‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 55 sur 122 · NIL · texte numérisé non relu

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sont des copies du gouvernement divin et providentiel de l'univers.

» Les Stromata S. Scripturx, in quibus enarrantur, illustrantur cum commentationibus moralibus vitx et historix Gain, Nabuch., Achan, Jczab., Sus., etc., etc., sont un travail d'exégèse fort intéressant. Un autre livre assez considérable et d'une rare érudition, offrant une sorte d'anthologie morale et ascétique, tirée des Pères et des auteurs ecclésiastiques de tous les siècles, est l'Hieromelissa biblioth. de doctrina Ecangelii, imitatione Christi et perfectione spirituali.

Nierembcrg s'occupa aussi d'histoire; on a de lui la Vie de saint Ignace de Loyola, Madrid, 1631. II a laissé une preuve de son érudition classique dans son Sigalion, sive sapientia rnys~ tica (imprimé avec Yllieromelissa).

Parmi ses travaux d'histoire naturelle nous citerons : la Curiosa filosofia y tesoro de maravillas de la naturaleza, Madr., 1634; Eistoria natures maxime peregrinx. 1. XVI, 163;;. »

Le Nom.

NIL (S.) l'ancien, surnommé le Sage (Thëol. hist. biog. et bibliog.) Ce célèbre solitaire, un des plus grands de l'Orient, naquit dans la première moitié du iv° siècle et vivait encore en 430. Nil s'était séparé de sa femme en 390 avec son consentement, lui avait laissé un enfant, avait pris l'autre, Théodule, et s'était retiré parmi les anachorètes du Sinaï. Il y était depuis quatre ans, entretenant une correspondance avec tous les pays sur les affaires religieuses, les hérésies, et défendait surtout saint Jeau Chrysostome, lorsque les Sarrasins, ayant faitirruptionchez les solitaires, lui enlevèrent son fils. Il se mit à sa recherche et le retrouva à Eleusa, chez l'évèque à qui les Sarrazins l'avaient vendu. Alors le père et le fils furent ordonnés prêtres par l'évoque d'Eleusa, et tous deux retournèrent au Sinaï.

« On a de Nil, dit M. Schrodl, divers écrits qui s'adressent principalement aux moines et aux solitaires.

NU, dit Tillemont, prêche la vertu avec éloquence; ses pensées son gra-

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ves et son style est plein de charmes.

Du Pin appelle les lettres de Nil un arsenal de" pensées aussi utiles que belles sur toutes espèces de sujets.

Malheureusement quelques-uns des opuscules c\e Nil ont été perdus, par exemple, celui contre les païens.

Ceux qui sont parvenus jusqu'à nous sont un Traité de la Prière ; un Traité de la Vie ascétique ; un écrit, adressé au moine Agathius, qui porte le titre de Peristerin; une Dissertation sur la Pauvreté volontaire, adressée à la diaconesse Magna, d'Ancyre; deux Traités, à Elogius, sur l'ascétisme et sur le vice ; un Traité des avantages de la vie des solitaires sur celle des moines dans les villes; divers recueils de Proverbes, qui appartiennent à Evagre; des Traités sur les huit mauvais esprits et les mauvaises pensées; un Discours sur Luc, 22, 36, et des fragments d'autres discours ; le Récit du meurtre des solitaires du Sinaî et de la captivité de Théodule ; un Discours sur le moine de Nifrée Albianus; l'Exposition du Cantique des cantiques, mêlée aux commentaires de Grégoire de Nysse, de Maxime et de Psellus sur ce cantique, de telle sorte qu'on ne sait pas ce qui est de NU. Le Manuel d'Epictëte, et vraisemblablement le Traité ou le discours sur diverses matières morales ne sont pas de lui, pas plus que quelques autres livres qui portent son nom. C'est à tort que quelques écrivains ont considéré Nil comme un iconoclaste ; Nil ne se prononça que contre l'abus qu'un homme riche de Constantinople voulait introduire en faisant représenter, sur les murs d'une église qu'il avait fait construire, une foule de ligures symboliques d'animaux et d'autres objets naturels. »

Le Noir.

NINIVE et LES INSCRIPTIONS CUNÉIFORMES DEPUIS VINGT-CINQ

ANS (Théol. mixt. scien. archéol.) — Les travaux qui furent entrepris par MM. Botta et Layard sur les ruines de Ninive et qui nous ont donné nos curieux musées assyriens de Paris et de Londres, siéloquemnientconllrmatifs des histoires bibliques, ont été poursuivis depuis vingt-cinq ans avec une

infatigable ardeur et se poursuivent encore. Nous ne saurions, dans un article, entreprendre un sommaire de tant de révélations inattendues ; un tel sommaire demanderait un ouvrage à part. Nous nous contenterons de faire quelques citations, prises à peu près au hasard dans cette série de découvertes, et dont la principale consistera dans un extrait de la légende du déluge rétablie et déchiffrée par les assyriologues anglais sur les tablettes cunéiformes du British Muséum ; cet extrait est tiré d'un mémoire qui était vivement attendu par le monde savant sur les inscriptions en écriture à forme de coins, et dont M. George Smith donna lecture en 1872, à la société d'archéologie biblique, sous la pré.^ii!ence de sir Henry Rawlinson. En réunissant les fragments de tablettes, on a lini pour retrouver la suite, sauf des lacunes provenant de mutilations irréparables; les tablettes étaient originairement au nombre de douze au moins et contenaient des séries de légendes antiques plus ou moins mythiques, mais présentant toutes le plus haut intérêt ; et parmi ces légendes, se trouvait sur la onzième tablette, celle du déluge ; c'est de celle-là que nous citerons une suite de phrases, dans lesquelles ne se font pas remarquer beaucoup de lacunes.

I. M. Layard, dans son livre Ninive et ses ruines (nineveh and its remains), après celui de MM. Botta et Flandin, Monument de Ninive et avant les communications du colonel Rawlinson qui se sont fait si longtemps attendre, tirait, en 1849, sur les trois points des ruines de Ninive qui avaient été fouillés et étudiés, Nimroud, Kouyunjich et Khorsabad, antiques palais des rois de Ninive, de diverses époques, les conclusions suivantes :

« Nous concluons de toutes les remarques précédentes :

» 1° Qu'il y a en Assyrie des édifices qui sont si différents dans leurs sculptures, leurs symboles mythologiques et sacrés, les caractères et la langue des inscriptions, que nous sommes autorisés à distinguer deux périodes dans l'histoire d'Assyrie.

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Nous en concluons, de plus, ou Lien que les peuples habitants de cette contrée à ces deux époques distinctes étaient, soit de différentes races, soit do branches de la même race ; ou bien que, par le mélange avec des étrangers, peut-être des Egyptiens, de grands changements sont survenus dans leur langage, leur religion, leurs mœurs, entre la construction du premier palais de Nimroud et celle des édifices de Khorsabad et de Kauyunjik.

n 2° Une les noms des rois qu'on lit sur les monuments indiquent même une période de plusieurs siècles entre les constructions des uns et des autres.

» 3° Que, d'après les symboles introduits dans les sculptures de la seconde période assyrienne, et d'après le caractère égyptien des petits objets trouvés dans la terre au-dessus des ruines de la plus ancienne période, il faut admettre d'intimes relations avec l'Egypte, effets de conquête ou de cordiale entente entre f époque de l'érection du plus ancien et du plus nouveau des palais; que les monuments d'Egypte, les noms de rois dans certaines dynasties égyptienues, les ivoires de Nimroua, l'introduction de quelques divinités assyriennes dans le Panthéon Égyptien, et d'autres preuves, signalent le quatorzième siècle comme l'époque probable du commencement de ces relations, et leneuvième comme celle qui les ait vues se terminer.

» 4° Que les plus anciens palais de Nimrond étaient déjà en ruines et enfouis avant la construction des autres; et qu'il est probable qu'ils ont pu être détruits vers le temps de la il e dynastie égyptienne.

• 5° Que l'existence des deux dynasties assyriennes distinctes, et la fondation d'une monarchie en Assyrie, à peu près 2000 ans avant Jésus- Christ, peut se déduire du témoignage des plus anciens auteurs, et est d'accord, à la fois, avec l'écriture et les monuments égyptiens. » (Traduit par M. Bourrasse et cité par lui dans son Dictionnaire d'archéologie sacrée.)

II A une date un peu plus récente M. Schegg, dans son article Ninive

du Dict. eiieyd. de la théol. cathol.

résumait comme il suit ce qu'il savait des découvertes faites à cette époque sur l'ancienne Ninive (1) :

(I) « Ninive, dit M. Schegg, niH'O (1); LXX,

NlVEUÏ, NiV£U-q, cupitalB de l'Assyrie fat, d'aprè» laGeuèse(2), fondé par Neiniod, Le nom de Ninive (nlJ— "P-)j ï" 1 TenL ^' re demeure de Ninus, paraît être d'une origi ne postérieure et avoir été pris lie celui du fondateur de l'empire assyrien, qui lit de l'ancienne ville de Nemrod le contre de sa domination etposa ainsi le fondementde sa grandeur et de sou importance future. D'après le peu do détails que nous avons sur Ninive, c'était une ville d'une immense étendue. Diodore lui donne 480 stades (li milles géographiques) de tour et dit qu'elle était beaucoup plu» grande que Bahylone. La Bible est d'accord avec le dire de Diod.>ro, quoique les textes soient d'une rédaction vague et générale (3), « Ninive était une grande ville qui avait trois jours de chemin, tanti ei-at ambitus ut vix tnum dierum itinere posset arcumiri[4). » Ou lit encore (5): a Et moi je ne pardonnerai* pas à la grande ville de Ninive, où il y a plus de cent viagt mille personnes qui ne savent pas discerner leur main droite d'avec leur main gauene I u Ainsi le nomhre des enfants de Ninive, parouli, était estimé à plus dosant viogt mille, ce qui fait présumer une population de plus de deux millinns d'àmes. Ninive passait pour une ville imprenable, tiint à cause îles eaux qui l'entouraient qu'à cause do la solidité de ses murailles et de tes tours. Les murailles de la ville avaient dit-on, plus de 30 métros de haut, et étaient assez larges pour que trois chariots pussent y pas-or de frout ; elle était en outre munie de quinze cents tours. Elle dut sn splendeur extraordinaire autant a sa position qu'à la circonstance qui eu fit la résidence des rois conquérants et le dépôt des iunombraldes trésors provenant des dépouilles de la moitié d'un monde. La situation de Niuiie sur le Tigre, à l'un des rares endroits où il supporte un pont, fit de Ninive un point central pour le commerce de l'Orient. C'est pourquoi Nahum djt (6) : r Vous avez amassé plus de trésors par votre trafic qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel, >i et qu'un proverbe postérieur appelle Mossoul, qui est situé en face, la p rte de de l'Orient et de l'Occident.

Mais cette ville florissante vit arriver enGn sa dernière heure ; elle succomba aux efforts des armées unies des Mèdos et des Chuldéeus, qui mirent, par la conquête de Ninive, un terme à l'empire assyrien, 600 ans avant Jésus-Christ. Cependant Ninive no disparut point par là du sol et de l'histoire, aussi peu que B ibylone, conquise \ ar Cyrus. Hérodote fait enontion de Ninive (7) comme .l'une ville encore existaute. tout près du Tigre (S). Outre Diodore, déjà cité, Pline (9), Tacite (10), Ptolémée (11 ), Alniuieu Marcellin (12) nomment éga-

(1)11 Rois, 19,36. Is.,37,37. Jon., 3, 3, 6. N*H., î, 8.

fi) 10, 1'.

(S) (If .Ion., 3, 3.

(4) Hierou.

(5) Jott., 4, II.

(6) 3, lli.

(8)11, ÎB0.

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