‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 54 sur 122 · NICOLAS DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

NICOLAS DE STRASBOURG

(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre Dominicain, né à Strasbourg dans le quinzième siècle, auquel Jean XXII confia en 1326 1a surveillance des Dominicains de la province d'Allemagne, a laissé des Sermons et un livre latin intitulé de Adcentu Christi, dédié au Pape, « dans lequel, dit M. Schrôdl, il traite de la venue de l'Antéchrist, du second avènement de Jésus-Christ, et cherche à démontrer, avec autant de raison que de savoir, qu'il no faut pas se fier aux nombreuses légendes et aux prophéties répandues sur la fin du monde ; qu'on ne peut rien tirer de certain à cet égard des saintes Ecritures, et qu'il n'est ni utile ni profitable de connaître cette époque. De même que ce livre rend témoignage à la raison, à l'impartialité et à la grande érudition de l'auteur, qui avait lu les anciens classiques et les auteurs chrétiens et juifs du moyen âge, de même ses sermons allemands prouvent un esprit vraiment intérieur, un cœur modeste, doux et humble, en mémo temps qu'ils sont écrits d'une manière instructive, agréable, claire, populaire, calme, éloigeée de toute exagération. »

Le Nom.

NICOLAS (Auguste) [Théo!, hist.

biog. et bibliog.) — Cet écrivain catholique français, né vers 1801, appartenant à la magistrature, qui fut employé par M. de Falloux au ministère des cultes, et qui fut nommé, en 1800, juge au tribunal de la. Seine, a publié :

Etudes philosophiques sur le christianisme, 4 vol. in-8, 1842-55, 3 e ôdit.

1859; c'est son ouvrage capital; Du

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protestantisme et de toutes les hérésies dans leur rapport avec le socialisme, 2 vol. in-12, 1852, 3 e édit. 1833 ; La Vierge Marie et le plan divin, 1855 et 1856, faisant suite à ses études sur le christianisme ; La Vierge d'après l'Evangile, in-8 et in-18, 1856; Etude sur Maine de Biran, in-12, 1858; etc.

Tout le monde connaît le succès qu'ubtinrent les Études de M. Nicolas sur le christianisme.

NICOLAS (Michel) {Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce philosophe et théologien protestant français, né à Nimes en 1810, professeur de philosophie à Montauban, a publié beaucoup d'écrits parmi lesquels on peut citer :

De Véclectisme, in-8, 1840, contre Pierre Leroux; Introduction à l'Histoire de l'étude de la philosophie, 2 vol. in-8, 1849-50; Histoire littéraire de Nimes, 3 vol. in-12; Nimes 1 854 ; il a fourni des articles à la Liberté de penser; il a traduit de l'allemand la Destination du savant de Fichte, in-8, 1838, et l'écrit de H. Ritter sur Vidée et le développement historique de la philosophie chrétienne; on a encore de M. Michel Nicolas : Histoire des établissements d'instruction publique chez les protestants avant la l'évocation de ledit de Nantes ; Histoire des croyances juives depuis et avant l'avé^iement du christianisme ; etc.

Le Nom.

NICOLE (Pierre) [Théol. hist. biog.

et bibliog.) — Ce célèbre janséniste, ami d'Arnauld et des religieux de Port-Royal, mais qui ne lut jamais que tonsuré, naquit en 1623, à Chartres, d'un avocat au parlement, Jean Nicole, et de Louise Constant ; suivit les cours de Le moine et de Sainte-Beuve à la Sorhonne durant les années 1645 et 1646 ; donna des leçons à l'école de Port-Royal sur saint Augustin et saint Thomas; prit la plume en 1654 à Paris pour défendre Arnauld, sous le pseudonyme de M. de Rosni/, dans la querelle des cinq propositions; traduisit, en Allemagne, les Provinciales de Pascal,

sous le nom de Guillaume Wendrok; écrivit au Pape sa fameuse lettre de 1677 en faveur des évêques de Saint-Pons et d'Arras, au sujet des casuistes ; accompagna Arnauid dans sa fuite à Bruxelles; obtint de revenir à Chartres et même à Paris moyennant une lettre à l'évèque de Paris, M. de Harlay, dan- laquelle il rétractait en partie ses opinions ; et mourut à Chartres en 1695.

Nicole est considéré comme ayant fait preuve d'un grand talent de controverse ; Niceron énumère 88 écrits sortis de sa plume infatigable; on remarque dans cette liste :

Essais de Morale, en 14 vol. in-12, Paris, 1704 ; Traité de la Foi humaine, Lyon, 1664, in-4° ; la Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique touchant l' Eucharistie, Paris, 1670, 3 vol.h>4°; les Préjugés légitimes contre les Calvinistes; Traité de l'Unité de l'Église, contre Jurieu. « Les notes de sa traduction latine des Provinciales sont pires que le texte, » dit M. Floss.

Le Nom.

NIDS (les) DES OISEAUX (Théol.

mixt. scien. zoolog. ornith.) — Pour décrire les industries des oiseaux dans la construction de leurs nids, il faudrait des volumes ; ce n'est pourtant pas à leur mérite inventif qu'il convient d'attribuer ces industries, puisque la même espèce dans le même climat, et avec les mêmes éléments de construction, ne les modifie jamais ; la raison consciente et universelle des choses, Dieu, en est la seule explication possible; mais en étudiant les nids à ce point de vue on y trouve une des manifestations les plus variées et les plus merveilleuses de la richesse intinie de cette raison éternelle. Empruntons seulement à M. Ad. Focillon le coup d'œil général qui suit sur les nids des oiseaux.

« C'est à cette époque (il s'agit do l'époque de l'année où beaucoup d'oiseaux, les mâles surtout prennent, comme dit Linné, leur robe de noce), que se construisent les nids pour recevoir les œufs et servir de berceaux aux petits. Une architecture naturelle des plus variées se révèle

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dans ces admirables ouvrages, et c'est encore chez les nombreuses espèces de passereaux que s'exécutent les plus merveilleux travaux. On a cherché à les assimiler aux travaux de construction de l'homme et on a pu distinguer jusqu'à douze catégories de procédés*

» Il y ades oiseaux mineurs qui creusent leurs nids dans les escarpements des puits, des carrières, des rochers, (Merles de roche, Pétrels, Guillemots, etc.) Puis nous trouvons d'industrieux maçons, l'Hirondelle qui scelle aux angles de nos bâtiments un nid fait d'une espèce de torchis, le Flamand qui construit avec de la terre délayée un cône élevé qu'il loge entre ses longues jambes (I), le Fournies qui modèle en argile un nid en forme de four intérieurement divisé en un vestibule et une chambre de famille. D'autres, véritables charpentiers, comme les Pics, creusent le bois et s'y aménagent un nid bien abrité.

Plus rustiques, la plupart des oiseaux de proie établissent avec des bûchettes des plates-formes, nommées aires, où s'élève leur famille et qu'entoure un charnier destiné à l'approvisionner.

On retrouve riiez plusieurs Échassiers, tels que les Hérons, les Grues, de véritables aires que les goûts inofi'ensifs de l'oiseau n'entourent pas de ce lugubre appareil. Plusieurs espèces, surtout parmi les passereaux, tressent avec une admirable industrie, d'élégantes corbeilles de formes très-variées, intérieurement garnies des matières les plus molles et les plus chaudes; on peut citer beaucoup de Fauvettes, de Mésanges, les Bruants, les Pinsons, les Bouvreuils, les Cassiques et les Carouges de l'Amérique, etc. Plus industrieux encore,

(1) Ce fait est donné connue vrai par beaucoup de naturalistes ; cependant, il parait établi aujourd'hui, qu'il n'est pas exact. Le Flamand u'a pas de peina à plier ses longues jambes jusqu'à les cacher dans ses plumes quand il s'agit pour lui de couver ses œufs. N'en doune-t-il pas la preuve lorsqu'il f-e tient but un seul pied? L'antre jambe devient invisible malgré sa longueur. 11 n'a donc pas besoin d'élever son nid sur une bntte qu'il puisse enfoui cher, abri de couver ses œnfs, tt il pars» bien qu'il De le fait pas. Quelques nah.ialistes, sur les dires de certains voyageurs, ool enchéri avec l'imagination sur les œuvres de Dieu; il n'en était pas besoin.

La Noir.

certains Passereaux construisent leur nid d'un véritable tissu. Tantôt comme celui du Capocier ou petite Fauvette tachetée du Cap, c'est une sorte de feutre que Wilson compare à un morceau de drap un peu usé. Tantôt ce sont des toiles plus ou moins grossières comme celles qui ont valu leur nom aux Tisserins de l'Afrique et des Indes. Plusieurs espèces vont plus loin encore, et cousent, sans dé, ni ciseau, ni aiguille, avec une véritable perfection ; la plus remarquable en ce genre est le Tati ou Fauvette Couturière de l'Inde qui sait recueillir sur les cotonniers le colon dont elle fait un fil avec son bec et ses pattes et qui lui sert à coudre ensemble les feuilles sous lesquelles elle cache son nid.

L'Hirondelle Salangane, en traitant avec sa salive et son bec divers lichens de Java, fabrique ces nids gélatineux estimés des gourmets chinois.

» La matière qui forme le nid n'est pas plus curieuse que les précautions prises pour le placer, pour le rendre, par sa forme, inaccessible à l'ennemi, pour l'approprier aux conditions où se trouve l'oiseau. Le Bouvreuil place l'ouverture de son nid du côté opposé aux vents habituels de la contrée. Le Rémiz penduline, petit sous-genre de Mésange européenne, conforme le sien en une bourse aplatie, avec une ouverture sur le côté, munie d'une sorte de volet que l'oiseau peut fermer, et tournée vers la surl'ace de l'eau au-dessus de laquelle une branche mobile porte tout l'édifice suspendu. Cesl à la pointe d'une feuille de palmier ou à l'extrémité d'un rameau flexible et allongé que le Cassique huppé du Brésil suspend son nid également arrondi en bourse; et ses congénères reproduisent les mêmes habitudes dans les diverses conditions où ils vivent.

On retrouve des dispositions analogues dans les nids de plusieurs oiseaux du grand genre Moineau (b'riiigilla, Lin.), mais le Tisserin du Bengale, ou Baya, joint aiusi d'année en année, plusieurs de ces nids en forme de boule, en suspendant, chaque printemps, un nouveau sous l'orilicedeceluide l'annéeprécédente jusqu'au quatrième ou cinquième.

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Les Tisserins républicains du cap de Bonne-Espérance, combinant leurs instinets d'arcbitectes avec celui de la sociabilité, édifient, une sorte, de gâteau de nids accolés les uns aux autres, formant sur un arbre comme une sorte de toit de chaume peuplé de familles nombreuses qui se cachent dans son épaisseur.

» Les oiseaux savent, d'ailleurs, modifier leurs travaux au besoin.

Notre Moineau franc, lorsqu'il trouve un trou de muraille, un pot de fleur accolé à un mur, y dispose grossièrement quelques brins de foin pour préparer le berceau de sa couvée ; mais abandonné à lui-même dans la campagne, il construit sur les grands arbres, avec beaucoup d'art, un nid qu'il surmonte d'une sorte de voûte en forme de calotte pour abriter ses petits contre la pluie. Audubon a remarqué que, sous le climat chaud de la Louisiane, le Loriot ou Carouge Baltimore construit un nid tissé à claires-voies et l'expose, au nordest; tandisque, sous le ciel plus froid de l'Etat de New-York, le même oiseau rembourre son nid de laine et de coton, et a grand soin de l'exposer au midi.

» Il importe d'ajouter, en terminant ces courtes indications, que certains oiseaux, comme l'Engoulevent, la petite Hirondelle de mer, ne prennent aucun souci de construire un nid et déposent négligemment leurs œufs sur les pierres ou entre les galets. »

M. Focillon pourrait ajouter encore que d'autres ont l'instinct de voler le nid d'autrui et d'y faire élever leur progéniture par une nourrice étrangère. Voy. Coucou ; Histoire d'un nid.

Le Nom.

NIEMAYER (Auguste -Herman) {Théol. hist. biog. et biblog.) — Ce professeur de philosophie de l'université de Halle, né dans cette ville en 1754, et mort en 1827, d'une attaque d'apoplexie, a laisse :

L'Iliade, avec des notes, 1778; \% Philoctète de Sophocle et l'Hécube, la Médée et Ylphigénie d'Euripide, 1781 ; Caractéristique de la Bible en

5 part. 1775-82; Principes de l'éducation et de l'instruction, ouvrage qui eut 8 édit. consécutives; Manuel de la doctrine chrétienne, 6 édit. 1 786-90 ; Philotas, calmant pour ceux qui souffrent, 1779; Consolation des affligés, 1783-89 ; Timothéc, pour réveiller la piété, 1789; des cantiques; des drames religieux; des sermons, un Traité élémentairenoxir\es théologiens qui se consacrent à la prédication, lequel eut 14 édit; Lettres à des instituteurs chrétiens, 2 vol. 1>803 ; etc.

La direction de son esprit était rationaliste.

Le Nom.

NIEREMBERG(Jean-Eusèbe) {Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce Jésuite espagnol, qui allia la science profane à la science sacrée, naquit à Madrid en 1 595, et y mourut paralysé des mains et de la langue en 1658; il a laissé beaucoup d'ouvrages dans tous les genres. Voici ce qu'en dit M. Ott dans le Dict. encycl. de la théol. cathol.

« Les travaux de Nierembcrg avaient été nombreux et s'étaient étendus à toutes les branches des connaissances humaines. Ses œuvres théologiques sont d'un haut intérêt; ses ouvrages ascétiques se distinguent par l'onction et la pureté du style ; il? ont été traduits dans presque toutes les langues. Nous citerons : Vita divina seu via regia ad perfectionem ; — Difercncia entre lo temporal y eterno ; — de Adoratione in spiritu et veritate. Ce traité est une pieuse introduction à la perfection chrétienne, exposant, méthodiquement la triple voie intérieure, la vie purgative, la vie illuminative et la vie unitive, sous la forme d'un soliloque, tandis que les Doct-rinw ascetiese, sive spiritualium institutionum pandectse, forment un système méthodique et rigoureux d'ascétisme.

» ISieremberg avait un culte particulier pour la sainte Vierge; tous ses ouvrages respirent l'amoiy de Marie.

Il eut le bonheur de défendre la cause de l'immaculée conception, dans des écrits spéciaux, avec autant de savoir que d'éloquence. L'écrit de Affectu et amore erga Mariam Vir-

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ginem expose, dans un style plein de chaleur et de mouvement, les motifs qu'ont les iidèles d'aimer la Mère de Dieu. Divers opuscules réunis sous le titre : Opéra Parthenica, de supereximia et omnimoda puritate Mutris Bei, in-fol., Lugd., 1659, présentent, avec autant d'érudition que de sagacité, toutes les preuves tirées de la tradition et de la spéculation qui établissent la doctrine de l'immaculée conception. Les opuscules : de Perpetao objecta festi Cunceptionis immac, — et de Sanctitate institua festi certa, démontrent que l'immaculée conception est l'objet même et a toujours été l'objet propre de la fête de la Conception. Les Exccrptiones Conc. Trid. pro omnimoda Deiparx puritate prouvent que la doctrine de l'immaculée conception est fondée sur les paroles du concile de Trente, quoiqu'il ne l'ait pas formulée en dogme, et contiennent, en même temps, avec la Theoria compend. de solida veritate conceptx Deiparx absque labe virginali, — le Sacrosyllabus de explicata ab Eccîesia et Patribus Seriptura pro imm. Conc.

Virg., la démonstration de cette doctrine par la tradition et les textes de la Bible. Cet opuscule, lié d'ailleurs avec celui intitulé : de Concordia debiti peccati negati in Deipara mm ;//•«lia Êedemptoris, renferme déjà l'explication spéculative du dogme. Les Dissertationes epistolicx de immac.

Conc. Deiparx (vingt lettres) portent sur diverses questions accessoires.

» Le Theo-politicus, seu brevis illucidalio et rationale divinorum operum atque providentia humanorum, renferme, dans sa première partie, des explications dogmatiques, sans un ordre bien rigoureux d'ailleurs, sur la création, la providence, le péché originel et l'Incarnation, la grâce et la liberté, le bonheur temporel des méchants, le malheur des bons, le jugement particulier et le jugement universel, l'éternité des peines ; la seconde partie, pratique et morale, décrit, en se rattachant à la première, le gouvernement des Etats par les rois' et les princes, d'après leur véritable idéal, et en tant qu'ils

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