livre, mais l'interdiction fut lovée dès l'année suivante
Luther repoussa, sur ce point, Zwingle et (Eeolampade, en leur disant : « Vous avez un autre esprit. »
(Eeolampade fut témoin de la bataille de Kappel, où périt les armes a. la main son ami Zwingle et ne tarda pas à le suivre.
« (Eeolampade, dit M. Stemmer, avait reçu de Dieu une nalurc délicate, pure et virginale, le sentiment de la poésie, un cœur ouvert et sensible au bien. Il avait une mémoire heureuse, une imagination riche, une intelligence prompte, une parole facile. Il manquait de lucidité, de pénétration et de profondeur; en aspirant au mieux dans l'avenir il ne savait pas conserver le bien acquis et le vrai constaté. Ses qualités comme ses défauts le mirent en relief, répandirent son nom et le firent entrer en relation avec tous les savants de son temps, jeunes et vieux, avec les humanistes et les théologiens, avec Reuchlin, Capito, Hédio, Zasius, Mélanchthon, Brenz, Pirkheimer, Erasme. » Le Nom.
(ECONOMIE, terme formé du grec olxovojiîa, signifie à la lettre, gouvernement d'une maison ou d'une famille. Saint Paul, Ephes. c. 1, f 10; c. 3, y 2, etc., s'en est servi pour désigner le gouvernement que Dieu a daigné exercer sur son peuple ou sur son Eglise ; conséquemment les écrivains ecclé>iastiques et les théologiens distinguent deux économies, l'ancienne qui est la loi de Moïse, et la nouvelle qui estl'Evangile. Une des dispositions de celle-ci, selon l'apôtre, est que les gentils sont devenus cohéritiers des promesses de Dieu en Jésus-Christ, et membres d'une même famille avec les Juifs ; mystère que Dieu n'avait pas fait connaître, du moins clairement, dans les siècles précédents, Ephes., cap. 3, f 5; Coloss., c. 1 ^r 26.
Plusieurs critiques, protestants ou incrédules, ont fait grand bruit de ce que saint Jérôme, en disputant confie ses adversaires, a fait profession de parler par économie, c'est-à-dire de ne pas toujours écrire ce .qu'il pen-
GEC
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sait, mais ce qui lui paraissait le plus propre à réfuter les raisonnements qu'on lui opposait, ou à les esquiver. Il s'est autorisé de l'exemple non-seulement des Pères plus anciens que lui, mais des auteurs sacrés, de Jésus-Christ même et des apôtres, en particulier de saint Paul.
Barbeyrac dit que saint Jérôme s'est vanté ouvertement de soutenir le pour ■st le contre, selon les gens avec lesquels il avait affaire, et d'employer indifféremment les raisons bonnes ou mauvaises, selou qu'il en avait besoin pour se tirer d'affaire dans la dispute. Mnis il prétend que les auteurs sacrés n'ont rien fait de semblable. « Ils ont quelquefois employé, » dit-il, de ces arguments personnels » que l'on appelle ad hmninem, et ils » l'ont pu faire sans préjudice, ni » des véritables raisons sur lesquelles » ils insistaient principalement, ni » de leur propre sincérité... Lorsque » l'on a prouvé d'ailleurs par de bons » arguments la venté d'une opinion » importante, il est très-permis, et » c'est une prudence charitable, si » l'on voit que ceux avec qui l'on a » affaire sont prévenus de certaines » opinions peu solides, mais inno- » centes dans le fond, de s'en servir » pour leur dessiller les yeux et pour » les disposer à être frappés des au-
» très raisons qu'on leur oppose
» LorsqueJésus-Christvintau monde, » les Juifs croyaient voir des prédic- » tions du Messie dans plusieurs en- » droits de l'ancien Testament qui » nous paraissent avoir un tout autre » sens; il y avait parmi eux des ex- » plications allégoriques générale- » ment reçues; la version des Sep- » tante donnait à plusieurs passages » un sens différent de celui qu'ils » ont dans l'original. Comme il n'y » avait rien dans tout cela qui tendit » à établir des erreurs, les apôtres ne » firent pas difficulté de s'en servir » pour ménager la faiblesse de leurs » auditeurs; mais ce n'était ni par un » esprit de dispute, ni pour vaincre » à quelque prix que ce fût, ni pour » éviter ou tendre des pièges, qu'ils » y ont eu recours, » au lieu que, selon Barbeyrac, saint Jérôme est tombé dans tous ces défauts.
On comprend aisément que les incrédules n'ont pas manqué de se prévaloir de cette apologie ; ils ont soutenu que Jésus-Christ et les apôtres sont coupables de toutes les fautes que Barbeyrac reproche à saint Jérôme et aux autres Pères; que tous, sans exception, ne se sont lait aucun scrupule de dire des injures à leurs adversaires, de leur tendre des pièges, d'employer des raisons bonnes ou mauvaises, de citer les prophéties dans un sens faux, d'autoriser, par leur exemple, les fausses explications de l'Ecriture sainte, en un mot de parler contre leur pensée, et de mentir pour une bonne lin; et, pour le prouver, ils ont cité les exemples mêmes indiqués par Barbeyrac.
C'est ainsi que les protestants , pour satisfaire leur haine contre les Pères de l'Église, n'ont jamais hésité de compromettre la sincérité et la bonne foi des auteurs sacrés. Dans les art. Saint Jérôme, Saint Paul, Prophéties, etc., nous avons soin de réfuter les accusations des uns et des autres.
On dit qu'il ne serait pas permis en justice] de faire ce qu'ont l'ait les écrivains sacrés et les Pères de l'Eglise, ni de parler comme eux. Cela est faux; il est très-permis à un accusé confronté à un témoin, de se servir des faits vrais ou faux allégués par ce témoin, pour le confondre et rendre son témoignage nul; il n'est pas moins permis à un avocat d'employer les raisons et les arguments faux mis en avant par son adversaire, pour le réfuter.
Le? protestant^ ont d'autant plus mauvaise grâce de condamner cette méthode, que leurs fondateurs et leurs controversistes n'ont jamais manqué de s'en servir dans toutes leurs disputes contre les théologiens catholiques. On les aconvaiucus plus d'une fois d'une infidélité et d'une mauvaise foi dont les Pères de l'Eglise ne se sont jamais rendus coupables ; et les incrédules ont tous porté ce vice à un excès dont on n'avait point encore vu d'exemple.
Voyez Pères de l'Eglise.
Bercier.
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OECONOMOS (Constantin) (Thêol, hist. biog. et bibliog.) — Ce théologien et littérateur grec, né en Thessalie en 1780 et mort à Athènes en 1857, fut compromis dans le mouvement insurrectionnel de Blacabas en 1800, fut emprisonné par ordre d'Ali, pacha de Janina, racheta sa liberté, devint exarque etc., se réfugia, lors de la guerre de l'indépendance, à Odessa où il prononça l'oraison funèbre du patriarche Grégoire pendu par ordre de la Porte, et se tixa à Athènes sous le roi Othou. On a de lui :
Catéchisme ou enseignement orthodoxe de la foi chrétienne, Vienne, 1813, in-8 ; Concours de belles-lettres ; Rhétorique, en trois livres; Élégie sur la mort de l'empereur Alexandre ; Essai sur les rapports des langues russe et hellénique, 1 828 ; De la vraie prononciation de la langue grecque, 1830 ; De la version des Septante, 4 vol. in-8, 1843-50. Le Noir.
ŒCUMÉNIQUE signifie général ou universel, il vient du grec oixou[j.eviï, la terre habitée ou habitable, par conséquent toute la terre. Ainsi l'on appelle concile œcuménique celui auquel tous les évèques de l'Eglise catholique ont assisté ou du moins ont été appelés. Voy. Concile. Quelquefois les Africains ont donné ce nom à des conciles qui étaient seulement composés des évèques de toute l'Afrique.
Plusieurs patriarches de Constantinople se sont attribué le titre et la qualité de patriarches œcuméniques ; voici à quelle occasion. Lorsque Constantin eut transporté le siège impérial à Byzauce qu'il nomma Constantinople, il décida que cette ville jouirait de tous les honneurs, droits et privilèges qui avaient été accordés autrefois à l'ancienne capitale de ['empire (1). Conséquemment les évèques de Constantinople se persua-
^l) On peut juger des inconvénients d'une ingestion quelconque de l'autorité civilo dans l'ordre religieux aussi bien et plus encore pour protéger que pour gè ier, dominer ou persécuter, par tout ce qui est résulté de ce premier germe semé par Constantin dans l'Eglise. Il résulte dos décisions du concile du Vatican que le Pape seul a droit de porter le titre û'œcuménitjue.
Le Nom.
dèrent qu'ils devaient avoir sur tout l'Orient la même juridiction que les pontifes romains exerçaient sur l'Occident. L'an 381, le premier concile tenu dans cette ville, qui est le second concile général, décida par son troisième canon que l'ôvèque de Constantinople aurait les prérogatives d'honneur après celui de Home, parce que c'était la nouvelle Rome; ainsi cet évèque se trouva placé audessus des patriarches d'Alexandrie et d'Antioche, qui réclamèrent vainement, aussi bien que les papes, contre ce changement de discipline.
Au concile de Chalcêdoine, en 451, les prêtres et les diacres de l'Eglise d'Alexandrie présentèrent au pape saint Léon qui présidait à ce concile par ses légats, une requête conçue en ces termes : Au très-saint et trés-heureux patriarche œcuménique de la grande Rome, Léon. De là les évèques de Constantinople prirent aussi le titre de patriarche œcuménique, sous prétexte qu'on l'avait donné à saint Léon, quoique ce saint pape ne se le soit jamais attribué. L'an 318, l'évèque de Constantinople Jean III, et Ëpiphane, l'an 556, portèrent ce même titre ; mais Jean VI, surnommé le Ji'ùneur, le prit avec encore plus d'éclat dans un concile de tout l'Orient, qu'il avait convoqué l'an 587, sans la participation du pape Pelage II. Ce pontife et saint Grégoire le Grand, son successeur, condamnèrent en vain toutes ces démarches; les successeurs de Jean le Jeûneur ont toujours conservé ce titre, et l'on en vit encore un le prendre au concile de Bâle, en 1431.
Non-seulement cette qualité doit son origine à l'orgueil et à l'ambition des personnages dont nous venons de parler, mais elle est équivoque.
En effet, sous le nom de patriarche œcuménique, l'on peut entendre ou celui dont la juridiction s'étend universellement sur toute l'Eglise, ou celui qui se regarde comme seul évèque souverain, et qui n'envisage les autres que comme ses vicaires ou substituts, ou enfin celui dont l'autorité s'étend sur une grande partie du monde, en prenant le mot grec oixou|j.£vt) non pour le monde entier,
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mais pour une vaste étendue de pays comme a fait saint Luc, c. 2, f 1. Le premier de ces trois sens, qui est le plus naturel, est celui qu'adopta le concile de Chalcédoine, lorsqu'il trouva bon que ce titre fût donné à saint Léon. Les patriarches de Constantinople le prenaient sans doute dans le troisième sens, pour s'attribuer la juridiction sur tout l'Orient, de même que le premier docteur de leur église se nommait docteur œcuménique. Mais ils avaient encore tort si par là ils prétendaient exclure les papes de toute juridiction sur les églises orientales, comme ils l'ont lait dans la suite. Le second sens est évidemment absurde; c'est néanmoins celui que saint Grégoire le Grand paraît avoir attribué aux patriarches de Constantinople, puisqu'il dit que le titre de patriarche œcuménique est un blasphème contre l'E vangile et contre les conciles; que celui qui le prend se prétend seul evequo, et prive tous les autres de leur dignité qui est d'institution divine.
Aujourd'hui tous les patriarches grecs prennent le titre d'œcuménique, de même que les patriarches jacobil.es, nestonens et arméniens se nomment le catholique, qui signifie de même universel ; mais cette universalité ne comprend que l'étendue de leur secte. Du Cange, Glossar.
Latin.
Les protestants, qui rapportent avec complaisance cette prétention des patriarches de Constantinople parce qu'elle a mortiiié les papes sont cependant forcés d'en avouer les funestes suites. C'est ce qui lit nailre entre ces patriarches et ceux d Alexandrie la haine et la jalousie qui éclatèrent au cinquième siècle après le concile de Chalcédoine, patte schisme de Dioscore et des eutychiens. C'est ce qui jeta les premières semences du schisme entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine, commencé par Photius au neuvième siècle, et consommé par Michel Cérularius dans le onzième. Dès ce moment les Grecs, prives du secours des Latins n ont pu se défendre contre les Turcs qui les oppriment. Mosheim, Ilist.
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ecclés. du cinquième siècle, 2« part c - 2, § 1 ; neuvième siècle, 2° nart'' c 3, §26, etc. l •'
Mais les Grecs, malgré leur animosite contre l'Eglise romaine, ont senti comme elle la nécessité d'un chef; ils ont attribué au patriarche de Constantinople une autorité plus absolue sur les églises orientales' que celle qu'exerçaient autrefois les papes; ils ont ainsi condamné et condamnent encore par leur conduite 1 anarchie introduite par les nrotestants. ^
Bergier.
OECUMÉNIUS, auteur grec, qui parait avoir vécu dans le dixième siècle, a écrit des commentaires sur les Actes des apôtres, sur les Epitres de saint Paul, et sur celles de saint Jacques. Ils ont été imprimés à Paris, en grec et en latin, l'an 1031, en deux vol. in-fol. Cet auteur n'a fait qu abréger saint Jean Chrysostome.
Bergier.
OEIL (Théol. mixt. scien. physiol.
etanat.) — « La vue, dit M. Milne Edwards, est un sens à l'aide duquel nous pouvons juger la couleur, la distance et le volume des corps de la nature, par le moyen de la lumière.
Ce sens, que Buffon appelait un toucher lointain, a pour but de peindre au fond de l'œil les images des objets qui nous environnent, et de transmettre au cerveau les impressions de ces images. Pour comprendre le mécanisme de la vue, il ne suffit pas de connaître la structure de l'œil, il faut aussi étudier les propriétés de la lumière.
» 1" De la lumière. — La lumière est un fluide qui remplit l'espace et qui éclaire les corps de la nature.
Elle émane (1) des corps lumineux, tels que le soleil, les étoiles lises et les corps en combustion et se répand au loin avec une vitesse excessive.
» Lorsque la lumière rencontre un corps, elle le traverse quelquefois; d'autres fois, elle est réfléchie ou bien absorbée.
(1) On peut tonjonrs dire qu'elle émane, même dans le système des ondulations qtii est le léril ibfa.
Lk Nom.
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» Les corps qui laissent passer la lumière sont nommés transparents ; ceux qui s'opposent à son passage sont appelés opaques.
» Pour que nous puissions voir un objet, il faut que des rayons de lumière qui en émanent ou qui sont réfléchis par lui, arrivent jusqu'au fond de notre œil. C'est pour cette raison qu'un corps opaque placé entre l'objet que l'on regarde etl'œil le rend invisible.
» A mesure que les rayons s'éloignent du corps dont ils émanent, ils s'écartent les uns des autres, et c'est pour celte raison que les objets sont d'autant mieux éclairés qu'ils sont plus rapprochés du corps éclairant.
«Ainsi, dans la ligure ci-jointe, les corps X, X', X", qui sont tous trois de même volume, seront frappés par des rayons lumineux, d'autant plus nombreux que ces corps seront plus voisins de la flamme 0. Enell'et. il est
facile de voir, par cette figure, que si le corps X, le plus près de la flamme, reçoit neuf rayons lumineux, le corps X', placé à une distance double, est frappé pnr cinq rayons lumineux ; te corps X", placé à une distance triple, n'en reçoit que trois; en un mot, l'intensité de la lumière est en raison inverse du carré de la distance.
» Les corps sont transparents ou opaques.
» Les surfaces des corps opaques ne renvoient pas toujours la lumière telle qu'elles la reçoivent. Il en est, comme nous l'avons déjà dit, qui en absorbent tons les rayons, ces corps sont appelés noirs. Les corps qui ré-
peu
fléchissent tous les rayons, oui prés, sont blancs.
» La couleur n'est pas inhérente aux corps, elle dépend de la manière dont ils décomposent la lumière, et de l'espèce de rayons lumineux que le corps coloré petit réfléchir.
En effet, chaque rayon ordinaire de lumière qui nous parait incolore est composé de sept rayons diversement colorés; il est un moyen très -simple de s'en convaincre : si l'on reçoit sur une feuille de papier un faisceau ie rayons lumineux qui aura traversé un prisme de verre, au lieu de produire une image blanche, il formera une image oblongue, dans laquelle on distinguera les sept couleurs suivantes : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Or, les objets nous paraissent blancs quand ils renvoient la lumière sans la décomposer, et colorés de telle ou de telle manière , lorsqu'ils la décomposent à la manière du prisme et absorbent quelques-unes de ses parties pour réfléchir les autres.
» En traversant les corps transparents, les rayons de lumière continuent quelquefois à suivre leur direction primitive. Mais d'autres fois cette direction change de façon à les éloigner davantage entre eus ou aies l'approcher. C'est pour cette raison qu'un bâton bien droit plongé à moitié clans de l'eau, parait comme s'il était brisé, et c'est aussi en agissant de la sorte, sur la lumière, que les verres concaves ou convexes des lunettes agrandissent ou rapetissent les images des corps. Cette déviation de la lumière s'appelle réfrmtion.
» 2° ORGANES DE LA VISION'. — Les
organes de la vision se divisent en deux espèces : forgutte de la, vision proprement dit, c'est le globe de Vœil, puis les oryanes accessoires, ou protecteurs de Vœil.
» Les organes protecteurs de sont les sourcils, les paupières, 1 pareil lacrymal et Furbite.
■ » Au-dessus de la paupière supérieure, on remarque deux arcades que Ton nomme sourcilières, et qui sont formées par la réunion de petits poils, dont le nombre et le volume
Vœil
'ap-
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varient suivant les races et les tempéraments. Ils sont beaucoup plus fournis et plus bruns chez les peuples du midi que chez ceux du nord. Ils ont pour usage de protéger Vœil, par la saillie qu'ils font, de détourner vers les côtés de la face les gouttelettes de sueur qui quelquefois inondent le front, et d'abriter en quelque sorte l'œil de la lumière qui vient d'en haut et qui fatigue cet organe sans aider en général à la vision.
» On donne le nom de paupières à deux voiles mobiles tendus au-devant du globe de l'œil, Les paupières sont formées à l'extérieur aux dépens de la peau; à l'intérieur, elles sont tapissées par une membrane lisse qui se rélléchit sur le devant du globe de Y œil et que l'on nomme la membrane conjonctive; entre ces deux membranes est placée, pour chaque paupière, une petite lame de substance fibreuse et résistante que l'on nomme cartilage, ainsi que des muscles servant à mouvoir ces organes. La paupière supérieure est plus étendue que la paupière inférieure.
» Les paupières présentent chacune deux bords; l'un se continue avec la peau, l'autre est libre. Chaque bord libre des paupières est hérissé de petits poils longs et déliés que l'on nomme cils. L'usage de ces cils est de former au-devant de l'œil une petite grille qui arrête les corps étrangers dont la présence troublerait 1 exercice de la vision. Les paupières ont le double usage de protéger le globe de l'œil, en s'abaissant au-devant de lui, et de le rendre inabordable aux rayons lumineux dont l'éclat pourrait troubler le sommeil. De plus les paupières, par leur mouvement alternatif d'abaissement ou d'élévation, étendent au-devant du globe de l'œil les larmes qui sont fournies par une glande qui fait partie de l'appareil lacrymal.
» Cet appareil est composé de plusieurs organes, dont les uns sont destinés à former et à verser au-devant de l'œil le fluide lacrymal ; les autres ont pour usage de charrier au dehors de l'œil ce liquide dont la présence deviendrait gênante si elle était trop prolongée. Les premiers organes
sont : {« là glande lacrymale. C'est un petit corps volumineux comme une amande, placé à la partie extérieure et supérieure du globe de l'œil, entre cet organe et la cavité orbitaire ; cette glande fournit un liquide particulier (les larmes) qui est versé au-devant du glùbe de l'œil par de petits canaux qui viennent s'ouvrir à la face intérieure du bord adhérent de la paupière supérieure : ces petits canaux sont très-déliés et assez nombreux; ils versent constamment le iluide lacrymal, et, comme nous l'avons déjà vu, ce iluide est répandu au-devant du globe de l'œil par les paupières supérieures et inférieures. Les organes destinés à enlever les larmes et à les verser dans les fosses nasales, sont deux petits canaux qui s'ouvrent sur le bord libre des paupières près de l'angle interne de l'œii par deux petits orifices que l'on nomme les points lacrymaux. Chacun de ces points (placés l'un en haut l'autre en bas) communique avec un petit canal courbé, qui se porte en dedans et va s'ouvrir dans une gouttière verticale plus large que l'on nomme le canal nasal, lequel débouche dans les fosses nasales. Les fonctions de ces points lacrymaux sont de pomper les larmes au fur et à mesure qu'elles sont versées au-devant de l'œil : de cette manière, le fluide est excrété dans la proportion qu'il est formé. Dans quelques circonstances particulières, l'équilibre de ces deux phénomènes est rompu ; et, soit que les larmes soient sécrétées en plus grande quantité, soit que les points lacrymaux ne les pompent pas aussi activement, ou qu'elles soient arrêtées dans leur cours à travers les canaux lacrymaux et le canal nasal, ce fluide déborde les paupières et tombe eu grande quantité le long des joues.
» Parmi les organes protecteurs de Y œil, la cavité orbitaire joue un rôle important. En effet, les parois osseuses de cette cavité emboîtant le globe oculaire de telle sorte, qu'il ne donne de prise au contact des corps étrangers que par sa face antérieure. Cette cavité a une forme conique; la base de ce cône est formée par les os de la pommette, l'os de la mâchoire su-
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périeure et par l'os du front ; le sommet, dirigé en arrière, s'ouvre dans la cavité du crâne par un trou irrégulier que traverse le nerf optique, pour communiquer avec le cerveau.
» On doit encore regarder comme parties accessoires de l'œil les muscles à l'aide desquels nous pouvons le mouvoir et le diriger à notre gré. Ces muscles sont au nombre de six :
quatre droits, dont deux latéraux, l'un interne, l'autre externe, et les deux autres médiants, qui sont le droit inférieur et le droit supérieur.
Les deux autres muscles sont appelés obliques, et sont distingués en grand et eu petit obliques. L'action de ces muscles tend à faire tourner le globe oculaire sur lui-même : l'action des muscles droits a pour effet de le diriger en haut, en bas, en dedans ou en dehors.
» Un autre muscle existe encore dans la cavité orbitaire, c'est le muscle palpébral supérieur ou releveur de la paupière; le resserrement ou l'abaissement des paupières est opéré par un muscle circulaire placée dans l'épaisseur des paupières, et que l'on nomme orbiculaire.
i L'organe de la vision a reçu le nom de globe oculaire ; ce globe, dans lequel vient se terminer le nerf optique, est formé par des enveloppes membraneuses et par des humeurs transparentes, renfermées dans ces enveloppes, et qui concourent à e.n faire un instrument d'optique des plus parfaits.
» L'enveloppe la plus extérieure et la plus résistante de l'œil se nomme sclérotique : c'est sur elle que s'attachent les muscles qui meuvent le globe de l'œil; elle est blanche et opaque, et entoure cet organe partout, excepté en avant; on la désigne vulgairement sous le nom de blanc de l'œil.
» La partie antérieure de l'enveloppe du globe de l'œil est au contraire transparente; elle ressemble à un verre de montre qui serait enchâssé dans une boule creuse et blanche, et elle est appelée cornée transparente.
» A une petite distance derrière la cornée transparente se trouve une
espèce de cloison transversale, nommée iris à cause de ses couleurs variées qui se voient à travers la cornée. Son centre est percé par une ouverture qui est susceptible d'agrandissement ou de diminution, et qui est appelée pupille.
» L'espace compris entre la cornée et l'iris est nommé chambre antérieure de l'œil, et se trouve rempli d'un liquide transparent appelé humeur aqueuse.
» Derrière la pupille se trouve le cristallin, petite lentille transparente, de forme circulaire, et derrière le cristallin, on rencontre une masse diaphane, molle comme de la gelée, qui est appelée humeur vitrée, et qui occupe toute la partie interne du globe de l'œil.
» Le nerf optique qui vient du cerveau pénètre dans le globe de l'œil à travers la partie postérieure de la sclérotique, et fournit, en s'épanouissant, une membrane molle et blanchâtre, nommée rétine, qui enveloppe en arrière l'humeur vitrée, et qui n'est séparée de la face interne de la sclérotique que par une membrane ordinairement colorée en noir et appelée choroïde.
» Lorsque, après avoir étudié les parties constituantes de l'œil, on cherche à comprendre les fonctions que remplit chacune de ces parties, on s'aperçoit que la sensation de la vue est produite par des rayons de lumière qui, partis de différents points, viennent frapper le fond de notre œil, et peignent une image nette de cet objet sur la membrane nerveuse appelée rétine. La lumière se comporte dans l'intérieur de l'œil comme dans l'instrument d'optique nommé chambre obscure. Les diverses parties transparentes que les rayons lumineux traversent pour arriver de la cornée jusqu'à la rétine, ont pour effet de rapprocher tous ces rayons, et de les concentrer sur la rétine.
C'est surtout le cristallin qui détermine cette concentration de la lumière.
» Lorsque la force avec laquelle l'œil concentre ainsi la lumière est trop grande, on ne peut voir distinctement qu'a une très-petite distance^
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et on donne à cette infirmité le nom de myopie; lors, au contraire, que les rayons lumineux ne se rapprochent pas assez en traversant l'œil, on ne voit distinctement que les objets éloignés, et on est presbyte ; cette faiblesse dans le pouvoir réfringent de l'œil est une conséquence de la vieillesse, et ou y remédie en plaçant devant les yeux des verres convexes.
Pour donner aux myopes une vue plus longue, il faut au contraire employer des lunettes à verres concaves.
» L'iris est contractile et a pour principal usage de régler la quantité de lumière qui doit pénétrer jusqu'au fond de l'œil; lorsque la lumière est trop vive, l'iris se contracte et diminue, par conséquent, l'ouverture de la pupille à travers laquelle les rayons doivent passer pour arriver à la rétine ; dans l'obscurité, au contraire, la pupille s'agrandit.
» La membrane choroïde qui tapisse la face interne du globe de l'œil est recouverte d'un vernis noirâtre qui absorbe tous les rayons lumineux inutiles à la vision.
» Enfin les images qui sont peintes sur la rétine sont transmises au cerveau parle moyen du nerf optique. »
La description qu'on vient de lire suffit pour nous confondre d'admiration devant les précautions infinies qu'a prises le «réateur pour arriver à donner aux animaux l'œil, et par l'œil la faculté de juger des choses à distance. Si l'on entrait dans de plus grands détails, on aurait bien d'autres motifs encore d'admirer : par exemple, cette humeur aqueuse, qui remplit tout le compartiment antérieur de l'œil, est sécrétée par une fine membrane qui tapisse la face postérieure de la cornée; et cette membrane possède la propriété de sécréter la liqueur aqueuse, avec une telle puissance et une telle rapidité, que s'il arrive qu'une blessure de la cornée fasse écouler cette liqueur, il suffit à la membrane productrice de 15 à 18 heures pour en remplir de nouveau la chambre qui la contient.
Toutes les précautions pourraient-elles être mieux prises pour la conservation de cet organe délicat?
Si l'on compare entre eux les organes de la vision chez les différents animaux, on trouve des différences dont on ne connaît pas toujours la raison, mais qui en ont une, il n'en faut pas douter. Chez les pachydermes solipèdes (le cheval, p. ex.) la pupille est ovale transversalement, et il en est de même chez les ruminants, chez les baleines, chez les dauphins.
Dans le genre chat elle est ovale de haut en bas. Chez les rats et les souris et chez les carnassiers amphibies (les phoques et les morses), le cristallin, qui, chez les autres animaux, est ordinairement aplati, est presque globuleux. Chez les oiseaux, le cristallin est plus comprimé que chez les mammifères; l'œil des oiseaux a d'ailleurs trois paupières; la pupille est ronde, mais dans la chouette elle est ovale perpendiculairement comme dans le chat. L'œil des reptiles a son cristallin très-convexe. Chezles poissons, point de paupière ni d'appareil lacrymal; on le conçoit, puisque l'animal a constamment Vœil pli dans un océan de larmes. La pupille dans cette classe est, d'ailleurs, ronde et grande, le cristallin très-gros et presque entièrement globuleux. Chez les articulés, on remarque souvent des multitudes d'yeux dans le même animal; les insectes ont, les uns beaucoup d'yeux simples ou ocelles, les autres beaucoup d'yeux composés, c'est-à-dire à plusieurs facettes.
On a compté jusqu'à 25,000 yeux ou facettes dans un coléoptère hétéromère nommé la mordelle. Il y a aussi des yeux à facettes chez des crustacés. On n'a point, jusqu'à ce jour, trouvé d'yeux, chez les mollusques, excepté chez les céphalopodes, les gastéropodes et les ptéropodes; chez les céphalopodes , ils sont souvent d'une grandeur démesurée ; il en est ainsi chez les poulpes et les calmars; dans la sèche, la pupille est reniforme, dans le poulpe, elle est ronde.
Il n'est pas jusqu'aux infusoires qui ne soient pourvus de l'organe de la vue;Tces animaux, tellement petits qu'ilfaut de puissants microscopes pour les apercevoir, ont des yeux si bien construits qu'après avoir lu la
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