerfs, il ne peut plus se mouvoir, mais conserve la sensibilité, tandis que, si l'on coupe les racines postérieures sans blesser les racines antérieures, c'est le contraire qui a lieu.

» Les sensations arrivent au cerveau par l'intermédiaire des nerfs des organes des sens qui sont au nombre de cinq. »

11 y a bien une quarantaine d'années que M. Milne Edwards faisait ces résumés pour ses cours de physiologie , et que ces résumés si clairs, rédigés par lui en collaboration avec Achille Comte, devenaient déjà classiques. Depuis cette époque les physiologistes et les anatomistes ont surtout dirigé leur attention, leurs expériences et leurs travaux sur les mystères du système nerveux chez l'homme et chez tous les animaux; qu'ont-ils trouvé de nouveau? beaucoup et fort peu tout à la fois. Ils ont

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trouve des multitudes de petits détails et fait de curieuses expériences sur les fonctions particulières des diverses rames du système nerveux; mais ce qn ils cherchaient surtout, c'était le pim centralisateur que nous appelons Idme, âme vivante, ou forcesentiment, chez l'animal, âme pensante, ou force-sentiment-intelligence, chez l'homme, et à cepoint de vue psychologique, ils n'ont rien trouvé, si ce n est des faits curieux d'expérimentation desquels nous pourrons déduire une réfutation nouvelle du matérialisme.

Une des constatations les plus importantes relatives au système nerveux, c'est l'existence, au centre des petits filaments qui composent les cordons, d'un tube rempli d'un liquide graisseux, dans lequel on n'a pas vu circuler un fluide, puisque ce fluide, s il existe ne se manifesterait, comme le fluide électrique, que par ses etfets, mais dans lequel on croit que les transmissions s'opèrent par un intermédiaire de cette nature; le filet nerveux serait un conducteur du fluide nerveux comme les fils métalliques sont les conducteurs du fluide électrique; mais cette partie n'est que de la théorie hypothétique, aussi Bien et plus encore en ce qui concerne le système nerveux qu'en ce qui concerne les transmissions électriques. Fixons-nous sur les faits.

Uuoi qu'il en soit de ce tube des blets nerveux, du liquide qui le remplit et des mystères qui se passent dedans, les expérimentateurs de notre âge, parmi lesquels il faut mettre en tête sur cette matière, M. Flourens, ont très bien démontré plusieurs cùoses^ curieuses, parmi lesquelles nous signalerons les suivantes:

Les nerfs du système rachidien, pi esidant a la vie animale, ne peuvent produire que la sensation de leur espèce : ainsi le nerf optique recevant une lésion quelconque, une piqûre, une brûlure, etc., ne produira dans le sensonum central aucune douleur ni aucune autre sensation que celle d'un êhlouissement, d'un scintillement, d jnéclaip en un mot, d'un effet relatif a la lumière, lequel peut être d ailleurs agréable ou désagréable.

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Le nerf olfactif ne donnera qu'une bonne ou mauvaise odeur; le nZ auditif qu'un bourdonnement ou,, ellet quelconque dans l'ordre des sonscelui du goût, qu'une saveur quelconque plus ou moins intense; mais quant aux»»/ s du toucher, qu'i sont ceux de la sensibilité générale, ils donneront et eux seuls donneront, la douleur proprement dite.

i Un autre fait, non moins important cest qu un nerf séparé du centre encephalique par une solution de continuité, par une section pratiquée en un endroit quelconque dans la longueur, ne sent plus rien dans tout le tronçon qui cesse d'être en communication avec le centre, tandis que 1 autre tronçon, celui qui reste en communication avec sa racine, continue de sentir dans l'ordre de sensation qui hu est propre. C'est ainsi, par exemple, que le nerf olfactif étant coupe au-dessus du nez, toute sa ramitication dans le nez ne sentii» plus aucune odeur, mais que ce qui en restera du côté de sa racine encéphalique continuera d'éprouver et de transmettre à cette racine des sensations d'odeur.

. Un troisième fait ayant la même importance, est celui-ci : le centre encéphalique, ou plutôt la force centrale de sentiment qui se trouve en communication avec cette racine, rapporte la sensation qu'il reçoit du tronçon non séparé, non pas à ce tronçon, mais à son extrémité normale, comme si elle n'était pas séparée. Que le nerf optique soit coupé dans 1 intervalle des yeux au cerveau la sensation de vision qu'il enverra a ce dernier sera rapportée par le sentiment central à des yeux qui n'existent plus à l'état vivant et sensible, à des yeux qui ne voient plus rien, en réalité, et qui lui paraîtront voir toujours, mais qui verront ce qui n'est pas, puisque ce n'est plus l'objet extérieur qui détermine la sensation, mais une action mécanique exercée sur le tronçon restant. C'est de là que les amputés éprouvent des douleurs au membre qu'ils n'ont plus, quand on pique les nerfs du tronçon qui en reste. *

Un quatrième fait, également im-

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portant, c'est que le sensorium central peut produire de lui-même des eèasatious qu'il rapporte aux extrémités normales des nerfs qui partent de lui et à des êtres extérieurs qui n'existent point, et qui, s'ils existaient au moment du phénomène, agiraient sur le sens externe de manière à produire ces sensations. C'est ce qui a lieu dans nos rêves et dans ceux des animaux.

Un cinquième fait, le plus important de tous, et qui résulte des expériences de M. Flourens répétées par MM. Herlwig et Jean Millier, c'est qu'il n'y a pas de partie qu'on ne puisse enlever, dans le système nerveux, sans que la vie ne persiste ; les états dans lesquels elle persiste sont d'autant plus singuliers que la partie enlevée est plus importante, mais enfin elle persiste et souvent un temps assez long, tandis que, si on enlevait le tout, à la fois, ce serait la mort. Il est vrai pourtant qu'il y a un point, appelé le nœud vital par les anatomistes, et qu'avait parfaitement reconnu Galien, puisqu'il l'avait placé in ipso spinalis medullx principio (dans l'origine, même èa la moelle épinière) V. Nœud vital, qu'il suffit d'enlever à lui seul pour déterminer la mort, mais la cessation de vie n'est pas produite, dans cette expérience, par l'enlèvement même du nœud vital, elle n'est produite que par l'arrêt subit de la respiration que détermine la section des nerfs pneumo -gastriques à leur origine même; il y a asphyxie subite ; la mort ne vient pas directement de l'enlèvement du nerf, mais seulement de l'étouifement qui en résulte dans la vie végétative, en sorte que, si la respiration n'était liée à ce nerf-là, il ne serait pas plus nécessaire à la vie que tous les autres.

Nous disons donc qu'on peut enlever à un animal toutes les parties du système nerveux (sauf le nœud vital pour une raison d'une autre nature), sans que l'animal cesse de posséder en lui-même la vie, cesse d'être une àme vivante. Les expérimentateurs que nous avons nommés ont enlevé à des chiens, pigeons, poules, etc. , non-seulement les nerfs des ditl'érentes parties du corps pour faire les constatations que nous avons signalées,

mais les hémisphères du cerveau luimême; et l'animal, ainsi mutilé, n'en a pas moins vécu jusqu'à trois mois durant et môme davantage. Dans cet état l'animal est comme stupéfait d'une manière continuelle; il ne produit point par lui-même un seul mouvement; il ne fait quelques pas que si on le pousse ; il ne court point après les aliments, il mourrait de faim si on le laissait à lui-môme, mais il avale ce qu'on lui met sur la langue et vit de cette manière ; il n'a perdu ni toute faculté de se mouvoir ni toute laculté de seatir; quant au mouvement, il le produit sous une impulsion venant du dehors, et non par une force intrinsèque ; on voit qu'il manque à celte force, si elle existe — et il faut bien qu'elle existe puisqu'elle agit étant poussée — , un chaîuon de liaison interne avec les muscles moteurs ; quant au sentiment, l'animal n'en est pas complètement privé ; il voit encore avec ses yeux, il sent encore par le toucher, et il fait sous ces impressions, comme quand on le pousse, des mouvements machinaux qui n'ont aucune coordination et paraissent n'avoir aucune spontanéité.

Nous n'entrerons pas dans plus de détails; le lecteur comprend assez que les nuances se modifient selon qu'on enlève telle ou telle partie du cerveau, le cerveau proprement dit ou le cervelet, la première couche en laissant les autres, puis une seconde couche, et ainsi de suite; mais la science expérimentale ne peut arriver, jusqu'à présent du moins, à préciser les resultats'et à formuler une systématique dans le genre des théories de Gall, consistant à assigner les organes des facultés psychologiques ; quant aux sens extérieurs, on sait bien, mais on l'a toujours su, que c'est par l'œil que la force centrale de sentiment sent les couleurs, par l'odorat ou nerf olfactif, qu'elle sent les odeurs, et ainsi des autres sens. Le grand desideratum des psychologistes serait d'arriver à déterminer de môme les organes intérieurs de telle et telle faculté, comme avait prétendu le faire la phrénologie, et il fautreconuaitreque

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toutes les expériences en vue de ce but n'ont abouti qu'à quelques généralités qui n'ont rien d'assez lise et que la science sérieuse ne peut considérer comme un système acquis. On sait seulement qu'il y a des nerfs moteurs et des nerfs sensitifs que les premiers n'ont point de renflements ganglionaires, que les seconds présentent de ces renflements, et que ces renflements paraissent jouerle rôle de petits centres secondaires de sensibilité qui contitinuent de s'exercer lorsque l'animal n'a plus le cerveau que l'on considère comme le centre général, tandis que la spontanéité des mouvements n existerait plus lorsque le cerveau, que l'on croit être le centre unique sous ce rapport, n'existerait plus luimême. Mais ces déductions, si générales, f sont bien obscures et n'ont rien d'assez assuré pour qu'il n'y ait pas heu de s'attendre à des faits encore inconnus, qui les contrediront.

Voilà ce que nous voulions constater scientifiquement; maintenant faisons là-dessus, le raisonnement antimaténahste que nous avons promis.

Il résulte de toutes les expériences quily a dans l'animal un principe vital, que nous appelons, comme Moïse « une âme vivante, » animam vioentem, et qu'il est impossible d'en assigner le siège organique. Cette ame de vie subit, sans cloute, dans sa vitalité en exercice, de profondes modifications et perturbations lorsqu'on la prive de quelqu'une des pièces dont l'ensemble constitue l'harmonie parfaite de ses instruments naturels ; elle ne verra plus si on crève ses yeux, n entendra plus si on bouche ses oreilles, mais n'en existera pas moins puisqu'elle ira même jusqu'à remplacer, par une sensation analogue 1 instrument perdu; elle donnera par exemple, à l'amputé, la sensation de la jambe qu'il n'a plus. Il est tout naturel que la partie nerveuse qu'on séparera de l'ensemble vivant, soit nne partie morte, comme l'ongle que je me coupe n'est plus rien pour moi des qu il est coupé; là c'est la mort; mais la vie n'en persiste pas moins dans tout ce qui reste, et remarquez

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bien que cette vie n'est, à la fois nulle part et est partout dans l'organisme; elle n'est nulle part en la manière des corps puisqu'il n'existe pas une seule partie du système nerveux qui ne puisse être enlevée seule puisque vous pouvez enlever même le cerveau, sans couper le fil de la vie totale ; il est donc impossible de lui assigner un siège; elle n'est donc, nulle part corporellemcat. Mais elle est, d'un autre côté, partout spirituellement, puisque, malgré la partie enlevée, qualle que soit cette partie elle anime le reste qui constitue le tout sans solution de continuité II y adegrandesperturbationssansdoutecorn ment en serait-il autrement? Mais la vie continue d'exister, c'est le seul point important. Il n'y a pas une seule cellule dans tout l'organisme nerveux qui lui soit essentielle pour être ; donc elle ne consiste dans aucune ce lu e; elle persiste dans toutes les cellules qui restent sans solution de continuité entre elles, donc elle est dans toutes, à l'état normal. Elle est donc a la fois dans toutes et dans aucune; ce qui ne pouteonvenir qu'à une immatérialité pure. Si l'on avait trouvé un point fixe dont la soustraction emportât toujours l'âme vivante avec toutes ses manifestations, sans aucune autre cause mécaniaue ou végétative de mort, telle que l'asphyxie par le brisement du nœud vital, on pourrait dire : Vo'ilà l'être substantiel de l'âme vivante; mais non : c'est tout le contraire ; l'âme vivante subsiste, avec modification de ses manifestations seulement, malgré la soustraction partielle de toute partie. Donc elle n'a aucun siège essentiel, ou, si l'on aime mieux, tous les sièges lui sont bons, lui suffisent pour le phénomène vital. Donc elle est, comme nous l'a<»jns dit, un esprit!

Telle est l'âme vivante dans l'animal. Dans le végétal, il en sera de même; il y auralà, non plus une « âme vivante » à proprement parler, à sensations se centralisant, et à .'spontanéités de mouvement, mais une âme végétative, qui sera encore une force se reproduisant par boutures et autrement, ce qui a lieu aussi chez certains animaux, et dont on doit dire

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encore qu'elle n'existe nulle part dans l'être et qu'elle y existe partout.

Dans la matière brute, dès là qu'elle présente une puissance motrice et motive, comme, par exemple, la pile de Volta, il en sera encore de même; vous aurez une âme dynamique qui, à la fois, sera partout et ne sera nulle part; retirez un des éléments de la pile, cette force, cette âme électrique, n'en existe pas moins dans ce qui reste ; retranchez toute la pîle en la dispersant, vous avez détruit l'organisme , l'instrument ; vous n'avez pas détruit la force qui était partout et nulle part, partout en la manière des esprits, nulle part en la manière des corps ; elle est allée ailleurs jouer son rôle, voilà tout.

Mais si de Vâme dynamique et de Yàme vivante nous nous élevons, par la pensée, à l'âme intelligente ou raisonnable, à combien plus forte raison nous pourrons raisonner de même?

Ici nous avons la conscience qui nous révèle directement l'identité et l'unité persistante, malgré les changements perpétuels de l'organisme; mon corps n'a plus rien aujourd'hui, absolument rien numériquement, de ce qu'il avait lorsque j'étais jeune homme ; et cependant il n'y a pas changement dans mon moi personnel, dans mon âme raisonnable; je suis bien le même, non point spécifiquement, mais numériquement et individuellement; et je suis ce point unique du moi dans tout mon être; je me sens à la fois partout et nulle part, partout spirituellement, nulle part corporellement — nous ne saurions nous lasser de le redire, — et ce que nous apprend ainsi notre conscience, la science physiologique expérimentale nous l'apprend aussi, puisqu'elle pourrait faire sur l'homme les expériences qu'elle fait sur les animaux, et que des maladies de toutes les espèces lui fournissent des occasions de faire ces sortes de constatations. Nous voilà donc conduits à reconnaître en nous une âme qui est à la lois dynamique, vivante et pensante, et qui n'a aucune des propriétés qui conviennent à la matière, étant, à la fois, chez moi, nulle part et partout.

Joignez à ces raisons physiologiques toutes les raisons morales que nous exposons au mot Immortalité dfs âmes, pour établir la nécessité d'une survivance de cette âme raisonnable à l'éparpillement de ses organes, et vous avez la plus formidable accumulation d'arguments qui puisse déterminer la foi.

Vous me direz que ces arguments conduiraient aussi bien à la démonstration de l'immortalité des bètes, et même des forces physiques, qu'à celle de l'âme humaine. Je réponds que cela n'est pas vrai des arguments moraux que je tire de la conscience humaine, de la société humaine et de tout ce qui distingue le règne humain des autres règnes de la nature; tous ces arguments ne sont applicables qu'à l'homme. Mais j'accorde, en même temps, que ceux qui se fondent sur V immatérialité des forces âme dynamique et âme vivante, s'appliquent également à tout ce que j'appelle les âmes de la matière considérée dans tous ses règnes; et je dis que cette partie de la démonstration n'en acquiert que plus de force en ne souffrant aucune exception de nature, la volonté du créateur restant toujours le point culminant qu'il faut réserver, quand dile ne se révèle point comme elle le fait par rapport à nous.

Le Nom.

NERGAL, ou NERGEL, nom d'une idole des Assyriens. Il est dit, IV Rcg., c. 17, que le roi d'Assyrie, après avoir transporté dans ses états les sujets du royaume d'Israël, envoya, pour repeupler la Samarie, des Babyloniens, des Cuthéens, des peuples d'Avah, d'Emath et de Sapharvaïm; que ces étrangers joignirent au culte du Seigneur le culte des idoles auquel ils étaient accoutumés; que les Babyloniens firent Socoth- Bcnoth , le; Cuthéens Nergel , les Emathéens Asima, les Hévéens JVebahaz et Tharthac ; que ceux de Sapharvaïm brûlaient leurs enfants à l'honneur d' Adramclech et Anamclech leurs dieux.

Il n'est pas aisé d'assigner précisément les diverses contrées de l'Assyrie desquelles ces différents peu-

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pies furent tirés, et il est encore plus difficile d'expliquer les noms de leurs dieux. Selden, dans sou traité de Diis Syriis, pense que Socoth-Bcnoth signitie des tentes pour les filles; c'était un lieu de prostitution. Nergal ou Nergel est la fontaine du feu, c'était un pyrée dans lequel les Perses rendaient un culte au l'eu, comme font encore aujourd'hui les parsis. On ne doit pas écouter les rabbins, qui prétendent que Asima, Nébuhaz et Tharthac sont trois idoles, dont la première avait la tête d'un bouc, la seconde la tète d'un chien, la troisième la tète d'un âne ; il est plus probable que ce sont trois noms assyriens, qui désignent le soleil, aussi bien que Anamélech et Adramélech ; ces deux derniers signifient le grand roi, le souverain de la nature.

On ne sait pas si ces nouveaux habilants de la Samarie ont persévéré pendant longtemps dans le culte des faux dieux. Deux cents ans après leur arrivée, lorsque les Juifs furent de retour de leur captivité, Esdras et Néhémie, quoique ennemis des Samaritains, ne leur reprochent point l'idolâtrie; le temple, que ces derniers bâtirent à cette époque sur le mont Garizim, parait avoir été élevé à l'honneur du vrai Dieu, et à l'imitation de celui de Jérusalem. Jésus- Christ dit à la Samaritaine, Joan., c. 4, Jr 22 : « Vous adorez ce que » vous ne connaissez pas ; » mais cela ne prouve point que les Samaritains aient adoré de faux dieux (i).

Voyez Samaritains. Bergier.

NESTOR {Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce père de l'histoire russe,

(i) Cela pourrait signifier que le culte des Samaritains au temple de G'irizim était surchargé de formules, d'images, de symboles, etc., ressemblant plus ou moins aux mythes du paganisme, et nuisant plus que les smchaiges cérémnnielles du temple de Jérusalem à la connaissance de Dieu et à son adoratiou en esprit. Mais Jésus n'est pas satisfait non plus du culte judaïque puisqu'il ajoute, en mettant les deux temples en parallèle, après avoir donné un avantage à l'un sur l'autre : Viendra le temps oCt Ton n'a !orera plus ni ici ni là, mais où les vrais adorateurs adoreront le père en esj.rit et en vérité. Il aurait pu i arler de même à un adorateur de Brahma, par exemple, en le comparant à un adorateur de Jéhovali.

Le Noir.

né vers 1056, et mort dans le xir» siècle après avoir passé quarante ans dans le couvent de K'tew, écrivit le premier des annales de sa nation en la langue vulgaire du pays, chose très-rare à cette époque. « Cette chronique, dit M. Schrôdl, est importante ; car, quoiqu'elle soit complètement rédigée dans l'esprit et suivant la méthode des écrivains byzantins, elle lève d'une manière intéressante et digne de foi le voile qui couvrait le Nord, et nous fait connaître les mœurs et les coutumes de peuples qui, sans lui, seraient restés pour nous dans la plus profonde obscurité. Les annales de Nestor commencent au déluge, mais arrivent rapidement à l'histoire des Slaves et de l'empire russe, et en décrivent les destinées, jusqu'en 1110 inclusivement, dans un ordre chronologique bien arrêté et avec des documents authentiques, tels que des traités de paix. L'ouvrage de Nestor parut en 1767 à Saint-Pétersbourg; il a été traduit en allemand par Schlozer, Gottingue, 1807, 2 vol.

L'exemple de Nestor encouragea d'autres écrivains à continuer ses annales ; tels furent l'évoque de Pèrejaslawl, Sylvestre (f 112i), deux anonymes, l'évêque Simon, et d'autres qui se succèdent sans interruption jusqu'au dix-septième siècle. Outre ses annales Nestor rédigea aussi le Patéricon du couvent de Saint-Hilarion de.Kiew. »

Le Noir.

NESTORIANISME, NESTORIENS.

Ce qui regarde cetle hérésie est sujet à plusieurs discussions. 11 faut 1° la considérer dans son origine et telle que Neslorius l'a enseignée ; 2° voir si c'est une hérésie réelle ou seulement apparente; 3° l'examiner sous la nouvelle forme qu'elle prit dans la Perse et dans la Mésopotamie au cinquième siècle; 4° la suivre aux Indes sur la côte de Malabar, où elle a été retrouvée au seizième.

Nestorias, auteur de l'hérésie qui porte son nom, était né dans la Syrie, et avait embrassé l'état monastique; il fut placé sur le siège de Constantinople l'an 428. Il avait de l'esprit, de l'éloquence, un extérieur modeste et mortifié, mais beaucoup d'orgueil

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un zèle très-pou charitable, et presque point d'érudition. Il commença par faire chasser de Constantinopîe les ariens et les macédoniens, lit abattre leurs églises, et obtint de l'empereur Théodose le Jeune des édits rigoureux pour les exterminer.

Instruit par les écrits de Théodore de Mopsueste, il y avait puisé une doctrine erronée sur le mystère de l'incarnation.

Un de ses prêtres, nommé Anastase, avait prêché que l'on ne devait pas appeler la sainte Vierge mère de Dieu, mais seulement mère du. Christ, parce que Dieu ne peut pas naître d'une créature humaine. Cette doctrine souleva le peuple. Nestorius, loin d'apaiser le scandale, l'augmenta en soutenant la même erreur; il enseigna qu'il y avait en Jésus-Christ deux personnes, Dieu et l'homme ; que l'homme était né de Marie, et non Dieu ; d'où il s'ensuivait qu'entre Dieu et l'homme il n'y avait pas une union substantielle, mais seulement une union d'affections, de volontés et d'opérations.

Celte nouveauté échauffa et divisa les esprits non-seulement à Constantinopîe, mais parmi les moines d'Egypte auxquels les écrits de Nestorius furent communiqués. Saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, consulté sur celte question, répondit qu'il aurait été beaucoup mieux do s'abstenir de l'agiter; mais que Nestorius lui paraissait être dans l'erreur. Celui-ci, informé de cette décision, s'emporta contre saint Cyrille, lui fit répondre avec hauteur, et lui reprocha d'exciter des trou Lies.

Le patriarche d'Alexandrie répliqua que les troubles venaient de Nestorius lui-même, qu'il no tenoit qu'à lui de les apaiser, en s'expliqnant d'une manière plus orthodoxe, et en tenant le même langage que les catholiques. Tous deux en écrivirent au pape saint Célest in, pour savoir ce qu'il en pensait; ce pontife assembla, au mois d'août de l'an 430, un concile à Rome, qui approuva la doctrine de saint Cyrille, et condamna celle de Nestorius. Au mois de novembre suivant, saint Cyrille en assembla un autre eu Egypte, où

la décision de Rome fut approuvée ; il dressa uns profession de foi et douze anathèmes contre les divers articles de la doctrine de Nestorius ; celui-ci n'y répondit que par douze anathèmes opposés. Cette contestation ayant été communiquée à Jean, patriarche d'Antioche, et à Acaee, cvèque de Bérée, ils jugèrent Nestorius condi.vinar.le, mais il leur parut que saint Cyrille avait relevé trop durement quelques expressions susceptihles d'un sens orthodoxe, et ils l'exhortèrent à étouffer cette dispute par son silence.

Comme elle continuait de part et d'autre avec beaucoup de chaleur, l'empereur, pour la terminer, indiqua un concile général à Ephèse pour le 7 juin de l'an 431. Nestorius et les évèques d'Asie y arrivèrent les premiers; saint Cyrille s'y rendit avec cinquante évèques d'Afrique, et Juvénal, patriarche de Jérusalem, avec ceux de sa province. Pour Jean d'Antioche, qui était accompagné de quarante évèques, il ne se pressa pas d'arriver; il manda cependant à ceux qni étaient déjà réunis à Ephèse, que ni lui ni ses collègues ne trouveraient pas mauvais que le concile lût commencé sans eux.

La première séance fut tenue le 22 juin ; saint Cyrille y présida, comme chargé de cette commission par le pape Célestin. Nestorius, cité par le concile, refusa de comparaître avant que Jean d'Antioche et ses collègues fussent arrivés; mais l'absence de quarante évèques devait-elle en retenir deux cents dans l'inaction? Le concile, après avoir examiné les écrits de Nestorius, le condamna et le déposa, et approuva ceux que saint Cyrille avait laits contre lui. Jean d'Antioche n'arriva que sept jours après.

Sans attendre qu'on lui rendit compte de ce qu'avait fait le concile, sans vouloir même en écouter les députés, il tint dans son auberge une assemblée de quarante-trois évèques, dans laquelle il déposa et excommunia saint Cyrille. Qui lui avait donné celte autorité? Les députés du pape, qui arrivèrent quelques jours après, tinrent une conduite tout opposée; ils se joignirent à saint Cyrille et au

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concile, ils souscrivirent à la condamnation de Nestorius et à la sentence de déposition que le concile prononça contre Jean d'Antioche et contre ses adhérents.

Ainsi la décision du concile d'Ephèse, loin de terminer la dispute, la rendit plus confuse et plus animée ; les deux partis se regardèrent mutuellement comme excommuniés; ils écrivirent à l'empereur chacun de leur côté, et trouvèrent l'un et l'autre des partisans à la cour. Théodose trompé voulait d'abord que Nestorius et saint Cyrille demeurassent déposés tous les deux ; mais, mieux informé, il exila Nestorius et renvoya le patriarche d'Alexandrie dans son siège.

Trois ans après, Jean d'Antioche reconnut son tort, se réconcilia avec saint Cyrille, engagea la plupart des évêques de sa faction à faire de même; et comme Nestorius, retiré dans un monastère près d'Antioche, dogmatisait et cabalait toujours, Jean demanda qu'il lût éloigné. L'empereur le relégua d'abord à Pétra dans l'Arabie, ensuite au désert d'Oasis en Eg)'pte, où il mourut misérable, sans avoir voulu abjurer son erreur.

Il faut remarquer que jamais Jean d'Antioche ni les évoques de son parti n'ont déclaré que la doctrine de Nestorius était orthodoxe ; mais il leur paraissait que celle de saint Cyrille, dans les anathèmes qu'il avait prononcés contre Nestorius au concile d'Alexandrie, en 430, ne l'était pas non plus. Lorsque saint Cyrille les eut expliqués, et eut satisfait ses accusateurs, ils reconnurent son orthodoxie. Pourquoi Nestorius ne fit-il pas de même, lorsque Jean d'Antioche l'y exhortait?

Un grand nombre de partisans de cet hérétique ne furent pas plus dociles que lui; proscrits par l'empereur, ils se retirèrent dans la Mésopotamie et dans la Perse, où ils fondèrent des églises schismatiques.

Avant de considérer le nestorianisme dans ce nouvel état, il faut examiner si la doctrine de Nestorius était véritablement hérétique, ou s'il ne fut condamné que par un malentendu.

II. Le nestorianisme est véritablement une hérésie. Les protestants, dé-

fenseurs-nés de toutes les erreurs et de tous les hérétiques, ont fait ce qu'ils ont pu pour justifier Nestorius.

Ils ont dit que cet homme péchait plutôt dans les expressions que dans le fond des sentiments ; qu'il ne rejetait le titre de mère de Dieu, qu'à cause de l'abus que l'on en pouvait faire; que cette hérésie prétendue n'aurait pas fait tant de bruit sans le caractère ardent, brouillon, ambitieux et arrogant de saint Cyrille; que ce patriarche d'Alexandrie se conduisit par orgueil et par jalousie contre Nestorius et contre Jean d'Antioche, plutôt que par zèle pour la foi ; que sa doctrine était encore moins orthodoxe que celle de son adversaire. Ils ont soutenu que le concile d'Ephèse avait agi dans cette affaire contre toutes les règles de la justice, et avait condamné Nestorius sans vouloir l'entendre. Luther, premier auteur de cette accusation, a entraîné à sa suite la foule des protestants, Bayle, Basnnge, Saurin, Le Clerc, La Croze, etc.

Mosheim plus modéré avait également blâmé Nestorius et saint Cyrille; son traducteur l'a trouvé très-mauvais; il excuse Nestorius, et rejette toute la faute sur le patriarche d'Alexandrie.

A l'article Saint Cyrille, nous avons justifié ce Père, et nous avons fait voir qu'il a eu de justes motifs de faire ce qu'il a fait. Pour rendre sa conduite odieuse, ses accusateurs passent sous silence plusieurs faits essentiels. Ils ne parlent ni des raisons qu'eut saint Cyrille d'entrer dans cette dispute, ni des lettres très-modérées qu'il écrivit à Nestorius, ni des réponses injurieuses de celui-ci, ni de sa condamnation prononcée à.

Rome sur ses propres écrits, ni de l'invitation que lui fit Jean d'Antioche son ami de s'expliquer avant le concile d'Ephèse, ni de la com,mission que saint Cyrille avait reçue du pape de présider à ce concile, ni de la paix qui se conclut trois ans après entre ce Père et les Orientaux qui abandonnèrent Nestorius. Mosheim méprise l'Histoire du Nestorianisme, donnée par le père Doucin; mais cet historien a pris toutes ses preuves dans Tillemont, qui cite tous les faits

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et les pièces originales. Mém., t. 14, p. 307 et suiv.

Au mot Epuèse, nous avons prouvé que le concile, qui y fut tenu en 431, a procédé selon toules les lois ecclésiastiques; que Nestorius refusa opiniâtrement d'y comparaître, et résista aux invitations de ses amis ; que sa doctrine était très-connue des évèques, par ses propres écrits, par ses sermons, par les discours mêmes qu'il avait tenus à Ephèse, en conversant avec eux; que l'absence affectée de Jean d'Antioche et de ses collègues ne forme aucun préjugé contre la décision, puisqu'aucun d'eux n'a jamais osé soutenir que la doctrine de Nestorius était orthodoxe.

Enfin, au mot Mère de Dieu, nous avons montré que ce titre donné à Marie est très-conforme à l'Ecriture sainte, que c'est le langage des anciens Pères, qu'il ne peut donner lieu à aucun abus, à moins qu'il ne soit mal interprété par malice.

11 nous reste à prouver que l'opinion de Nestorius était une hérésie formelle et très-pernicieuse, contraire à l'Ecriture sainte et au dogme de la divinité de Jésus-Christ.

Saint Jean dit, c. I, 'f 1 et 14, que Dieu le Verbe s'est fait chair. L'ange dit à Marie, Luc , cap. 3, f I ri : « Le )> Saint qui naîtra de vous sera ap- » pelé, ou sera le Fils de Dieu. »

Selon saint Paul, le Fils de Dieu a été fait ou est né du sang de David selon la chair, Rom., c. 1,^3. Dieu a envoyé son Fils fait d'une femme, Galat., c. 4, f 4. Saint Ignace, disciple des apôtres, dit dans sa lettre aux Ephésiens, n. 7, que Notre Seigneur Jésus- Christ est.'ieuexislantdans l'homme, qu'il est de Marie et de Dieu; n. 18, que Jésus-Christ notre Dieu a été porté dans le sein de Marie.

Suivant ce langage apostolique, ou il faut confesser que la personne divine, Dieu le Verbe, Dieu le Fils, est Hé de Marie et que Marie est sa mère, ou il faut admettre en Jésus-Christ deux personnes, la personne divine et la personne humaine, dont la seconde est née de Marie, et non la première. Alors en Jésus-Christ la divinité et l'humanité ne subsistent plus dans l'unité de personne, l'union

qui est entre elle n'est plus hypostatique ou substantielle. Il ne peut y avoir entre les deux personnes qu'une union spirituelle, une inhabitation, un concert de volontés, d'alfections et d'opérations, comme il y en avait une entre le Saint-Esprit et Marie, lorsqu'il descendit en elle. Dans cette hypothèse, on ne peut pas dire avec plus de vérité que Jésus-Christ est Dieu, qu'on ne peut le dire de sa sainte mère. Jésus-Christ n'est plus ni un homme-Dieu ni un Dieu-homme, mais seulement un homme uni à Dieu. Il n'y a pas plus d'incarnation dans Jésus-Christ que dans la sainte Vierge.

Nestorius, quoique mauvais théologien, le comprit, lorsque le prêtre Auastase eut dit en chaire : « Que » personne n'appelle Marie mère de » Dieu; Marie est une créature hu- » maine : Dieu ne peut naître d'une » femme. » Nestorius ne désavoua pas plus la seconde proposition que la première; il soutint égalemeut Tune et l'autre dans ses écrits. Il ajouta : Je n'appellerai jamais Dieu un enfant de deux ou trois mois.

Evagre, Hist. ecclés., 1. 1, c. 2. On prétend qu'il répéta ces mêmes paroles à Ephèse dans une conférence qu'il eut avec quelques évèques.

Socrate, liv. 7, c. 34. Conséquemment il fut obligé d'admettre deux Cbrists, l'un Fils de Dieu, l'autre Fils de Marie. Vincent. Lirin.Commonit.,c. 17.

Marius Mercalor a conservé, plusieurs des sermons de Nestorius.

Dans le second qu'il lit pour soutenir son erreur, il prétendait qu'on ne doit pas dire (pie Dieu le Verbe soit né de la Yieige ni qu'il soit mort, mais seulement qu'il était uni ù celui qui est né et qui est mort. Tillemont, ibidem. ,pag. 310,317. Dans un autre, il soutenait que le Verbe n'était pas né de Marie, mais qu'il habitait et était uni inséparablement au fils de Marie, pag. 318. Il parlait de même dans son septième sermon qu'il envoya par bravade à saint. Cyrille, page 338. Dans ceux qu'il adressait au pape Cèleslin, il disait qu'il admettrait le terme de mire de Dku, pourvu qu'on ne crût pas que le Verbe est né de la Vierge, parce que,

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dit-il, personne n'engendre celui qui était avant lui. Dans une lettre au même pape, il se plaignait de cenx qui attribuaient au Verbe incarné les faiblesses de la nature bumaine. Dans le premier des anathèmes qu'il opposa à ceux de saint Cylïlïè; il anathématise ceux qui diront qu'Emmanuel est le Verbe de Dieu, et que la sainte Vierge est mère du Verbe.

Dans le cinquième, ceux qui diront quele Verbe, après avoirpris l'homme, est un seul Fils de Dieu par nature.

Dans le septième, il soutient que l'homme né de la Vierge n'est point le Fils unique du Père, mais qu'il reçoit seulement ce nom par participation, à cause de son union avec le Fils unique. Dans le dixième, il soutient que ce n'est point le Verbe éternel qui est notre pontife, et qui s'est offert pour nous, p. 343, 344, 309, etc. Or, cette union qu'il admettait entre le Verbe et le Fils de Marie, était seulement une union d'habitation, de puissance, de majesté, etc.; jamais il n'a voulu admettre une union hypostatique ou substantielle.

Selon lui, on ne peut pas dire que Dieu a envoyé le Verbe, p. 367, 368.

Voilà ce qui scandalisa les fidèles de Constantinople, ce qui fut condamué à Rome, ce qui fut réfuté par saint Cyrille, par Marius Mercator et par d'autres, même par Théodoret, ce qui fut aîiathématisé par le concile d'Ephèse, et ensuite par celui de Chalcédoine ; jamais Nestorius n'en a voulu rétracter un seul mot. Nous demandons à ses apologistes s'il y a une seule de ses propositions qui ne soit pas formellement contraire à l'Ecriture sainte, et qui soit susceptible d'un sens catholique.

Quand nous n'aurions pas les écrits originaux de Nestorius, pourrait-on nous persuader que les papes saint Célestin et saint Léon, les conciles de Rome, d'Ephèse et de Chalcédoine, les amis mêmes de Nestorius, comme Jean d'Arttioche, Théodoret, Ibas , évêque d'Edesse, etc., qui, après avoir présumé d'abord sa catholicité, l'ont enfin abandonné à son opiniâtreté, n'ont rien compris à sa doctrine, ou l'ont mal interprétée, aussi bien que saint Cyrille?

Nous verrons ci-après que la doctrine professée aujourd'hui par les nestoriens est encore la même que celle qu'enseignait le patriarche de Constantinople; ces sectaires ont toujours révéré Nestorius, Théodore de Mopsueste et Diodore de Tarse, comme leurs trois principaux maîtres.

Les apologistes de Nestorius disent que l'on peut abuser du titre de mère aeSieu; que Nestorius le rejetait uniquement parce qu'il lui paraissait favoriser l'hérésie d'Apollinaire. Mais l'on peut abuser également des passages de l'Ecriture sainte que nous avons cités; c'est de ces passages mômes qu'Apofiinaire abusait pour appuyer son erreur. Il soutenait que le Verbe divin avait pris un corps humain et une âme, mais privée d'entendement humain, et que la présence du Verbe y suppléait ; quelques-uns de ses disciples enseignaient que le Verbe divin avait pris un corps humain sans âme, parce que saint Jean a dit que le Verbe s'est fait chair, et saint Paul, que le Fils de Dieu a été fait du sang de David selon la chair, sans faire mention d'une âme humaine. Il n'y a aucune preuve que les apollinaristes se soient jamais servis du titre de mère de Dieu, pour étayer leur opinion.

Par là, on voit évidemment l'ignorance ou la mauvaise foi de Nestorius, qui traitait ses adversaires d'ariens et d'apollinaristes; c'est luimême qui tombait dans l'arianisme, puisqu'il s'ensuivait de sa doctrine que Jésus-Christ n'est pas réellement et substantiellement Dieu, qu'eu lui l'humanité n'est point substantiellement unie à la Divinité, mais moralement. La vraie raison de l'entêtement de cet hérésiarque est qu'il était imbu des erreurs ^e Théodore de Mopsueste et de Diodore de Tarse.

Aussi s'emportait-il contre ceux qui attribuaient au Verbe incarné les faiblesses de la nature humaine, et à Jésus-Christ homme les apanages de la Divinité. Tillemont, ibid., p. 343,

S'il avait raison, les apôtres ont eu tort de dire que le Fils de Dieu est né d'une femme, qu'il est né du sang de David, que le sang du Fils de

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Dieu lions purifie do nos péchés, I Jouri., cap. I , j^ 7 ; que le Verbe s'est t'ait chair, etc. Voilà les faiblesses de l'humanité attribuées au Fils de Dieu, au Verbe incarné.

Jean d'Antioche, ami de Nestorius, était très-bien fondé à lui représenter qu'il avait tort de rejeter le titre de mère de Dieu, dont les Pères s'étaient servis, qui exprimait la foi de l'Eglise, et que personne n'avait encore blâmé; que s'il rejetait le sens attaché à ce terme, il était dans une grande erreur, et s'exposait à ruiner entièrement le mystère de l'incarnation. Tillemont, ib., p. 354, 3o6. Mais Nestorius ne voulait recevoir des conseils de personne.

Une chose remarquable est que nous voyons les protestants plus ou moins portés à justifier Nestorius, à proportion de leur inclination au socinianisme. Plusieurs théologiens anglicans conviennent sans difficulté que Nestorius fut légitimement condamné; Mosheim, qui n'était que luthérien, blâme également Nestorius et saint Cyrille; son traducteur, qui est pour le moins calviniste, absout le premier, condamne absolument le second, et lui attribue tout le mal qui est arrivé. C'est la manière de penser des sociniens.

Richard Simon avait accusé saint Jean Chrysoslome d'avoir parlé de Jésus-Christcomme Nestorius. M. Bossuet, dans sa Défense de la tradition et des Pérès, 1. 4, c. 3, a justifié saint Jean Cbrysostome ; il a fait voir que, selon Nestorius et selon Théodore de Mopsueste son maître, Jésus-Christ n'était Dieu que par adoption et par représentation.

III. Etat du nestorianisrne après le concile d'Ephése. Le savant Assémani en a fait exactement l'histoire, Bibloth. orient. , tome 4, c. 4 et suiv.

Nous avons déjà remarqué qu'après la condamnation de Nestorius dans ce concile, sa doctrine trouva des défenseurs opiniâtres, surtout dans le diocèse de Constantinople et dans les environs de la Mésopotamie. Proscrits par les empereurs, ils se retirèrent sous la domination des rois de Perso, et ils en furent protégés en qualité de transfuges mécontents de leur

souverain. Un certain Barsumns, évêque de Nisibe, parvint, par sou crédit à la cour de Perse, à établir le nestorianisrne dans les différentes parties de ce royaume. Les nestoriens, pour répandre leurs opinions, firent traduire en syriaque, en persan et en arménien, les ouvrages de Théodore de Mopsseste; ils fondèrent un grand nombre d'églises; ils eurent une école célèbre à Edcsse et ensuite à Nisibe, ils tinrent plusieurs conciles à Séleucie et à Clésiphonte ; ils érigèrent un patriarche sous le nom de catholique; sa résidence fut d'abord à Séleucie, et ensuite à Mozul.

Ces sectaires se firent nommer chrétiens orientaux, soit parce que plusieurs de leurs ôvèques étaient venus du patriarcat d'Antioche, que l'on appelait le diocèse d'Orient, soit parce qu'ils voulaient persuader que leur doctrine était l'ancien christianisme des Orientaux, soit enfin parce qu'ils se sont étendus plus loin vers l'Orient qu'aucune autre secte chrétienne. Mais dans la suite ils ont été plus connus sous le nom de ehaldéens, et souvent ils ont rejeté celui de nestoriens. Lorsque les mahométans subjuguèrent la Perse au septième siècle, ils souffrirent plus volontiers les nestoriens que les catholiques, et leur accordèrent plus de liberté d'exercer leur religion.

Il y a des preuves positives que vers l'an S3o, ils avaient déjà porté leur doctrine aux Indes sur la côte de Malabar. Cosme Indioopleustes, qui était nestorien, dans sa topographie chrétienne, décrivit l'état où étaient les membres de cette secte soumis au catholique ou patriarche de la Perse. Au septième siè. le, ils envoyèrent des missionnaires à la Chine, qui y firent des propres, et l'on prétend njuelechrisi ianisnr qu'ils y établirent y a subsisté jusqu'au treizième. Ils ont encore eu des églises à Samarcande et dans d'autres parties de la Tartarie. Nous verrons ailleurs en quel temps le nestorinu isme a été banni de ces contrées; niais depuis longtemps il a commencé à déchoir ; l'ignorance et la misère de ses pasteurs l'ont réduit presque à rien.

Voyez Tartares.

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La principale question agitée entre les protestants et nous est de savoir quelle a été, et quelle est encore la croyance de ces nestoriens ou chaldécns, séparés de l'Eglise catholique depuis plus de douze cents ans. « Il » est constant, dit l'abbé Renaudot, » que les nestoriens d'aujourd'hui » sont encore dans le même senti- » ment que Nestorius touchant l'in- » carnation. Ilssoutiennent que, dans » Jésus-Christ, Dieu et l'homme ne » sont pas la même personne, que » l'un est Fils de Dieu, l'autre Fils » de Marie : qu'ainsi Marie ne doit » pas être appelée mère de Lieu, mais » mère du Christ; que le Verbe de » Dieu est descendu en Jésus-Christ, » au moment de son baptême. Ainsi, » selon eux, l'union de la divinité et » de l'humanité en Jésus-Christ n'est » point substantielle : c'est seulement » une union de volontés, d'opéra- » tions, de bienveillance, de com- » munication, de puissance, etc. Ils » disent formellement qu'il y a en > Jésus-Christ deux personnes et » deux natures unies par l'opération » et par la volonté. Cela est prouvé » non-seulement par les ouvrages de » plusieurs de leurs théologiens, et » par leurs livres liturgiques, mais » par les écrits des jacobites et des » melchites qui ont combattu les » nestoriens, et qui leur attribuent » communément cette doctrine. C'est » pour cela même que les nestoriens » ont été soufferts dans la Perse par » les mahométans plus aisément que » les autres chrétiens, parce que la » manière dont les premiers s'ex- » priment au sujet de Jésus- Christ » est conforme à ce que Mahomet en » a dit dans l'Alcoran, et que même » plusieurs nestoriens ont cité les pa- » rôles de ce faux prophète, pour » plaire aux mahométans. » Pei-pét.

de la foi, t. 4,1. 1 , c. 5. Nous verrons ci-après que ce tableau est confirmé par Assémani, Biblioth. orient., t. 3 et 4.

Malgré ces preuves, Mosheim a tâché de les disculper. Dans son Hist.

ecclés. du cinquième siècle, 2 e part., c. 5, § 12, il dit que dans plusieurs conciles de Séleucie les nestoriens ont décidé « qu'il y avait dans le

» Sauveur du monde deux hypos- » tases (ou personnes), dont l'une » était divine, l'autre humaine, sa- » voir l'homme Jésus : que ces » deux n'avaient qu'un seul aspect, » «pdirwiov; que l'union entre le Fils » de Dieu et le Fils de l'homme n'é- » tait pas une union de nature ou de >> personne, mais seulement de vo- » lonté et d'affection; qu'il faut par » conséquent distinguer soia:neuse- » ment Christ de Dieu qui habitait en » lui comme dans son temple, et ap- » peler Marie mère de Christ et non » mère de Dieu. » Cela est clair, et c'est précisément la doctrine que nous avons vue soutenue par Nestorius lui-même. Il n'est pas vrai, quoi qu'en dise Mosheim, qu'en cela les nestoriens ont changé le sentiment de leur chef.

Mais, dans son Hist. du seizième siècle, sect. 3, f re partie, ch. 2, § 15, il cherche aies excuser. « Il est vrai, » dit- il, que les chaldéens attribuent » deux natures, et même deux per- » sonnes à Jésus-Christ ; mais ils » corrigent ce que cette expression a » de dur, en ajoutant que ces natures » et ces personnes sont tellement » unies, qu'elles n'ont qu'un seul » aspect (barsopa) . » Or ce mot signifie la même chose que le grec irpdaoraov, et le latin persona ; d'où l'on voit que par deux personnes ils entendent seulement deux natures.

Sans recourir au témoignage des auteurs syriens, anciens ou modernes, et aux preuves produites par l'abbé Renaudot, il est évident que Mosheim s'est aveuglé lui-même ou qu'il a voulu en imposer. 1° Cette explication ne peut s'accorder avec les décisions des conciles de Séleucie qu'il a citées lui-même. 2° Il résulterait de ce palliatif, que, selon les nestoriens, il y a en Jésus-Christ deux natures et deux personnes : cette absurdité est trop forte. 3° Nous convenons que le grec ■KpôtroT.ov et le latin persona, dans leur signitication primitive, ne signifient point personne dans le sens théologique, mais personnage, caractère, aspect, apparence extérieure; et que les nestoriens prennent barsopa dans ce dernier sens Ainsi leur sentiment est qu'il y a dan

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Jèsus-Christ deux natures et deux personnes, ou deux natures subsistantes chacune en elle-même, et par ellemême, savoir, Dieu et l'homme ; mais qu'elles sont tellement unies qu'il n'en résulte qu'un seul personnage, un seul et unique caractère, une seule apparence personnelle de Jésus-Christ, parce qu'en lui les volontés, les sentiments, les affections, les opérations de la divinité et de l'humanité sont toujours parfaitement d'accord.

Or ce sens, qui est celui de Nestorius, est hérétique. Le dogme catholique est qu'il y a dans Jésus- Christ deux natures, la divinité et l'humanité, mais une seule personne; que l'humanité en lui ne subsiste point par elle-même, mais par la personne du Verbe auquel elle est substantiellement unie, de manière que Jésus-Christ n'est point une personne humaine, mais une personne divine. Autrement Jésus-Christ ne pourrait être appelé Dieu-homme ni homme-Dieu ; il ne serait pas vrai de dire que le Verbe s'est fait chair, que le fils de Dieu est né d'une femme, qu'il est mort, qu'il nous a rachetés par son sang, etc. Quelque subtilité qu'on emploie, l'on ne parviendra jamais à concilier l'opinion des nestoriens, ni leur langage avec celui de l'Ecriture sainte.

Mosheim ajoute, qu'à l'honneur immortel des nestoriens, ils sont les seuls chrétiens d'Orient qui aient évité cette multitude d'opinions et de pratiques superstitieuses qui ont infecté l'Eglise grecque et latine.

Cependant ils sont accusés, 1° d'enseigner, comme les Grecs schismatiques, que le Saint-Esprit procède du Père et non du Fils ; 2" de croire que les âmes sont créées avant les corps, et de nier le péché originel, comme Théodore de Mopsueste ; 3° de prétendre que la récompense des saints dans le ciel et la punition des méchants dans l'enfer, sont différées jusqu'au jour du jugement ; que jusqu'alors les âmes des uns et des autres sont dans un état de sensibilité ; 4° de penser, comme les origéaistes, que les tourments des damnés finiront unjour. Il serait à sou-

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haiter, pour l'honneur immortel des nestoriens, que Mosheim les eût justifiés sur quelqu'un de ces articles.

Il aurait voulu, comme les autres protestants, nous persuader que les nestoriens n'ont jamais eu la même croyance que l'Eglise romaine touchant les sept sacrements, la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, la transsubstantiation, le culte des saints, la prière pour les morts, etc. ; mais l'abbé Reuaudot, dans le tom. 4 de la Perpétuité de la foi ; Assémani, dans sa Biblioth. orient,, tom. 3, 2° part. ; le père Le Brun, dans son Explication clés cérémonies de lamesse, t. 6, prouvent lecontraire par des titres incontestables, auxquels les protestants n'ont rien à opposer.

En se séparant de l'Eglise catholique, les nestoriens emportèrent avec eux la liturgie de l'église de Constantinople, traduite en syriaque, et ils ont continué de s'en servir. A présent ils en ont trois ; la pramière, qu'ils appellent la liturgie des apôtres, parait être plus ancienne que l'hérésie deNestorius: la seconde est celle de Théodore de Mopsueste; la troisième celle de Neslorius. Cette dernière est la seule dans laquelle ils ont glissé leur erreur touchant l'incarnation ; les deux autres sont orthodoxes. On y trouve, comme dans toutes les autres liturgies orientales, l'expression de la présence réelle et de la transsubstantiation, l'adoration de l'eucharistie, la commémoration de la sainte Vierge et des saints, la prière pour les morts.

Les nestoriens ont toujours célébré en langue syriaque et non en langue vulgaire, dans tous les pays où ils ont eu des églises, et ils ont toujours admis le même nombre de livres de l'Ecriture sainte que les catholiques.

D'où l'on conclut qu'au cinquième siècle, lorsque les nestoriens ont commencé à faire bande à part, toute l'Eglise chrétienne croyait et professait les mêmes dogmes que les protestants reprochent à l'Eglise romaine comme une doctrine nouvelle et inconnue à toute l'antiquité. Voyez Litdrgie.

On a tenté plus d'une fois de faire.

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renoncer les nestoriens hleuv schisme.

L'an 1304, Jafealteh», patriarche des nestoriens, envoya sa profession de foi orthodoxe au pape Benoit XI. Au seizième siècle, sous les-papes Jules III et Pie IV, le patriarche nestorien Jean Sulaka fit de même ; son successeur, nommé Abdiasi, Abdjésu ou Ebedjésu, vint à Rome deux fois, y fit son abjuration, envoya sa profession de foi au concile de Trente, reçut du souverain pontife le pallium, et, de retour en Syrie, travailla avec succès à la conversion des schismatiques. Il était savant dans les langues orientales, et il a composé plusieurs ouvrages. Un autre envova encore sa profession de foi à Paul V ; mais on prétend que ses députés né furent pas sincères dans l'exposition de leur croyance ; ils pallièrent leurs erreurs afin de se rapprocher des catholiques, et rendirent mal le sens des expressions de leurs docteurs.

Ainsi en a jugé l'abbé Renaudot, Perpét. de la foi, tom. 4, 1. 1, c. 5.

Suivant la Gazette de France du 5 juin 177 1, art. Rome, les dominicains, missionnaires en Asie, ont ramené à l'unité de l'Eglise le patriarche schisrnatique des nestoriens résidant à Mozul, et cinq autres évêqnes de la même province. Sur la fin du siècle passé, il y avait encore quarante mille nestoriens dans la Mésopotamie :

Etat de l'Eglise rom., par le prélat Cern, p. ISS. r

Ces conversions ne pouvaient manquer de déplaire aux protestants.

Mosheim dit que les missionnaires vont semer exprès le schisme et la discorde parmi les sectes orientales, afin de pouvoir débaucher l'un des deux partis. Selon lui, le prédécesseur d'Ebedjésu n'eut recours à Rome que pour obtenir l'avantage sur son compétiteur qui lui disputait le patriarcat. Mais on sait qu'il n'est pas besoin de l'iniluence c?es missionnaires pour faire naître de nouvelles divisions parmi les schismatiques, puisqu'il n'y a aucune secte qui n'en ait vuéelore plusieurs dans son sein.

Ebedjésu n'a donné aucun motif de douter de la sincérité de son catholiisme, et plusi eurs de ses successeurs nt imité sa c onduite.

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Cependant Mosheim soutient en général que ces prétendues ennversions sont intéressées et simulées, qu'elles n'ont d'aulre motif que là pauvreté et l'espérance d'obtenir de 1 argent de Rome pour se racheter des vexations des mahométans ; que si les libéralités du pape viennent à cesser, le catholicisme de cps nouveaux prosélytes s'évanouit. Nous ne doutons pas que plusieurs évèques nestoriens n'aient donné lieu à ce reproche, mais il n'est pas de l'intérêt des protestants d'insister sur la mauvaise foi de gens qu'ils auraient désire d'avoir pour frères, et dont ils ont défiguré la doctrine pour la concilier avec la leur. L'inconstance et la dissimulation de quelques prosélytes ne forment aucun préjugé contre la pureté du zèle des missionnaires et des souverains pontifes. Les apôtres mêmes ont trouvé des hypocrites parmi ceux qu'ils avaient convertis.

Un trait plus odieux de la part de Mosheim est de dire que la cour de Rome et les missionnaires sont de bonne composition sur le christianisme de ces peuples; que pourvu qu'ils reconnaissent à l'extérieur la juridiction du pontife romain, on leur laisse la liberté de conserver leurs erreurs, et do pratiquer leurs rites, quoique très-opposés à ceux de l'Eglise romaine. Pure calomnie.

N'a-t-on pas vu les souverains pontifes condamner hautement les rites malabares, indiens et chinois, qu'ils ont jugés superstitieux ou pernicieux, et défendre rigoureusement aux missionnaires de les tolérer ? Les missionnaires français, espagnols, allemands et portugais, ne sont pas soudoyés par le pape, et ils n'ont aucun intérêt à se rendre coupables d'une prévarication. Quant aux rites innocents, et dont l'origine est trèsancienne, pourquoi ne les conserverait-on pas, quoique différants de l'Eglise romaine?

Ici l'entêtement des prolestants brille dans tout son jour ; ils ont censuré avec aigreur le zèle des missionnaires portugais qui voulurent tout réformer chez les nestoriens du Malabar, et substituer les rites de l'Eglise latine aux anciens rites des

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'églises syriennes ; à présent ils blâment les missionnaires de la Mésopotamie qui, mieux instruits que les Portugais, jugent qu'il ne faut réformer chez les nestoricns que ce qui est évidemment mauvais. Ils ont paru applaudir au zèle des nesioriens qui portèrent l'Evangile et fondèrent des églises dans la Tartarie et à la Chine, et ils ont cherché à rendre suspects les missionnaires catholiques qui ont entrepris les mêmes travaux. Cependant ces apôtres nestoriens, pendant sept cents ans de missions dans la Tartarie, ont négligé un soin que les protestants jugent indispensable ; ils n'ont pas traduit en tartare l'Ecriture sainte, pas même le nouveau Testament ; il a fallu que ce fût un religieux franciscain qui en prit la peine au quatorzième siècle. Voyez Tartares.

Ces censeurs opiniâtres ne se lasseront-ils jamais de se contredire et de fournir des armes aux incrédules, en exhalant leur bile contre l'Eglise romaine? Ils n'ont pas été plus équitables 'en parlant des nestoricns du Malabar, qu'en peignant ceux de la Perse et de la Mésopotamie.

IV. Etat du nestorianisme sur la côte de Malabar. Vers l'an 1500, lorsque les Portugais, après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance, pénétrèrent dans les Indes, ils furent fort étonnés d'y trouver de nombreuses peuplades de chrétiens : ceux-ci ne le furent pas moins de voir arriver des étrangers quittaient de leur religion. Ces peuples, qui se nommaient chrétiens de saint Thomas, étaient pour lors répandus dans quatorze cents bourgs ou bourgades ; ils avaient pour unique pasteur un évêquo ou archevêque qui leur était envoyé par le patriarche nestorien de Babylone ou plutôt rie Mozul. Us recherchèrent l'appui des Portugais, pour se défendre des vexations de quelques princes païens qui les opprimaient, et ils mandèrent à leur patriarche l'arrivée de ces étrangers comme un événement fort extraordinaire.

Us étaient persuadés que leur christianisme subsistait depuis le premier siècle de l'Eglise, que leurs

ancêtres avaient été convertis à la foi par l'apôtre saint Thomas, que c'est de lui qu'ils avaient lire leur nom.

A l'article Saint Thomas, nous ferons voir que cette tradition n'est pas aussi fondée que certains critiques l'ont prétendu, et que les autres origines auxquelles on a voulu rapporter le nom de chrétiens de saint Thomas, sont beaucoup moins probables.

Quoi qu'il en soit, ces chrétiens malabares étaient nestoriens, et il y a lieu de croire qu'ils avaient été engagés clans celte hérésie sur la tin du cinquième siècle. Les Portugais, qui avaient amené avec eux plusieurs missionnaires, conçurent le dessein de les réunir à l'Eglise, catholiqi ■, de laquelle ils étaient séparés depuis mille ans. Cet ouvrage fut commencé par D. Jean d'Albuquerque, premier archevêque de Goa, et continué en 1599 par D. Alexis de Ménézez son successeur. Secondé par les jésuites, il tint un concile dans le village de Diamper ou Odiamper, dans lequel il lit un grand nombre de canons et d'ordonnances pour corriger les erreurs rie ces chrétiens schismatiques, pour réformer leur liturgie et leurs usages, pour les rendre conformes à la doctrine et à la discipline de l'Eglise catholique.

L'histoire de cette mission a été écrite enportugaispar Antoine Govea, religieux augustin, traduite en français et imprimée à Bruxelles en 1609, sous le titre d'Histoire orientale des grands progrès de l'Eglise catholique, en la réduction des anciens chrétiens dits de saint Tliomas. Govea leur reproche un grand nombre d'erreurs.

1» Ils sont, dit-il, opiniâtrement attachés à l'hérésie de Nestorius touchant l'incarnation; ils n'ont point d'autre image que la croix, et encore ne l'honorent-ils pas fort religieusement. 2° Ils assurent que les âmes des saints ne verront Dieu qu'après le jour du jugement. 3° Ils n'admettent que trois sacrements, savoir, le baptême, l'ordre et l'eucSiaristie, et clans plusieurs de leurs églises ils administrent le baptême d'une manière qui le rend invalide ; aussi l'archevêque Ménézez les rebaptisat-il en secret pour la plupart. 4° Ils

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ne se servent point d'huile sainte pour le baptême, mais d'huile de noix d'Inde, sans aucune bénédiction. 5° Ils ne connaissent pas même les noms de continuation, ni d'extrème-onction ; ils ne pratiquent point la confession auriculaire ; leurs livres d'offices fourmillent d'erreurs.

0° Pour la consécration, ils se servent de petits gâteaux faits à l'huile et au sel, et, au lieu de vin, ils emploient de l'eau, dans laquelle ils ont fait tremper des raisins secs. Il disent la messe rarement, et ne se croient point obligés d'y assister les jours de dimanches. 7° Ils ne gardent point l'âge requis pour les ordres, souvent ils font des prêtres à l'âge de 15 ou de 20 ans, ceux-ci se marient même avec des veuves, et jusqu'à deux ou trois fois : ils n'observent point l'usage de réciter le bréviaire en particulier, ils se contentent de le dire k haute voix dans l'église. 8o Ils ont un très-grand respect pour le patriarche catholique nestorien de Babylone; ils ne ventent point que l'on nomme le pape dans leur liturgie.

Souvent ils n'ont ni cm* ni vicaire, et c'est alors le plus ancien laïque qui préside à l'assemblée, etc.

] On a pu présumer que cette liste d'erreurs était trop chargée, que Govea prit pour des défauts et des abus tout ce qu'il n'était pas accoutumé à voir. Depuis que les théologiens catholiques ont appris à mieux connaître les différentes sectes de chrétiens orientaux, surtout les Syriens, soit nestoriens, soit jacobites, soit melchites, soit maronites, que l'on a comparé leurs liturgies et leurs rites, que l'on a consulté leurs livres de religion, l'on a reconnu que les Portugais condamnèrent dans les nestoriens du Malabar plusieurs choses innocentes, plusieurs rites que l'Eglise romaine n'a jamais réprouvés dans les autres sectes ; que, s'ils n'avaient pas eu l'entêtement de vouloir tout réformer, ils auraient réussi plus aisément à réconcilier ces schématiques à lEglise.

Quant aux erreurs sur le dogme, Assémani, loin de contredire Govea, en attribue encore d'autres aux nestoriens de la Perse, Biblioth. orient.,

tom. 3, p. 695. Ils omettent, dit-il, d-ans la liturgie, les paroles de la consécration ; ils offrent un gâteau à la sainte Vierge, et croient qu'il devient son corps ; ils regardent le signe de la croix comme un sacrement. Quelques-uns ont enseigné que les peines de l'enfer auraient un terme ; ils placent les âmes des saints dans le paradis terrestre, et ils disent que les âmes ne sentent rien séparées des corps. L'an 596, un de leurs synodes a défini qu'Adam n'a pas été créé immortel, et que son péché n'a point passé à ses descendants, etc.

La Croze, zélé protestant, a fait exprès son Histoire du Christianisme des Indes, pour rendre odieuse la conduite de l'archevêque de Goa et des missionnaires portugais; il tire avantage des reproches quelquefois mal fondés de Govea ; il soutient que les chrétiens de saint Thomas avaient précisément la même croyance que les protestants, qu'ils n'admettaient comme eux que deux sacrements, savoir le baptême et la cène, qu'ils niaient formellement la présence réelle et la transsubstantiation, qu'ils avaient en horreur le culte des saints et des images, qu'ils ignoraient la doctrine du purgatoire, qu'ils rejetaient les prétendues traditions et les abus que l'Eglise romaine a introduits dans les derniers siècles, etc.

Assémani, Biblioth. orient., t. 4, c. 7, § 13, a pleinement réfute le livre de La Croze ; il le convainc de douze ou treize erreurs capitales.

Pour éclairer les faits, et savoir à quoi s'en tenir, il a fallu consulter des titres plus authentiques que les relations des Portugais, savoir, la liturgie et les autres livres des nestoriens, soit du Malabar, soit de la Perse, d'où ils tiraient leurs évêques.

C'est ce qu'ont fait l'abbé Renaudot, Assémani et le père Le Brun, et ils ont démontré que La Croze en avait grossièrement imposé. On trouve dans le 6« tome du père Le Brun, la liturgie des nestoriens malabares, telle qu'elle était avant les corrections qu'y fit faire l'archevêque de Goa; cet écrivain l'a confrontée avec les autres liturgies nestoriennesque l'abbé Renaudot avait fait imprimer, et qui

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ont été fournies par les nestoriens de la Perse. 11 eu résulte que les uns et les autres ont toujours cru et croient encore la présence réelle de Jésus- Christ dans l'eucharistie et la transsubstantiation, que du moins plusieurs admettent sept sacrements comme l'Eglise romaine; que dans leurmesse ils font mémoire des saints, prient pour les morts, etc. Les lecteurs peu instruits, qui se sont laissé séduire par le ton de contiance avec lequel La Croze a parlé, doivent revenir de leur erreur.

Quand nous serions forcés de nous en rapporter à Govea, il serait encore évident que la croyance des nestoriens malabares était très-opposée à celle des protestants.

Ceux-ci croient-ils, comme les Malabares, qu'il y a àdifx Personnes en Jésus-Christ, et que les saints ne verront Dieu qu'après le jour du jugement? LesMalabares onttoujours regardé l'ordre comme un sacrement; et quoiqu'ils n'attendissent pas l'âge prescrit par les canons, Govea ne les accuse poiut d'avoir donné les ordres d'une manière invalide. Il ne dit pas en quoi consistait l'invalidité de leur baptême ; on n'a jamais douté de la validité de celui qui est administré par les nestoriens persans ou syriens.

Leur foi touchant l'eucharistie est constatée par leur liturgie; Govea ne leur fait aucun reproche sur ce point.

S'ils mêlaient de l'huile et du sel dans lepain destiné à la consécration, ils en donnaient des raisons mystiques, et cet abus ne rendait pas le sacrement nul. Quoique le suc des raisins trempés dans l'eau fût une matière très-douteuse, ils ne refusèrent point de se servir du vin que les Portugais leur fournirent. Ils ne disaient la messe que le dimanche, et ils ne se croyaient pas rigoureusement obligés d'y assister; ils la regardaient néanmoins comnsa un vrai sacrifice; ils n'en avaient pas horreur comme les protestants.

Ils négligeaient beaucoup la confession ; cependant ils croyaient l'efficacité de l'absolution des prêtres, par conséquent le sacrement de pénitence. Ce n'est pas là du calvinisme.

Ils ne rendaient pas à la sainte Vierge, aux saints, à la croix, un culte aussi éclatant et aussi assidu que les catholiques; mais ils ne condamnaient pas ce culte comme superstitieux. Ils n'avaient pas d'images dans leurs églises, parce qu'ils étaient environnés de païens idolâtres et de pagodes ; s'ensuit-il qu'ils regardaient l'honneur rendu aux images comme une idolâtrie? Le concile de Trente, en enseignant que l'usage des images est louable, n'apasdécidé qu'il était absolument nécessaire.

Ces chrétiens étaient soumis au patriarche nestorienàe Mozul, et non au pape qu'ils ne connaissaient pas ; donc ils admettaient un chef spirituel et une hiérarchie ; ils ne soutenaient pas, commelesproteslants, que toute autorité ecclésiastique est une tyrannie. Ils ont toujours célébré l'office divin en syriaque, langue étrangère pour eux ; jamais ilr> n'ont célébré en langue vulgaire. Ils observaient religieusement l'abstinence et le jeune du carême ; leurs évèques n'étaient pas mariés; ils ont toujours estimé et respecté la profession religieuse :

où est donc leur protestantisme ?

Si les Portugais étaient demeurés en possession du Malabar, il est trèsprobable que toute cette chrétienté serait aujourd'hui catholique ; mais depuis que les Hollandais s'en sont emparés, ils ont favorisé les schismatiques, et n'ont pris aucun intérêt au succès des missions. M. Anquetil, quia parcouru cette contrée en 17o8, a trouvé les églises du Malabar divisées en trois portions, l'une de catholiques du ritsyriaque.la troisième de Syriens schismatiques. Celle-ci n'est pas la plus nombreuse ; de deux cent mille chrétiens, il n'y a que cinquante mille schismatiques.

Le père Le Brun et La Croze n'avaient donné l'histoire de ces églises que jusqu'en 1663, époque de la conquête de Cochin par les Ilollandois ; M. Anquetil, dans son discours préliminaire du Zend-Avesta, p. 179, l'a continuée jusqu'en 1758. Il nous apprend qu'en 168S les Malabares schismatiques avaient reçu de Syrie, sous le bon plaisir des Hollandais, deux archevêques consécutifs, un

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