‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 76 sur 122 · JEU · texte numérisé non relu

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description qu'en donne Ehremberg, on no sent pas de bornes à son admiration.

Le Noie.

ŒIL. Comme les passions de i'homme se peignent principalement dans ses yeux, le mot œil est souvent employé dans l'Ecriture pour signifier les affections bonnes ou mauvaises.

Il a le même usage dans notre langue; aussi disons-nous que l'œil est le miroir de l'âme.

Ainsi, l'ail bon, l'œil simple, l'œil attentif, désignent la bienveillance, le dessein d'accorder des bienfaits; souvent il est dit que Dieu voit, considère, visite ceux auxquels il veut faire du bien. Au contraire, l'œil mauvais, ou l'œil méchant, exprime la haine, la colère, la jalousie ou l'avarice. Eccl., c. 4, f 14, le Sage dit que l'œil mauvais ne voit que du mal; il parle d'un avare qui se tourmente par la pré\oyance de maux imaginaires. Matth., c. 20, f 15, le père de famille dit à ses ouvriers jaloux et mécontents : Me regardezvous de mauvais œil, parce que je suis bon?

On peut iixrr le regard sur quelqu'un ou par affection ou par colère ; nous lisons, Ps. 33, f 16, que les yeux du Seigneur sont arrêtés sur les justes, et que ses oreilles sont attentives à leurs prières; mais que ses regards sont tixés sur les pécheurs pour effacer leur mémoire. Il dit dans Ezéchiel, c. 5, ^ 11, etc. : Mon œil ne pardonnera pas, c'est-à-dire ma justice ne vous épargnera point.

Il n'est pas nécessaire d'avertir que les yeux attribués à Dieu ne sont autre chose que saprovidence. Gènes., c. 46, <jt 4, Dieu dit à Jacob : Joseph mettra sa main sur vos yeux, il vous fermera les yeux à votre mort ; c'était chez les anciens le dernier devoir de tendresse filiale.

Job, c. 29, f lo, dit : J'ai élé l'œil de l'aveugle et le pied du boiteux, c'est-à-dire j'ai servi de guide à l'un et de soutien à l'autre. Servir à Y œil, Bbîom., c. 3, f 22, c'est ne servir un maître avec soin que quand il nous regarde. Voulez-vous nous arracher les yeux? Num., c. 10., f 14, signifie,

nous prenez-vous pour des aveugles?

œil pour œil et dent pour dent, "désignent la peine du talion.

Beugier.

OESTRE (t) (Théo!, mixt. scien.

zool.) — Ce curieux insecte, type de la tribu des œstridcs, ordre di • diptères, est, dans son état parfait, une grosse mouche velue, d'environ deux centimètres de longueur. Sa vie dans cet état est très-courte, et surtout chez le mâle. La femelle ne meurt qu'après qu'elle, a déposé ses œufs en lieu convenable pour leur développement. Quel est ce lieu?

C'est la peau d'un animal tel que le cheval, et un endroit de sa peau où l'animal puisse porter sa langue, telle est la partie interne de la jambe ou de l'épaule. Elle pond ces œufs par un tube dont est percé son abdomen en forme de tarière etrecourbé on avant; cet eeuf est enduit d'une gélatine qui le fait adhérer aux poils. La femelle en dépose de la sorte un grand nombre ici et là; l'œuf devient larve et chatouille la bète qui y porte la langue; la langue de l'animal emporte la larve et celle-ci descend dans l'estomac; c'est là qu'elle prend sou accroissement. La larve devenue grande descend de l'estomac dans l'intestin, puis est rendue sur la terre avecles excréments. C'est alors qu'elle subit sa métamorphose en chrysalide ; elle reste six à sept semaines en cet état comme dans une coque, et enfin en sort à l'état de mouche pour produire des œufs dont les larves recommenceront leur singulier voyage, que nous venons de décrire. Voilà encore une de ces fantaisies de l'auteur de la nature, auxquelles ne manque ni le grotesque ni l'excentrique. Tout ce qui se trouve en nous, qui sommes son image, doit se trouver en lui, excepté la propriété négative de l'imperfection.

Q y a l'œstre m cheval, l'œstre du bœuf, et quelques autres espèces.

Le Noir.

OEUF (Théol. mixt. scien. physiol.) — Il a été donné une description suffisante de l'œuf, an mot Génération (modes constatés de) ; nous n'a-

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jouterons ici que quelques observations complémentaires sur la formation de l'œuf complet tel qu'il se fait remarquer chez les oiseaux. On y distingue la coque extérieure, le chorion qui est la membrane enveloppante en dessous de la coque, la chambre à air, l'albumine ou blanc d'œuf, la membrane vitelline qui enveloppe le jaune, le vitcllus ou jaune, les chalases qui sont des enroulements du blanc aux deux bouts, et la cicatricule, qui contient le germe et qui, d'abord au centre, occupe, quand Yœuf est parfait, un point de la circonférence du jaune.

Dans la formation de Y œuf, c'est le jaune qui commence de s'accumuler autour du germe dans l'ovaire, espèce de grappe attachée à la paroi postérieure de l'abdomen ; quand le vitellus est ainsi formé, il descend dans un canal appelé Yoviducte, et reçoit là l'albumine par couches qui se superposent; mais durant cette accumulation du blanc autour du jaune, Y œuf est animé d'un mouvement de rotation sur lui-même, duquel résulte, aux deux bouts, une torsion qui engendre les chalases.

Quand le blanc est formé avec sa membrane, il descend encore plus bas dans l'oviducte, et, par conséquent, encore plus près du cloaque; et c'est là que se sécrète la matière calcaire qui forme la coque, ainsi que la matière colorante selon les espèces.

L'œuf est enfin versé dans le cloaque et est pondu.

Le Noir.

OEUFS DE PAQUES (Théol. hist.

fèt. cérém. etc.) — « L'usage de distribuer aux enfants des œufs au temns de Pâques, lit-on dans le Dict. encycl.

de la théol. cathol., est commun à l'Orient et à l'Occident. On l'explique de diverses manières. Les uns y voient un souvenir de Y œuf rouge que pondit, suivant l'historien jEIius Lampridius, une poule appartenant aux parents de l'empereur Alexandre Sévère, le jour de la naissance de ce dernier; d'autres rapportent les œufs de diverses couleurs qu'on distribue à l'ancienne discipline du carême, qui défendait l'usage des œufs ;

d'autres le font remonter au martyre qu'on infligeait aux Chrétiens par Yoyaignita. On en recherche l'explication dans le sens mystique que Yœuf avait chez les païens. Le plus probable est le plus simple : Yœuf est le symbole sensible delà résurrection de Notre-Seigneur. »

Le Noir.

OEUVRES (bonnes.) On entend sous ce nom tous les actes, soit intérieurs, soit extérieurs, des vertus chrétiennes, comme de religion, de reconnaissance, d'obéissance envers Dieu, de justice et de charité à l'égard du prochain, de pénitence, de mortification, de patience, etc. Jésus- Christ lui-même a nommé ses miracles de bonnes œuvres, parce que c'étaient des actes da charité et de commisération envers les malheureux.

Il y a eu entre les protestants et les catholiques une dispute très-vive au sujet des bonnes œuvres; il s'agissait de savoir si elles sont nécessaires au salut, et en quel sens, quelle en est l'utilité, comment on doit les envisager, soit lorsqu'elles sont faites dans l'état du péché soit lorsqu'on les fait après la justification, et en état de grâce. Jamais les ennemis de l'Eglise catholique n'ont montré plus de prévention et d'entêtement que dans cette contestation.

Déjà au quatrième siècle, les aétiens et les eunomiens avaient enseigné que les bonnes œuvres ne sont pas nécessaires au salut, que la foi seule est suffisante; les flagellants renouvelèrent cette erreur au treizième siècle, et les beggards ou béguins au quatorzième^ sur le commencement du quinzième, Jean II us prétendit que les bonnes œuvres sont indifférentes, que le salut et la damnation dépendent uniquement de la prédestination de Dieu et de la réprobation (I).

(1) Cette doctrine n'est pas formellement professée par J. Hns ; elle n'est peint directement énoncée dans ses trente propositions condamnées. V. Hls (les trente articles de Jean); mais elle est une conséquence do sa doctrine sur la prédestination ot la réprobation.

La Xoin.

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