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» ne soit pas digne de châtiment ; et » quand nous en pourrions faire une » le souvenir d'un seul péché suflirait » pour la faire rejeter de Dieu. »
Sans compter les autres erreurs de celte doctrine, elle renferme évidemment trois blasphèmes : le premier, que Dieu commande à ceux qui ne sont pas encore justifiés des œuvres qui sont des péchés ; le second, qu'il récompense des œuvres qui sont cependant dignes de châtiment ; le troisième, que Dieu se souvient encore de nos péchés après nous les avoir pardonnes : l'Ecriture sainte dit formellement le contraire.
Après avoir comparé toutes ces professions de foi, il n'est pas aisé de savoir quelle est la doctrine des protestants touchant les bonnes œuvres; eux-mêmes ne l'ont jamais su : leur unique dessein était de contredire la foi catholique, sans se mettre en peine des conséquences. Les équivoques sous lesquelles ils ont enveloppé leurs erreurs, les changements qu'ils y ont faits, les contradictionsdanslesquelles ils sont tombés, sont capables de dérouter le plus h.ihiic théologien.
Pour excuser Luther, son maitre, Mosheim dit que les docteurs catholiques confondaient fa loi avec l'Evangile, et représentaient le bonheur éternel comme la récompense de l'obéissance légale. Eist. ccclés., seizième siècle, sect. 3, 2 e part., c. 1, § 20. Si par la loi Mosheim entend, comme saint Paul, la loi cèxémonielle, il est très-faux qu'aucun docteur catholique ait jamais confondu cette loi avec l'Evangile, ou ait enseigné que le bonheur éternel est la récompense de l'obéissance à cette loi. S'il entend la loi morale contenue dans le Décalogue, nous soutenons que Jésus- Christ l'a renouvelée dans l'Evangile, qu'elle en fait une partie essentielle, et que le bonheur éternel est la récompense de l'obéissance à cette loi, et nous le prouvons par l'Evangile même, Matt., c. 5, % 16 et 17; c. 10, *42; c 16, f 27; c. 24, f 34, etc.
Le dessein malicieux de Mosheim était de faire confondre l'obéissance légale aveclesobï* aaneee légales* C'est ainsi que les sectaires en imposent aux ignorante
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Heureusement le concile de Trente s'est expliqué sur ce point de la manière la plus nette et la p lus précise; il a répandu la lumière sur ce que les hérétiques avaient affecté d'embrouiller, et il n'a pas établi une seule proposition qu'il n'ait fondée sur des passages formels de l'Ecriture sainte, sess. 6, de Justif.
Il a décidé, 1° que les pécheurs se disposent à la justification, lorsque, excités et aidés par la grâce divine, ils croient à la parole de Dieu et à ses promesses, ils craignent ses jugements, espèrent en sa miséricorde par les mérites de Jésus-Christ, commencent à l'aimer comme source de toute justice, détestent leurs péchés, se proposent de mener une vie nouvelle et de garder les commandements de Dieu, c. 6. Il ne dit point que ces actes de foi, d'espérance, de crainte, de contrition, ces bons désirs et ces bonnes résolutions méritent la justification; il dit positivement le contraire, cap. 8. Conséquemment il prononce anathème, can. 7, contre ceux qui enseignent que toutes les bonnes œuvres faites avant la justification sont des péchés, et, méritent la haine de Dieu. Des sentiments et des actions que Dieu lui-même inspire par sa grâce, peuvent-ils être des péchés?
L'Ecriture sainte en parle tout autrement. Dieu, après avoir reproché aux Juifs leurs crimes, leur dit par la bouche d'Isaïe, c. 16 : « Cessez de » faire le mal, apprenez à faire le » bien, exercez la justice, soulagez » les opprimés, défendez la veuve et » le pupille, venez ensuite et recou- » rezàmoi. Quand vos péchés seraient » rouges comme l'écarlate, ils devien- » dront blancs comme la neige. »
Dieu sans doute ne leur demandait pas des péchés. Dieu eut égard aux humiliations, au jeûne; aux mortifications d'Aehab, Iil. Reg.., c. 21, y 27; aux prières et au repentir de Mariasses, II. Parai'., c. 3, y 12; à la pénitence des Ninivites, Ion., c. 3, y 10; et Jésus-Christ a cité cette pénitence, Luc, cil? 32. Daniel dit à Nabuchodonosor : « Rachetez vos péchés » par des aumônes, peut-être Dieu «aura pitié de vous. » Dan., c. S, y 23. Il est donc faux que Dieu ne
tienne aucun compte aux pécheurs de leurs bonnes omvres, et que ce soient de nouveaux péchés. 11 faut avoir perdu le sens, pour soutenir qu'un homme qui n'est pas encore justifié, pèche en délestant ses péchés et en demandant pardon à Dieu.
2° Le concile de Trente enseigne, ib., c. 8, que les dispositions dont nous venons de parler sont nécessaires pour la justification, mais qu'aucun ne peut la mériter. Ainsi il est toujours vrai de dire que nous sommes justifiés gratuitement, comme saint Paul le déclare, Rom., c. 3, y 24. Cet apôtre ajoute que nous sommes justifiés par la foi, parce que la foi est la racine et le fondement de toute justilieation.
Mais ce même concile condamne ceux qui prétendent que nous sommes justifiés par la foi seule, can. 0, parce que saint Paul ne le dit point.
Au contraire, nonslisous dans l'Ejùtre de saint Jacques, c. 2, f 24 : « Vous » voyez que l'homme est justifié par » les œuvres, et non pas par la foi seu- » lement. » A l'article Foi, § 5, nous avons fait voir ce que saint Paul entend par la foi justifiante, comment son texte se concilie avec celui de saint Jacques, et nous avons montré l'abus que les protestants ont fait des paroles de saint Paul.
Cependant les théologiens disent que les bons sentiments et les bonnes œuvres, qui précèdent la justification, ont un mérite de ennymité ou de convenance ; contredisent-ils en cela la décision du concile de Trente?
Nullement; ils entendent seulement, comme ce concile, que ce sont des dispositions nécessaires â la justilieation, que Dieu y a égard par miséricorde, qu'elles sont utiles pour fléchir sa justice, qu'il pardoune plus aisément à un pécheur qui fait de bonnes œuvres qu'à celui qui n'en fait point, puisque lui-même les commande et les inspire par sa grâce. Ce n'est donc ici qu'un mérite improprement dit, et les protestants ont tort de chicaner sur ce terme.
Voyez Mûritiî.
3° Ce même concile déclare, chap. 8 et 16, que les bonnes œuvres faites dans l'état de grâce ou par un homme