‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 8 sur 122 · HEY · texte numérisé non relu

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quoique le mérite du Pardon soit un peu contesté. Entre les Huguenots et le Prophète, Meyerbeer avait donne a Berlin le Camp de Silésie, 1844; et la Marche aux flambeaux pour le mariage du prince de Prusse.

Enfin est venue V Africaine ^us sobre etmoins romantique que Robert le Diable, mais assez romantique et assez classique tout ensemble pour être une œuvre parfaite. C'est là que se déroule comme un torrent de sang le fameux solo des violons, les seize mesures; trait sublime dans la musique comme le qu'il mourut du grand Corneille dans la tragédie.

Le Noir.

MÉZÉRAI (François-Eudes de) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Cet historien français, de la Basse-Normandie, né en 1610, commença son Histoire de France en 1636 et la finit en 1651.11 enpubliaunabrégéen 1668.

Il fut nommé le secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1675. On a de lui encore : Traité de l'origine des Français ; Histoire de la mère et du fils. Il fut aussi, parait-il, l'auteur de quelques satyres contre le gouvernement. Il mourut en 1683. Le Noir.

MEZUZOTH, terme hébreu qui signifie les deux poteaux ou les jambages d'une porte. Dans le Deutéronome, c. 6, y 6-9, et c. H, 1. 13-20, il est ordonné aux Juifs d'avoir toujours sous les yeux les paroles de la loi, de les graver dans leur cœur, de les porter sur leurs mains et sur leur front, et de les placer sur les jambages de leurs portes. Pour exécuter ces paroles à la lettre, les Juifs prennent un morceau de parchemin préparé exprès, sur lequel ils écrivent, d'une encre particulière et en caractères carrés, ces deux passages du Deuléronome. Us roulent ce parchemin, et l'enferment dans un roseau ou dans un autre tuyau, de peur, disent-ils, que les paroles de la loi ne soient profanées. Sur les bouts du tuyau ils écrivent le mot Saddal, qui est un des noms de Dieu. Us placent ces mezuzoth aux portes des maisons, des chambres et des lieux fréquentés ; toutes les fois qu'ils en-

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trent ou qu'ils sortent, ils louchent cet endroit du bout du doigt, et baisent ensuite leur doigt par respect.

11 serait mieux, sans doute, de prendre l'esprit de la loi, que de se borner ainsi à l'observation superstitieuse de la lettre ; mais tel est le génie grossier et minutieux des Juifs modernes. Bergier.

MICHAELIS (Jean-David) {Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce professeur de Gœtingue, qui fut un des premiers exégètes protestants de son époque, et dont le nom avait été déjà illustré par son père et par son grand-père, naquit en 1719 et mourut en 1791. Il écrivit, à la demande des Anglais, des paraphrases sur l'Ecriture ; il traduisit les deux Testaments; il publia des suppléments aux lexiqueshébraïques, une bibliothèque orientale et exégétique, des études sur la poésie sacrée des Hébreux, des travaux sur les lois de Moïse concernant le mariage, un essai de théologie typique, une explication de l'histoire de la sépulture et de la résurrection du Christ, une dogmatique et une morale étayées d'une exégèse plus que hardie, etc.

Le Noir.

MICHAUD (Louis-Gabriel) (Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce libraire et littérateur biographe français, né à Bourg d'Albens (Savoie), en 1772, et mort aux Ternes en 1858, a laissé la fameuse Biographie universelle, formant avec le supplément 83 vol.

in-8, 1801 à 1857. M. Michaud avait publié en 1802 une Biographie moderne ou des hommes vivants qui avait attiré sur lui les rigueurs du parquet.

L. Vives vient d'acquérir la Biographie universelle et doit la compléter.

Le Noir.

MICHAUD (l'abbé E) (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Cet écrivain français naquit à Pouilly-sur-Saône (Côte-d'Or), en 1839. Ayant été en rapport avec le P. Lacordaire à Dijon, il entra chez les Dominicains en 1860, où il reçut la prêtrise. Mais en 1864, il refusa de prononcer les vœux solennels, et entra dans le clergé de

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Paris. Mgr Darboy le nomma vicaire a Saint-Roeh, puis à la Madeleine.

Ami deMontalembert et du P. Gratry, Il collabora au Correspondant, dans le sens libéral et anti-infaillibiliste. Le S février 1872, il se sépara de l'Eglise catholique-romaine par une lettre au nouvel archevêque de Paris que publièrent tous les journaux et se réunit au D r Dœllinger de Municb ainsi qu'aux autres vieux catholiques (V. Ce mot). M. Michaudnereconna.it, comme les Eglises schismatiques orientales et l'Eglise russe, quelessept premiers conciles œcuméniques. Dans les congrès que tinrent les vieux catholiques, il se montra plus avancé que les autres vers les Eglises grecques, et soutint d'abord contre Dœllingerla thèse de l'union de toutes les églises chrétiennes; quelque temps après, les autres chefs du Vieux catholicisme se rallièrent à cette idée, qui est non-seulement acceptée aujourd'hui par Dœllinger lui-même, mais encore dirigée par lui.

On a de l'abbé Michand : Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris auxu e siècle, d'après des documents inédits; V 'Esprit et la lettre dans la morale religieuse, 2 vol. in-12; Guignol et la Révolution dans l'Eglise romaine, 1 vol. in-12, 2° édition; Plutôt la mort que le déshonneur, 1 vol. in-12; Comment l'Eglise romaine n'est plus l'Eglise catholique, i vol. in-12; Programme de réforme de l'Eglise d'Occident, 2 vol. in-12; les Eaux libéraux de l'Église romaine, réponse au P. A. Perraud, et lettres de polémique, 1 volume in-12; De la falsification des catéchismes français et des manuels de théologie par le parti romaniste de 1670 à 1868, 1 vol.

in-12; la Papauté antichrêtienne, 1 vol. in-12; le Mouvement contemporain des Eglises, études religieuses et politiques, 1 vol. in-12 ; de l' Etat présent de l'Eglise catholique romaine en France,

C'est dans l'ouvrage intitulé : Programme de réforme de l'Eglise d'Occident, que M. Michaud exposait en 1872, les théories qu'il avait conçues en vue de l'union des Eglises. Nous avons jeté les yeux sur ce pro-

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gramme et nous avons cru comprendre, en le lisant rapidement, que la réforme rêvée par l'auteur n'équivaudrait, en lin de compte, qu'à une réduction de toutes les hérésies et de tous les schismes au symbole dogmatique de l'Eglise orientale non unie. Il fait à l'Eglise romaine, au préambule du concert, la plus mauvaise place; le lecteur enaura une idée suffisante en lisant ce premier article de son programme, ainsi conçu :

« Art. 1er. — f ous j eg anc j ens ea

thohques, à quelque nationalité qu'ils appartiennent, considérant que l'ultramontanisme est, par ses principes et par ses actes, la corruption même du véritable catholicisme, déclarent qu'il doit être répudié jusque dans son germe, que toutes les décisions doctrinales et toutes les prescriptions disciplinaires arrêtées et formulées par lui seul, depuis l'époque des fausses décrétâtes d'Isidore jusqu'à ce jour, sont nulles de droit et de fait. »

Et la page suivante plus explicative :

« Quant aux ultramontains, il n'est guère possible de leur faire comprendre qu'ils marchentà desabimes, et qu'ils ne sauraient les éviter qu'en revenant aux principes de l'ancien catholicisme. Ils n'arriveront à la vérité que par l'absurde : c'est le sort de tout fanatisme aveugle. Attendons qu'ils aient accompli le cycle de leur folle exaltation. Pour le moment, nous nous bornerons à leur dire clairement le peu que nous leur demandons : 1° Qu'ils consentent à établir scientifiquement avec nous le catalogue des vérités qui ont toujours été crues comme divines par l'Eglise entière, des rites qui ont toujours été observés par l'Eglise entière, des préceptes qui ont toujours été reçus par l'Eglise entière ; 2° que tout en conservant pour eux leur manière particulière d'interpréter ces vérités divines, ces rites et ces préceptes, ils consentent à laisser aux autres la liberté de les interpréter suivant leur propre conscience, et qu'enfin, à cause de cette divergence de forme, ils ne les considèrent pas comme des hérétiques, dee schismatiques ou des

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frères égarés ; qu'ils ne les anathématisent pas et ne les déclarent pas hors de l'Eglise catholique, mais qu'ils voient en eux de véritables catholiques, de véritables frères, aussi uns dans le fond que divergents dans les formes, ayant la même foi tout en donnant des explicationsscientifiques variées, recevant la même grâce et les mêmes sacrements quoique sous des rites différents, pratiquant la même morale quoique selon des usages divers. »

Nous avons cru qu'il était du devoir d'un livre comme le nôtre de faire connaître à ses lecteurs catholiques la position de guerre que prennent leurs ennemis, surtout lorsqu'il s'agit d'ennemis nouveaux qui ne font encore que de se ranger en bataille.

M. Michaud fournit des correspondances religieuses à plusieurs journaux et revues d'Angleterre, d'Allemagne, des Etats-Unis d'Amérique, de Belgique, de Russie, etc.

Le Nom.

MICHÉE, est le septième des petits prophètes; il est surnommé Marathite, parce qu'il était de Marath ou Marathie, bourg de Judée, et pour le distinguer d'un autre prophète de même nom, qui parut sous le règne d'Achab. Celui dont nous parlons prophétisa pendant près de cinquante ans, sous les règnes de Joathan, d'Achaz et d'Ezéchias, et fut contemporain d'Isaïe. On ne sait rien autre chose ni de sa vie ni de sa mort.

Sa prophétie ne contient que sept chapitres, elle, est écrite en style iiguré et sublime, mais facile à entendre; il prédit la ruine et la captivité des dix tribus du royaume d'Israël sous les Assyriens ; et celle des deux tribus du royaume de Juda sous les Chaldéens, en punition de leurs crimes, ensuite leur délivrance sous Cyrus. A ces prédictions, il en ajoute une très-claire touchant la naissance du Messie, son règne, et l'établissement de son Eglise. Voici ses paroles, c. 5, f 2 : « Et vous, » Bethléem, autrefois Ephrata, vous » êtes peu considérable parmi les » villes de Juda ; mais c'est de vous » que sortira celui qui doit régner

» sur Israël ; sa naissance est dès le » commencement, dès l'éternité... Il » demeurera ferme, il paîtra son » troupeau dans la force du Seigneur, » avec toute la grandeur et au nom » du Seigneur son Dieu ; il sera loué » et admiré jusqu'aux extrémités du » monde. C'est lui qui sera notre » paix. »

Le paraphraste chaldéen et les anciens docteurs juifs ont entendu cette prédiction de la naissance du Messie; c'était la croyance commune des Juifs quand Jésus-Christ vint au monde. Lorsque Ilérode demanda aux scribes et aux docteurs de la loi où devait naître le Messie, ils répondirent à BctliUem, et citèrent la prophétie de Michée, Matth., c. 2, y 5; et les plus savants rabbins en sont encore persuadés.

Quelques-uns, suivis par Grotius, ont dit que cette prophétie pouvait désigner Zorobabel, qui fut le chef des Juifs au retour de la captivité.

Mais ce chef n'était point né à Bethléem, il était né à Babylone, son nom même le témoigne; il n'a point régné sur les Juifs et sur Israël, son autorité était très-bornée.

En quel sens pourrait-on dire que sa naissance est de toute éternité, qu'il a été la paix de sa nation, qu'il a été admiré aux extrémités de la terre, etc.? Aucun des traits marqués par le prophète ne peut lui convenir.

Voyez la Synapse des critiques sur ce passage.

Bergier.

MICHEL, en hébreu, mi-cha-èl, qui est semblable à Dieu. Ce nom est donné à plusieurs hommes dans l'ancien Testament; mais dans le prophète Daniel, c. 10, y 13 et 21 ; c. 12, y 1, il désigne l'ange tutôlaire de la nation juive; dans l'épitre de saint Jude, y 9, il est appelé archange, ou chef des anges ; et dans l'Apocalypse, c. 12, y 7, il est dit : Michel et ses anges. De là l'on conclut que Michel est le chef de la hiérarchie céleste; et c'est sous cette qualité que l'Eglise lui rend un culte particulier. Voy.

Ange.

Bergier.

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! MICHEL-ANGE (Michel Angelo Buonarotti) (Théol. hïst. biog. et œuvr. d'art.) — Ce fameux architecte, sculpteur et peintre, naquit en Toscane en 1474, et mourut à Florence en 1S64. La jalousie des artistes de Florence le tit se retirer à Bologne, mais des affaires de famille l'y rappelèrent. L'idée lui vint un jour d'enfouir une statue de Cupidon qu'il avait faite , en ayant soin de lui rompre un bras et de le garder; cette statue fut découverte, et admirée comme une œuvre antique ; un cardinal l'acheta comme telle ; alors, Buonarotti dit qu'elle était de lui et le prouva en montrant le bras qui s'y adaptait . Michel- Ange acheva l'église Saint-Pierre de Rome que Bramante avait commencée, et modifia ses dessins; quand il mourut il n'y manquait plus que la coupole, et elle fut faite sur le modèle qu'il laissa.

Fut-il plus grand, comme peintre, que Raphaël ? La question est restée et restera toujours indécise. Ces deux génies de la peinture ne se ressemblent pas, mais sont également grands. La perfection de l'œuvre de Raphaël est incomparable ; le sublime de celle de Michel-Ange, est inimitable. Son Crucifiement, son Jugement dernier, sa Barque des damnés, sa Création d'Eve, etc., etc., sont d'inimaginables chefs-d'œuvre, et c'est la religion qui les lui a inspirés.

On peut citer, parmi ses sculptures encore plus admirables peut-être que ses tableaux : Le bas-relief des Centaures; la gracieuse Madone; l'Hercule de marbre de quatre brasses de hauteur ; le fameux Amour dormant; le Bacchus ; l'Adonis ; la Pieta, aujourd'hui à Saint-Pierre, et le seul de ses groupes qui soit signé de lui; la Mater Dolorosa devant le corps de son Fils, dont le marbre sanglote; le David, qui est encore à la porte du vieux palais de Florence ; la Vierge et l'Enfant; les Deux Esclaves, au musée du Louvre ; la Statue du pape Jules II; le Christ à la croix (Christ de la Minerve dans l'église de ce nom); le tombeau des Médicis, ou se trouve le Penseur (Laurent de Médicis,) et les quatre figures symboliques, l'Aurore le Crépuscule, le Jour ei la Nuit; quand

il fit ce tombeau , il y avait quinze ans qu'il n'avait manié le ciseau ; le Mausolée de Jules II ; la Descente de croix ; le fameux Moïse; etc.

On peut citer parmi ses étonnantes fresques : Le Jugement dernier de la chapelle Sixtine, qui devait avoir pour pendant, dans la même chapelle, les Anges rebelles, mais dont il ne put faire que le carton, interrompu qu'il fut par le Mausolée de Jules II ; le Crucifiement de saint Pierre et la Conversion de saint Paul, dans la chapelle Pauline.

Michel-Ange lit une multitude de tableaux de chevalet, dont beaucoup sont perdus, mais dont on a conservé les gravures; citons le Christ sur la croix; une Piéta; Jésus et la Samaritaine; les Vices attaquint les Vertus ; la célèbre Vierge de la tribune de Florence; la Léda; etc., etc.

Michel-Ange était poète ; son neveu a publié un recueil de ses pièces de vers.

Il ne mettait jamais sa signature sur ses œuvres d'art ; il ne croyait pas que la postérité eût besoin de cela pour les reconnaître, tant il avait le sentiment de son génie puissant qui ne ressemblait à celui d'aucun autre.

Nous avons cité une sculpture de lui qui fait exception; sa biographie a conservé une anecdote qui explique le fait: il entendit un jour un noble personnage attribuer ce marbre, en le voyant, à un autre grand maître ; Michel-Ange ne dit rien, mais fut piqué et retourna ensuite, en cachette, graver son nom dessus.

Nous avons en France trois sculpteursquiontavec luiquelque parenté, ce sont : le Puget, Clessinger et ce Carpeaux même qui vient de mourir (octobre 1875), dans des sentiments de piété après deux années d'atroces douleurs causées par un cancer dans la vessie qui lui était venu à la suite d'une opération de la pierre. Recueilli par le prince de Stirbey durant la longue maladie qui l'avait surpris dans un dénûment absolu, ses deux dernières sorties ont été, l'une pour aller communier à l'église, l'autre pour aller couronner une œuvre de Michel- Ange qui était chez son hôte. Carpeaux s'est bien jugé avantde mourir,

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il a dit : « J'ai le mouvement, la vie, la flamme ; mais j'ai peur qu'il manque à mes œuvres la noblesse. »

Voilà, en effet, ce qui leur manque et ce qui ne manque point à celles de Michel-Ange, ni à celles des deux autres que nous avons nommées à son occasion. Le fameux groupe de la danse, de Carpeaux, prouve avec le plus grand éclat, la justesse de son jugement sur lui-même, en même temps que sa prodigieuse puissance pour faire des tours de force ; sa charmante flore du pavillon des Tuileries prouve qu'il pouvait faire aussi des chefs-d'œuvre de grâce. Revenons à Michel- Ange. C'est le plus grand des sculpteurs chrétiens; quelques œuvres antiques, telles que le Laocoon, sont les seules qui puissent lutter avec les siennes.

Le Nom.

MICHELET (Jules) (Thêol. hist.

biog. et bibliog . ) — Cet historien et littérateur français, d'une si vive et si pittoresque originalité , mais aussi d'une bizarrerie de jugement si capricieuse, et qui pointillé l'art plutôt qu'il ne le dessine, naquit à Paris en 1798; professa les langues anciennes et la philosophie au collège Rollin; lit paraître en 1826 ses Tableaux synchroniques de l'Histoire moderne, et sa Traduction de Vico; fut nommé chef de la section d'histoire aux archives en 1830; publia vers celte époque le premier volume de son Histoire de France, et continua, dans les temps qui suivirent, cette série d'ouvrages historiques : Principes de la philosophie de l'Histoire, imitation de Vico, 2 vol.in-8, Introduction à l'Histoire universelle, in-8, Précis de l'Histoire moderne, in-8, livre devenu classique et comptant plus de vingt éditions, Précis de l'Histoire de France jusqu'à la Révolution française, in-8, Origines du Droit français cherchées dans les symboles et formules du Unit universel, in-8, Traduction des Mémoires de Luther, 2 vol. in-8 ; fut nommé en 1833 professeur de morale et d'histoire au collège de France à la place de Daunou; commença alors, avec M. Quinet, sa guerre aux jésuites contre lesquels il prit une espèce de

toquade qui a fini par devenir une monomanie; publia, en 1843, des Jésuites, en 1844 du Prêtre , de la Femme et de la Famille , en 1846 du Peuple, en 1847 l'Histoire de la Révolution française, suite de l'histoire de France, puis les Femmes de la Révolution, le Procès des Templiers, 2 vol.

in-4; vit son cours fermé en mars 1831; refusa de prêter le serment après le coup d'Etat du 2 décembre de cette année, perdit sa place aux archives et de riche qu'il était par suite de ses places se vit réduit à 3,000 francs de rente qu'il avait amassés, malgré une charge de 8,400 francs de pensions qu'il faisait aux divers membres de sa famille ; trouva cependant moyen, en quittant Paris, vivant d'économies et recueillant tous les produits de ses livres, de continuer de subvenir aux besoins de ses parents ; releva ses affaires, à partir de 1856 par des publications d'un genre nouveau, dont la première surtout eut beaucoup de succès, l'Oiseau, 1856, l'Insecte, 1857, l'Amour, 1838, la Femme, 1859, la Bible de l'humanité, la Mer, la Montagne, etc.

Son Histoire de France comprend une vingtaine de volumes iu-8 ; il y en avait quatorze de parus en 1860, et il la terminait, lorsqu'il est mort, par de nouveaux volumes dont trois sont imprimés sous ce titre Histoire du xix e siècle; Michelet y établit cette thèse, qui se trouve d'accord avec la nôtre, que la première moitié du su 1 siècle fut très-riche pour l'histoire de l'esprit, mais que le troisième quart a vu se produire une décadence rapide, et il essaie, dans la préface du m e vol. d'en expliquer les causes ; si nous nous trouvons d'accord sur le fait de la décadence, il est probable que nous différons sur ces causes qui, pour nous, se résument toutes dans l'invasion du positivisme ; nous n'oserions l'affirmer pourtant, n'ayant pas lu ces derniers volumes.

Michelet n'était point un esprit chrétien; il était plutôt païen; mais il n'était pas positiviste; il croyait en Dieu et en l'immortalité des âmes. Il avait le culte des morts et disait que le cimetière « est l'asile intermédiaire entre la vie et la résurrection. » La

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manière dont il est mort prouve, comme tous ses ouvrages, la double assertion que nous venons d'émettre.

Voici comment se termine son testament.

« Je serai transporté, sans cérémonie religieuse, au cimetière le plus voisin, avec l'appareil le plus simple.

Qa'on donne aux pauvres ce qu'on eût dépensé. Plus tard, à la mort de ma femme, un tombeau de famille pourra être élevé.

» Dieu me donne de revoir les miens et ceux que j'ai aimés !

» Qu'il reçoive mon âme reconnaissante de tant de bien, de tant d'années laborieuses, de tant d'œuvres, de tant d'amitiés.

» J. MlCHELET.

« Hyères, le 1« février 1872. •

Il est mort à Hyères en février 1874.

Le Nom.

MICHEL SCOT {Théol. hibt. biog.

et bibliog.) — Ce savant écrivain anglais du xm e siècle, né à Durharn selon les uns, à Balweary, en Ecosse, selon d'autres, fut envoyé en 1290 dans la Norwége pour en ramener une princesse qui devait monter sur le trône d'Ecosse, et mourut, dit-on, l'année suivante, dans un âge trèsavancé. Il était allô à la cour de Frédéric II, empereur d'Allemagne et s'y était consacré à l'étude de la médecine et de la chimie. Il avaitétudié à Oxford et à Paris. Il savait l'hébreu, le chaldéen, l'arabe, le grec. Il était aussi grand mathématicien. Après son séjour en Allemagne, qui fut long, il retourna en Angleterre où il gagna la faveur d'Edouard II. Ce qui le rendit surtout très-célèbre, ce fut l'habileté qu'on lui attribua dans les sciences occultes. Dante a écrit de lui dans l'in/erno, xx H 5-1 18, les trois vers suivants :

Quell* altro che ne' fiaechi è cosi poco, Michèle Seotto fu che veraûiento Délie magiehe frocle seppe il giuoco.

Il répandit beaucoup les œuvres d'Aristote. Ses ouvrages, dit-on, furent ensevelis avec lui.

« Michel Scot avait participé, dit

M. Brischar, à la traduction, faite d'après les ordres de l'empei'eur Frédéric II, des œuvres d'Aristote, qui parut en 1496, à Venise, sous ce titre : Aristotelis opéra Latine versa, partim e Grseco, partim Arabico, per viros lectos et in utriusque linyuse prolatione peritos, jussu imperatoris Friderici II. Il traduisit probablement l'histoire naturelle du philosophe grec de la version arabe d'Avicenne. Il composa en outre un livre intitulé :

de Seeretîs naturœ, sive de procreatione hominis et 'pla/siognomia, qui est imprimé avec les œuvres d'Albert le Grand; un autre intitulé :

Quœstio curiosa de natura solis et lunse (c'est-à-dire de l'or et de l'argent) ; enfin on lui attribue communément : Mensa philosophie, seu enchiridion, in quo de quœstionibus mensalibus et variis ac jucundis hominum congressibus agitur, qui a été souventréimprimé;maisonl'attribue aussi à l'Irlandais Théobald Anguilbert, qui était docteur en médecine et en philosophie et vivait à Paris en 1300. » Le Nom.

MICHON (l'abbé Jean-Hippolyte ) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce prêtre et littérateur français, né à Laroche-Fressange en 1806, élève de Saint-Sulpice, professeur de rhétorique dans la Charente en 1829 et 1830, fondateur d'une institution aux Thibaudières,puisàLavalette, prédicateur de stations depuis 18 43, dans le genre libéral de Lacordaire, a publié beaucoup d'ouvrages de diverse nature, tous écrits avec une facilité trop grande, mais d'autant plus heureuse que le style se rapproche davantage du genre descriptif de Lamartine.

Nous citerons parmi les principaux :

Statistique monumentale du département de la Charente; Voyage en Orient, 2 vol. in-8, ouvrage composé à la suite d'expéditions scientifiques en Palestine ; Vie de Jésus, 2 vol. in-8 ., avec une traduction, sur le grec, des évangiles mis en parallèle et des commentaires philologiques et archéologiques; beaucoup de brocluires de polémique religieuse, telles que la Papauté à Jérusalem; Conférences à Bordeaux, à Paris etc. ; les

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Mystères de l'Ecriture, in-18 Jésus, Paris, Garnier, 1872; etc.

M. l'abbé Michon fonda et dirigea pendant les premières années du second empire, les journaux la Presse religieuse et l'Européen, auxquels nous collaborions nous-mème ; l'Européen eut l'honneur de figurer parmi les nombreuses feuilles qui furent supprimées par le gouvernement; il reçut, le S avril 18S4, son décret de suppression.

Aujourd'hui M. l'abbé Michon publie depuis trois ans la Graphologie, revue de quinzaine dans laquelle il expose sa découverte de la science graphologique c'est-à-dire de l'art de juger les hommes par l'inspection de leur écriture. V. Graphologie.

Il vient de faire paraître, sur cette science, un livre intitulé Système de graphologie , in-18 Jésus, 1863; ce livre l'emporte de beaucoup, par le fond, la forme et la méthode, sur les Mystères de l'Ecriture qui traitent de la même matière.

M. Michon est un homme actif, entreprenant, aimable, simple, sans souci du lendemain, sans aucun sentiment égoïste, conciliant, bienveillant outre mesure, la meilleure nature peut-être que nous ayons jamais connue.

Le Nom.

MICKIEWIEZ (Adam) {Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce grand poète polonais contemporain, né en 1798 h Novorgrodek en Lithuanie et mort du choléra à Constantinople en 1835, ayant été chargé par le gouvernement français d'une mission spéciale pour cette ville, sentit naitre en lui la passion poélique sous l'influence de l'amour et du sentiment national. Il publia ses premiers vers, Crsezyrna, poëme héroïque sur les temps fabuleux de la Pologne, et la Fête des Morts, Wilna, 2 vol. in-18, 1821-22; jeté en prison pour ces poésies, puis exilé à Saint-Pétersbourg, il y lança son Ode audacieuse à la Jeunesse, qui le lit réléguer eu Crimée. A Odessa, il composa une série de sonnets, 1820, qui le tirent rappeler à Saint-Pétersbourg, où il donna un second poëme héroïque et national, Conrad Vallen-

rod, 1828. Il vint alors en France où parurent ses œuvres, 3 vol., 1828, et alla en Allemagne où il lia connaissance avec Goethe. Il était en Italie quand la révolution de Pologne éclata; il y courut et assista à la ruine de sa malheureuse patrie, puis revint à Dresde où il publia des pièces patriotiques, enfin en France où il donna un quatrième volume de poésies, et le Peuple et les Pèlerins polonais, beau livre, écrit dans le genre biblique, qui fut traduit en 1 834 par M. de Montalembert. Son troisième poème héroïque, le Sieur Tadée, 2 vol. Paris, 1831-, fut aussi très-goùté. En 1839, M. Mickiewiez alla à Lausanne occuper une chaire de littérature latine, et l'année suivante on créa pour lui, au collège de France, la chaire de langue et de littérature slaves, qu'il occupa jusqu'en 1813 ; à la lin son cours avait pris un genre d'excentricité mystique qui le fit suspendre ; ses Leçons sur l'Histoire et les Etats ■slaves furent publiées en S vol. à Paris, do 1810 à 1849.

La mélancolie religieuse fut toujours le caractère principal de cet esprit et de ses productions; la verve et l'énergie satirique jettent des laves au milieu de cette mer de rêverie ; encore un qui doit sa gloire au sentiment religieux.

MICROGRAPHIE {Théol. mixt.

scien. nat. et opt.) — Cette science, qui n'existe que depuis l'invenlion du miscroscope, a pour objets les êtres trop petits pour pouvoir être appréciés à l'œil nu. Ces êtres peuvent appartenir à tous les règnes de la nature, et se rapporter à toutes les sciences. Aussi y a-t-il une Minéralogie et Cristallographie m ierographique ou microscopique, une Botanique microscopique, une Zoologie microscopique, une Anatomie microscopique, une Micrographie pathologique, etc. Ce fut le Hollandais Leeuwenhoeck, né à Uelft en 1632, qui créa cette sciencedesinfiuinienlspel.its, laquelle fait le pendant à l'astronomie télescopique qui est la science des iuliniment grands. Il dirigea surtout ses recherches sur les tissus et les lui-

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meurs des corps organiques et révéla des merveilles jusqu'alors inconnues.

Après lui, des observateurs moins hahiles et moins consciencieux, discréditèrent pendant un temps la micrographie, en la surchargeant d'une multitude d'erreurs et d'assertions fabuleuses. Elle fut pourtant soutenue durant le xvin« siècle, par les découvertes importantes des Malpighi, Needham, Swammerdam, Lyonnet, Réaumur, etc. Mais le plus grand élan lui fut donné dans notre siècle par l'invention du microscope composé achromatique, et c'est Ehremberg qui a été le principal héros de ce grand progrès. (V. Infusoikes.)

La micrographie, depuis cette invention, a étendu son domaine dans toutes les sciences, pour leur prêter son concours ; elle s'est aussi vulgarisée en pratique parmi lesmédecins, les anatomistes et tous ceux qui s'occupent, par un côté quelconque, d'histoire naturelle ; toutes ces^ personnes ont maintenant un microscope, et s'en servent; l'industrie ellemême y a recours, notamment pour la vérification de certains produits susceptibles d'être falsifiés, altérés, ou plus ou moins purifiés etc. : les fécules, les matières textiles sont dans ces cas.

Qu'est-ce donc que le microscope composé achromatique? Pour le comprendre, il faut d'abord savoir que le microscope simple n'est autre chose que la loupe ; il consiste en un seul verre lenticulaire, et il date du xin° siècle; le fameux Roger Bacon (V. ce mot) en avait inventé un dont il se servait, et 11 en parle dans ses ouvrages. Avant cette époque, on en avait aussi, mais qui n'étaient pas en verre; ils étaient d'eau que l'on tenait enfermée dans des ballons transparents : une goutta d'eau arrêtée dans un petit trou au milieu d'une surface telle qu'une planchette très-mince, peut former un excellent microscope simple. La loupe ordinaire est une lentille biconvexe ou, mieux encore, une lentille plan convexe ; dans ce dernier cas, on doit tourner la surface plane do la lentille vers l'objet qu'on observe et rapprocher celle-ci le plus possible

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de l'œil. Ilya des loupes qu'on tient à la main ; il y en a beaucoup qui sont portées sur des supports, ce qui est plus commode dans les observations délicates. Celle qui porte le nom de microscope Raspail, et qui futinventée, avant que Raspail ne la vulgarisât, par l'Anglais Cuir", est la plus employée. C'est cette loupe simple qui servit' à Leuwenb.oe.ck, à Malpighi, a Swammerdam, quoique le microscope composé fût inventé depuis 1590 par le Hollandais Zacharie Jansen.

Le microscope de Jansen avait deux mètres de longueur, ce qui le rendait d'un usage incommode, et il n'était pas achromatique, c'est-à-dire qu'il réfractait inégalement les rayons, les décomposait et par suite les transmettait colorés. Euler, en 1769, obtint des lentilles qui approi lièrent de l'achromatisme, mais pas assez parfaitement encore pour que l'on ne préférât continuer de se servir du microscope simple. Ce ne fut qu'en 1816 que Fraunhofer réussit à réaliser parfaitement l'achromatisme, et le premier microscope composé jouissant de cette qualité qui fut présenté à l'Académie, le fut par M. Selligue.

M. Amici en Italie, lord Ross en Angleterre, Charles Chevalier en France le perfectionnèrent encore à ce point de vue ; et voici celui dont on se sert aujourd'hui.

Ce microscope se compose d'une lentille objective et d'une lentille oculaire placées aux deux extrémités d'un tube de cuivre vertical, sous lequel ou dépose l'objet. Mais la lentille objective est composée de plusieurs lentilles très-petites à court foyer; c'est cette multiplicité des lentilles objectives — il y en a ordinairement trois —, qui fait l'achromatisme par suite de son système combiné; l'une rétablit la compositioo des rayons que l'autre avait détruite. Au 'foyer, et parconsôquent vers le haut du tube, se peint l'image de l'objet, et l'œil observe cette image à travers l'oculaire qui est une loupe simple, laquelle grossit encore l'image, déjà bien plus grosse que l'objet réel, mais la montre renversée. Pour voir l'objet non renversé, il suffit de le renverser lui-

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même; dans ce. cas, le microscope le remet à l'endroit. Quand l'objectif ne parvient pas à détruire tout à fait, par ses lentilles superposées, le défaut d'achromatisme , on réussit a achever le résultat cherché en composant l'oculaire lui-même de deux lentilles ; c'est ce qu'a fait M. Campom pour l'oculaire qui porte son nom.

On place l'objet entre deux lames de verre au sein d'une gouttelette d'eau, et le support est susceptible d'être rapproché ou éloigné pour être mis à point. Un petit miroir convexe tournant est placé convenablement pour jeter de la lumière sur l'objet et l'éclairer.

Telles sont les principales disposition du microscope composé, qui grossit beaucoup plus que le simple, et qui a révélé dans les petites choses des mondes inconnus plus merveilleux encore que les mondes incommensurables de l'espace.

Il y a aussi le microscope solaire pour lequel on se sert de la lumière du soleil ou d'une lumière électrique.

C'est une lanterne magique perfectionnée, dont la source lumineuse est un rayon du soleil réfléchi par un miroir placé convenablement, ou un foyer électrique, situé derrière l'instrument. Dans ce dernier cas, il n'y a pas besoin de réflecteur et l'instrument prend le nom de microscope photo-électrique. Pour que l'objet soit susceptible d'être étudié à l'aide de ce microscope, il faut qu'il soit transparent, autrement son image, qui se dessine sur l'écran placé devant, ne se reproduirait que par les contours et se formerait en ombre. Voyez Lanterne magique. On produit encore l'achromatisme au moyen de lentilles superposées. On fait passer les rayons qui traversent l'objet par une première lentille qui de parallèles les rend convergents, puis par un système de lentilles qui augmente encore la convergence et fait l'achromatisme.

Le but auquel conduisent directement l'esprit du savant toutes ces inventions ingénieuses de microscopes et de télescopes, c'est une admiration de plus en plus profonde de Dieu dans ses oeuvres; si son cœur eu révolte contre son esprit, le mène ail-

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