MALES
Voyez Heures cano-
NOCTURNES (oiseaux) (Théol.mixt.
scien zool.) — Ces oiseaux de proie dont l'énorme pupille laisse entrer tant de rayons lumineux qu'ils sont éblouis par le plein jour, et dont les ailes ne font point de bruit en volant afin de ne pas donner l'éveil à leur proie, ne doivent pas être détruits; ce qu'ils mangent de petits oiseaux n'est rien en comparaison du nombre de petits mammifères, tels que mulots, et d'insectes nuisibles auxquels ils font la chasse pour se nourrir et nourrir leurs petits. Les agriculteurs ont raison de les protéger.
Le Noir.
NOÉ, (1) patriarche célèbre dans le premier âge du monde, à cause du déluge universel dont il fut sauvé avec sa iamille, et parce qu'il a été la seconde tige de tout legenre humain. Voyez Déluge. Ses premiers descendants ont été appelés noachides.
Les incrédules, qui se sont fuit un mérite de trouver quelque chose à reprendre dans l'Ecriture sainte, 01A proposé plusieurs objections contre l'histoire de ce patriarche.
1° Dans la Genèse, c. 8, f 20, il est dit que Noé sortit de l'arche, offrit un sacriiiee au Seigneur, et que Dieu le reçut en bonne odeur.
Par celte expression, disent nos censeurs, il paraît que Moïse a été dans la même opinion que les païens, qui pensaient que leurs dieux se nourrissaient dejla fumée des victimes brûlées à leur honneur, et que cette odeur leur était agréable. C'a été aussi le sentiment des anciens Pères ; ils ont cru que les dieux des païens étaient des démons avides de cette fumée ; opinion contraire à la spiritualité de Dieu etdesanges, injurieuse à la majesté divine, et qui règne encore chez les idolâtres modernes.
C'est par le même préjugé que l'on a brûlé de l'encens et des parfums à l'honneur de la Divinité.
Mais une métaphore commune à
(1) Voyez les articles GirjiÉss, Del
Gousset.
toutes les langues ne peut pas fonder une objection fort solide; il ne faut pas prêter aux auteurs sacrés les erreurs des païens, lorsqu'ils ont professé formellement les vérités contraires à ces erreurs; or, Moïse et les prophètes ont enseigné clairement que Dieu est un pur Esprit, qu'il est présent partout, qu'il n'a besoin ni d'offrande ni de victimes, que le seul culte qui lui soit agréable, ce sont les sentiments du cœur. Gen., c. 6, ^ 3; Num., c. lfi, f 22; Ps. 15, f 2; 49, y 12; Isai., c. 1, f 11; Jerem., c. 1, f 22, etc.. Le passage que l'on nous objecte, signifie seulement que Dieu agréa les sentiments de reconnaissance et de respect que Noé lui témoigna par son sacrifice. Voyez Sacrifice. Ceci n'a donc rien de commun avec les folles imaginations des païens ; lorsque les Pères ont argumenté contre eux, ils ont pu raisonner d'une manière conforme aux préjugés du paganisme, sans les adopter. L'opinion touchant le goût des démons pour les sacrilices était suivie par les philosophes; Lucien, Plutarque, Porphyre l'ont enseignée, nous ne voyons pas pourquoi les Pères auraient dû la combattre. Voyez Démon.
2° Gen., c. 9, f 10, Dieu dit à Noé :
« Je vais faire alliance avec vous, avec » votre postérité, et avec tous les ani- » maux. » De là un philosophe moderne a conclu que l'Ecritur? attribue de la raison aux bêtes, puisque Dieu fait alliance avec elles; il se récrie contre le ridicule de ce trait. Quelles en ont été, dit-il, les conditions? Que tous les animaux se dévoreraient les uns et les autres, qu'ils se nourriraient de notre sang et nous du leur; qu'après les avoir mangés, nous nous exterminerions avec rage S'il y avait eu un tel pacte, il aurait été fait avec le diable.
Pour sentir l'absurdité de cette tirade, il suffit de lire le texte : « Je » vais faire avec vous une alliance en » vertu de laquelle je ne détruirai » plus les créatures vivantes par les » eaux du déluge. » Ici le mot alliance signifie simplement promesse; Dieu, pour gage de la sienne, fait paraître l'arc-eû-clel. Nouveau sujet de censure.
NOE
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« Remarquez, dit le philosophe, » que l'auteur de l'histoire ne dit pas v j'ai mis, mais je mettrai; cela sup- » pose que, selon son opinion, l'arc- » en-ciel n'avait pas toujours existé, » et que c'était un phénomène sur- » naturel. Il est étrange de choisir le » signe de la pluie pour assurer que » l'on ne sera pas noyé. »
Etrange ou non, la promesse se vérifie depuis quatre mille ans. Moïse dit formellement, j'ai mis mon arc dans les nuées ; le texte est ainsi rendu par le samaritain, par les versions syriaque et arabe : les Septante portent, je mets mon arc dans les nuées :
ainsi la critique du philosophe est fausse à tous égards. Pourquoi un phénomène naturel n'aurait-il pas pu servir à rassurer les hommes?
3° Dans le même chap., f 19, il est dit que toute la terre fut repeuplée par les trois enfants de IVoé. Cela est impossible, disent nos philosophes modernes; deux ou trois cents ans après le déluge, il y avait en Egypte une si grande quantité de peuple, que vingt mille villes n'étaient pas capables de le contenir. Il y en avait sans doute autant à proportion dans les autres contrées; comment trois mariages ont-ils pu produire cette population prodigieuse?
Nous répondrons à cette question, lorsque l'on aura prouvé cette prétendue population de l'Egypte. Ce royaume ne contient pas aujourd'hui mille villes, et l'on veut qu'il y en ait eu vingt nulle deux ou trois siècles après le déluge. L'air de l'Egypte fut toujours très-malsain à cause des inondations du Nil et des chaleurs excessives; il l'était encore davanlage avant que l'on eût fait des travaux immenses pour creuser des canaux et le lac Mœris, pour faciliter l'écoulement des eaux, pour élever les villes au-dessus du niveau des inondations ; les hommes y ont toujours vécu moins longtemps qu'ailleurs. L'Egypte ne fut jamais excessivement peuplée que dans les fables.
Les incrédules ont eu beau faire, ils n'ont encore pu citer aucun monument de population ni d'industrie humaine antérieure au déluge. Vainement ils ont eu recours aux histoi-
res et aux chronologies des Chinois, des Indiens, des Egyptiens, des Chaldéens, des Phéniciens; il est démontré aujourd'hui qu'en faisant attention aux différentes manières de calculer les temps dont ces peuples se sont servis, toutes se concilient, datent à peu près de la même époque, et ne peuvent remonter plus haut que le déluge. Voy. Monde (Antiquité du.)
4° Ils ont dit que l'histoire de Noà endormi et découvert dans sa tente, la malédiction prononcée contre Chanaan pour le punir de la faute de Chain son père, est une fable forgée par Moïse, pour autoriser les Juifs à dépouiller les Chananéens, et à s'emparer de leur pays; que cette punition des enfants pour les crimes de leur père est contraire à toutes les lois de la justice; que la postérité do Charn n'a pas été moins nombreuse que celle de ses frères, puisqu'elle a peuplé toute l'Afrique.
Mais ces savants critiques n'ont pas vu que Moïse attribue aux descendants de Japhet les mêmes droits sur les Chananéens qu'à la postérité de Sem, puisque Noé assujettit Chanaan à tous les deux, Oen , c. 9, f 25; les Juifs descendus de Sem ne pouvaient donc en tirer aucun avantage. Moïse les avertit que Dieu a promis à leurs Pères do leur donner la Palestine, et de punir les Chananéens, non du crime de Cham, mais de leurs propres crimes, Levit., c. 18, f 25 ; Deut., c. 9, ji 4, etc. Il leur défend de retourner en Egypte, et de conserver de la haine contre les Egyptiens, quoique ceux-ci fussent descendants de Cham, Deut , c. 17, f 16; c. 23, f 7. Au reste, la malédiction de Noê est une prédiction, et rien de plus.
Voy. Imprécation.
La postérité nombreuse de Cham ne prouve rien contre cette prédiction, puisqu'elle ne tombait pas sur lui, mais sur Chanaan son fils; Dieu avait béni Cham au sortir de l'arche, Gen,, c. 9, f 1. Si l'on veut se donner la peine de lire la Synapse des critiques sur le chapitre 10, ou la Bible de Chais, on verra que la prophétie de iVoe a été exactement accomplie ians tous ses points.
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Mais pourquoi ce patriarche dit-il, béni soit le Seigneur Dieu de Sem; n'était-il pas aussi le Dieu de Cham et de Japhet? Il l'était, sans doute, mais Noé prévoyait que la connaissance et le culte du vrai Dieu s'éteindraient dans la postérité de ces deux derniers, au lieu qu'ils se conserveraient dans une branche considérable des descendants de Sem, dans Abraham et dans sa postérité; cette bénédiction est relative à celle que Dieu donna à ce dernier, environ quatre cents ans après. Gen., c. 12, f 3, etc.
Les rabbins prétendent que Dieu donna à Noé et à ses enfants des préceptes généraux qui sont un précis de la loi de nature, et qui obligent tous les hommes ; qu'il leur détendit l'idolâtrie, le blasphème, le meurtre, l'adultère, le vol, l'injustice, la coutume barbare de manger une partie de la chair d'un animal encore vivant.
Mais cette tradition rabbinique n'a aucun fondement, l'Ecriture sainte n'en parle point. Dieu avait suffisamment enseigné aux hommes la loi de nature, même avant le déluge; Noé en avait instruit ses enfants par ses leçons et par son exemple ; la rigueur avec laquelle Dieu venait d'en punir la violation, était pour eux un nouveau motif de l'observer.
Bergier.
NOÉ (Théol.rnixt. et hist.) — Ajoutons à l'article de Bergier qui précède, les extraits suivants de celui de M. Schegg sur le même personnage :
« Noé," ru, Nûe, signifie consolation. Noé était fils d'un Lamech qu'il ne faut pas confondre avec le Lamech
descendantde Ca'in L'Ecriture dit,
en parlant du temps de Noé : « On commença alors à prêcher le nom de Dieu (1) pour l'opposer à l'orgueil et à la dépravation des descendants de Caïn (2). » Le mot hébreu Nip a été certainement bien compris par Haneberg (3) quand il l'a traduit par prêcher, au lieu de le traduire, comme on le fait habituellement, par invoquer ; car tnp est souvent pris dans
le sens absolu de prêcher, annoncer; l'addition pifQ renforce l'expression prêcher, en ce qu'elle montre que c'est au nom de Dieu et par son ordre que parle Noé. Noé eut la mission de prêcher, non- seulement en paroles, mais encore par ses œuvres, en construisant l'arcbe, aux yeux de ses contemporains, pendant cent vingt ans. Le texte de la Genèse, 6, 3 :
« Mon esprit ne sera pas éternellement en contestation avec les hommes (1), » prouve combien d'avertissements divins précédèrent l'explosion définitive du jugement de Dieu.
Le Coran représente aussi Noé comme prédicateur de la justice et de la pénitence, parlant à une génération endurcie (2) et la même idée se trouve dans les rabbins (3).
» Noé, prédicateur de la parole divine, est en même temps législateur et fondateur d'une nouvelle société humaine. Les rabbins citent généralement sept commandements de Noé :
de idololatria ; de benedictioneNumims ; de effusione sànguinis ; de revelatione turpitudinum; de rapina; de judiciis administrandis ; de carne cum sanguine.
Haneberg (4) les expose dans l'ordre suivant : I Ne pas vivre sans autorité ; II. Se garder *u blasphème ; III. Se préserver de l'idolâtrie; IV. Ne pas se marier à des parents rapprochés; V. Ne pas répandre le sang; VI. Ne pas voler; VII. Ne manger ni viande étouffée, ni sang, ni gibier. Les rabbins expliquent la revelatio turpitudinum, ilSa tmy, par turpit. matris, uxoris, patris, sorons, ■makrterse, féminise viri alius, mascidi et ivstise. Du reste, disent-ils, un seul de ces commandements, carnem in sanguine non comedatis, fut nouveau, car les autres avaient déjà été donnés à Adam. La.
défense de manger du sang, etc., est motivée par la permission que Dieu donne de manger les animaux. Il paraît qu'avant le déluge les hommes s'en abstenaient; mais, comme le dé-
fi) Gen., 4. 26.
(2) Gen., 4, 19-24.
(3) BUt. de la Révél.
(1) ITî-3,1"! construit avec 3,, cf. Gen., 31,36.
(2) Sures 7, H et 71.
(3) Cf. Geiger, des Emprunts que Mahomet a faits au judaïsme, B>nn, 1833, p. 107.
(4) Hist. de la Ré.eéL, tra.1. par I. Goschler, t.l p. 42, Vatoo, 1856, 2 vol. in-So.
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luge amena de grandes modifications sur la surface de la terre, dans ses productions, et en particulier dans la constitution des plantes, cette première restriction : « Vous mangerez de I'herbe de la terre » (1) fut abolie.
Désormais il fut dit : Nourrissez-vous de tout ce qui a mouvement et vie; je vous ai abandonné ces choses comme les légumes et les herbes des champs (2j. » En même temps, à cette permission se rattacha « la terreur et la crainte dont tous les animaux de la terre furent frappés devant l'homme (3), » et ainsi, tandis que d'un côté la puissance de l'homme sur la nature fut restreinte, elle fut augmentée de l'autre. Les commandements de Noé sur le culte d'un Dieu, l'obéissance envers l'autorité, la sûreté des personnes et des propriétés, la sainteté du mariage, constituent les bases de toutesociété bien ordonnée
» Les rabbins font do Noé un contemporain d'Abraham ; ils le mettent en rapport avec le père de la foi et résument ainsi toute la tradition antéro et postéro-diluvienne dans la personne de Noé. Noé est le médiateur entre deux mondes; il est le dernier membre du monde primitif, dont il a vu la race merveilleuse et dont il a transmis les saintes traditions au dépositaire du monde nouveau, au chef de la seconde race, à Abraham. Le temps qui s'écoula du déluge à Abraham est une période de transition, menant de la première à la seconde éducation du genre humain...
» La réalité du déluge est démontrée par l'état actuel de la surface de la terre comme par la tradition unanime de tous les peuples (4).
» Rodolphe Wagner, dans son excellente Histoire naturelle de l'Homme, Kempten, 1831, II, 27, dit: « Qu'un grand et violent déluge se soit répandu sur toute la terre, ait couvert les sommets les plus élevés du globe, c'est un fait qui a laissé d'incontestables traces sur toute la surface tei>
(1) Gct.,3, 18.
h) Iliid., 9, 3.
(3) /Ai'./., 9, 1.
(4) V. Stolberg , suppléai, au I e * voJ, de son Eistoire, etc.
restre, et nous avons des preuves sensibles et suffisantes de ses prodigieux effets, quoique nous n'ayons pu interroger qu'une petite partie du globe. »
« Buckland, naturaliste anglais, dans un ouvrage spécial sur ce sujet, Reliqmse diluvianx, a parfaitement décrit tous les vestiges grandioses qu'a laissés derrière elle cette catastrophe, qui engloutit tout ce qui avait vie. « C'est un beau résultat de la science d'avoir, par de pénibles recherches, une observation attentive des détails les plus insignifiants en apparence, par la comparaison des faits acquis, réuni, dans un tout bien ordonné, les monuments d'un âge depuis longtemps disparu, dispersés sur la surface du globe, et de nous avoir fait lire, dans ces irréfragables témoignages et ces indestructibles monuments , l'histoire diluvienne d'une manière plus claire et plus certaine que nous ne lisons, dans ses documents les plus authentiques, l'histoire d'une époque quelconque du geDre humain et du globe terrestre. »
« Buckland termine son livre en disant : « Ainsi nous avons démontré par des faits qu'un déluge tout-puissant fondit inopinément sur la terre, l'inonda tout entière, couvrit les plus hautes montagnes et engloutit dans ses flots tout ce qui vivait, à l'exception de ce que Dieu voulut sauver. Nous ne savons pas comment il plut au Seigneur d'amener cette masse incommensurable d'eaux et d'en élever les Ilots sur la surface du globe; mais les traces formidables en sont devant nos yeux, et tous les éléments semblent y avoir pris part. Quelle prodigieuse puissance ne fallut-il pas pour entraîner des masses de roches sur le sommet, du Jura, à 4,000 pieds au-dessus du niveau de la mer? Les eaux s'écoulèrent lentement ; la paix fut rendue à la terre; une nouvelle végétation couvrit sa surface ; un nouveau règne animal se propagea. L'homme suivit, du pied du mont Ararat, le courant des eaux, qui s'écoulèrent dans toutes les directions, et peupla de nouveau.
la terre; il établit sa demeure depuis
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le climat des palmiers du tropique jusqu'au pied des monts glacés du pôle, qui sont comme les éternels monuments de la colère de Dieu et les témoins irréfragables d'une [première création anéantie. »
« Cuvier avait dit : «jJe pense avec Deluc et Dolomieu, que, si jamais quelque chose a été démontré en géologie, c'est que la surface de notre globe a été la victime d'une grande et subite révolution, dont la date ne peut remonter à beaucoup plus de cinqà six mille ans.» Tout en faisant entendre dans ses recherches, qu'il n'a nullement le dessein théologique de justilier les documents mosaïques. » V . Ages géologiques, Déluge, etc.
Le Nom.
NOËL, fête de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui se célèbre le 25 de décembre.
On ne peut pas douter que cette fête ne soit de la plus haute antiquité, surtout dans les églises d'Occident. Quelques auteurs ont dit qu'elle avait été instituée par le pape Télesphore, mort l'an 138; qu'au quatrième siècle le pape Jules I er , à la prière de saint Cyrille de Jérusalem, fit faire des recherches exactes sur le jour de la Nativité du Sauveur, et que l'on trouva qu'elle était arrivée le 25 de décembre ; mais ces deux faits ne sont pas assez prouvés. Saint Jean Chrysostome, àuns une homélie sur la naissance de Jésus-Christ, dit que cette fête a été célébrée dès le commencement, depuis la Thrace jusqu'à Cadix, par conséquent dans tout l'Occident, et il n'y a aucune preuve que dans cette partie du monde le jour en ait jamais été changé.
Il n'y a eu de variation que dans les églises orientales ; quelques-unes la célébrèrent d'abord au mois de mai ou au mois d'avril, d'autres au mois de janvier, et la confondirent avec l'Epiphanie ; insensiblement elles reconnurent que l'usage des Occidentaux était le meilleur, elles s'y conformèrent. En effet, selon la remarque de saint Jeai Chrysoatome, puisque Jésus-Christ est né au commeucemeut du dénombrement que
fit faire l'empereur Auguste, on ne pouvait savoir ailleurs mieux qu'à Rome la date précise de sa naissance, puisque c'était là qu'étaient conservées les anciennes archives de l'empire. Saint Grégoire de Nazianze, mort l'an 398, Serm. 58 et 59, distingue très-clairement la fête de la Nativité de Jésus-Christ, qu'il nomme Théophànie, d'avec l'Epiphanie, jour auquel il fut adoré par les mages et reçut le baptême. Voyez Epiphanie.
Bingham, Orig. eccles , 1. 20, chap. 4, § 4 ; Thomassin, Traité des fêtes, îiv. 2, chap. 6 ; Benoit XIV, de Festis Christi, c. 17, n. 45, etc.
L'usage de célébrer trois messes dans cette solennité, i'une à minuit, l'autre au point du jour, la troisième le matin, est ancien, et il avait autrefois lieu dans quelques autres fêtes principales. Saint Grégoire le Grand en {tarie, Iloni. 8, in Etang., et Benoît XIV a prouvé par d'anciens monuments, qu'il remonte plus haut que le sixième siècle.
Dans les bas siècles, la coutume s'introduisit en Occident de représenter le mystère du jour par des personnages; mais insensiblement il se glissa des abus et des indécences dans ces représentations, et l'on reconnut bien tôt qu'elles ne convenaient pas à la gravité de l'office divin; on les a retranchées dans toutes les églises. On a seulement conservé dans quelques-unes ce que l'on nomme l'office des Pasteurs ; c'est un répons entre les enfants de chœur et le clergé, qui se chante pendant les laudes avant le cantique Benedictus, l'on se contente de jouer sur l'orgue l'air des cantiques en langue vulgaire, nommés noèls, qui se chantaient autrefois par le peuple. On pe peut guère douter que ce nom de Noël, donné à la fête, ne soit un abrégé d'Emmanuel. Voyez ce mot.
Bergier.
NOËL ALEXANDRE, ou Natalis Alexander (Théol. hist. biog . et bibliog.) — Ce célèbre théologien et historien ecclésiastique français, né à Rouen en 1639, de l'ordre des dominicains, et assez gallican pour que ses écrits aient été formellement in-
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terdits sous peine d'excommunication ipso facto par Innocent XI, mourut à l'âge de quatre-vingt six ans, dans le couvent des Jacobins à Paris en 1724. Ou a de lui :
1° La fameuse Histoire de l'église de la nouvelle alliance, en 24 vol.
dont le premier parut en 1677 et le dernier en 1686, le tout finissant à la fin du concile de Trente. L'ouvrage comprend 30 vol. dont l'auteur fit lui-même une troisième édition en 8 vol. in- fol., mais les 6 volumes en sus des 24 furent ajoutés par Noèl Alexandre comme histoire de l'ancien Testament. Le P. Roncaglia, moine de Lucques, lit de tout cela une édit. nouvelle en 9 vol. in-fol. en 1734, en publiant le texte de Noël Alexandre sans changement, mais ajoutant en notes, aux passages incriminés des rectifications et parfois des dissertations entières; et, grâce à ces remarques du P. Roncaglia, Benoit XIII fit retirer l'ouvrage de l'index. Cette histoire qui contient une foule de choses qu'on ne trouve pas ailleurs a été souvent réimprimée; un anon}'me y a ajouté 2 volumes pour les faire arriver jusqu'au dix-huitième siècle.
2° Sa Théologie dogmatique et morale : « Cette théologie, dit M. Hefelé, en cinq livres, divisée exactement suivant le Catéchisme romain, dont elle est un commentaire vaste, riche, pratique et très-utile ; parut d'abord en 10 volumes in-folio, Paris, 1093; puis un 2 volumes infolio, en 1703; en 4 volumes in-4°, en 1743; enfin en 10 volumes in-8°, en 1768, à Einsiedeln. Il a deux Appendices intéressants, dont le premier renferme de nombreuses lettres de l'auteur sur divers points de morale et de casuistique, dont le second contient une série de documents importants, notamment beaucoup de constitutions pontificales, de mandements et décrets épiscopaux, qui se rapportent aux points controversés à cette époque, par exemple à la lutte des Jansénistes, etc. Ce travail dogmatico-moral engagea le Père Noël Alexandre dans de vives discussions avec le Père Daniel, Jésuite, surtout sur la grâce.
Ces discussions ne cessèrent que par un ordre du roi, qui imposa silence aux deux partis ( 1 1 »
3° Index concionatorhts, à l'usage des prédicateurs.
4° Prxccpta et régules ad prœdicatores verbi divini informandos, ou Institutio concionatorum tripartita, qui fut imprimée d'abord à Paris, en 1701, finalement à Augsbourg, in-8°, en 1703.
5° Commcntarius litteralis et moralis sur les quatre Évangiles et toutes les Épîtres du Nouveau Testament, qui parut entre 1703 et 1710, et fut souvent réimprimé, par exemple en 5 volumes in-4°.
6° Des opuscules français, tels que les suivants : Recueil de plusieurs pièces pour la défense de la monde et de la grâce de Jésus -Christ-; Apologie des Dominicains missionnaires de la Chine, ou réponse au livre intitulé :
Défense des nouveaux Chrétiens ; Conformité des cérémonies chinoises avec lidolâtrie grecque et romaine, pour servir de confirmation à l'Apologie des Dominicains missionnaires de la Chine ; Lettres d'un docteur de l'ordre de saint Dominique sur les cérémonies de la Chine.
Dans sa polémique sur les cérémonies chinoises, Noèl Alexandre prit parti pour les dominicains contre l'esprit de tolérance des jésuites, qui, à notre avis, était plus philosophique et plus sage, mais qui ne fut pas compris en Europe.
Des opuscules latins qui ne sont que des dissertations sur divers sujets; tels sont : Comme quoi saint Thomas d'A'iuin est le véritable auteur de la célèbre Somme ; Comme quoi l'office du Saint-Sacrement est de ce docteur; Dialogue entre un Dominicain et un Franciscain pour démontrer que saint Thomas ne fut pas un disciple d'Alexandre de Haies et qu'il ne prit pas dans cet auteur sa Secunda Secundse ; Un écrit sur les griefs élevés par les Franciscains contre la Vulgate.
(1) Cf. Addenda ad Elogium P. N. Altx., en tô'e du premier toJ. de suppiéaiec t de l'édit. de Venise,
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NOÉT1ENS, hérétiques, disciples de Noët, né à Snryrne, et qui se mit à dogmatiser au commencement du troisième siècle. Il enseigna que Dieu le Père s'était uni à Jésus-Christ homme, était né, avait souffert, et était mort avec lui ; il prétendait, par conséquent, que la même Personne divine était appelée tantôt le Père et tantôt le Fils, selon le hesoin et les circonstances : c'est ce qui lit donner à ses partisans le nom de patripassiens, parce qu'ils croyaient que Dieu le Père avait souffert.
Ce même nom fut aussi donné aux sectateurs de Sabellius, mais dans un sens un peu différent. Voyez Patripassiens. Il ne paraît pas que l'hérésie des noctiens aitfait de grands progrès; elle fut solidement réfutée par saint Hippolyte de Porto, qui vivait dans ce temps-là.
Beausobre, dans son Histoire du Manich&isme, t. 1, p. 533, a prétendu que saint Hippolyte et saint Epiphane ont mal entendu et mal rendu les opinions d'à Noët, qu'ils lui ont attribué par voie de conséquence une erreur qu'il n'enseign.nit pas. Mais Mosheim, Eût. christ., saec. 3, § 32, p. 686, a fait voir que ces deux Pères de l'Eglise n'out pas eu tort; que Noët détruisait par son système la distinction des Personnes de la sainte Trinité, et qu'il prétendait que l'on ne pouvait pas admettre trois Personnes sans admettre trois Dieux.
Le traducteur de l'Histoire ecclésiastique de Mosheim, toujours plus outré que son auteur, dit que ces controverses au sujet de la sainte Trinité qui avaient commencé dans le premier siècle, lorsque la philosophie grecque s'introduisit dans l'Eglise, produisirent différentes méthodes d'expliquer une doctrine qui n'est susceptible d'aucune explication. Hist. ecclés. du "A" siècle, 2 e partie, c. 5, § 12. Cette manière de parler ne nous paraît ni juste ni convenable 1° Elle donne à entendre ou que les pasteurs de l'Eglise ont eu tort de convertir des philosophes, ou que ceux-ci en se faisant chrétiens ont dû renoncer à toute notion de philoso»
phie. 2° Que ce sont les Pères qui ont cherché de propos délibéré des
explications de nos mystères, et qu'ils n'ont pas été forcés par les hérétiques à consacrer un langage fixe el invariable pour exprimer ces dogmes.
Double supposition fausse.
En effet, parmi les philosophes devenus chrétiens, il y en a eu de deux espèces. Les uns, sincèrement convertis, ont subordonné les notions et les systèmes de philosophie aux dogmes révélés et aux expressions de l'Ecriture sainte ; ils ont rectifié leurs opinions philosophiques par la parole de Dieu. Eu quoi sont-ils blâmables d'avoir introduit la philosophie grecque dans l'Eglise ? Les autres, convertis seulement a l'extérieur, ont voulu plier les dogmes du christianisme sous le joug des idées philosophiques, les expliquer à leur manière, et ont ainsi enfanté les hérésies. Il a donc fallu que les premiers, pour défendre les vérités chrétiennes, se servissent des mêmes armes dont on se servait pour les attaquer, opposassent des explications vraies et orthodoxes aux explications fausses et erronées des hérétiques ; leur attribuerons-nous le mal qu'ont fait ces derniers ? Telle est l'injustice des protestants et des incrédules; mais leur entêtement est trop absurde pour qu'on puisse le leur pardonner, Voy. Philosophie.
Bergier.
NŒUD VITAL (le) (Thâol. mixt.
scien. physiol. et anat.) Au titre Nerfs nous avons dit un mot du nœud vital.
C'est un point situé vers l'origine de la moelle épinière, et qu'il suffit de couper pour que l'animal cesse à l'instant de respirer et par conséquent de vivre. Ce n'est pas la section du nœud vital en soi qui enlève la vie; ce point, en tant que filet nerveux n'est pas plus nécessaire à la vie que tous les autres points de l'encéphale et de la.
moelle épinière; le cerveau lui-même paraîtrait beaucoup plus essentiel, et cependant il est prouvé qu'un animal peut vivre sans son cerveau. Ce qui fait que la section du nœud vital tue, c'est qu'elle produit instantanément la paralysie d'un organe dont le jeu continuel est nécessaire à la vie organique ; cet organe est le poumon.
NOM
NOM
C'est là qu'est l'origine des nerfs pneumo-gastriques, et cette racine étant coupée à l'endroit précis d'où elle part, la paralysie complète s'ensuit dans la poitrine, el il y a asphyxie.
Galien plaça le nœud vital à l'origine de la moelle épinière, in ipso spinalii medullse principio. Un a voulu depuis pi'éciser davantage. M. Logalloiî enleva successivement par tranches, avec beaucoup de patience et de précaution, dans un animal vivant, une partie longitudinale de la moelle allongée, et finit par comprendre dans une de ces tranches le nœud vital. M. Longat iixa mieux encore. « Le nœud vital, dit-il, n'a pas son siège dans toute l'épaisseur de la rondelle ou de segment du bulbe commençant avec l'origine do la huitième paire et finissant au-dessous, j'ai pu diviser, détruire à ce niveau, les pyramides antérieures et les corps rectiformes et voir la respiration persister; mais la destruction isolée du faisceau intermédiaire du bulbe, au même niveau, a produit seule la suspension instantanée de la respiration. »
M. Flourens s'occupa aussi de la fixation du nœud vital, mais M. Longet, avec plusieurs autres, lui firent opposition sur ce point. Le Nom.
NOHESTAN, est le nom qu'Ezéchias, roi de Juda, donna au serpent d'airain que Moïse avait fait élever dans le désert, Num., c. 21, ^ 8. Ce serpent s'était conservé parmi les îsraélites jusqu'au règne de ce pieux roi, par conséquent pendant plus de sept cents ans. Comme le peuple superstitieux s'était avisé de lui rendre un culte, Ezéchias le litbriser et lui donna le nom de Nohestan, parce qu'en hébreu fahas ou nahasch signifie de l'airaiu et un serpent; et tan, un monstre, un grand anima), 1Y Reg., c. 38, jf 4. Ainsi leprétendu serpent d'airain que l'on montre à Milan dans le trésor de l'église de Saint-Ambroise, nepeutpas être celui que Moïse avait fait faire. Bergier.
NOM. Ce mot a plusieurs sens dif-
férents dans l'Ecriture sainte. Il est dit, Levit., c. 24, f 11, qu'unhomme avait blasphémé le nom, c'est-à-diro le nom de Dieu. Or le nom de Dieu se prend pour Dieu lui-même ; ainsi louer, imoquer, célébrer le nom de Dieu, c'est louer Dieu. Croire au nom du Fils unique de Dieu, Joun., cap. 3, y 18, c'est croire eu Jésus- Christ. Dieu défend de prendre son Mû»ien vain, ou de jurer faussement Il se plaint de ce que la nation juive a souillé et profané ce saint nom, fonticala est in nomine mco, Ezech., c. 10, f 15, parce qu'elle l'a donné à de faux dieux. Parler au nom de Dieu, Bout., c. 18, ^ 19, c'est parler de la part de Dieu et par son ordre exprès. Dieu dit à Moïse, Exod,, c. 23, f 19, je ferai éclater mon nom devant vous, c'est-à-dire ma puissance, ma majesté» Ii dit d'un ange envoyé de sa part, mon nom est en lai, c'est-à-dire il es! revêtu démon pouvoir et de mdn autorité. Nous lisons que Dieu a donné à son Fils un nom supérieur à tout autre nom, Philipp., c. 2, y 9, ou une puissance et une dignité supérieures à celles de toules les créatures. Il n'y a point d'autre nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés, Act., c. 4. f 12; c'est-à-dire qu'il n'y a point d'autre Sauveur que lui. Marcher au nom de Dieu, Mieh., c. 4, ^ S, c'est compter sur le secours et la protection de Dieu.
Le nom est quelquefois pris pour la personne; dans ce sens, il est dit, Apoc, c. 3, f 4 : Vous avez peu de noms à Sardes qui n'aient pas souillé leurs vêtements. Il signifie la réputation; Cant., c. i,f 2, votre nom est comme un parfum répandu. Dieu dit à David, je vous ai fait un grand nom; je vous ai donné beaucoup de célébrité. Imposer le nom à quelqu'un, est une marque de l'autorité que l'on a sur lui; le connaître par son nom, c'est vivre en société familière avec lui ; susciter le nom d'un mort, c'est lui donner une postérilé qui fasse revivre son nom : Dieu menace, au contraire» d'ell'acer le nom des méchants pour toujours, ou d'abolir à jamais leur mémoire.
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Quelques kébrâïsants prétendent que le nom de Dieu ajouté à un autre désigne simplement le superlatif; qu'ainsi les auteurs sacrés disent des montagnes de Dieu pour dire des montagnes fort hautes, des cèdres de bieu pour des cèdres fort élevés, un sommeil de Bieu pour un sommeil profond, une frayeur de Dieu pour une extrême frayeur, des combats de Bieu pour de forts et violents combats, etc. D'autres pensent que ces manières de parler ont une énergie différente du superlatif, et qu'elles exprimentl'action immédiate de Dieu; que les montagnes et les arbres de Dieu sont les montagnes que Dieu a formées, et les arbres qu'il a fait croître sans le secours des hommes ; que le sommeil et la frayeur de Dieu expriment un sommeil et une frayeur surnaturelles; que les combats de Dieu sont ceux dans lesquels on a reçu un secours extraordinaire de Dieu, etc. Nemrod est appelé grand et fort chasseur devant le Seigneur, Gen., c. 10, f 9, parce que sa force paraissait surnaturelle. Dans Isaïe, c. 28, f 2, le roi d'Assyrie est nommé fort et robuste au Seigneur, ou plutôt par le Seigneur, parce que Dieu voulait se servir de sa puissance pour châtier les Israélites.
Cette habitude des Hébreux d'attribuer à Dieu tous les événements-, démontre leur foi et leur attention continuelle à la providence.
Il y a une dissertation de Buxtorf sur les divers noms donnés à Dieu dans l'Ecriture sainte, et qui est placée à la tète du Dictionnaire hébraïque de Robertson; il y est parlé principalement du nom Jéhovah. Voy.
cet article. Quant aux conséquences que les rabbins tirent de ces noms par le moyen de la cabale, ce sont des rêveries puériles et absurdes. Il suffit de remarquer, 1° que dans le style de l'Ecriture sainte, être appelé de tel nom, signifie être véritablement ce qui est exprimé par ce nom, et en remplir toute l'énergie par ses actions. Lorsque Isaïe dit, en parlant du Messie, c. 7, ^ 14, il sera nommé Emmanuel; c. 9, ^ 6, il sera appelé l'admirable, le Dieu fort, etc. ; c'est comme s'il y avait, il sera véritable-
ment Dieu avec nous, admirable, Dieu fort, etc. Jerem.,c. 23, f 6:
« Voici le nom qui lui sera donné, le » Seigneur est notre justice ; » c'est-àdire il sera le Seigneur et il nou rendra justes, Matt/i., c. 1, ^ 21 ; « Vous le nommerez Jésus , parce » qu'il sauvera son peuple. »
2° Le nom Elohim, quoique pluriel, donné à Dieu, n'exprime point la pluralité, mais le superlatif; il signifie le Très-Haut ; c'est pour cela qu'il est toujours joint à un verbe ou participe singulier. Ainsi, dans le jM de la Genèse, «. Au commencement, » Dieu (Elohim) créa le ciel et la » terre, » il n'est point question de plusieurs dieux, comme ont voulu le persuader quelques incrédules, puisque le verbe créa est au singulier.
Souvent il est joint au nom Jéhovah, nom de Dieu propre et incommunicable ; Jéhovah Elohim ; alors il parait signifier ou Jéhovah, le Très-Haut, ou le seul des dieux qui existe véritablement. Voy. Jéhovah.
NOM DE JÉSUS. « Jésus-Christ » s'est humilié, dit saint Paul, et s'est » rendu obéissant jusqu'à mourir sur » une croix ; c'est pour cela que Dieu » l'a exalté et lui a donné un nom » supérieur à tout autre nom, alin » qu'au nom de Jésus tout genou » fléchisse dans le ciel, sur la terre et » dans les enfers. » Philipp., c. 2, f 8.
Autrefois nos pères, fidèles à la leçon de saint Paul, ne prononçaient jamais le saint nom de Jésus, sans donner une marque de respect; il est fâcheux que cette louable coutume se soit perdue parmi nous. Saint Jean Chrysostome se plaignait déjà de ce que le nom de Dieu était prononcé par les chrétiens avec moins de respect que par les Juifs; on pourrait dire aujourd'hui que nous le prononçons avec moins de piété que les païens.
C'est au nom de Jésus- Christ que les apôtres opéraient des miracles ; c'est à lui qu'ils rapportaient toute la gloire de leurs succès, AcU, c.3, 4 et 8, etc. : preuve évidente que ce n'étaient ni des imposteurs qui agissaient pour leur propre intérêt, ni des hommes crédules abusés par de fausses promesses.
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Dans plusieurs diocèses on célèbre le 14 janvier une fête ou un office particulier à l'honneur du saint nom de Jésus, parce que le premier jour de ce mois est entièrement consacré au mystère de la circoncision.
Nom De Marie, fête ou office qui se célèbre surtout dans les églises d'Allemagne, le dimanche dans l'octave de la Nativité de la sainte Vierge, en mémoire de la délivrance de la ville de Vienne, assiégée par les Turcs en 1683. Ce monument de piété et de reconnaissance fut institué par le pape Innocent XI ; mais on ne l'a pas adopté en France, à cause de l'opposition des intérêts politiques qui se trouvaient alors entre la France et l'empire.
NOM DE BAPTÊME. L'usage observé parmi les chrétiens de prendre au baptême le nom d'un saint qu'on choisit pour patron, est très-ancien.
Non-seulement il en est parlé dans le Sacramentaire de saint Grégoire et dans l'Ordre romain, mais saint Jean Chrysostome reprend les chrétiens de son temps, qui, au lieu de donner à un enfant le nom d'un saint comme faisaient les anciens, usaient d'une pratique superstitieuse dans le choix de ce, nom. llorn. 13, in Ep. ad Cor.
Thiers, dans son Traité des superstitions, t. 2, 1. I, c. 10, expose en détail toutes celles que l'on peut commettre à ce sujet; il cite les décrets des conciles qui les ont défendues, et montre l'absurdité de tous ces abus. Il relève avec raison le ridicule des protestants, qui affectent de prendre au baptême le nom d'un personnage de l'ancien Testament, plutôt que le nom d'un apôtre ou d'un martyr. La sainteté de ces derniers est-elle plus douteuse que celle des patriarches, ou sont-ils moins dignes de nous servir de modèle? Si le choix du nom d'un saint est une espèce de culte que nous lui rendons, est-il moins permis d'honorer les saints de la loi nouvelle que ceux de l'ancienne loi ?
Bergier.
NOMBRE D'OR. (Théol. mixt. scien.
astron. comp. ecclés.) — V. Cycle lunaire, solaire et pascal.
NOMBRES (Théorie des) (Théol.
mixt. scien. mathém.)— Cette branche des mathématiques a pour objet d'arriver aux vérités générales qui concernent les combinaisons des nombres ; le grand mérite théorique de l'algèbre est de fournir parfois des formules qui expriment de ces vérités générales ; si nous connaissions toutes ces vérités, nous n'aurions pas besoin d'exécuter de longs calculs, nous verrions directement les résultats dans la généralité même ; nous aurions la science de Dieu ; mais nous n'arrivons à embrasser que quelques-unes de ces généralités, par isolement et sans attache avec les autres ; c'est ce qui fait que notre science est si limitée ; pour qu'elle fût complète, il faudrait que nous possédassions, à la fois, dans notre intelligence toutes les lois qui régissent les nombres avec tous les rapports de ces lois entre elles, de la même manière évidente que nous voyons cette généralité : Deux grandeurs égales à une. troisième sont égales entre elles. Il n'y a que Dieu qui ait cette vision des choses, et c'est cette vision même qui constitue la base de sa connaissance infinie. Nous ne ferons jamais, avec tous nos progrès, que lui en arracher quelques lambeaux.
Nos grands hommes de la Théorie des nombres sont parmi les anciens, Euclide, Diophante, plusieurs indous, et parmi les modernes, Vièle, Fermat, Eulcr, Lagrange, Legendre, Gauss, Abel, Jacoby, Cauchy. Fermat est le plus illustre et le plus sondeur de tous comme généralisateur ; il a levé une foule de questions dont il voyait la solution avant d'en avoir trouvé la démonstration ; il voyait cette solution pur un coup d'œil immédiat plongé dans les lois de l'être, et ceux qui lui ont succédé, ont réussi, pour la plupart de ces théorèmes, à en établir la démonstration. C'est Fermât qui avait posé par exemple les théorèmes suivants:
« L'aire d'un triangle rectangle dont les côtés sont exprimés en nom-
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bres entiers ne saurait être égale à un carré. »
o La somme de deux bi-carrés ne peut être un carré. »
« La somme ou la différence de deux cubes ne peut être double d'un cube. »
Mais il y a, parmi les théorèmes de cette sorte qu'a posés Fermât et que d'autres on L dé ni outrés, une proposition générale émise par le même Fermât et dont les mathématiciens les plus forts n'ont encore pu trouver la démonstration générale : cette proposition est celle-ci :
« La somme de deux mêmes puissances de deux nombres, excepté la deuxième, ne peut être une égale puissance d'un nombre quelconque. »
Comprenons d'abord la proposition.
S'il s'agit de la 2° puissance ou du carré, on trouve un carré exact qui vaut la somme des deux carafe, en sorte que la proposition, pour être vraie, doit poser l'exception : excepte la deuxième L'équation suivante :
x' 2 -f- tf = z"
a donc son application à tous les nombres possibles que Ton voudra faire signifier aux symboles algébriques x et y.. En élevant x (nombre quelconque) au carré, (c'est-à-dire le multipliant par lui-même), opérant de même sur?/ (nombre quelconque), et ajoutant les deux résultats pour en faire une somme, il y aura un nombre z, qui, élevé au carré, sera égal à cette somme. Mais s'il s'agit de toute autre puissance, soit le cube ou la 3°, soit la 4 e , soit la 5 e , soit toute autre à l'infini, ce qui vient d'être reconnuvrai pourla 2 e puissance, ou ïe carré, cesse de l'être pour toutes tes autres ; il n'y a plus de nombre qui, élevé à la puissance convenue, égale la somme répondant aux conditions du théorème.
On a donc a réfuter l'équation suivante :
en entendant par l'exposant m tout nombre, excepté le nombre 2. Fermât vit immédiatement et par in-
tuition ce principe général comme une vérité mathématique, et ne put en trouver la démonstration. Euler et Legendre reprirent le travail et arrivèrent à la démontrer pour les exposants 3 et S, mais s'arrêtèrent là, et ne purent pas trouver, non plus, la démonstration algébrique applicable à tous les nombres possibles (excepté 2) employés comme exposants.
Depuis Euler et Fermât, on a repris le même problème et l'on a étendu leurs démonstrations pour 3 et 5 à d'autres nombres ; mais ce ne sont là que des démonstrations de particularités; la généralité n'y gagne rien, et sil'on n'avait l'autorité de Fermat ou la même vi.-ion que lui du général, qui empêcherait de nier cette généralité, et de dire : je vous accorde toutes vos démonstrations puisqu'elles sont mathématiques, mais je n'en soutiens pas moins qu'il y a des nombres employés comme exposants, ou des puissances, pour lesquelles ce qui a été vrai de l'exposant 2 se retrouvera vrai également.
Si nous avions le temps, nous entreprendrions la recherche de la démonstration générale ; mais nous avons bien autre chose à faire pour exécuter notre engagement de terminer ce dictionnaire en deux années.
Nous ferons seulementobserver qu'il y a dans ce problème, comme partout, quelque chose de la loi essentielle -àe l'être qu'on n'a pas atteint, qu'on atteindra peut-être, mais qui, si on l'atteint, ne conduira pas loin, à cause de la multitude infinie de problèmes du même genre qu'on pourrait soulever sur les nombres et qui engendreraient des difficultés de même espèce. Dieu s'est réservé la vision parfaite des choses dans leur complète
généralité.
Le Nom.
NOMliRES. Le ïïcrc des Naanbm est le quatrième du Pentateuque ou des cinq livres écrits par Moïse. 11 renferme l'histoire de 38 à 39 ans que les Israélites passèrent dans Je désert; ce qui avait précédé est rapporté dans l'Exode, et ce qui suivit jusqu'à l'entrée de ce peuple daû9 la
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Palestine, se trouve dans le Dcutéronome. Il estécrit en forme de journal ; il n'a pu l'être que par un auteur témoin oculaire des marches , des campements, des actions que les Hébreux tirent dans cet intervalle. On l'a nommé le livre des Nombres, parce que les trois premiers chapitres contiennent les dénombrements des différentes tribus de ce peuple, mais les chapitres suivants renferment aussi un grand nombre de lois que Moïse établit pour lors, et la narration des guerres que les Israélites eurent à soutenir contre les rois des Amorrhéens et des Madianites.
Vainement quelques incrédules ont voulu contester l'authenticité de ce livre, et soutenir qu'il a été .écrit dans les siècles postérieurs à Moïse; outre la forme de journal qui dépose en sa faveur, et le témoignage constant des Juifs, Jésus-Christ, les apôtres, saint Pierre, saint Jude et saint Jean dans son Apocalypse, citent plusieurs traits d'histoire tirés du livre des Nombres, et il n'est presque aucun des écrivains de l'ancien Testament qui n'en ait allégué quelques traits, ou qui n'y fasse allusion.
Le premier livre des Machabées raconte ce qui est dit du zèle de Phinées et de sa récompense; celui de l'Ecclésiastique en fait aussi mention, de même que de la révolte de Coré et de ses suites; les prophètes Michée et Néhémie parlent de la députation du roi de Moah à Balaam, et de la réponse de celui-ci. Le quatrième livre des Rois et celui de Judith renouvellent le souvenir des serpents qui Firent périr un grand nombre d'Israélites, et du serpent d'airain élevé à ce sujet. Osée remet devant les yeux de ce peuple les artifices dont usèrent les femmes madianites pour entraine-r ses pères dans 1" .ulte de Déelphégor; David, Ps. a ), joint cet événement à la révolte de Dalhan et d'Abiron, et aux murmures des Israélites. C'est dans le livre des Nombres qu'est portée la loi touchant les mariages, qui est appelée loi de Moïse dans celui do Tobie. Jephté dans le 11° chap. de celui des Juges, réfute la demande injuste dés Ammonites, en leur allé-
guant les faits rapportés dans les chap. 20, 21 et 22 des Nombres; Josué en rappelle aussi la mémoire.
Enfin Moïse résume dans le Deutéronome ce qu'il avait dit dans les Nombres, touchant les divers campements des Hébreux, l'envoi des espions dans la terre promise, la défaite des rois des Amorrhéens, la révolte de Coré et de ses partisans, etla conduite de Balaam. 11 n'est pas possible d'établir l'authenticité d'aucun livre par une tradition mieux suivie et plus constante.
Nous ne nous arrêterons point à discuter les objections frivoles que Spinosa et ses copistes ont faites contre ce livre; nous aurons occasion d'en réfuter plusieurs dans divers articles particuliers, et M. l'abbê Clément l'a fait très-solidement dans l'ouvrage intitulé : l'Authenticité des livres, tant du nouveau que de l'ancien Testament, Paris, 1782; il a mis dans le plus grand jour l'ignorance et l'ineptie du critique incrédule auquel il répond.
Bergiek,
NOMINALISME et RÉALISME.
{Théol. mixt. phil. ontol. et psychol.) — Ces deux théories philosophiques, si célèbres dans le moyen âge, surtout à partir de Roscelin, qu'on a appelé le père du nominalisme, puis d'Occam qui remit en vogue cette philosophie, ne doivent pas, pour être comprises et jugées conformément aux notions du bon sens, être présentées avec l'escorte de subtilités dont l'entourèrent les scolastiques ; il convient de négliger cet impénétrable labyrinthe, et de retourner aux sources pures de ces systèmes, lesquelles sont dans Platon et Aristote.
Platon disait : L'homme ne crée rien; il participe seulement à la lumière éternelle du Logos et de ses archétypes, vérités permanentes, servant de règles à sa sagesse dans ses réalisations des particuliers. Il est éternellement vrai, par exemple, que le tout est plus grand que sa partie ; Dieu ne peut pas faire qu'il en soit autrement; c'est là un de ses archétypes faisant partie de lui-même, de son intelligence; et comme il estim-
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possible que cet universel : le tout est plus grand que sa partie, existe en soi, puisque ce n'est point une substance indépendante d'unsuhstratum intelligent qui le porte avec lui, il faut bien, pour qu'il soit une réalité éternelle, qu'il ait un support éternel; sans ce support, Userait une création; s'il était une création, il ne serait pas éternel ; il l'est pourtant, puisqu'il est absolument impossible qu'il ne soit pas toujours vrai de dire que le tout est plus grand que sa partie; donc il a un support éternel, une substance, qui est le père primordial de toutes choses, avec son logos qui est l'ensemble de ses archétypes éternels comme lui; cette substance est Dieu; et voilà Dieu démontré, aussi bien que l'éternelle réalité, en lui, des universaux.
Qui ne conçoit la sublimité de cette démonstration de Dieu? Or, en même temps, le réalisme vrai est démontré lui-même ; c'est la réalité éternelle et permanente de toutes les vérités générales, à titre de lois archétypiques, dans l'intelligence infinie.
Notre intelligence, par là môme qu'elle est raison, en reçoit des participations.
Aristote, au contraire, disait : Il n'existe que des particuliers ; les universaux n'existent point en euxmêmes ; qui donc a vu se promener les genres et les espèces? On ne voit se promener que les individus. Que sont donc les universaux? ce sont des catégorisations créées par notre esprit; nous avons une âme, une entélécbie qui a la puissance de rapprocher les qualités communes et identiques que possèdent les individus, de les universaliser, et d'en faire une créaiion idéale qui n'a sa réalité que dans le terme qui l'exprime : de là le nominalisme ou terminisme. La nature, ou le créateur, ne pose que les particuliers, et c'est notre esprit qui crée les universaux, sur l'observation des particuliers et qui leur donne un corps dans le nom qui les 'exprime. L'autonomie de l'être humain, d'après Aristote, va jusque-là.
! On voit de prime saut, que le nominolisme, dans Aristote son véri-
table père, n'est autre que le pélagianisme, si on le considère dans ses rapports avec la théologie de la grâce, tandis que le réalisme, dans Platon son père véritable, n'est autre que la docrine de saint Augustin et de l'Eglise sous le même rapport.
Ces deux théories étant ainsi exposées dans leur simplicité originelle, il est facile de tes juger.
En quoi le réalisme pourrait-il être erroné? 11 pourrait l'être, si l'on entendait que les vérités universelles, les principes généraux, sont eu soi des substances, ainsi qu'on a voulu le faire dire à Platon en altérant ses idées sur les archétypes divins. Que le tout soit nécessairement plus grand que sa partie, que Dieu avec toute sa puissance ne puisse pas faire qu'il en soit autrement; c'e* bien une vérité absolue, éternellement nécessaire ; mais ce n'est pas une substance, dans son abstraction pure ; ce n'est qu'une modalité, une vision, une idée qui a besoinpour être éternelle, pournètw pas rien, mais pour être toujours une vérité, d'une substance qui la porte et la conçoive; cette substance est Dieu, dont la nécessité *e montre aussitôt qu'on a reconnu l'éternité nécessaire de la vérité universelle. Voilà comment se doit entendre le réalisme, et ainsi entendu, il n'a rien que de rationnel et de vrai. C'est tout le platonisme dans sa plus grande splendeur; et c'est aussi tout le christia»
nisme dans sa philosophie théologique.
Mais, d'autre part, en quoi le nominalisme est-il vrai lui-même? Précisément en ce qu'il nie le mauvais sens du réalisme que nous venons de faire comprendre. Aristote a raison de nier une réalité substantielle des universaux, indépendante des substances particulières, des en soi dans lesquels ils se réalisent. En Dieu, ils existent, mais seulement à l'état de modes; ce ne sont pas eux qui constituent sa substance ; ils ne font que le décorer de splendeurs; et Dieu, quoiqu'il ne soit point un particulier, un individu, est pourtant un moi personnel, une conscience dont la pensée pense éternellemenent les universaux, qui sont les lois mêmes de
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l'être, et dont le verbe, ou le logos, les nomme éternellement, avant de les appliquer dans ses créations en vertu de sa sagesse.
On voit donc qu'il faut accorder au nominalisme comme au réalisme une part de vérité, tout en ^connaissant que c'est le réalisme de Platon qui a l'avantage parce qu'il rapporte à Dieu la cause première de toutes choses, tandis que le nominalisme d'Aristote frise de bien près une négation monstrueuse qui consisterait dans l'élévation de l'autonomie humaine jusqu'à la propriété créatrice, dans l'installation de l'entéléchie créée sur le trône même du créateur.
C'est en suivant cette ligne que nous sommes arrivés à nos Hegel et ii nos Proudhon. Il n'y avait pas de danger qu'en suivant le réalisme platonicien l'humanité se trouvât portée jusques dans ces abîmes. Le Nom.
NOMOCANONS(ï7ieo7. hist. bibliog.) — « On nommait ainsi, dit M. Permaneder, dans l'église d'Orient, au moyen âge, les recueils de droit canon composés depuis le sixième siècle, qui avaient réuni, par ordre de matière, les prescriptions (canons, xavovîi; ) émanées de l'autorité ecclésiastique et les lois (vd,uoi) promulguées circa sacra par les empereurs christiano-romains. Les plus connus de ces recueils mixtes de lois ecclésiastiques et temporelles, vo|ioxc(v<ii<Ec;, sont au nombre de six.
» 1. Le premier parut peu après la mort de Justinien et fut publié par un compilateur anonyme; car on a reconnu que c'est une erreur que de Fattribuer à Jean Scolastique, d'Antioche (patriarche de Constantinople à dater de 504)...
« 2. Un autre nomocanon parvenu jusqu'à nous est formé par la moitié d'un grand recueil divisé en deux parties, dont l'auteur est également inconnu, et qui, dans la première partie, renferme des décrets de conciles, des décisions canoniques des saints Pères; dans la seconde, des documents de droit mixte, divisés en quatorze titres, dont chacun comprend les titres correspondants dus canons ecclésiastiques, simplement
indiqués par leur numéro, et sous ces titres les ordonnances civiles qui s'y rapportent. Celles-ci ont été extraites d'un recueil antérieur, probablement composé vers 570, mais faussement attribué à Balsamon...
» 3. Le troisième nomocanon est formé par la seconde partie (qui est la première dans les manuscrits) du grand recueil de Photius, que ce patriarche de Constantinople commença en 883. Ce nomocanon n'est autre que celui que nous venons de nommer, divisé en quatorze titres, que Photius laissa sans rien y changer, et auquel il ajouta seulement quelques documents de droit ecclésiastique et
» 4. Un recueil sans ordre, compilé sous le nom de nomocanon par un anonyme, que Cotelier a publié dans ses Monumenta Eccl. Grccc, Paris, 1077, t. 1, avec une version latine et des notes, ne vaut presque pas la peine d'être cité.
» o. En revanche, vers 1333, Matthieu Blastares composa un recueil dont, le clergé grec se sert beaucoup, qui porte le titre de sûvtïyjj.3!, mais qui. au fond, est disposé tout à fait comme un nomocanon. Beveridge l'a édité dans son EuvoScxtSv (Oxon./lG72 r in-folio, t. II, part. II).
» G. Enfin le dernier travail de ce genre est le nomocanon terminé en 1501 par Manuel Malarus; iln'e»tpas imprimé, mais il en existe de nombreux manuscrits. » Le Noir.
NON-CONFORMISTES. C'est le nom général que l'on donne en Angleterre aux différentes sectes qui ne suivent point la même doctrine et n'observent point la même discipline que l'église anglicane ; tels sont les presbytériens ou puritains qui sont calvinistes rigides, les mennonites ou anabaptistes, les quakers, les hernhutes, etc. Voy. ces mois.
1ÎERGIER.
NONE. Voyez Heures canoniales.
NONNES. Voyez Religieuses.
NORD. II a fallu neufsièeles de travaux pour amener au christianisme
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les peuples du Jord, Les Bourguignons et les Francs l'embrassèrent au cinquième siècle, après avoir passé le Rhin; l'on, commença au sixième d'envoyer des missionnaires en Angleterre et en d'autres contrées; l'ouvrage n'a été achevé qu'au quatorzième par la conversion des peuples de la Prusse orientale et de la Lithuauie.
Au mot Missions étrangères, nous avons déjà remarqué la malignité avec laquelle les protestants ont affecté de noircir les motifs de la conduite des missionnaires en général, et l'attention qu'ont eue les incrédules de copier ces mêmes calomnies; mais il est bon de voir en détail ce qu'a dit Mosheim des missions du Nord dans les différants siècles ; il n'a fait que rendre fidèlement l'opinion qu'en ont conçue tous les protestants.
Il est convenu qu'au troisième siècle, la conversion des Goths et la fondation des principales églises de la Gaule et de la Germanie, furent l'ouvrage des vertus et des bons exemples que donnèrent les missionnaires qui y furent envoyés; mais il" prétend qu'au cinquième les Bourguignons et les Francs se firent chrétiens, par l'ambition d'avoir pour protecteur de leurs armes le Dieu des Romains, parce qu'ils le supposèrent plus puissant que les leurs, et que l'on employa de faux miracles pour le leur persuader.
Dans un moment nous verrons ce que l'on doit entendre par les faux miracles dont parle Mosheim; mais il aurait dû prouver que les catéchismes des Bourguignons et des Francs ne leur proposèrent point d'autres motifs de conversion que la puissance du Dieu des chrétiens sur le sort ries armes. Le cinquième siècle ne fut point dans les Gaules un temps d'ignorance et de ténèbres; on y vit paraître avec éclat Sulpice-Sévère, Cassien, Vincent de Lérins, saint Ililaire d'Arles, Claudien-M'amert, Salvien, saint Avis, Sidoine-Alpollinaire, etc. Le motif que Mosheim a prêté aux barbares qui embrassèrent pour lors le christianisme, n'est fondé que sur le témoignage de So-
crate, historien grec très-mal instruit de ce qui s'est passé dans l'Occident.
Voyez son Mis taire ecclésiastique, 1.7,.
c. 30, et la note de Pagi.
Il juge qu'au sixième siècle les Anglo-Saxons, les Pietés, les Ecossais, les Thuringiens, les Bavarois, les Bohémiens, y furent engagée par l'exemple et par l'autorité de leurs rois ou de leurs chefs ; qu'à proprement parler ils ne tirent que changer une idolâtrie en une autre, en substituant à l'adoration de leurs idoles, le culte des saints, des reliques, des images; que les missionnaires ne se tirent aucun scrupule de leur donner des phénomènes naturels pour des miracles.
Voilà donc, en quoi consistent les faux miracles dont Mosheim a déjà parlé ; c'étaient des phénomènes ou des événements naturels, mais qui parurent merveilleux et ménagés exprès par la Providence en faveur du christianisme. Les missionnaire?, qui n'étaient rien moins que d'habiles physiciens, purent y être trompés fort aisément, et les barbares, tous très-ignorants, en furent frappés.
S'il y eut de l'erreur, elle ne fut pas malicieuse, ni une fraude pieuse des missionnaires. Sur quoi fondé fùosheim soupçonne-t-il que la sainte ampoule apportée du ciel au baptême de Clovis fut uue fraude pieuse imaginée par saint Rémi? Les missionnaires ne sont pas répréhensihles non plus de s'être attachés à instruire les rois, et ceux-ci sont louables d'avoir engagé leurs sujets à professer une religion qui n'est pas moins utile à ceux qui obéissent qu'à ceux qui commandent. Les apôtres n'ont pas négligé ce moyen d'établir l'Evangile; saint Paul prêcha devant Agrippa; il convertit le proconsul de Cypro, Sergius-Paulus; et Ahg.ire, roi d'Eriesse, fut amené à la foi par un disciple de Jésus-Christ.
Luther et ses collègues n'ont su que trop bien se prévaloir de ce moyen, ils n'auraient pas réussi autrement; s'il n'est pas légitime, Mosheim doit abjurer le luthéranisme. Luther n'at-il pas répété cent fois que ses succès étaient un miracle? Quel crime ont commis les missionnaires du
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Nord, qui n'ait pas été imité par les réformateurs? Quant au reproche d'idolâtrie que Mosheim fait aux catholiques, c'est une absurdité que nous avons réfutée ailleurs. Voij.
Culte, Idolâtrie, Martyr, Paganisme, Saints, etc.
Il n'a pas meilleure opinion de la conversion des LJaiaves, des Frisons, des Flamands, des Francs orientaux, des "VA'estphalieus, qui se fit au septième siècle. Les uns, dit-il, furent gagnés par les insinuations et les artiiices des femmes, les autres furent subjugués par la crainte des lois pénales. Les moines anglais, irlandais et autres, qui firent ces missions, furent moins animés par le désir de gagner des âmes à Dieu, que par l'ambition de devenir évèques ou archevêques, et de dominer sur les peuples qu'ils avaient subjugués.
Avant de parler de l'apostolat des femmes, Mosûeim aurait dû se souvenir de ce qu'ont fait pour la réforme Jeanne d'Albret en France, et Elisabeth en Angleterre; leur zèle n'était certainement ni aussi charitable que celui des princesses du septième siècle ; et personne n'ignore jusqu'à quel point les lois pénales ont influé dans l'établissement du nouvel Evangile. Le titre d'ecclésiaste de Wirtemberg que s'arrogea Luther, le rôle de législateur spirituel et temporel que Calvin remplit à Genève, les places de surintendants des églises, de chefs des universités, etc., que possédèrent les autres prédicants, valaient mieux que l'épiscopat au septième siècle, chez des barbares récemment convertis. Les missionnaires devenus évêques étaient continuellement en danger d'èlre massacrés, et plusieurs le furent.
Saint Colomban, l'un des principaux apôlrcs de l'Allemagne, n'a jamais été évêque ; il se contenta d'èlre moine, et la plupart des autres ne s'élevèrent pas plus haut. Si Mosheim avait pris la peine de lire la Conversion de l'Angleterre comparée à sa prétendue Ré formation, il aurait vu la différence qu'il y a entre les missionnaires du septième siècle et les prédicateurs de la réforme.
D'ailleurs saint Pierre plaça son
siège épiseopal à Antioche, et ensuite à Rome, saint Jacques à Jérusalem, saint Marc à Alexandrie, saint Jean à Ephèse; les accuserons-nous d'ambition, parce qu'ils ont été évèques?
Que l'on nous montre en quoi l'autorité des évêques missionnaires a été plus fastueuse ou plus absolue que celle des apôtres et de leurs disciples.
Le huitième siècle fut témoin des travaux de saint Boniface dans la Thuringe, la Frise et la liesse. Ce saint archevêque fut mis à mort par les Frisons, avec cinquante de ses compagnons. D'autres prêchèrent dans la Bavière, la Saxe, la Suisse et l'Alsace. Mosheim dit que saint Boniface aurait justement mérité le titre à'apôlre de l'Allemagne, s'il n'avait pas eu plus à cœur la puissance et la dignité du pontife romain que la gloire de Jésus-Christ et de la religion ; qu'il employa la ruse et la force pour subjuguer les peuples; qu'il a montré dans ses lettres beaucoup d'orgueil , d'entêtement pour les droits du sacerdoce, et d'ignorance du vrai christianisme.
Si, par vrai christianisme, Mosheim entend celui de Luther ou de Calvin, nous convenons que saint Boniface et ses compagnons ne le connaissaient pas; il n'est né que huit cents ans après eux. C'est donc par son obéissance, par son dévouement au pontife romain, que l'apôtre de l'Allemagne a prouvé son orgueil. Nous avouons que les réformateurs ont montré le leur bien différemment.
Mais nous voudrions savoir par quelle récompense le pape a payé les travaux et le martyre des missionnaires; par quelle magie il a ensorcelé des moines, au point de leur faire braver la mort et les supplices pour satisfaire son ambition; ou par quel vertige ces malheureuses victimes ont mieux aimé mourir pour le pape, que pour Jésus-Christ. Nous verrons ci-après que les incrédules ont copié mot à mot cette calomnie de Mosheim, et Font appliquée aux apôtres.
Voyez Allemagne.
La conversion des Saxons, pendant ce même siècle, a donné lieu à une censure beaucoup plus amère. Sur la parole de Mosheim et des autres pro-
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testants, nos philosophes ont écrit que Charlemagne lit la guerre aux Saxons, pour les forcer à embrasser le christianisme; qu'il leur envoya des missionnaires soutenus par une armée; qu'il planta la croix sur des monceaux de morts, etc. Cette accusation est devenue un acte de foi parmi nosdissertateurs modernes. Le simple exposé des faits en démontrera la fausseté.
Avant Charlemagne , les Saxons n'avaient pas cessé de faire des irruptions dans les Gaules, do mettre les provinces à feu et à sang ; ils continuèrent sous son règne. Battus trois fois, ils espérèrent d'apaiser leur vainqueur en promettant de se faire chrétiens. On leur envoya des missionnaires et non des soldats. Après ce traité conclu, ils reprirent encore les armes cinq fois, furent toujours battus et forcés a demander la paix.
L'on comprend combien il y eut de sang répandu dans huit guerres consécutives, pendant un espace de trente-trois ans; mais fut-il versé pour soutenir les missionnaires?
Ordinairement ils étaient les premières victimes de la fureur des Saxons. Histoire universelle par les Anglais, tome 30, édition in-4°, livre 23, sect. 3.
Le sujet de ces guerres fut constamment le même ; savoir, les incursions, le brigandage, la perfidie de ces peuples, la violation continuelle de leurs promesses. Ce fut après trois récidives de leur part, que les grands du royaume, dans une assemblée de mai, prirent cette résolution terrible, contre laquelle on a tant déclamé : « Que le roi attaque- » rail en personne les Saxons perfides » et infracteurs des traités; que par » une guerre continuelle on les ex- » terminerait, ou il les forcerait de se » soumettre à la religion chi'étienne.»
Pour rendre ce décret odieux, on commence par supposer que Charlemagne était l'agresseur ; que, par l'ambition d'étendre son empire ou par un zèle de religion mal entendu, il avait attaqué le premier les Saxons qui ne voulaient qu'être libres, indépendants et paisibles chez eux. C'est une imposture grossière. Lorsque
les Germains et les Francs passèrent le Rhin pour envahir les Gaules, les empereurs romains étaient-ils allés les inquiéter dans leurs forêts? Quand les Normands vinrent ravager nos côtes, nos rois avaient-ils envoyé des flottes en Norwége pour attenter à leur liberté? Les Saxons avaient été battus et rendus tributaires par Charles-Martel en 725, par Pépin en 743, 745, 747 et 750. Ce n'était donc pas Charlemagne qui était l'agresseur, lorsqu'ils se révoltèrent l'an 769, au commencement de son règne.
Hist. univ., ibid., sect. 1 et 2.
Après l'infraction des trois traités faits avec ce prince, les Saxons méritaient certainement d'être poursuivis à outrance. Charlemagne, après l'assemblée de 775, leur laissa le choix ou d'être exterminés, ou de changer de mœurs en se faisant chrétiens ; ils avaient offert eux-mêmes ce dernier parti. Y avait-il de l'injustice ou de la cruauté à les forcer d'exécuter leur promesse, afin de changer des tigres en hommes? Si les Saxons se firent encore battre cinq fois, ce fut leur faute ; il est absurde de dire que le sang fut répandu pour assurer le succès des missionnaires ; il est évident que l'intérêt politique l'emportait sur le zèle de la religiou. Enfin, l'événement prouva que cet intérêt n'était pas mal entendu, puisque les Saxons, une fois domptés et convertis, se civilisèrent, demeurèrent en paix et y laissèrent leurs voisins.^
Au neuvième siècle, sous le règne de Louis le Débonnaire, les Cimbres, les Danois, les Suédois furent instruits dans la foi chrétienne par saint Ausberg et saint Ansgaire, sans armes, sans violence, sans lois pénales. Notre historien a été forcé de rendre justice aux vertus de ces deux moines, surtout du dernier; il a bien voulu lui accorder le titre de saint, quoiqu'il ait été fait évêque de Hambourg et de Brème.
Les Bulgares, les Bohémiens, les Moraves, les Esclavons de la Dalmatie, les Russes de l'Ukraine, furent amenés au christianisme par des Grecs.
Mosheim ne les a point blâmés ; il dit seulement que ces missionnaires donnèrent à leurs prosélytes une religion
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et une piété bien différentes de celles que les apôtres avaient établies; mais il avoue que ces hommes, quoique vertueux et pieux, furent obligés d'user de quelque indulgence à l'égard des Barbares, encore très-grossiers et 'très-féroces. Pourquoi cette excuse n'a-t-el!e pas eu lieu en faveur des missionnaires latins, aussi bien que des grecs? C'est que ceux-ci n'étaient pas des émissaires du pape; par là ils ont mérité d'être absous par les protestants des imperfections de leurs missions.
Audixièmesiècle, Rollon ouRobert, chefs des Normands, peuple sans religion qui avait désolé la France pendant un siècle, reçut le baptême et engagea ses soldats à suivre son exemple ; ils y consentirent, dit Moshcim, par l'appât des avantages qu'ils y trouvaient. Cela peut être; mais quel que fût le motif de leur conversion, il mit fin à leur brigandage.
Selon lui, Micislas, roi de Pologne, employa les lois pénales, les menaces, la violence, pour achever la conversion de ses sujets ; Etienne, roi des Hongrois et des Transylvains, en usa de même, aussi bien que Herald, roi de Danemark. Ces faits sont très-mal prouvés. Notre historien ajoute que Wlodomir, duc des Russes, en agit avec plus de douceur. Ici perce encore la partialité. Comme les Russes ont été agrégés à l'Eglise grecque qui a secoué le joug des papes, et que les autres peuples se sont soumis à l'Eglise romaine, il a fallu qu'un protestant protégeât les premiers au désavantage des seconds. Voilà toute la différence.
Pendant le onzième siècle, les habitants de la Prusse massacrèrent plusieurs fois leurs missionnaires; ils n'ont été domptés qu'au treizième siècle par les chevaliers de l'ordre teutonique. Au douzième, ^Yaldemar, roi de Danemark, obligea les Slaves, les Snèves, les Vandales à se faire chrétiens ; Eric, roi de Suède, y força les Finlandois; les chevaliers de l'Epée y contraignirent les Livoniens. Soit :
Mosheim reconnaît que les Poméraniens furent convertis par les soins d'Otton, évèqne de Bamberg, et les Slaves, par la persévérance de Vicelin,
évoque d'Altembourg. Voilà du moins deux évêques auxquels il ne reproche aucune violence. Il y a donc une différence à faire entre les missions entre-prises par pur zèle, et celles qui sont commandées par la politique et par la raison d'état.
Nous ne doutons point que des militaires, tels que les chevaliers de l'Epée et ceux do l'ordre teutonique, n'aient agi envers des Barbares qu'il fallait civiliser avec toute la hauteur et la dureté de leur profession, et avec toute la rudesse des mœurs ' septentrionales; mais ce vice ne retombe ni sur les évoques, ni sur les missionnaires, ni sur la religion. Dès que l'intérêt politique s'y mêle, les rois et leurs ministres ne se croient plus obligés de consulter l'esprit du christianisme, tout cède à la raison d'état; les lois et les peines paraissent une voie plus courte et plus efficace que la persuasion. Lorsque le gros des nations du Nord eut embrassé le christianisme, on regarda les peuplades qui résistaient encore, comme un reste de rebelles qu'il fallait sulij uguer par la force. Nous ne faisons point l'apologie de cette conduite; mais ce n'est point à un protestant qu'il convient de la blâmer. Encore une fois, il devait se souvenir que la réforme ne s'est pas établie par d'autres moyens, et que sans cela elle ne serait pas venue à bout de bannir le catholicisme de la plupart des royaumes du Nord.
Ce simple exposé des faits suffit déjà pour confondre Mosheim et ses copistes ; mais il y a des réflexions générales à faire sur son procédé et sur les conséquences qui en résultent.
1° Cetécrivain, quoique très-éclairé d'ailleurs, n'a pas vu qu'il fournissait aux incrédules des armes pour attaquer les apôtres ; qu'il donnait lieu à un parallèle injurieux entre leur conduite et celle des missionnaires qu'il a noircis. Aussi n'a-t-il pas fait à ceux-ci un seul reproche qui n'ait été appliqué par les déistes à saint Paul et à ses collègues. Ils ont dit que cet apôtre avait embrassé le christianisme, afin de devenir chef de parti; que le seul mobile de son
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zèle était l'ambition de dominer sur ses prosélytes ; que l'on voit dans ses lettres plusieurs traits d'orgueil, de hauteur, de jalousie, d'entêtement pour les privilèges de l'apostolat et du sacerdoce ; qu'il a commis une fraude pieuse ou un mensonge, en disant qu'il était pharisien ; que ses miracles étaient faux, etc. Pour le prouver, on a fait un livre exprès, intitulé : Examen critique de la vie et des ouvrages de saint l'aul ; il semble calqué sur les idées et sur le style de Mosheim. A l'art. Saint Paul nous réfuterons cet ouvrage impie ; mais il ne convenait guère à un protestant qui faisait profession du christianisme d'en fournir le canevas.
2° Il ne s'est pas aperçu qu'il suggérait encore aux incrédules, contre la religion chrétienne, un argument auquel il n'aurait pas pu répondre.
En effet, si cette religion est divine, si Jésus-Christ est Dieu, s'il a promis d'assisterson Eglise jusqu'à la lin des siècles, comment a-t-ilpu, pour propager son Evangile, se servir d'hommes aussi répréhensiblcs que Mosheim a peint les missionnaires, et d'un moyen aussi •'dieux que l'ambition des paries? C'était fournir aux Barbares un nouveau motif d'incrédulité, en ne leur donnant pour catéchistes que des hommes qui n'avaient aucune marque d'un véritable apostolat, des moines ignorants, superstitieux, fourbes, plus occupés de la dignité du pontife romain quede la gloire de Jésus-Clirist et du salut des âmes. Etait-ce donc là un plan digne de la sagesse éternelle ?
Mais les protestants ont beau déclamer contre les papes ; c'est à l'ambition prétendue de ces derniers que le Nord est redevable de son christianisme, de sa civilisation, de ses lumières, et l'Europe de son repos et de son bonheur. Si les nations du Nord n'avaient pas été chrétiennes, les émissaires de Luther n'auraient pas pu les rendre protestantes, aucun d'eux n'est allé prêcher les infidèles:
ils se sont contentés de débaucher à l'Eglise les enfants qu'elle avait engendrés en Jésus-Christ.
3° En voulant faire le procès aux
missionnaires, il a couvert d'ignominie les docteurs de la prétendue réforme. Ceux-ci ont-ils montré un zèle plus pur, plusdésintéressé, plus charitable, plus patient que les apôtres du Nord ? Ils ne prêchaient pas par attachement au pape, mais par une haine furieuse contre lui : ils n'ont point acquis de richesses au clergé, mais ils se sont emparés de celles qu'il possédait, et se sont mis dans sa place : ils n'ont point établi de superstition, mais ils ont étouffé toute piété ; ils ont enseigné sans doute la doctrine la plus pure, mais bientôt elle a fait éclore le socinianisme, le déisme et vingt sectes différentes. Encore faibles, ils ont prêché la tolérance et ont blâmé les moyens violents ; mais devenus redoutables, ils ont eu recours aux princes, aux lois pénales, souvent à la sédition et aux armes, pour asservir les catholiques, pour les chasser ouïes faire apostasier. Leurs propres auteurs conviennent que partout où leur religion est dominante, elle l'est devenue par l'influence de l'autorité séculière.
4° Lorque Mosheim a parlé des missions que les nestoriens ont faites pendant le huitième, le dixième et le onzième siècles dans la partie orientale de la Perse et aux Indes, dans la Tartarie et à la Chine, des missions des Grecs sur les deux bords du Danube, des missions plus ré centes des Russes dans la Sibérie, il n'en a pas dit autant de mal que de celles des Latins dans le Nord Pourquoi cette affectation? Les prédicateurs russes, grecs et nestoriens n'étaient certainement pas des apôres plus saints que les missionnaires de l'Eglise romaine ; de l'aveu même de Mosheim, leur christianisme n'était pas plus parfait, ni leur succès plus merveilleux. Nous ne lisons pas qu'aucun d'eux ait souffert le martyre, pendant que des centaines de prédicateurs catholiques ont été massacrés par les Barbares. Le sort de ces ouvriers évangéliques n'a cependant pas refroidi la charité de leurs successeurs, puisqu'elle a continué pendant huit ou neuf cents ans.
Ces moines, pour lesquels Mosheim
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affecte tant de mépris, et qu'il a noircis dans tous les siècles de son Histoire, ont marché courageusement sur les traces du sang de leurs frères, et ont bravé le même danger.
Il n'est pas fort louable de déprimer leur zèle apostolique, en lui prêtant des motifs humains et absurdes.
S II y a de la folie à vouloir nous persuader que la doctrine précitée aux infidèles par des missionnaires grecs, n'était pas la même que celle qu'enseignaient les prédicateurs latins. II est constant qu'avant le neuvième siècle il n'y a eu aucune dispute ni aucune division entre les deux églises touchant le dogme ni le culte extérieur ; que dans les divers conciles généraux, tenus pendant sept cents ans, les Grecs et les Latins signaient les mêmes professions de foi, et ne se reprochaient mutuellement aucune erreur. Les protestants les plus entêtés disent que les prétendus abus, dontilsnous font des crimes, se sont introduits dans l'Orient et dans l'Occident pendant le quatrième siècle. Dieu cependant n'a pas cessé de bénir et de faire prospérer les missions depuis ce tempslà ; il y a eu un plus ;;rand nombre de peuples convertis au christianisme depuis le quat.ième siècle qu'il n'y en avait eu auparavant. Dieu a donc rendu son Eglise plus féconde depuis qu'elle est tombée dans l'erreur, que quand sa foi était plus pure. Voilà le mystère d'iniquité que nos adversaires ont osé mettre sur le compte de la Providence.
6° Quand on a fait ces réflexions, l'an est tenté de regarder comme une dérision les éloges que Mosheim a faits des missions luthériennes que les Danois ont établies en 1706, chez les Indiens du Malabar. C'est un peu tard, après deux cents ans écoulés depuis la naissance du luthéranisme :
n'importe. Selon noire historien, c'est la plus sainte et la plus parfaite de toutes les missions. Les catéchistes que l'on y envoie ne l'ont pas, dit-il, autant de prosélytes que les prêtres papistes; mais ils les rendent meilleurs chrétiens et plus ressemblants aux vrais disciples de Jésus-Christ.
Cependant on sait queUes ont été
les raisons de cet établissement; l'intérêt du commerce, la rivalité à l'égard des autres nations européennes, la honte de paraître indifférent sur le salut des Indiens, un peu d'envie de jouter contre l'Eglise romaine. Des motifs aussi profanes ne sont guère propres à opérer des prodiges ; en effet, les voyageurs, témoins oculaires, nous ont appris ce qui en est, • et plusieurs ont regardé ces missions comme une pure momerie.
Ce n'est pas à tort que nous reprochons continuellement aux protestants qu'ils sont les premiers auteurs du déisme, de l'incrédulité, de l'indifférence de religion qui régnent aujourd'hui dans l'Europe entière; pourvu qu'ils puissent satisfaire leur haine contre l'Eglise romaine, ils s'embarrassent fort peu de ce que leurs calomnies retombent sur le christianisme en général. Nos philosophes incrédules n'ont fait que les copier. Mais puisque le protestantisme ne s'est maintenu que par une animosité opiniâtre contre le catholicisme, ses sectateurs doivent crain Ire d'en avoir creusé le tombeau en inspirant riadiiférence pour toute religion. Voy. Missions.
Bergïer.
NORIS (Henri) (Théol. hist. biog.et bibliog.) — Ce cardinal, né à Vérone, en 1631 d'une famille originaire d'Islande, et mort d'bydropisie à Rome, en 1701-, pendant qu'il travaillait à la réforme du calendrier, avait une intelligence profonde élu ne prodigieuse mémoire. 11 a laissé :
Historia pelagiana, Flor. 1673. — Ce livre fut vivement attaqué et défendu par son auteur; l'inquisition s'en mêla et rendit un jugement favorable ; mais le grand inquisiteur d'Espagne revint à la charge et l'inscrivit, en 1747, au nombre des livres prohibés; Benoît XIV s'en (daignit et ne fut pas écouté; mais le grand inquisiteur qui succéda annula le décret en 17S8 — ; bissertalio historien de synoclo quinta œcumenica ; Vùidiaiss Augustinianœ; Dissertatio de itno ex Trinitate in carne passa ; Apologia monachorum Scythim ab Anunymi scrupulis vindieata; Anonymi scrupule
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circa veteres Semipelagianorum sectatores, evulsi et eradicati; Rcsponsio ad appendicem auctoris Scrupidorum ; Responsiones très, etc. ; Somnia Francisci Macedo, etc; Epockse Syro-Macedonum; De duobus nummis Diocletiani et Licinii diss. duplex; Païœnesis ad Patrem Harduinum. — « Le cardinal Noris, dit M. Dux, avait déjà antérieurement critiqué, dans ses ouvrages, les extravagances de ce Jésuite; mais il le fit, dans cet écrit, d'une manière toute spéciale et très-vive, car le cardinal aimait la polémique, et ne traitait pas avec grand respect ses adversaires les plus honorables quand ils ne lui rendaient pas l'hommage qu'il croyait dû à son savoir. — Cœnotaphia Pisano Caii et Lucii Cœsaïum; etc.
Le Nom.