NORMANDS D'ANGLETERRE
(conversion au christianisme des) [Thëol. hist. églis. part.) — « On connaît, dit M. Schrodl, les expéditions des pirates normands et danois, qui devinrent si fréquentes au neuvième siècle. L'Allemagne, la France et les Iles Britanniques furent dévastées; partout les églises et les couvents furent pillés et ruinés, les prêtres et les moines massacrés de la façon la plus cruelle. Ces invasions eurent les conséquences les plu's déplorables pour les mœurs et la religion dans les provinces envahies, qui furent tellement mises à l'épreuve par ces hordes barbares que les fidèles retombèrent dans leur ancienne barbarie, que le clergé secoua toute discipline, oublia l'étude, laissa tomber la vie monastique ou n'en conserva guère que le nom.
» Cependant les barbares qui s'étaient établis dans des pays déjà chrétiens à leur arrivée se soumirent peu à peu à la loi chrétienne. Le valeureux Alfred le Grand, roi d'Angleterre lutta si heureusement contre les envahisseurs qu'ils n'eurent finalement d'autre ressource que d'abandonner l'île ou de se soumettre au vainqueur. Ces nouveaux vassaux se mêlèrent aux indigènes, se firent baptiser, tout en demeurant longtemps encore païens dans leurs mœurs et leurs idées, et
exercèrent une fâcheuse influence sui les naturels.
» Ce fut surtout le roi Canut h Grand, qui contribua eflicacement à la conversion des Normands établis en Angleterre. Les Normands qui avaient fondé le royaume d'Ostmanie, à Dublin, après avoir exercé en Irlande leurs pillages et leurs dévastations habituelles, et avoir détruit un grand nombre d'établissements religieux florissants, devinrent Chrétiens au dixième et au onzième siècle, et eurent en 1040, à Dublin, leur premier évêque, nommé Donat. Le second évèque de Dublin, Patrice, fit, en 1074, de l'évèché de Dublin une Eglise suffragante de Cantorbéiy, quoique jusqu'alors aucune Eglise d'Irlande n'eût été subordonnée à la métropole d'Angleterre. Il semble résulter de là que les Normands et les Danois ne soumirent leur église à celle de Cantorbéry, que par suite de leur attachemeni national aux Normands, désormais prédominants en Angleterre. »
Le Noir.
NORMANDS DE FRANCE (Conversion au christianisme des) {Théol.
hist. églis. part.) — «En France, dit M. Schrôdl, les tristes prévisions de Charlemagne, causèrent des ruines effroyables dans les trente dernières années du nenvième siècle et dans les dix premières du dixième. Rollon, Hrolf ou Raoul, leur puissant chef, remplit la France de terreur. Charles le Simple, se voyant dans l'impossibilité d'arrêter ces dévastations, envoya, en 911, des députés à Rollon pour lui proposer, s'il voulait devenir Chrétien et faire la paix, une partie de son royaume et la main de sa fille Gisèle.
» Rollon accepta l'offre. Il se rendit, en 918, aune entrevue avec le roi Charles, le duc Robert de France et l'archevêque Franco, de Rouen, à Saint-Clair-sur-Epte, y reçut les domaines qu'il ambitionnait, c'est-àdire le pays qui s'étendait de l'Epte à la mer, et, en outre, la Bretagne, et se fit baptiser de la main de l'archevêque de Rouen; le duc Robert devint le parrain de Rollon, qui prit
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son nom. Un grand nombre do Normands reçut en même temps le Baptême. Durant la première semaine, tandis qu'il portait encore les vêtements Lianes des néophytes, Robert signala chaque journée par une donation aux sept églises que l'archevêque avait dû lui désigner. Ayant déposé l'aube le huitième jour, il partagea le pays, qui dès lors fut appelé la Normandie, entre ses compagnons et épousa la fille du roi Charles.
» Sous son règne vigoureux, paisible et sur, les traces des anciennes dévastations disparurent promptement. Il augmenta la population de saprovince en y appelant de nouveaux colons de la Scandinavie et des Français qu'attirait sa bonne administration ; il rétablit les églises dévastées, et fonda, par sa législation et sa sévère justice, un ordre tel quepersonne ne songeait plus à piller ni à voler, et que la Normandie fut bientôt une des provinces les mieux cultivées du royaume.
« Ainsi l'établissement des Normands enFrancemit un terme à leurs dévastations, exerça une grande influence sur les populations de la France septentrionale, et surtout sur l'Eglise, quoique d'une manière moins prépondérante qu'en Angleterre. Les colons du Nord, qui répondirent à l'appel de Rollon et vinrent s'établir en France, adoptèrent également le Christianisme ; ceux qui s'y refusèrent durent se retirer ailleurs. »
Quand les Normands de France s'abattirent ensuite, avec autant d'adresse que de valeur, durant le onzième siècle, dans l'Italie et la Sicile, ils étaient chrétiens.
Le Noir.
NORWÉGE (introduction du christianisme en) (Théol. hist. églis. part.) — Le roi de Norwêge Haçon (Haquin le Bon), qui régnait dans ce pays vers le milieu du dixième siècle, chercha à entraîner ses sujets au christianisme, mais ne réussit pas. Le conquérant delà Nonvéqe, Harald essaya, dans le même but, des moyens violents, mais ne réussit pas non plus.
Ce fuient Olaf et Olaf le Saint qui
réussirent à la fin do ce siècle et dans le commencement du onzième. Voici comment M. Schrôdl résume cette histoire :
« Haquin, qui avait reçu en Angleterre, à la cour du roi Athelstan, une éducation religieuse, n'avait pu, lorsqu'il était venu en Norwêge, laisser soupçonner d'abord le désir qu'il avait de convertir son peuple à l'Evangile. Il s'était contenté d'agir peu à peu sur ceux qui l'entouraient. Il avait attiré quelques prêtres anglais en Norwégc et fait bâtir quelques églises. Enfin, vers 040, il essaya d'engager le peuple, qu'il avait réuni dans une assemblée, à adopter l'Evangile et à célébrer avec lui les dimanches et jours de fêtes. Mais sa proposition, loin de trouverun accueil favorable, suscita une vive opposition contre le Christianisme, et il fut obligé de rassurer son peuple en mangeant lui-même de la chair de cheval et en prenant des boissons offertes aux idoles. Blessé mortellement dans une bataille, en 900, il exprima, en mourant, le repentir qu'il ressentait de la faiblesse qu'il avait eue, et déclara qu'il ne méritait pas qu'on portât son corps en Angleterre pour y être enseveli en terre sainte, comme le lui éliraient quelques-uns de ses amis.
» Le roi Harald, qui se rendit maître de la Norwcge en 967, chercha à imposer par des moyens violents le Christianisme au pays ; mais Haquin Yarl (f 99b) renversa de nouveau toutes les fondations chrétiennes, rétablit partout le culte païen, et sacrifia son propre fils aux idoles.
» Après sa chute le trône des Norvégiens fut occupé par Olaf on Olof Trygweson, dont le règne fut remarquable parla conversion de la moitié de ses Normands. Il avait, durant ses expéditions militaires, appris à connaître et à apprécier les avantages de la religion chrétienne, et avait été protégé, dans plusieurs rencontres dangereuses, par l'image du Crucifié qu'il portait sur son bouclier. Il voulut faire jouir son peuple de la grâce qu'il avait connue, travailla avec une infatigable ardeur à l'introduction de l'Evangile, employa à cette tin tous
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les moyens, l'instruction, la persuasion, les présents, les menaces, et sévit même, en certains cas, d'une manière violente, contre ceux qui lui résistaient. Toutefois le paganisme compta peu de martyrs. Les prêtres qui secondèrent le plus efficacement son zèle dans celte œuvre furent Thaugbrand et Gotebald. Olaf trouva la mort en l'an 1000, dans une guerre contre les Danois et les Suédois réunis.
» Olaf le Saint acheva la conversion de la Norwége. Il arriva d'Angleterre en 1017, accompagné par des évoques et des prèlres anglais, dont les principaux étaient Sigfrid, GrimMl, Rodolphe et Bernard. Unwan, archevêque de Brème, que le Pape avait nommé métropolitain de la Norwége, envoya aussi de très-savants prêtres allemands.
» A l'aide de tous ces missionnaires le saint roi acheva la conversion des Normands, parcourut le pays pour régler par lui-même tout ce qui était nécessaire à son pieux dessein, chassa et poursuivit les magiciens et les sorciers, dont la Norwége fourmillait, frappa de peines sévères les apostats et les païens opiniâtres, fit prêter serment à an code chrétien rédigé par l'évêque Grimkil, institua des écoles, bâtit à Dronlheim une église dédiée à saint Clément, qui devint le chefd'œuvre de l'architecte du Nord, renversa les temples païens et leurs idoles, entre autres un buste colossal, incrusté d'or et d'argent, du dieu Thor, dont les débris laissèrent échapper une masse de souris, de rats et de crapauds, lesquels contribuèrent à désillusionner beaucoup de Norvégiens. La haine des païens, qu'Olaf avait excitée contre lui par la sévérité qu'il avait déployée à l'égard du paganisme et par son zèle religieux, facilita la conquête de la Norwége à Canut, roi de Danemark et d'Angleterre. Olaf fut chassé; mais il revint et se prépara à une lutte nouvelle, pour laquelle il n'admit que des Chrétiens dans son armée. Ces Chrétiens portaient le signe de la croix sur leur bouclier et leur casque, et avaient pour mot d'ordre : « En avant, en avant, soldats du Christ, de la croix
et du roi! » Le 29 juillet 1033, Olaf succomba dans une bataille. Heureusement le Christianisme, qu'il avait implanté dans le pays, y subsista et y prospéra. Les Normands convertis à la foi le vénérèrent comme un saint martyr; bientôt de tout le Nord on arriva en pèlerinage à son tombeau de Drontheim, et l'anniversaire de sa mort devint un jour de grande solennité pour les peuples septentrionaux.
» Adam, de Brème (1), fait l'éloge des Normands nouvellement convertis. « Elevés dans de meilleures écoles dit-il, après avoir embrassé l'Evangile, ils apprirent à aimer la paix et la vérité, à se contenter de leur pauvreté; ils reconnurent le Christ dans la simplicité de leur cœur; ils se signalent parmi tous les hommes par leur modération, par leur profond respect pour l'Eglise et le clergé (qui, à défaut de dime, se fait payer cher l'administration des choses saintes) ; en un mot, ils sont tous dévoués au Christianisme. Seulement au nord, on pratique encore la magie. »
« Peu à peu, quelques évoques ayant établi leur résidence dans les grandes villes, sans avoir encore de diocèses déterminés, il se forma quatre diocèses : l'archevêché de Drontheim (Nidaras), et les évèchés de Bergen, Hammer et Stavadger (2;. »
Le Nom.
NOTES DE L'EGLISE. Voy. Eglise, §2.
NOTIONS EN DIEU. Les théologiens, en traitant du mystère de la sainte Trinité, nomment notions les qualités qui conviennent à chacune des Personnes divines en particulier, et qui servent à les distinguer. Ainsi la paternité et Yinnascibilité sont les notions distinctives de la première
(1) Desrripts., insul, dans Pertz, Script., VU (IX), p. 381.
(2) Voir Torfsi Mit. Norveg ; Adami Brrm.
Gest. Hitmmab. Eccles., dans Pertz, Scrip,, VII IX); Boll. ad 29 JuL, ta Vita S. Olavi ; Hist. S. Sigifridi, dans Fant, Script, rer. Suée, meiiii asvi, t. II; Hunier, Mit. écriés, du Danemark et delà Norwége, hem., 18i5, Dcelliuser, Manuel de V Biliaire de l'bglise, 1. 1 ; Néander, Histoire de l'Eglise, t. IV.
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Personne, la filiation est le caractère disliiictif de la seconde, la procession ou spiration passive convient exclusivement à la troisième. "S" oyez. Trinité.
Comme ce mystère est incompréhensible, et qu'il a été souvent attaqué par les hérétiques, les théologiens ont été forcés de consacrer des termes particuliers, non pour l'expliquer, puisqu'il est inexplicable, mais pour énoncer, sans danger d'erreur, ce que l'on en doit croire.
NOTKER (S ) Balbulus, le poêle de Saint-Gall (Tkéol. hist. bioy. et Libliog.) — Ce poète et musicien religieux, naquit vers 830 dans un château du canton de Zurich-Elg; il descendait par son père de Charlemagne ; fut confié, enfant, à l'abbé Grimoald, et devintl'élève de l'école du savant Iso; il bégayait, d'où lui vint le surnom de Balbulus. Il composa beaucoup de cantiques et de séquences pour les fêtes d'église; il dirigea le chant grégorien à Saint-Gall; le sentiment pieux et consolateur domine ses mélodies. Il était inspiré par les moindres choses de la nature, par tout ce qu'il rencontrait. Un jour, voyantdes ouvriers, qui construisaient un pont, suspendus entre la vie et la mort, il traduisit son émotion par le célèbre cantique : Media vita in morte sumus, qui se répandit dans toute l'Europe, que les Croisés chantaient dans leurs combats, et qu'on chantait encore, au seizième siècle, sur les bords du Rhin. Ce fut en entendant le martellement régulier d'une roue de moulin péniblement mue par nu courant affaibli, qu'il composa sa belle mélodie de l'hymne de la Pentecôte, Spiritus Sancti adsit nobis gloria, que le pape Innocent III célébrait tant. Motker jouit, pendant sa vie, d'une immense renommée. Charles le Chauve entretint avec lui une correspondance intime et suivie.
M. Greith raconte , sur ses relations avec cet empereur, les deux anecdotes suivantes :
a En messager de l'empereur ayant un jour attendu plus que de coutume à Saint-Gall une réponse de Notkcr,
impatient de partir, se mit à la recherche de Notker et le trouva occupa au jardin à arracher les mauvaises herbes, à arroser, à transplanter, à émonder ses plantes. « Que dirai-je, vénérable Père, à mon maitre? demanda le messager. — Dis-lui, répliqua Notker, ce que tu m'as vu faire et rien de plus. » L'empereur, à qui le messager transmit la réponse, lui dit : « J'en sais assez. Le saint docteur m'a donné deux grandes leçons.
Heureux le roi qui arrache les passions du jardin de son cœur, qui cultive les vertus chrétiennes; heureux s'il extirpe les erreurs et les vices de l'Église, dont il est le défenseur, et s'il fait prospérer la vertu parmi les hommes! a
« L'empereur, visitant un jour Saint-Gall, était accompagné par un chapelain de la cour fier et arrogant, qui avait entendu dire beaucoup do bien de Notker. En parcourant le couvent avec d'autres chevaliers il vit Notker dans l'église occupé devant son psautier. « Tenez, dit-il à ses compagnons, c'est là, à ce qu'on prétend, l'homme le plus savant de l'empire de Charles; je vais mettre un peu ce profond savant à l'épreuve et lui poser une question à laquelle il ne pourra répondre. « Nous savons, ditil en s'approchant de Notker, que tu es initié aux profondeurs delà science, que tu saisi/élever, dans la sublimité de tes contemplations, jusqu'aux choses divines. Dis-nous donc, si tu le sais, ce que fait Dieu en ce moment au ciel? » Notker répondit d'une voix sérieuse : « Je le sais et ne le sais que trop. Il fait ce qu'il a toujours fait et ce qu'il fera bientôt à ton égard : il exalte les humbles et humilie les superbes. » Le chapelain, honteux et ému, quitta Notker, et la parole du saint se réalisa bientôt.
Quelques jours après, au départ de l'empereur, le chapelain tomba devant la porte du couvent avec son cheval et se cassa la jambe. Il reconnut sa faute et demanda pardon à Notker. »
Notker mourut le 8 avril de l'année 912. On a de lui, outre ses séquences, un Martyrologe, un Traité
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sur les commentateurs de la Bible, la Yic de Saint-Gall, en prose et en vers
latins.
Le Noir.
NOTKER ou NOTGER (Thiol. hist.
biog. et bibliog.) — Cet évèque de Liège, qui créa surtout la renommée de lecole de celte ville, surnommée à cette époque le Berceau de la science, naquit vers le milieu du dixième siècle, fut élevé au siège épiscopal de Liège en 971 et mourut en 1007. On lui attribue l'Histoire des évëques de Liège, mais il est probable qu'elle est d'Heriger qui l'écrivit à la demande
de Notker.
Le Nom.
NOTRE-DAME, titre d'honneur que que les catholiques donnent à Ja.
sainte Vierge ; ainsi nous disons, l'église de Notre-Dame, les fêtes de Notre- Dame, etc. ,
Les protestants, qui rejettent le culte de la sainte Vierge, font croire aux ignorants que nous l'appelons Notre-Dame dans le même sens que nous appelons Jésus-Christ Notre-Seigneur ; qu'ainsi nous rendons à l'un et à l'autre un culte égal. Mais une équivoque ne devrait jamais causer de disputes. Jésus-Christ est notre souverain Seigneur parce qu'il est Dieu; nous appelons sa sainte mère Notre- Dame, pour lui témoigner un plus profond respect qu'à toute autre créature, et une entière confiance en son intercession. Si quelques dévots peu instruits se sont quelquefois exprimés sur ce sujet d'une manière qui n'est pas assez correcte, il ne faut pas en faire un crime à l'Eglise romaine qui n'approuve aucun excès.
Nous accusera-t-ond'idolàtrie lorsque nous donnons aux grands de la terre le titre de monseigneur ?
Bergier.
NOTRE-DAME DE LA PIERRE, en
allemand, Mariastein (Thcol. hist.
peler.)— « Mariastein, dit M. Dietler, est un des pèlerinages les plus remarquables par l'influence des pèlerins, par sa situation pittoresque et par l'originalité de sa chapelle. Il est situé sur une haute et pittoresque
colline, au revers septentrion :il de la plus vaste branche du Jura, au bord escarpé d'une vallée étroite. Celle-ci s'enfonce vers le nord-est et sépare la colline en deux parties égales, sur chacune desquelles se trouve une paroisse ressortant du couvent. Le pays est couvert d'une foule de ruines d'anciens châteaux, d'où la vue s'étend au loin dans les fertiles plaines de l'Alsace et au delà du Rhin, jusqu'au pied de la forêt Noire.
» La chapelle est formée par une grande grotte, située dans le flanc nord-ouet de la colline, fermée du côté de la vallée par une muraille percée de quelques fenêtres d'où la lumière pénètre dans la grotte et d'où l'on a une vue ravissante. On arrive à la chapelle par des marches qui longent les flancs de la colline
» Ce pèlerinage remonte trèshaut; une lettre d'une commission du concile de Bâle, qui existe encore, en parle comme d'un lieu de dévotion depuis longtemps fréquenté.
La tradition en fait remonter l'origine à la chute d'un enfant qui tomba du haut des rochers dans la vallée et qui fut sauvé par l'intervention de la sainte Mère de Dieu.
» Le pèlerinage fut d'abord confié à la garde de quelques prêtres. En 1471 il fut remis aux Pères Augustins de Bâle, et, lorsque le couvent de ces religieux eut été aboli par la réforme, on commit la garde de la chapelle à un prêtre séculier, chargé en même temps de la cure des deux paroisses indiquées plus haut, nommées l'une Hofstettcn et l'autre Metzerlen.
» En 1636 le pèlerinage et les deux paroisses furent incorporés au couvent de Beinwil (1). A cette époque il y avait au-dessus de la chapelle, bâtie dans le roc, une petite maison et une petite église, qui forment aujourd'hui la chapelle des Sept- Douleurs et la demeure du curé. Tout autour régnait une vaste forêt. Le pays prit alors un nouvel aspect. Audessus de la chapelle du pèlerinage s'élevèrent un monastère et une
(I) Au canton de Solenre, dans la «liée d»
Thiersteio, à 2 kilomètre, de Dûrrmenach. Le cou. vent de Bénédictins de Beiuvnl remonte au ouuème Biécle.
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grande église ; des champs, des vergers et des vignobles fertiles remplacèrent la forêt ; un office solennel et permanent succéda au silence habituel de cette antique solitude ; du matin au soir les nombreux pèlerins qui y accoururent trouvèrent des secours spirituels et une charitable assistance ; les dimanches et fêtes la parole de Dieu fut annoncée du haut de la chaire, et l'école du couvent propagea l'instruction parmi la jeunesse du pays. »
Le Noir.
NOTRE-DAME DE LORETTE {Théol. hist.pêlsr.) — V. Lorette.
NOUFFER (le remède de M e ) contre LE VER SOLITAIRE [TMol. miXt.
scien. thérap.) — L'homme a des étrangetés singulières, et la plus bizarre peut-être de ces étrangetés, c'est la puissance de la mode sur les esprits. Combiende remèdes, par exemple, furent de mode, autrefois, passèrent pour souverains, et appuyèrent leur vogue sur des multitudes de guérisons, qui cependant sont tombés dans le plus complet oubli. Il en est ainsi de presque tous les simples qu'on employait au temps de Dioscoride et dont la pharmaceutique moderne ne se sert plus du tout.
Faut-il conclure de pareils oublis que les plantes en elles-mêmes n'avaient pas les vertus qu'on leur attribuait ?
Nullement; il en faut seulement conclure qu'il y eut engouement dans ces époques pour des remèdes qui étaient bons, que cet engouement a été remplacé par de nouveaux engouements pour d'autres remèdes aux mêmes maux, qui ne sont pas mauvais non plus, et que l'homme s'est donné le plaisir de changer de mode comme il le fait pour ses habits. Voici un exemple de ces cas sans nombre, et celui-là est tout voisin de nous.
Il y a environ cent ans, une veuve suisse, de Morat, nommée Neffer, possédait contre le ver solitaire un spécifique merveilleux qu'elle prétendait tenir de son mari, mais dont elle conservait le secret. Elle opérait tant de cures avec ce remède qu'elle en était devenue assez célèbre pour que
le roi de France Louis XVI s'en préoccupât très-sérieusement. Cet excellent prince, plein d'humanité, fit nommer une commission de médecins célèbres pour examiner la question. Cette commission se composait de Lassone , Macquar , Lamothe , A. L. de Jussieu et Carburi. La commission, après études sérieuses, fit un rapport très- favorable ; et sur ce rapport le remède fut acheté au prix de 18,000 francs et aussitôt rendu public. En quoi consistait-il ? il consistait dans la racine de fougère mâle, — potydium fi lis mas de Lin — ; c'est lafougère la plus communeenFrance dans les bois humides; elle est à tige souterraine traçante, et elle eut autrefois beaucoup de réputation comme vermifuge. On la faisait prendre avec un purgatif énergique (calomélas, scamonée, gomme-gutie).
Quant aux préparatifs et aux détails du traitement, c'était assez compliqué.
Aussitôt les nouvelles des réussites affilièrent, puisl'cngouementse passa peu à peu, et depuis très-longtemps on n'en parle plus du tout.
Le Nom.
NOUHRY (Nicolas). Théol. hist.
biog. et bibliog.) — Ce bénédictin trèsérudit, né à Dieppe, en Normandie, l'an 1647, entré en 1663 dans la congrégation de Saint-Maur, et mort eu 1724, lorsqu'il s'occupait d'une nouvelle édition de saint Ambroise, est l'auteur d'un livre estimé intitulé :
Apparatus ad bibliothecam patvum 2 vol. in-fol., 1703 et 1715, dont le I er vol. est très rare; d'une dissertations sur le traité de Morlibus persecutorum, attribué à Lactance, mais faussement d'après Nourry ; etc.
Le Noir.
NOUVEAU. Ce mot a plusieurs sens dans l'Ecriture sainte. Il signifie, lo ce qui est extraordinaire.
Judic, c. 5, ^8. Le Seigneur a choisi une nouvelle manière de faire la guerre et de vaincre nos ennemis, en inspirant à une femme le courage d'un homme. 2» Ce qui est enseigné avec plus de soin qu'autrefois. Jésus- Christ appelle le précepte de la charité un commandement nouveau. Joan.
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c. 13, y 34, quoiqu'il fût déjà imposé dans l'ancienne loi, parce qu'il l'a mieux développé, qu'il en a donné de nouveaux motifs, et en a montré dans lui-même un exemple parfait.
3° Ce qui est beau et sublime ; dans ce sens, David a dit plusieurs fois:
Je vous chanterai, Seigneur, un cantique nouveau. Dans le style de saint Paul, le nouvel homme est le chrétien purifié de ses anciens vices par le baptême. Jésus-Christ dit, Luc.,c. 5, f 37, qu'il ne faut pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, pour l'aire entendre qu'il ne devait pas imposer à ses disciples, encore faibles, des devoirs trop parfaits. 4» Dans la 2° lettre de saint Pierre, c. 3, y 13, et dans l'Apocalypse, c. 21, f 1 et 2, un nouveau ciel, une nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem, signifient le séjour des bienheureux, mais dans feane, c. 66, f 22, les mêmes expressions paraissent désigner le règne du Messie. Lorsque le Sauveur promet à ses apôtres de boire avec eux un vin nouveau dans le royaume de son père, Matth., c. 14, y 25, cela pouvait signifier qu'il boirait encore, et mangerait de nouveau avec eux, après sa résurrection. o° Joan., c. 19, ^41, il est dit que Joseph d'Arimathie déposa le corps de Jésus-Christ dans un sépulcre nouveau, dans lequel aucun mort n'avait encore été déposé. 6° Exod., c. 23, y 15, le mois des nouveaux fruits était le mois de Nisan, pendant lequel la moisson commençait en Egypte et dans la Palestine.
Bergieh.
NOUVEAU MONDE (le) (Thêol. mixt.
et hist. scien. géogr.) — V. Christophe- Colomb ou le Nouveau Monde.
NOUVEL AN (la date du) chez les différents peufles (Théol. mixt. scien.
hist.) — « Le jour auquel commence une nouvelle année, dit M. Schmid, est très-divers chez les différents peuples. Les anciens Égyptiens, par exemple, célébraient leur nouvel an le jour où Sirius peut être vu pour la première fois au crépuscule du matin. Chez les Juifs c'était le premier jour du mois de Nisan, à l'équiaoxe du printemps, durant lequel on
célébrait la pâque; cependant il parait que plus tard ils célébrèrent le nouvel an civil en automne. Les Chinois commencent l'année civile durant notre mois de février. Chez les Mahométans c'est une fête mobile.
Les Romains avaient primitivement leur nouvel an au mois de mars, comme le prouve encore l'usage que nous avons de nommer septembre, octobre, novembre et décembre, les septième, huitième, neuvième et dixième mois, à dater du mois de mars. Nama le transféra au 1 er février, et le Janus bifrons, qui regarde l'année écoulée en même temps que celle qui commence, tire de là son origine. Cette innovation pénétra tellement dans les mœurs du peuple romain que Néron échoua complètement dans la tentative qu'il lit de placer le nouvel an au l ot décembre, parce que c'était le mois de sa naissance. »
Complétons ce petit résumé par quelques notes :
Les- Juifs avaient deux années :
l'année sacrée et l'aimée civile; la première commençait à la nouvelle lune la plus proche de l'éqninoxe du printemps (mois de mars) ; la seconde commençait à la nouvelle lune la plus voisine de l'équinoxe d'automne (mois de septembre).
Le 1 er thot (1 er mois de l'année égyptienne) occupait tous les jours, successivement, pendant une période sainte de 1461 ans, au bout de laquelle il se retrouvait au même moment ; l'empereur Auguste attacha ce 1 er thot au 20 août de l'année julienne, avec cette condition que tous les six ans l'année aurait un jour de plus et commencerait le 30 août.
Les Chaldéens , Perses, Syriens, Phéniciens et Carthaginois, faisaient commencer leur année à l' équinoxe d'automne.
Les Olympiades des Grecs (périodes de quatre ans) commençaient vers la nouvelle lune qui suivait le solstice d'été.
Pour les Romains, il n'y a rien à modifier à ce qui en a été dit.
Les Chinois ont toujours fait commencer leur année astronomique au solstice d'hiver ; mais leur anuée ci-
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vile a varié selon les dynasties. La dynastie Ma la lit commencer à la troisième lune après ce solstice; la dynastie Chang, à la deuxième; la dynastie Tcheou, au solstice même d'hiver. Aujourd'hui elle commence, comme on l'a dit, au mois de février.
Quant à leur année astronomique elle était déjà toute pareille à notre année julienne, deux mille ans avant Jésus-Christ; elle est de 365 jours et 6 heures ; et chaque quatrième année est de 3(36 jours comme notre année bissextile.
L'année des Japonais, à peu près semblable à celle des Chinois, commence à l'équinoxe du printemps.
Celle des Annamites a sa première lune quand le soleil entre dans le signe des poissons.
Les Indiens commencent leurs années à des heures du jour différentes; leur premier mois commence généralement du 11 au 14 avril; leurs calculs pour ces fixations sont difficiles ; ce ne sont que les brahmanes qui les connaissent, et il en résulte pour ces piètres un moyen de se rendre nécessaires.
Les Siamois font commencer leur année, qui est lunaire, vers le solstice d'hiver.
Les Thibétains font commencer la leur, quiestde 12 mois lunaires tous de 30 jours, en février ; pour ramener toujours le môme ordre des mois et des jours, ils retranchent les jours qui se trouvent de trop, sans changer l'ordre numéral des jours suivants; ils passeront, par exemple, du 26 au 28, ou comptant 28, aujourd'hui, quoique hier n'ait été que le 26. C'est ainsi qu'ils ont rendu leur ordre de numération toujours le même .
Quelques peuples de la haute Asie, tels que les Uuigours, ont une année solaire qu'ils font commencer au mois de février, et une année lunaire qu'ils remettent d'accord avec l'autre, au moyen de calculs ingénieux, à l'aide d'un mois intercalaire.
En Arménie, il y a l'année solaire ecclésiastique qui commence à peu près comme la notre selon qu'elle est ou n'est pas bissextile, et l'année civile qui est toute différente, at-
tendu qu'on la laisse aller sans ajouter le jour formé des heures fractionnaires; c'est cette dernière qui sert pour les actes et pour les dates des lettres.
Quant à l'année des Arabes elle fut d'abord l'année lunaire pure, en sorte que leurs mois n'avaient aucunrapport avec les saisons et les parcouraient toutes. Pour remédier à cet inconvénient, ils introduisirent l'embolisme et firent une année luni-solaire, dans le genre de la nôtre; mais Mohammed prétendit qu'il y avait en cela une impiété et ramena l'ancien usage. {Voy.
Hégire et Mois etc., chez les Musulmans;) ce système est étranger àpresquetous les peuples qui ne sont pas musulmans; aujourd'hui ceux-ci gagnent environ 38 ans sur nous, depuis le commencement de leur ère (622 de Jésus-Christ). C'est de là qu'où a eu raison de dire, dans le résumé ci-dessus, que leur nouvel un est mobile ; il parcourt toute l'armée et toutes les saisons il en est; de même de leur pèlerinage du Ramadan; mais il met une très-longue période à faire le tour entier.
Les Javanais ont accepté l'ère musulmane ; auparavant ils avaient la brahmanique, qui était lunaire avec desjoursintercalaires; si l'on remonte plus haut encore, ils avaient une année de 30 mois.
Les Aztèques, enAmériquo, avaient un système à peu près pareil à celui des Egyptiens, qui rendait pendant 1461 ans le nouvel an mobile, avant qu'il retombât au même moment ; mais ils limitaient cettte mobilité à 52 ans, en intercalant, au bout de cette période, 13 jours de plus, ce qui ramenait le début de leur année au 9 janvier grégorien; ils appelaient cette année le compte du soleil; de plus ils avaient une année rituelle ou sacrée, composée de 28 petites périodes de demi-lunaisons, ou 13 jours; c'était le compte de la lune.
Reste le nouvel an chezleschrétiens; mais nous allons faire, sous ce titre, un article à part.
Le Noir.
NOUVEL AN (la date du) chez les peuples chrétiens. (Théol. mixl, sot'en,
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hist.) — « Lorsque le Christianisme s'établit à Rome, dit M. Schmid, on conserva l'antique usage ; seulement on avança habituellement le nouvel an de huit jours, en le mettant à la fête ou à la vigile de Noël, entraîné qu'on fut presque irrésistiblement à célébrer la naissance du Sauveur comme une ère nouvelle pour le genre humain. Dans d'autres provinces chrétiennes on suivit d'autres usages. Ainsi, en France, on célébra comme nouvel an tantôt le jour de Pâques, tantôt l'Annonciation (25 mars), tantôt le 1 er mars, parfois le 1 er janvier. A Cologne, un synode de 1310 (ch. 23}, en appelant à la coutume de l'Église romaine, fixa le nouvel an au jour ds Noël, sans pouvoir empêcher qu'on continuât à dater le nouvel an de Pâques dans le style du palais (stylus curise). Ceux qui commençaient le nouvel an avec le jour de Pâques dataient de la bénédiction du cierge pascal, dans la nuit de Pâques ; on écrivait en conséquence sur ce cierge le cycle pascal de l'année courante, les épactes, les indietions, l'année du règne du Pape, du souverain, etc., etc., ou on attachait aux grains d'encens du cierge une tablette renfermant ces indications.
» Aujourd'hui les Chrétiens commencent partout le nouvel an le 1 er janvier. Ce fut Charles IX qui, le premier, en fit une prescription en France ; dans les Pays-Bas ce fut le roi d'Espagne, Philippe II, en 1575 ; en Angleterre la coutume doit être plus récente encore (1). Comme, du reste, c'est une affaire de pure convention de compter le nouvel an de tel ou tel jour, et comme les trois cycles de fêtes religieuses dans lesquelles l'Église fait passer sous nos yeux l'œuvre de la Rédemption ne s'adaptent pas toujours à la clôture de l'année, on nomme souvent le I e ' janvier le nouvel an civil, et l'on date la nouvelle année ecclésiastique du premier dimanche de l'A vent. »
On voit que la date du nouvel an n'est pas liée au calendrier julien
(1) Cf. MaliiUon. de lie diplomatica, I. IL e. 23; V Jbicyclopêdie d'Ersch et Grutier, art. An; et Calendrier de J. Eedvig , d'Antoine Pilgrnm (Calendr. chronol,). etc, etc.
réformé par Grégoire XIII et devenu ainsi le calendrier grégorien ; cette date est arbitraire ; cependant tous les usages se sont peu à peu unifiés parmi les nations chrétiennes de l'Eglise latine, conformément à l'usage français depuis la fameuse ordonnance de Charles IX, dite de Roussillon ; et aujourd'hui, aussi bien chez les protestants que chez les catholiques, le nouvel an est au 1 er janvier.
Chez les Grecs, qui suivent toujours le calendrier julien non réformé, ce qu'on appelle le vieux style par opposition au nôtre qui est le nouveau style, il y a une différence avec nous, pour les dates, d'une douzaine de jours ; et cette différence ira toujours en augmentant si l'on s'acharne, parmi ces nations, à ne point accepter la réforme (1).
Tout le monde connaît le calendrier républicain, qui fut adopté par la première république française : dans ce calendrier, l'année commençait à l'éqninoxe vrai d'automne (pour l'observatoire de Paris), jour qui se trouvait avoir été celui de la fondation de la république ; elle était partagée en 12 mois, tous de 30 jours, suivis de cinq jours complémentaires qui devenaient six dans les années Bissextiles et qui remettaient l'année civile en harmonie avec l'année solaire. Dans ce calendrier se faisait remarquer une très-belle et très-poétique chose : c'étaient les noms des mois ; en voici le tableau :
Automne.
Vendémiaire.
Brumaire.
Frimaire.
(!) La réforme grégorienne consista à corriger noe eireur qu'avaient commue !es astronomes de Jules César; ils avaient calculé l'année solaire à 365 jours, et 6 heures ; or elle n'est que de 365 jours 5 heures 49 minutes ; ils l'avaient donc faite de il minutes trop longue; leurs six heures en sus des 365 jimrs formaient au bout de quatre ans le jour entier bissextile ; mais à force d'aller, on s'aperçut, en 1582, qu'on était en avance de dix jours pour l'époque de la Pâque, et ce fut à cet inconvénient qu il fut remédié par 'a commission d'astronomes que nomma Gr goire XIII pourréparer le passé. Le lendemain du 4 octobre f 582, au lieu de compter le 5 on compta le 15; et, pour remédier è l'avenir, on supprima trois années bissextiles dans l'espace de 402 'ans. Ce fut cette suppression qui constitua toute la réforme. Les Grecs ne l'avant
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Hiver
Printemps
Eté.
Nivôse.
Pluviôse.
Ventôse.
Germinal.
Floréal.
Prairial.
Messidor.
Thermidor (■!) Fructidor.
-Ces noms cessaient d'être païens, de 3 -perpétuer des contradictions éiynïî^^iques, et devenaient des mots délicieux tirés des phénomènes de la nature durant les époques qu'ils exprimaient. Mais on doit dire que cette nomenclature n'était point la perfection désirable, attendu qu'il en faudrait trouver une qui ne conviendrait pas seulement, aux nations de la même zone, du même hémisphère, mais à toutes les nations et à toutes les zones. Aujourd'hui que la télégraphie électrique donne instantanément les nouvelles tout àl'entour du globe, n'y aurait-il pas quelque chose de ridicule à ce qu'une dépêche, par exemple, qui serait datée, chez nous du mois de floréal, ou de messidor, fût reçue à nos antipodes par un peuple qui se trouverait au même moment en brumaire ou en nivôse?
Il y a donc à trouver quelque nomenclature qui soit, à la fois, cosmopolite et non moins empreinte du sentiment de la nature et de poésie chrétienne. On connaît déjà dans les relations entre la terre et le ciel, quelque chose d'universel par rapport à la surface terrestre qui peut régler, pour toutes les nations, le retour périodique de l'année; ce sont les points équinoxiaux ; et là-dessus se calendrier républicain avait trouvé le vrai principe.
En ce qui est de nos jours et de nos mois, conserver si longtemps tous ces noms païens et absurdes qui
pas acceptée, ils en sont toujours à leur erreur de 10 jours, plus ï jours, doDt elle 8'est augmentée depuis 1582. Le Nom.
(1) Ce onzième mois avait été nommé par Fabre d'JÈLrlantine, auteur du rapport sur la nouvelle nomenclature, fervidor, ce qui était mieux, puisqu'il n'y avait pas adopté le système des étymolo£!es grecques.
Le Noir.
nous rappellent à tout instant les Jupiter et les Vénus, et nous font qualifier de septième, huitième, neuvième et dixième, nos neuvième , dixième, onzième et douzième mois, c'est une honie dont nous devons nous sauver au plus vite; mais pour les six jours de travail et le jour de repos, nous ne devons ni ne pouvons porter atteinte au nombre sept, parca que c'est la seule division des jours qui soit conforme à la nature humaine. V. Semaine et Rituels de l'année, etc.
Le Noir.
NOUVEL AN (Etrennes du) (Théol.
hist. fit. etc.) — L'usags de ces etrennes nous est venu du paganisme ; la mode s'était introduite, chez les Romains, de s'adresser, aux fêtes du nouvel an, des munuscula ou strenas {d'oùétrennes) ; le christianisme adopta et sanctifia cette mode.
NOVATEUR. On nomme ainsi celui qui enseigne une nouvelle doctrine en matière de foi.
L'Eglise chrétienne a toujours fait profession de ne point suivre d'autre doctrine que celle qui lui a été enseignée par Jésus-Christ et par les apôtres ; conséquemment elle a condamné comme hérétiques ceux qui ont entrepris de la corriger et de la changer. Elle leur a dit, par la bouche de Tertullien, Prxscript., c. 37 :
« Je suis plus ancienne que vous et » en possession de la vérité avant » vous; je la tiens de ceuxmêmes qui » étaient chargés de l'annoncer; je » suis l'héritière des apôtres, je garde » ce qu'ils m'ont laissé par testament, n ce qu'ils ont confié à ma foi, ce » qu'ils m'ont faitjurer de conserver.
» Pour vous, ils vous ont déshérités » et rejetés, comme des étrangers et » des ennemis. » Elle a retenu pour base de son enseignement la maxime établie par ce même Père, « que ce » qui a été enseigné d'abord est la » vérité et vient de Dieu, que ce qui » a été inventé dans la suite est étran- » ger et faux. » Ibid., c. 31.
L'usage de l'Eglise, dit Vincent de Lérins, Gommonit., § 6, a toujours
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été que plus l'on était religieux, plus l'on avait horreur des nouveautés.
Pour réfuter l'erreur des rebaptisants au troisième siècle, le pape Etienne n'opposa que cette règle : ^'innovons rien, gardons la tradition. L'esnrit, l'éloquence, les raisons plausibles, les citations de l'Ecriture sainte, le nombre des partisans de la nouvelle opinion, la sainteté même de plusieurs, ne purent prescrire contre le sentiment et lapratique del'antiquité.
§21. « Gardez le dépôt, dit saint t Paul à Thimothée, I. Tira., cap. 6, » évitez toute nouveauté profane et » les disputes qu'excite une fausse » science. » S'il faut éviter la nouveauté, il faut donc s'attacher à l'antiquité, puisque la première est profane, la seconde est sacrée. § 22, Expliquez plus clairement, à la bonne heure, ce que l'on croyait autrefois d'une manière plus obscure, mais n'enseignez que ce que vous avez appris, et si vos termes sont nouveaux, que la chose ne le soit pas.
§ 23. N'est-il donc pas permis de faire des progrès dans la science de la religion ? Assurément, mais sans altérer le dogme ni la manière de l'entendre. Il faut que la croyance des esprits imite la marche des corps ; ils croissent, s'étendent, se développent par la suite des années, mais ils demeurent toujours les mêmes.
Qu'il en soit ainsi de la doctrine chrétienne, qu'elle s'affermisse par le laps des années, qu'elle s'étende et s'éclaircisse par les travaux des savants, qu'elle devienne plus vénérable avec l'âge; mais que le fond demeure entier et inaltérable.
L'Eglise de Jésus- Christ, dépositaire attentive et fidèle des dogmes qu'elle a reçus, n'y change rien, n'en retranche rien, n'y ajoute rien. Son attention se borne à rendre plus exact et plus clair ce qui n'était encore proposé qu'imparfaitement, plus ferme et plus constant ce qui était suffisamment expliqué, plus inviolable ce qui était déjà décidé.
Qu'a-t-elle voulu en effet par les décrets de ses conciles ? Mettre plus de clarté dans la croyance, plus d'exactitude dans l'enseignement, pins de netteté et de précision daus la pro-
fession de foi. Lorsque les hérétiques ont enseigné des nouveautés, elle n'a fait par ces mêmes décrets que transmettre par écrit à la postérité ce qu'elle avait reçu des anciens par tradition, exprimer en peu de mots un sens souvent fort étendu, fixer ce sens par un nouveau terme pour le rendre plus aisé à saisir.
§ 24. S'il était permis d'adopter de nouvelles doctrines, que s'ensuivraitil? Que les tidèles de tous les sièclas précédents, les saints, les vierges-* 1 ;} clergé, des milliers de confesse T fy des armées de martyrs, les peuplés entiers, l'univers chrétien, attaché à Jésus-Christ par la foi catholique, ont été dans l'ignorance et dans l'erreur, ont blasphémé sans savoir ce qu'ils disaient ou ce qu'ils croyaient.
Toute hérésie a paru sous un certain nom, dans tel endroit, dans un temps conuu; tout hérésiarque a commencépar se séparer de la croyance ancienne et universelle de l'Eglise catholique. Ainsi en ont agi Pelage, Arius, Sabellius, Priscillien, etc. ; tous se sont fait gloire de créer des nouveautés, de mépriser l'antiquité, de mettre au jour ce que l'on ignorait avant eux. La règle des catholiques, au contraire, est de garder le dépôt des saints Pères, de rejeter toute nouveauté profane, de dire avec l'apôtre : « Si quelqu'un enseigne autre » chose que ce que nous avons reçu, » qu'il soit anathème. »
§ 26. Mais lorsque les hérétiques allèguent en leur faveur l'autorité de l'Ecriture sainte, que feront les enfants de l'Eglise? Ils se souviendront de la règle ancienne qui a toujours été observée, qu'il faut expliquer l'Ecriture selon la tradition de l'Eglise universelle, et préférer dans cette explication même l'antiquité n.la nouveauté, l'universalité au petit nombre, le sentiment des docteurs catholiques les plus célèbres aux opinions téméraires de quelques nouveaux dissertateurs.
On voit que Vincent de Lérins n'a fait que développer, dans son Commonitoire, ce que Tertullien avait déjà enseigné dans ses Prescriptions contre les hérétiques, deux cents ans auparavant.
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A la vérité, les novateurs des derniers siècles ont accusé l'Eglise ellemême d'avoir innové, d'avoir altéré la doctrine enseignée par les apôtres.
Ce reproche était aisé à former, mais il fallait, pour en démontrer la fausseté, confronter la tradition de quinze siècles entiers; le procès ne pouvait pas être sitôt instruit; les hérétiques ont profité de l'intervalle pour séduire les ignorants. Est-il possible que l'Eglise catholique, répandue dans toutes les parties du monde, dont tous les pasteurs jurent et protestent qu'il ne leur est pas permis de rien changer à la doctrine qu'ils ont reçue, conspire néanmoins à faire ce changement; que les fidèles de toutes les nations, bien persuadés que cet attentat est un crime, aient consenti néanmoins à y participer, en suivant une doctrine nouveHo imaginée par leurs pasteurs? que les sociétés même séparées de l'Eglise romaine depuis plus de mille ans, aient été saisies du même esprit de vertige? Si ce paradoxe avait été compris d'abord, il aurait révolté tout le monde par son absurdité. A force de l'entendre répéter, on a commencé par le croire, en attendant l'examen des monumens qui démontraient le contraire. Enfin, il a été fait dans la Perpétuité de la foi ; mais l'hérésie était trop bien enracinée pour céder à l'évidence des faits et des monuments. Aujourd'hui encore les protestants soutiennent quetousles dogmes catholiques qu'ils rejettent sont une nouvelle invention des derniers siècles. Voyez Dépôt, Perpétuité de la Foi, Prescription (1).
Bergier.
NOVATIENS, hérétiques du troisième siècle, qui eurené pour chefs Novatien, prêtre de Rome, et Novat, prêtre de Cartilage.
Le premier, homme éloquent et entêté de la philosophie stoïcienne, se sépara de la communion du pape saint Corneille, sous prétexte que ce pontife admettait trop aisément à la pénitence et à la communion ceux qui étaient tombés par faiblesse dans
(1) Voyez notre article Pkogrès dass l'église. Le Nom.
l'apostasie pendant la persécution de Dèce. Maisle vrai motif de son schisme était la jalousie de ce que saint Corneille lui avait été préféré pour remplir le siège de Rome. Il abusa du passage dans lequel saint Paul dit, Ileb., c. 6, f 4 : « 11 est impossible à » ceux qui sont tombés, après avoir » été uue fois éclairés, et après avoir » goûté les dons célestes, de se re- » nouveler par la pénitence. » Conséquemment il soutint que l'on devait refuser l'absolution, non-seulement à ceux qui avaient apostasie, mais encore à ceux qui, après leur baptême, étaient tombés dans quelque péché grave, tel que le meurtre et l'adultère. Comme l'erreur va toujours en croissant, les novatiens prétendirent bientôt que l'Eglise n'avait pas le pouvoir de remettre les grands crimes par l'absolution.
Cette rigidité convenait d'autant moins à Novatien, qu'on l'accusait lui-même de s'être caché dans sa maison pendant la persécution, et d'avoir refusé ses secours à ceux qui soutiraient pour Jésus-Christ. On lui reprochait encore d'avoir été ordonné prêtre malgré l'irrégularité qu'il avait encourue, en recevant le baptême au lit pendant une maladie, et pour avoir négligé ensuite de recevoir la confirmation.
Mosheim fait inutilement tous ses ellbrts pour pallier les torts de Novatien, et en faire tomber une partie sur saint Corneille, Hist. christ., sœc. 3, § 15, notes. Il dit que ce pape ne reprochait à son antagoniste que des vices de caractère et dos intentions intérieures qui sont connues de Dieu seul; que Novatien protestait contre l'injustice de ces reproches.
Mais ce schismatique avait dévoilé les vices de son caractère et ses motifs intérieurs par ses discours et par sa conduite ; saint Corneille était parfaitement informé des uns et des autres ; les protestations de Novatien étaient démenties par ses procédés.
Il est singulier que les protestants excusent toujours les intentions de tous les ennemis de l'Eglise, et ne rendent jamais justice aux intentions de ses pasteurs.
Novat, de son côté, prêtre vicieux,
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