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» L'antique Ninive est ensevelie sous la colline que les habitants actuels considèrent comme le tombeau du prophète Jonas; de là son nom de Nebbi Yunus, précisément en face de Mossoul, à une demi-lieue seulement du Tigre. Rawlinson en sépare Finirud et Kujunjik, et encore plus Korsabad, qu'il tient pour des villes à part et qu'il désigne ainsi : Nimrod est pour lui le Calach de la Bible (1), Nebbi Yunus, Ninive, Kujunjik, Mespila (2) (ce qui résout ladifticulté qui nait de ce que Xénophon ne fait jamais mention de Ninive) (3), et Korsabad, Sargon (Zarghon chez les anciens géographes arabes)...
« Eniin le voile qui couvrait la langue des Assyriens tombe de plus en plus. On ne sait pas lire encore la langue cunéiforme des Assyriens, mais on a fait un grand progrès pour en comprendre la teneur générale.
On est parvenu à ce premier résultat que la langue des inscriptions assyriennes et babyloniennes appartient, non à la famille des langues ariques, mais à celle des langues sémitiques, et qu'elle est, dans ses formes, plus ancienne et plus primitive que tous les autres dialectes sémitiques connus ; les pronoms s'y montrent tout à fait sémitiques, de même que les préfixes des verbes et les racines purement bisyllabiques. Botta n'a pas osé encore prononcer un jugement sur la langue des Asfayriens, mais Rawlinson, par ses recherches, a donné un caractère de certitude absolue aux résultats indiqués. »
En 1830, en effet, on ne lisait pas encore les inscriptions cunéiformes ; mais aujourd'hui, comme on en verra la preuve plus loin, on en a déchiffré
leo-.cnt Ninive. A. daier d'Ammien l'histoire n'en parle p^is comme d'une ville. Au treizième siècle elle est indiquée comme un casUd, et Benjamin de Tudèle fait mention de constructions élevées sur les ruines de Ninise. Tandis qu'en face Mossoul grandissait, l'antique capitale du monde disparaissait au point que, pendant des siècles on en connut à peine les ruines. Ninive devait ressusciter de nos jours de son tombeau, et la grandeur des monuments découverts, les inscriptions dont ils sont chargés, donuent de cette ville une idée qu'où était loiu de soupçonner, v
(1) Gen., 10, il.
(î) X^onpli., Cyr. exp., 111, 4, 7.
(3) Ritter, XI, p. 174.
un très-grand nombre. Il y avait et il y a toujours beaucoup à déchiffrer, car Rawlinson écrivait en 1853 :
« Sur les tablettes d'argile que nous avons trouvées à Ninive et qui se comptent maintenant par milliers, nous avons des traités didactiques qui embrassent presque tous les sujets sous le soleil; on y trouverait des grammaires et des dictionnaires, tout ce qui concerne l'art de l'écriture, la notation numérique, les poids et les mesures, les divisions du temps, la chronologie, l'astronomie, la géographie, l'histoire, la mythologie, la géologie, la botanique, etc. En un mot, nous avons maintenant à notre disposition une véritable encyclopédie de science assyrienne. » (Cité par M. Muller, Science des langues, p. 301.)
III. Extrait d'un rapport annuel de la Société royale asiatique de Londres de 1854, sur les fouilles de Ninive dirigées par le colonel Rawlinson.
« La découverte la plus récente, et aussi la plus importante, au double point de vue historique et géographique, est celle d'un nouvel obélisque trouvé dans la partie sud-est du principal monticule de Nemrod. Cet obélisque a été élevé par Shamasphul, fils de Shalamhara ou Shalamchara, qui a édifié le monument semblable et bien connu qu'on voit au Musée britannique. Il mesure neuf pieds carrés, et il a en hauteur six pieds neuf pouces. Il est en belle pierre calcaire, et est arrondi par le haut. Sur une de ses faces, dans un cadre creusé en forme d'arche, un roi est représenté en vigoureux relief avec les symboles assyriens au-dessus de sa tète, et sur sa poitrine la croix semblable à celle de Malte. L'obélisque est d'une forme plus irrégulière et moins polie que celui que nous possédons déjà. Sur les trois autres faces il y a des inscriptions dont les moulages ont été envoyés au colonel Rawlinson, à Bagdad. Elles sont écrites en caractères assyriens hiératiques, dont il existe un échantillon à Londres, sur la pierre noire dite de lord Aberdeen; mais leur alphabet différant en plusieurs points du système assyrien ordinaire, il a fallu
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quelque étude avant qu'on ait pu les Jire couramment. Cette différence toutefois n'e=t guère plus considérable que celle qui existe entre certaines formes ornées de la vieille écriture anglaise et les caractères de nos livres imprimés. La date de l'obélisque peut être fixée au commencement du huitième siècle avant Jésus-Christ.
» L'inscription est partagée en quatre colonnes et contient 225 lignes.
Elle commence par les invocations accoutumées aux dieux d'Assyrie; puis elle rapporte, dans les termes suivants, une révolution domestique entreprise par le frère aine du roi :
« As/uo'-ctoi-Pfl^Sardanapale?) se ré- » volta contre sou père, Shilamhara.
» En sa qualité de mon frère aîné, il » avait sous sa garde le pays tout en- » tier; mais il le souleva et se pré- » para à combattre. Il réunit autour » de lui les hommes de la Haute et de » la Basse-Assyrie, et il nomma des » chefs pour commander les villes, » entraîner les habitants à se battre » pour lui et les mener au combat. »
« Suit une liste de vingt-sept villes, obscures pour la plupart, excepté les dernières, dont les noms sont bien connus. L'inscription continue ainsi :
« Ces vingt-sept places fortes se ré- » voltèrent contre Shalamhar, mon » père, et se déclarèrent en faveur » d'Ashur-dan-Pal. Avec l'assistance » des grands dieux je les réduisis tou- » tes sous mon joug. »
« Viennent ensuite les détails des guerres du roi. La première année de son règne, il envahit les frontières de Nahiri (Naharaina), et fixe les limites de l'Assyrie proprement dite. Pendant la deuxième année, il envoie son général Mulil-Ashur, contre le Nahiri, et cet officier poursuit son expédition jusqu'à la mer du soleil couchant (l'Euxin ou la Méditerranée.) Son principal adversaire est Khurtsina, fils de Mikdiana; et dans cette campagne, nombre de villes sont prises, quantité d'ennemis sont massacrés, et un butin considérable est enlevé ! Dans la troisième année, le roi franchit le Zab et passe, à travers Isibar, jusqu'en Nahiri, et reçoit les tributs de Dadiva et de plusieurs autres villes. Au sujet de ce jtassage, où il est question de
Bartsu, le colonel fait cette remarque : « Je suis d'avis, maintenant, » que Bartsu ne peut être la Perse ; » c'est évidemment une partie de' » l'Ar i énie qui est réunie, ici et sur » l'ancien obélisque, avec le Minni ou » Ararat. »
« L'inscription détaille ensuite les tributs exigés, constate les ravages et le butin de Milida, et donne une description de cette campagne au milieu de ce pays montagneux. Le monarque vainqueur s'avance et pénètre dans le Zirruppunda, où il reçoit les trihuts de plusieurs rois, dont les noms sont douteux. La campagne opérée dans ce pays est décrite en détail. Un roi nommé Perishat est emmené en esclavage, et l'indication de ce fait est suivie de l'énumération ordinaire du butin. Le conquérant reçoit le tribut de la ville d'isibara, et là érige une stèle sur laquelle il inscrit les lois et règlements d'Assur et les exploits de ses soldats dans la conquête du Nahiri. Il marche ensuite sur la Mata (Médie), et raconte sa campagne dans ce pays, dont la ville principale est appelée Nabit. Il attaque Shirtsuarta, chef d'Arazias, et donne les détails de sa conquête, de la soumission de son adversaire, du tribut qu'il a exigé de lui, etc. Une liste des tributaires qui ont cédé à ses armes contient les noms de vingt-six chefs et ceux de leurs villes. Tous ces noms sont nouveaux; beaucoup sont difficiles à lire, mais ils seront utiles sous le rapport de l'étymologie.
» Le roi énumère ensuite les tributs qu'il a levés, et il dit que par la grâce des dieux il a imposé le joug de l'Assyrie à toutes les contrées qui s'étendaient du district montagneux d'Isiba jusqu'à la mer du soleil couchant, c'est-à-dire à toute l'Asie-Mineure et à la chaîne du Taurus.
» Dans la quatrième année de mon » règne, continue-t-il, le quinzième » jour du mois de si, je me mis en » marche pour le pays de Babvlonie.
» Je franchis le Zab ; sur les lisières » des montagnes je tuai trois tau- » reaux sauvages. Je ravageai le pays » d'Lpiteh, et m'emparai du temple » de la ville sur le fleuve Turnat (que '> le colonel Rawlinson croit être le
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>> Nahrwan supérieur) . La crainte » de mes dieux Assur et le Soleil » s'empara du peuple de cette con- » trée, et il se soumit à ma puissance.
» Je remportai une victoire sur les » hommes du pays, et j'abandonnai » leurs l/iens et leurs dieux à mon » peuple. Je traversai à piod sec le » Turjrib. La ville de Tikne et deux » cents autres cités environnantes » furent par moi déiruites de fond en » comble, rasées et livrées aux » flammes. Je ravageai le pays de » Nahrwan et attaquai la ville de » Dihhina, Le peuple fut saisi de la » crainte d'Assur, et il se soumit. »
Suivent d'autres détails, tous dans le même style, jusqu'à l'entrée du roi dans l'Akkidiui. — « Alors, » ajoute-til, le peuple effrayé de la » colère de mes troupes victorieuses » et de la puissance de mon armée s dont il était impossible d'arrêter » les conquêtes, se réfugia dans la » ville de..., qui était la capitale, si- » tuée sur le fleuve Surabbi, dont les » bords étaient couverts de quatre » cent quarante-sept villes dépeù- » dantes de la première, ht pris cette » capitale d'assaut, et je massacrai » dix-huit mille hommes de la gar- « nison ; leur sang coulait comme » l'eau des rivières qui entouraient la » ville. Je pris vivants et lis prisony> niers trois mille des habitants. Je » donnai à. mes troupes les richesses » et les armes de la garnison, nom- » breuses comme les gouttes d'une » ondée. Je détruisis, rasai et brûlai » la ville. Le Mersdach... s'enfuit vers » son armée. Il réunit les Chaldéens, » les Elamites, les Mimri et les Ara- » méens, forces innombrables, et vint » à ma rencontre. Sur la rivière Dab, » au-dessous de la capitale détruite, » je livrai bataille à son armée et à » tous ses auxiliaires, et je les taillai » en pièces. Je tuai cinq mille com- » battants, j'en pris deux mille vi- » vants, je m'emparai do mille cha- » riots, de deux mille tentes, du pay> villon et de l'étendard royaux et » du camp tout entier. »
« Là finit brusquement l'inscription. Après avoir donné ce résumé des annales de Shamasphul, le colonel Rawlinson fait quelques remar-
ques au sujet de la géographie de l'Assyrie dans ces temps reculés. Les rivières Surab et Dab seraient, selon lui, le Sura et le Zab des Arabes, bras gauche de l'Euphrate qui se bifurquait à Babylone. D'abord il avait supposé que le Surab était le Kukha; mais il pense que Shamasphul n'aurait pu parvenir si loin sans livrer beaucoup plus de batailles qu'il n'en est raconté dans ses anuales. Il fait aussi remarquer que le nom à'Akkidim s'applique ici, comme sur l'autre obélisque, à la Babylonie s'étendant vers le nord jusqu'à la frontière d'Assyrie, tandis que plus tard ce même nom ne désigne plus que la partie inférieure de cette contrée.
» Le colonel annonce en même temps qu'il a descendu la rivière jusqu'à Bassora, d'où il a expédié plusieurs caisses au Musée britannique et au Palais de cristal par la frégate à vapeur \'AJ:hb(w, qui avait été ende Bombay. Nous ne
voyee exprès
tarderons donc pas à recevoir ces antiquités précieuses.
» Les fouilles opérées par M. Taylor à Umgheir ont fait connaître d'une manière satisfaisante le plan architectural des temples babyloniens et chaldéens. On a la certitude que ces édifices étaient construits par étages diminuant par le haut, de façon qu'un seul appartement en formait le sommet ; ce qui s'accorde parfaitement avec la description donnée par Hérodote du temple de Jupiter-Bôlée. Les recherches de M. Taylor ont aussi amené la découverte de cinq cylindres couverts d'inscriptions, et d'un grand nombre de briques portant des noms de rois qu'on n'a point encore remarqués sur les autres monuments. L'examen de ces divers morceaux a conduit le colonel Rawlinson à composer des listes de noms propres, dont quelques-uns appartiennent à des rois qui ont dû régner sur les plaines de la Mésopotamie avant même l'établissement de l'empire d'Assyrie, et d'autres à des gouverneurs des provinces agissant par l'autorité du souverain.
» La chronologie de l'histoire d'Assyrie s'est enrichie d'un document précieux par la découverte d'annales
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d'un des premiers rois, dont le nom paraît être Téglath-Phalassar, comme celui du monarque assyrien connu plus tard des Hébreux. Téglath-Phalassar I er devait avoir lleuri 418 ans avant le règne de Sennachérib, d'après le passage d'une inscription déjà traduite par le docteur Hincks sur une copie que M. Layard lui avait communiquée. Le même savant trouva ensuite au Musée britannique un cylindre de Téglath-Pbalassar, rapportant la construction d'un temple à une date qu'il crut être soit 1750, soit 1840 ans aj-ant Jésus-Cbrist.
» Le docteur Hincks publia cette découverte au mois de juillet. Aujourd'hui le colonel Rawlinson, ayant trouvé un second cylindre qui n'est que la reproduction du premier, mais dans un meilleur état de conservation, confirme l'opinion du docteur Hincks, en fixant la date certaine à l'année 1840 avanL Jésus-Cbrist.
» D'après des lettres plus récentes, nous apprenons que le colonel Rawlinson a lu le nom de Sémiramis sur une statue du dieu Nubo, trouvée dans les ruines du palais de Nemrod.
D'après une hégende rapportée sutla statue, Sémiramis parait avoir été réellement la femme de Phul, roi d'Assyrie, le même dont il est fait mention dans le Livre des Rois, et le contemporain de Manahem, roi d'Israël. Cette version placerait donc Sémiramis 180 ans avant Nabuchodonosor, et viendrait ainsi singulièrement confirmer la tradition rapportée par Hérodote, et d'après laquelle cette reine aurait précédé Nitocris de cinq générations, espace de temps égal à ISO années. Le colonel fait observer que les travaux attribués par Hérodote à Nitocris ont été certainement exécutés par Nabuebodonosor, ainsi que l'affirme l'historien cbaldéen Bérose, et qu'il est consigné dans les Babylonian cuneiform Aiuuds ; et le colonel Rawlinson en tire cette conséquence que Nitocris était la femme de Nabuchodonosor. » (Traduit par M. H. Marie Martin.)
Lorsque quelques siècles de travaux auront ajouté leurs découvertes à celles qui sont déjà faites, que Les
déchiffrements auront été conduitsà une perfection relative satisfaisante, et qu'un savant gcrwralisateur aura coordonné l'ensemble de manière à reformer une histoire de tant de lambeaux épars, on sera étonné de voir nos livres sacrés s'entourer d'une série coniîrmative et irrévocablement démonstrative des grands faits qu'ils racontent.
IV. Extrait de la traduction de Vinscriplion cunéiforme sur le déluge dont nous avons parlé en commençant.
11 y a plusieurs copies cunéiformes de cette légende assyrienne; ces copies ne remontent qu'au règue d'Asshur-ban-pal (Sardauapale), c'est-àdire à environ 600 ans avant Jésus- Christ ; elles ont été trouvées dans la bibliothèque de ce monarque, dans les fouilles du palais de Ninive', mais d'après M. Smith et les archéologues, le texte de ces. copies ne peut pas dater de moins de dix-sept cents ans avant notre ère, et il est probablement beaucoup plus ancien. Dans la légende du déluge, dont le style est d'une grande majesté, un patriarche nommé Sisit raconte à un monarque nommé Izdubar, l'histoire du déluge, laquelle se retrouve là comme partout, reposer sur les mêmes faits principaux, y compris celui de l'arche. Sisit raconte que Schamas, (le Dieu vengeur) lui ayant donné le plan d'un grand vaisseau avec lequel il se sauverait, lui, sa famille et les principaux animaux, il se mita construire ce vaisseau ; il entre ici dans les détails de la construction ; puis il décrit à Izdubar le déchaînement de la tempête, l'immense désastre et montre, pour rendre la description plus lamentable, le conseil des dieux assyriens pleuraHt dans les nuées. La description est longue; ce Sisit a luimême assisté à tout ce qu'il décrit, en sorte que ce personnage correspond directement au Noéde nos livres sacrés. Voici le morceau que nous avons détaché de son récit, tel que nous le trouvons dans nos notes ; plus d'un journal l'a donné à lire à ses abonnés.
« Tout ce que je possédais, je le réunis.
» Je lis monter, dans le vaisseau,
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tous mes serviteurs mâles et femelles,
» Les animaux des champs, et les lils de l'armée, tous, je fis entrer.
«Shamas lit une inondation et
» Il parla disant dans la nuit : « Je ferai pleuvoir du ciel abondamment,
» Entre au milieu du vaisseau, et ferme la porte. »
» Il souleva l'inondation et
» Il parla disant dans la nuit : « Je ferai pleuvoir dncielabondanment. »
» Dans ce jour je célébrai sa fête.
- » Le jour qu'il avait fixé ; j'étais en crainte
» J'entrai au milieu du vaisseau et fermai ma porte.
» Pour guider le vaisseau à Buzursadirabi le pilote.
» Je donnai le palais à. sa main.
» Le déchaînement d'une tempête dans la matinée
» S'éleva, de l'horizon du ciel s'étendant et large.
» Vol, au milieu, tonna et
» Nebo etSaru marchèrent en face;
» Les porteurs de trônes marchèrent sur les montagnes et les plaines.
» Le destructeur Nergal bouleversé.
» Ninip vint en face consterné
» Les esprits amenèrent la destruction ;
» Dans leur gloire ils balayèrent la terre ;
» L'inondation de Vul atteignit le ciel ;
» La terre brillante fut changée en un abîme;
» Cela balaya la surface de la terre comme...
» Cela détruisit toute vie delà face de la terre...
» La forte tempête sur le peuple atteignit le ciel ;
» Le frère ne vit pas son frère ; elle n'épargna pas le peuple. Dans le ciel
» Les dieux craignirent la tempête, et
» Cherchèrent un refuge ; ils montèrent au ciel de Ana,
» Les dieux, comme des chien»
cachant leurs queues, se couchèrent à terre.
» Ishtar pvononça un discours,
» La grande déesse prononça son discours
» Le monde a tourné au péché, et
» Alors, en la présence des dieux, j'ai prophétisé le mal ;
» Quand j'ai prophétisé le mal en la présence des dieux,
» Tout mon peuple fut dévoué au mal, et j'ai prophétisé
» Ainsi : J'ai engendré l'homme, et qu'il ne..,
» Comme les générations des poissons remplissent la mer.
» Les dieux... pleuraient avec elle ;
» Les dieux, sur leurs sièges, étaient assis en lamentation; etc.
On voit que les fouilles contemporaines de l'ancienne Assyrie viennent nous révéler des documents de poésie antique à caractère biblique d'une grande beauté, qui concourent à démontrer ce que nous disons aux mots Ages pàlÉontologiques, déluge TRADinoNNELet autres, de l'universalité des traditions sur certains faitsprimtifs dont le déluge fait partie. La légende assyrienne du déluge, plusieurs fois gravée en caractères cunéiformes, six cents ans avant notre ère, par les sculpteurs de Sardanapale, sur les murailles de ses palais, et lue aujourd'hui par nos archéologues qui retrouvent ainsi la langue dans laquelle on écrivait alors, est parfaitement conforme pour le fonds à ce qu'écrira l'historien Bérose du déluge, et à ce que nous en lisons dans notre Genèse. Les uns diront que Moïse ne lit que résumer, en sa manière monothéistique, les légendes assyriennes etégytiennes sur ce grand fait, les autres diront que ce furent les auteurs de ces récits légendaires qui; empruntèrent à Moïse le fonds de ces récils ; mais la question de priorité, en des points de ce genre, nous importe peu; que cette question soit résolue dans un sens ou dans un autre par les archéologues de l'avenir, il restera toujours vrai, dans les deux cas, qu'il exista dans les contrées de l'Assyrie antique c«mme dans celles du Gange, dans cerles de la Chine, et dans toutes les contrées du monde, une tradition qui racontait qu'un grand déluge