MEY
en 1526, puis les Augustins, puis les Jésuites, en 1372, surtout pour remédier au mal qu'avaient fait parmi la population indigène l'intolérance et les vices de certains Espagnols, ils réussirent à tirer de leurs retraites sauvages beaucoup de Mexicains et à les réunir par villages. Quelquesuns périrent victimes de leur dévouement; mais le Mexique fut converti au christianisme, et aujourd'hui, il ne reste que très-peu d'indigènes qui ne soient pas chrétiens : on les nomme hulios bravos par opposition aux Indios fidèles. L'antique mythologie mexicaine, ainsi que leur archéologie architecturale et philologique, présente de nombreux rapports avec les usages correspondants de la Phénicie et de l'Egypte ; c'est ce qu'on peut constater, par exemple, dans les Antiquités mexicaines de Le noir, en plusieursvol. in-folio. Aujourd'hui ces ressemblances s'éclairent de plus en plus. Les anciens Mexicains avaient une écriture hiéroglyphique et idéographique comme les anciens Egyptiens et comme les Chinois.
Le clergé mexicain n'est pas, en général, très-instruit, mais il est bon et d'une hospitalité touchante, qui n'a pas de limites.
Le Noir.
MEYERBEER (Giacomo) ou plutôt Meyer-Liebman béer. {Théol. hist.
biog. et œuv. d'art.) — Cet illustre compositeur mourut à Berlin en 1794, il y a quelques années, laissant à la postérité 1' Africaine, cet opéra sublime qui restera peut-être le chefd'œuvre de ses chefs-d'œuvre. Ce fut par la musique d'église qu'il commença, ce fut elle qui l'initia au monde des harmonies. Son premier grand succès fut un oratorio intitulé :
Dieu et la nature; son premier opéra porta pour titre : le Vœu de Jephté et fut représenté à Munich en 1812.
Vinrent ensuite Abimelcch ou les deux Califes, Vienne, 1 814 ; c'était encore de la musique religieuse par la gravité, et le public ne la goûta point.
Meyerbeer vint à Paris étudier Rossini, alors dans sa gloire sans rivale ; n'y trouvant ni un libretto ni une scène, il put ne faire qu'étudier, grâce à sa
fortune; et deux ans après il alla à Padoue faire représenter son premier opéra italien, Romilda et Constanza ;le succès fut complet. Vinrent ensuite: la Sémiramide reconosciuta, Turin, 1819; Emma di Resburgo, 1820; la Porte de Brandebourg; la Marguerite d'Anjou, Milan, 1820; VEsule di Grenota; Alrnanzor; Il crociato in egitto, le chefd'œuvre de sa manière italienne, Venise, succès immense qui lit le tour de l'Europe.
Ce fut alors que Meyerbeer, marié en 1827, eut deux enfants qu'il perdit, et revint, dans la tristesse, à la musique religieuse ; il donna un Siabat, un Miserere, un Te Deum, douze Psaumes et huit Cantiques' de Klopstok.
Or,3 son génie grandissait toujours, et voilà qu'en 1831, il vient révéler à l'art une nouvelle ère dans son Robert le Diable, la lutte du bien et du mal.
On lui reprocha trop de science, trop d'harmonie, trop de variété; le public donna raison à ce surnaturalisme musical, comme s'il l'avait compris mieux que les grands musiciens; et pourquoi pas ? Le sentiment comprend mieux la musique que la raison et la science. Nourrit, Levasseur, MM. Dorus,Damoreau, Ealcon, furent, sur la grande scène de Paris, ses interprètes, interprètes sublimes. Après cette création grandiose, merveilleuse, Meyerbeer ne produisit pendant cinq ans que quelques mélodies, le Vœu pendant l'orage, le Moine, etc. ; mais voici encore qu'en 1836, apparaissent enfin les Huguenots, ou la Saint-Bar ■thêlerny , succès moins éclatant et plus long à se produire, mais qui va s'électrisant encore comme l'œuvre elle-même jusqu'à son grand duo final du iv° acte. Le sujet, dans la ville catholique où les scènes s'étaient passées, ne fut-il pas pour quelque chose dans la lenteur du succès ? Le Prophète ne vint que treize ans plus tard, 1849, et là reparait dans toute sa majesté le genre religieux de l'élève de Vogler ; l'instrumentation, disent les connaisseurs, domine à l'excès le concert vocal.
Alors l'auteur se renferma dans l'opéra-comique et donna l'Etoile du Nord, en 1854, puis le Pardon de Ploèrmel en 1839; nouveaux succès,