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saint Martin ; ces ouvrages sont dans la Bibliothèque de Cluny. Ces deux écrivains ne méritent point le mépris que Mosheini a témoigné pour leurs ouvrages. Bergier.
ODORAT (Thêol. mixt. scien. physiol.) — « L'odorat, dit M. Milne Edwards, est un sens qui nous permet de juger des qualités odorantes des corps.
» Ce sens s'exerce et réside dans un appareil disposé à cet effet, que l'on nomme les fosses nasales. Ce sont deux grandes cavités, creusées dans l'épaisseur des os de la face, et qui communiquent au dehors par les ouvertures du nez ou narines, au dedans par les arrière-narines qui s'ouvrent dans le pharynx. L'amplitude des fosses nasales est augmentée en avant par un prolongement que l'on nomme le nez dans l'espèce humaine , le museau dans quelques animaux, et ces cavités sont tapissées par une membrane molle et trèssensible que l'on nomme membrane pituitaire. L'air traverse les fosses nasales, entraînant avec lui toules les parties odorantes des corps, et c'est en touchant la membrane pituitaire que ces particules produisent la sensation des odeurs. La disposition des fosses nasales est telle que l'air est porté vers leur partie supérieure, et c'est là que viennent s'épanouir les filets déliés du nerf de l'odorat; ce nerf, appelé olfactif, ou nerf de la première paire, perçoit les odeurs que l'air lui apporte, et c'est par lui que. leurs impressions sont transmises au cerveau.
» On croit vulgairement que les humeurs dont la membrane pituitaire est lubréliée proviennent du cerveau; mais c'est une erreur. Elles sont sécrétées par cette membrane elle-même, et les maladies légères connues sous le nom de rhumes de cerveau ne sont autre chose qu'une inflammation de cette membrane. »
A cette explication élémentaire il reste peu de chose à ajouter pour épuiser toute la science physiologique talle qu'elle se présente à nous aujourd'hui. Ou sait encore pourtant, grâce au microscope, que la mem-
brane pituitaire est pourvue, de cils vibratiles sans cesse en mouvement, et que ces cils, pour être en-activité et percevoir les odeurs, ont besoin que les follicules nombreux de cette membrane l'humectent d'une mucosité abondante; quand cette sécrétion s'arrête, et que la membrane se dessèche comme dans le coryza ou rhume de cerveau, nous perdons l'odorat. On sait aussi que la surface olfactive est formée en replis qui la rendent beaucoup plus étendue et que l'odorat de l'animal est d'autant plus lin que ces plis sont plus multipliés. Les animaux les mieux doués sous ce rapport sont le chien, le chat, le cochon et quelques autres parmi les carnivores, les ruminants et les pachydermes.
Ce ne sont pas seulement les animaux aériens qui ont la faculté de percevoir les odeurs ; l'odorat est un secret avertissement convenablement placé près de celui du goût, qui dit à l'animal s'il est bon pour lui de manger ce qui se présente, avant même qu'il y ait goûté, et les animaux aquatiques en ont besoin comme les animaux aériens ; aussi le créateur n'a-t-il pas manqué de les en pourvoir. On a pu constater que les animaux invertébrés eux-mêmes sont doués d'un odorat fin; mais on n'a pu jusqu'à présent reconnaître l'organe qui est le siège de cet odorat :
la question reste posée devant la science. Quant aux poissons et aux mammifères aquatiques, comme ici c'est l'eau, et non plus l'air, qui est le milieu transmissif des émanations ou vibrations odorantes, il faut que la membrane muqueuse à replis qui les perçoit nage continuellement dans le liquide. Or c'est précisément ce qui a lieu : cette membrane est dans une cavité en libre communication avec le dehors.
Nous venons de jeter un mot qui soulève une foule de mystères encore inexplorés, c'estle mot d'émanations ou vibrations odorantes; sont-ce réellement des émanations? Ne seraient-ce pas plutôt des fluides mis en vibration par les corps comme le son et comme la lumière? C'est ce qu'on ignore absolument encore aujourd'hui
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aussi bien que tout ce qui concerne l'essence des odeurs. V. Odeurs.
Le Noir.
OECOLAMPADE fJean) (Thêol. hist.
biog. et bibliog.) — Ce célèbre réformateur, de Bâle,dont le véritable nom était Hausschein, et qui fut par rapport à Zwingle ce que fut Melanchtbon par rapport à Lutber, naquit à Weinsberg en 1482, et mourut en 1531, d'un abcès gangreneux. A l'âge de quatorze ans il faisait des vers, et il composa plus tard des poëmes et des tragédies. Il fut précepteur dans la maison de l'électeur palatin Philippe.
En 1315, il fut nommé par l'évèque de Bàle, curé de la cathédrale de cette ville, et fut promu docteur en théologie. Il publia à cette époque, quelques sermons, quelques dissertations, une grammaire grecque, et il traduisit quelques opuscules des pères grecs. Il était alors très-fidèle à la foi catholique, et très-pieux ; il lit de la sainte Vierge la sujet d'une de ses tragédies. En 1318, il accepta la charge de prédicateur de la cathédrale d'Augsbourg, et ce fut là qu'il connut personnellement Luther, avec lequel il entra en correspondance, ainsi qu'avec Mélanchthon. Malgré tout, au moment où ceux-ci crurent avoir fait sa conquête, il se retira dans le couvent d'Almunster de l'ordre de Sainte-Brigitte, et traduisit le discours de saint Grégoire de Nazianze à une jeune fille pour l'engager à prendre le voile. « Quand je me fis moine, a-t-il dit plus tard, je ne cherchais rien de terrestre, attendu que selon le monde, j'aurais pu être autre chose qu'un simple moine. »
On se moqua de lui, excepté Érasme.
On lui demanda son jugement sur Luther qui venait d'être condamné par le pape; ce jugement fut favorable à Luther, et fut très-répandu, sans que l'auteur protestât. Vers le même temps furent publiés des sermons et des dissertations à'Œcolampade, dont la couleur n'était plus la même, et, quoiqu'il fût encore dans le couvent, de sévères critiques contre les statuts religieux de ce couvent lui-même, il qualifiait « d'abominables et d'impurs les statuts de cet
ordre qu'il avait embrassé et qui avait ete approuvé par Rome. » On ne le chassa point de l'ordre, mais on laissa voir le désir qu'on avait qu'il le quittât; on lui donna de l'argent, et il partit en 1522; il avait alors quarante ans et n'avait plus que neuf ans à vivre .
A partir de ce moment, il se livra avec une grande activité au service de la reforme dont Zwingle était le chef, et devint l'ami intime de ce dernier : mais il était d'une grande habileté et d'une grande prudence, et ce ne fut encore qu'après assez longtemps qu'il se prononça tout à fait ouvertement. Il disaitencorelamesse en 1323 quoiqu'il eût pris parti, dans un écrit imprimé, pour l'opinion de Zwingle sur l'Eucharistie. Comme les autres réformateurs, il se déclara de plus en plus ennemi de la raison et de la philosophie. En 1524, il se prononça dans une discussion publique, pour la justification par la foi seule. Dans sapolémique contre les anabaptistes, il en appela à la tradition, et dans sa polémique avec les catholiques, il rejeta la tradition. En 1528, il se maria avec une veuve qui lui donna trois enfants, et qui, après sa mort, épousa successivement Capito et Bucer. A la même date, il devint plus ardent contre le catholicisme; il excita les populations contre les images et contre le papisme, et le résultat de ces prédications fut un grand auto-da-fé exécuté par la populace sur tous les objets du culte catholique ; mais on alla si loin, dans Bâle, sur ce point, que le conseil Haiaieipa] s'attribua le droit de régler les affaires ecclésiastiques ; et alors (Ecolampade protesta en disant : « C'est l'Eglise et non l'Etat qui a le pouvoir de lier et de délier; c'est devant l'Eglise que, conformément à l'Ecriture, doivent paraître les pécheurs, et s'ils n'écoutent pas l'Eglise, c'est à elle à les exclure. »
Le conseil ne céda pas, et le réformateur s'en plaignit à Zwingle, en
Œcolampade écrivit, en faveur de la doctrine de Zwingle sur l'Eucharistie: de Gemiina vtrborum Domini :
hoc est corpus meum, jussta rituslissimos auctores, cxposàiune Hber. S'il
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laissait au verbe es^son sens naturel, il entendait par corpus le sens de figure, ce qui le remettait d'acsord avec Zwingle. Il dit dans ce livre : « Les fidèles doivent se servir des symboles extérieurs beaucoup plus pour leur prochain que pour eux-mêmes. Les sacrements ont été institués pour que la communauté ait son signe de ralliement, l'amour du prochain, un moyen de s'alimenter, afin que, nous sentant frères et membres en Jésus- Christ, nous manifestions notre foi par les services mutuels que nous nous rendons et les témoignages extérieurs que nous en donnons. » Ce qui veut dire, ajoute M. Stemmer, que les fidèles, qui, à proprement parler, n'ont pas besoin d'entretenir leur foi par des moyens extérieurs, doivent s'encourager les uns les autres par leur participation à la Cène. « OEcolampade, poursuit le même biographe, mit cette doctrine à la portée des enfants dans un catéchisme dont il était l'auteur. — D. Que penseztous du sacrement de la Cène du Seigneur ? — R. C'est une action de grâces que les fidèles rendent en commun, et par laquelle ils reconnaissent hautement les mérites de la mort et du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ et attestent la charité qui les unit. — D. Quand voulez-vous recevoir le sacrement? — R. Comme ce n'est pas en vue de son âge qu'on se pourvoit de courage chrétien, je me tiens tranquille ; dès que je pourrai espérer être utile à d'autres chrétiens par mon exemple, je serai prêt à rendre témoignage de ma foi. »
En 1326 (Eeolampade avait publié un écrit sur les cérémonies du Baptême et de la Cène, sous ce titre :
Forme et mode suivant lesquels certains prédicateurs de Bàlc administrent le Baptême des enfants, la Cène du Seigneur, et visitent les malades, avec cette épigraphe : La vérité demeure éternellement. Ilpubliaanssi une explication de l'Epilre aux Romains dans laquelle le verset 12 du chapitre 5 lui
£arait une preuve du péché originel, e conseil de Râle, scandalisé de l'explication qu'QÈcotonp acte avait donnée des paroles de l'institution de l'Eucharistie, interdit l'impression du