‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 61 sur 122 · N(TV · texte numérisé non relu

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s'était révolté contre saint Cyprien son évèque; il l'avait accusé d'être trop rigoureux à l'égard des lapses qui demandaient d'être réconciliés à l'Eglise; il avait appuyé le schisme du diacre Félicissime contre ce saint évèque; menacé de l'excommunication, il s'enfuit à Rome, il se joignit à la faction de Novatien, et il donna dans l'excès opposé à ce qu'il avait soutenu en Afrique.

Mosheim a encore trouvé bon d'excuser ce prêtre, et de rejeter une partie du blâme sur saint Cyprien, ibid., § 14. On ne peut pas approuver, ditil, tout ce qu'ont fait ceux qui résistaient à cet évèque ; mais il est incontestable qu'ils combattaient pour les droits du clergé et du peuple, contre un évèque qui s'arrogeait une autorité souveraine. Mais nous avons fait voir ailleurs que ces prétendus droits du clergé et du peuple contre les évêques, sont chimériques, et n'ont jamais existé que dans l'imagination des protestants. Voyez Evèque, Hiérarchie .

Ces deux schismatiques trouvèrent des partisans. Novatien engagea par argent trois évêques d'Italie à lui donner l'ordre de l'épiscopat; il devint ainsi le premier évèque de sa secte, et il eut des successeurs. Saint Corneille assembla un concile de soixante évêques à Rome, l'an 251, dans lequel Novatien fut excommunié, les évêques qui l'avaient ordonné furent déposés, et l'on y confirma les anciens canons, qui voulaient que l'on reçut à la pénitence publique eeux qui étaient tombés, lorsqu'ils témoignaient du repentir de leur crime, et que l'on réduisit au rang des laïques les évêques et les prêtres coupables d'apostasie.

Cette discipline était d'autant plus sage, qu'il y avait beaucoup de différence à mettre entre ceux qui étaient tombés par faiblesse et par la violence des tourments, et ceux qui avaient apostasie sans être tourmentés; entre ceux qui avaient fait des actes positifs d'idolâtrie, et ceux qui avaient seulement paru en faire, etc. Voyez Lapses. Il était donc juste de ne pas les traitertous avec la même rigueur, et d'accorder plus d'indulgence à ceux

qui étaient les moins coupables. Saint Cyprien, Epist. ad Antonianum.

A la vérité, l'on trouve dans quelques conciles de ces temps-là, en particulier dans celui d'Elvire, tenu en Espagne au commencement du quatrième siècle, des canons qui paraissent aussi rigoureux que la pratique des novatiens; mais on voit évidemment qu'ils ne sont point fondés sur la même erreur ; ils ont été faits dans des temps et des circonstances où les évêques ont jugé qu'il fallait une discipline sévère pour intimider les pécheurs, et où l'on devait se défier des marques de pénitence que donnaient la plupart. Quelques auteurs ont soupçonné mal à propos que ces évêques étaient entichés des opinions des novatiens.

Mosheim , pour excuser ces derniers, dit qu'on ne peut pas leur reprocher d'avoir corrompu par leurs opinions les doctrines du christianisme, que leur doctrine ne différait en rien de celle des autres chrétiens, Hist. ceci,, troisième siècle, 2 e part., c. H, § 17 et 18; Hist. christ., sac. 3, § lo, notes.

II pèche en cela par intérêt de système. Une doctrine diichristianieme et* que l'Eglise a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de remettre tous les péchés; or il est certain que Novatien, ou du moins ses adhérents, ont contesté ce pouvoir, et font nié aussi bien que les protestants Bévéridge et Bingham, tous deux anglicans, conviennent de ce fait, et le dernier l'a prouvé. Orig. eccl., 1. 18, c. 4, § S. Selon le témoignage de Socrate, 1. 7, c. 2o, Asclépiade, évèque novatien, disait à uu patriarche de Constantinople : « Nous refusons la » communion aux grands pécheurs, » laissant à Dieu seul le pouvoir de » leur pardonner. » Tillemont prouve la même chose par les témoignages de saint Pacien, de saint Augustin et de l'auteur des Questions sur l'anc.

et le nouv. Testam. Mêm., t. 3, p. 472.

Saint Cyprien le fait assez entendre, Epist. S2 ad Antonianum. <t Nous » n'anticipons point, dit-il, surleju- » gement de Dieu, qui ratiiiera ce » que nous avons fait, s'i! trouve que » la pénitence soH juste et entière. » Si nous sommes trompés par de

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