‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 79 sur 122 · CEU · texte numérisé non relu

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déjà justifié, conservent et augmentent en lui la justice ou la grâce sanctifiante, et méritent la vie éternelle; et il le prouve par plusieurs passages de l'Ecriture sainte. De là il conclut qu'il faut proposer aux justes ce bonheur, comme une grâce qui nous est misérieordieusemeut promise par les mérites de Jésus- Christ, et en même temps comme une récompense, un salaire, une couronne de justice, ainsi que s'exprime saint Paul. Conséquemment, can. 25 et 30, il condamne ceux qui enseignent que le juste, dans toutes ses œuvres, pèche au moins véniellement, et que c'est un péché de faire de bonnes œuvres en vue de la récompense éternelle.

Le concile n'emploie point le terme de mérite de condignitê ; mais au mot Mérite nous avons fait voir que cette expression des théologiens n'a rien de répréhensible.

Lorsque le synode de Dordrecht a soutenu que nous ne pouvons faire aucune bonne œuvre qui ne soit souillée par le vice de la chair, et qui ne soit digne de châtiment, il contredit saint Paul qui déclare qu'il ne reste plus aucun sujet de condamnation dans ceux qui sont en Jésus-Christ, et qui ne vivent plus selon la chair, Rom., cap. 8, f 1. Quand ce synode a ajouté que le souvenir d'un seul péché suftirait pour faire rejeter de Dieu nos bonnes œuvres, il a fermé les yeux à la promesse que Dieu a faite par Ezéehiel, c. 18, f 21 : « Si » l'impie fait pénitence de tous ses » péchés, et garde mes commande- » ments, je ne me souviendrai d'au- » cune de ses iniquités, etc. » De quel front les protestants, qui ne cessent d'en appeler à l'Ecriture sainte, osent-ils la contredire aussi formellement?

4° Enfin le concile de Trente a répondu à toutes leurs plaintes et à tous leurs reproches. Il n'est pas vrai que la doctrine catholique déroge à la gloire de Dieu ni aux mérites de Jésus-Christ, puisque tout ce qu'il y a de Lien en nous, soit avant, soit après la justification, vient de la grâce de Dieu, et que toute grâce nous est accordée par les méritas du

Sauveur; d'où il résulte que tout mérite de l'homme est un don de Dieu, qu'en récompensant nos niérites Dieu ne fait que couronner ses propres dons. Il n'est pas vrai non plus que nous mettions notre propre justice à la place de celle de Dieu, puisque c'est Dieu lui-même qui nous donne la justice et qui allume la charité dans nos cœurs par son Saint-Esprit. Il ne l'est pas enfin que l'homme puisse se glorifier en luimême, s'enorgueillir de ses bonnes œuvres ou présumer de ses propres mérites, puisque non-seulement il n'a rien qu'il n'ait reçu, mais qu'il peut déchoir à tout moment de l'état de grâce par sa propre faiblesse.

Si c'est le mot de mérite qui choque les protestants, ils ont encore tort; nous avons fait voir qu'il est tiré de l'Ecrifcire sainte. Voyez Mérite.

Quant aux œuvres que nous nommons de subrogation, il est faux que nous prétendions par là rendre à Dieu plus que nous lui devons, puisque nous lui devons tout; nous entendons seulement, par ce terme, des œuvres qui ne sont pas commandées en rigueur. Lorsque Jésus- Christ dit à un jeune homme : « Si » vous voulez être partait, allez veu- » dre tout ce que vous possédez, » donnez-le aux pauvres et venez » me suivre, » Matth., c. 19, f 21, lui faisait-il un commandement rigoureux, sous peine de damnation?

11 lui proposait une œuvre de perfection, qui lui aurait valu une plus grande récompense. Il en est de même de ceux qui ont renoncé au mariage pour le royaume des cieux, Ibid., } 12.

Nous savons très-bien que plus nous avons fait de bonnes œuvres, plus nous sommes redevables à Dieu, qui nous les a fait vouloir et accomplir : mais il ne s'ensuit pas de là que toutes ces œuvres nous sont commandées, et que nous péchons ei nous ne les faisons pas. 11 sérail singulier que nous fussions coupables en les omettant, et que nous le fussions encore en les faisant, connue le veut le synode de Dordrecht.

Il suffit de comparer la doctriue

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des protestants avec celle de l'Eglise catholique, pour voir laquelle des deux est la plus propre à exciter en nous l'amour de Dieu, la reconnaissance, la confiance et le zèle des bonnes œuvres. L'expérience peut encore en décider; il se fait certainement plus de bonnes œuvres de toute espèce parmi les catholiques que chez les protestants.

Depuis le concile de Trente, quelques théologiens ont soutenu que toutes les bonnes œuvres faites par des infidèles ou par des hommes qui n'ont pas la foi en Jésus-Christ, sont des péchés; ils ont même poussé l'entêtement jusqu'à enseigner, comme les protestants, que toutes celles qui sont faites en état de péché mortel sont de nouveaux péchés ; ces deux erreurs sont évidemment contraires aux passages de l'Ecriture que nous avons cités, et aux décisions de ce concile. Voy. Infidèles, Péché, etc.

Mais n'y a-t-il pas contradiction entre les deux leçons que Jésus- Christ nous donne touchant les bonnes œuvres ? Matth., c. 5, f 16, il dit :

« Que votre lumière luise aux yeux n des hommes, afin qu'ils voient vos d bonnes œuvres et glorifient votre » Père céleste. » Et c. 6, y 1, il dit :

« Gardez-vous de faire vos bonnes œu- » vres devant les hommes, afin d'en » être vus ; autrement vous n'aurez » pas de récompense à espérer de » votre Père céleste. » Si l'on veut y faire attention, Jésus-Christ ne condamne que le second de ces motifs; autre chose est de faire de bomies œuvres devant les hommes, afin qu'ils en soient édifiés et glorifient Dieu; autre chose de les faire devant eux, afin d'en être vu, estimé et honoré; le premier de ces motits est louahle, le second est vicieux, c'est un trait d'orgueil et d'ostentation, souvent d'hypocrisie.

De nos jours la philosophie publie et vante ses bonnes œuvres, les fait annoncer dans les nouvelles publiques ; la charité chrétienne cache souvent les siennes, ne veut avoir que Dieu pour témoin. Sur cette seule différence on peut juger la-

quelle des deux en fait le plus et eu fera le plus longtemps (1).

Beugier.

OEUVRES SERVILES (Théo! rni.vt.

et hist. philos, mor. et lois ecclés.) — Les œuvres servîtes, que l'église, en se fondant sur le troisième précepte du décalogue, a défendues les dimanches et jours de fête, sont les occupations qui étaient propres aux esclaves et qui restèrent le propre des serviteurs et domestiques à ruesure que l'esclavage disparut. Le mut le dit, servîtes deservus. Dans la primitive Eglise, il n'y eut rien de bien fixé sur la défense des œuvres servilcs et sur leur détermination; la liberté chrétienne, qu'avait arborée saint Paul en opposition avec la contrainte judaïque, se montra largement sur ce point, et la défense des œuvres servilcs ne fut guère qu'une protection des esclaves et serviteurs contre l'avarice des maîtres chrétiens qui se trouvaient obligés par là à leur donner le temps de repos nécessaire à leur sanlé physique et morale. Plus tard, la religion chrétienne étant devenue la religion de l'état, Constantin promulgua un édit, qui interdisait le travail des ateliers le dimanche, mais qui laissait libres et autorisés les travaux des champs et des vignes.

Cet édit est daté de 321 . Les conciles de leur côté, portaient sur cette matière des décrets qui étaient dans l'esprit de l'Evangile et qui en exprimaient la pensée; tel fut celui d'un concile de Laodicée de 372, qu défendait strictement aux maîtres d'obliger leurs esclaves au travail les dimanches et les jours de fête.

Puis, peu à peu, ou énuméra plus positivement les œuvres sa viles; c'est ce qu'on lit en 338, dans un concile

(1) La charité religieuse a toujours fait et f.Ta toujours de bonnes œuvres et elle y aura d'autant plus de mérite qu'elle les fera aveu uioins d'ostentation et plus de simplicité. La charité naturelle philosophique en a toujours fait et en fora toujours aussi ; le mérite ici n'est pas de même nature ; mais il est, dans sou espèce, un vrai mérite aussi, qui est, comme l'antre, d'antant plus grand que l'œuvre est accomplie avec moins d'ostentation et plus de simplicité, pour le bien en soi qu'elle implique.

Le Noir.

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d'Orléans, en 578 dans un concile d'Auxerre, en 650 clans un concile de Chàlons ; c'est aussi ce que fit Charlemagne, en 789, dans un capitulaire.

En suivant cette marche, dont le motif, ainsi qu'on le voit, était nonseulement dans l'intérêt de l'âme, mais aussi dans l'intérêt du corps qui a besoin de repos un jour sur sept, comme généralité, et essentiellement social, on se laissa aller trop loin dans la multiplication des fêtes auxquelles étaient interdites les œuvres servilcs; la production en souffrait, et devait de plus en plus en souffrir ; avec l'activité du travail qui devait devenir si grands dans les temps modernes, une telle perte de temps n'était plus possible; aussi fut- il fait, sur le nombre des fêtes cbùmées de grandes réformes , et furent-elles considérablementréduites par les papes, surtout dans certaines régions.

Aujourd'hui, que les conditions sociales des hommes sont changées, mais que les besoins de leur nature ne le sont pas, la défense des œuvres servîtes aux jours des fêtes conservées est maintenue , mais avec de grands adoucissements qui font et feront désormais ressembler la discipline ecclésiastique à ce qu'elle avait été dans les premiers temps.

Une observation générale, qui n'a jamais cessé d'avoir son application à cette question, c'est que la défense des œuvres servîtes cesse d'être obligatoire lorsque se. présentent, en concurrence avec elle, des obligations plus graves à remplir, soit de droit naturel, soit de droit positif. De là ample matière à appréciations morales pour les casuistes.

Le Noir.

OFFENSE. Les philosophes incrédules, qui ont écrit qu'un être aussi vil que l'homme ne peut offenser Dieu, ont joué sur une équivoque.

L'homme, sans doute, ne peut troubler la souveraine félicité de Dieu, ni lui causer aucune émotion capable d'altérer son immutabilité; mais il peut faire ce que Dieu défend, braver ses menaces, mériter punition; c'est ce que l'Ecriture sainte appelle

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off.mrr Bim, déplaire à Dieu, provoquer sa colère, être son ennemi, etc.

Nous ne pouvons exorimer la conduite de Dieu à l'égard des eréafo»

res, que par les mêmes termes nui peignent la conduite des hommes Voy. AxTHRopor.miiE. Ursçne a donne l'être à des créatures intelligentes et raisonnables, ce n'est pas qu'il en eût besoin ou qu'il en put tirer quelque avantage, mais parce quil voulait leur faire du bien, et il n'en est aucune à laquelle il n'en a it fait. Il a voulu attacher leur bonheur à la vertu et non au crime, à l'obéissance et non à la révolle ; peut-on se plaindre de cette sage conduite ? Les incrédules voudraient qu'il nous eût accordé le bonheur absolument, sans aucune condition, sans rien exiger de nous; Dieu n'a pas trouvé bonde les satisfaire, il nous a imposé des lois.

S'il nous avait prescrit ce que nous devons faire, sans nous proposer des peines et des récompenses, il nous aurait donné des leçons et des conseils, mais ce ne seraient pas des lois. S'il nous avait ôté le pou\oir d'y résister, il aurait anéanti la verlu et son mérite, puisque la vertu consiste à soumettre nos penchants à la loi. Lorsque nous prêterons de leur obéir plutôt qu'à la loi, nous donnons droit au législateur de nous punir ; c'est dans ce sens que nous l'offensons.

Le terme offenser, qui signifie à la lettre se trouver à la rencontre de quelqu'un, être en butte contre lui, ou lui barrer le chani», est déjà métaphorique à l'égard d'un législateur humain, à plus forte raison l'esl-il à l'égard de Dieu.

Eebgieh.

OFFERTE, OFFERTOIRE. L'offerte, l'offrande ou l'ablation, est l'action que fait le prêtre à l'autel, lorsqu'il offre à Dieu le pain et le vin qui doivent être consacrés. Voy. OrrRANDE.

On appelle offerte, en Espagne, l/i promesse de faire une bonne œuvre pendant un certain temps, afin d'obtenir de Dieu quelque bienfait spirituel ou temporel ; elle est différente

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du vœu, en ce qu'elle n'est point censée obliger sous peine de péché.

L'offertoire est une espèce d'antienne récitée par le prêtre, chantée par le chœur, ou jouée sur l'orgue dans le temps que l'on prépare le pain et le vin pour les offrir à Dieu, et que le peuple va à l'offrande. Le père Le Brun, dans son Explic. des cérem.

de la messe, t. 2, p, 280, a remarqué les divers changements qui ont été faits dans cette partie de la messe dans les différents siècles et dans les différentes églises.

On a encore nommé offertoire la nappe de toile dans laquelle les diacres recevaient les offrandes des fidèles. Yoy. Offrande.

Bergier.

OFFICE DIVIN. Offitiwn signifie à la lettre ce que l'on doit faire, et l'on a donné ce nom aux prières publiques de l'Eglise, que les fidèles ont faites en commun dans tous les temps pour rendre à Dieu le tribut de louanges, d'actions de grâces, et de saints désirs qui lui est dû. L'Office divin a été aussi nommé liturgie. Yoy.

ce mot.

On ne peut pas douter que cet usage ne soit aussi ancien que le christianisme; saint Paul recommande aux fidèles de s'exciter et de s'édilier les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, et de les chanter de ïovà. leur coïur à l'honneur de Dieu.

Ephes., c. 5, f 19 ; Coloss., c. 3. f 16.

Il est dit qu'après la dernière cène Jésus-Christ lui-même dit un hymne avec ses apôtres, Matth., c. 26, f 30.

Nous lisons dans les Actes des apôtres, c. 6, y 4, qu'ils se déchargèrent sur les diacres du soin des pauvres et de la distribution des aumônes, afin de vaquer plus librement à la prière et à la prédication : il est très-probable qu'ils entendaient la prière publique, la liturgie, et ce que nous appelons Voffice divin. Dans V Apocalypse , ch. S, f 9, où nous voyons le plan de la liturgie apostolique, les vieillards ou les prêtres chautent un cantique à la louange de Jésus-Christ.

Pline le Jeune, après s'être informé de ce qui se passait dans les assem-

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blées des chrétiens, dit qu'ils y adressaient des louanges à Jésus-Christ comme à un Dieu; Eusèfee, liist.

ecclés., 1. 5, c. 28, cite les cantiques composés dès le commencement par les fidèles, et dans lesquels la divinité était attribuée au Sauveur. Dans le concile d'Antioche, tenu l'an 252, l'on voit déjà le chant des psaumes introduit dans l'Eglise. L'institution de cet usage est attribuée à saint Ignace, disciple des apôtres ; Socrate, Rist. ecclés., liv. 6, ch. 8, saint Justin, Tertullien, saint Clément d'Alexandrie, Origène saint Basile, saint Epiphane, Théodoret et d'autres Pères, ont parlé de l'office ou de la prière publique de l'Eglise. Bingham, 1. 13, c. 5.

Aussi saint Augustin assure que le chant de Voffice divin n'a été établi par aucune loi ecclésiastique, mais par l'exemple de Jésus-Christ et des apôtres. Saint Jérôme, saint Ambroise,le pape Gélase, saint Grégoire, y ont ajouté quelques parties, ont composé des hymnes, des antiennes, des prières nouvelles sur le modèle des anciennes, ils y ont mis de l'ordre et de l'arrangement, mais ils ne sont pas les premiers auteurs de l'office divin, le fond existait avant eux ; cet office fut une des principales occupations des premiers moines, aussi bien que des clercs.

Plusieurs conciles tenus dans les Gaules, celui d'Agde, le deuxième de Tours, le second d'Orléans, règlent l'ordre et les heures de l'office, et décernent des peines contre les ecclésiastiques qui manqueront d'y'assister ou de le réciter; les conciles d'Espagne ont fait de même. La distribution de Voffice en différentes heures du jour et de la nuit, a été partout à peu près la môme; elle subsiste encore chez les différentes sectes de chrétiens orientaux, séparées de l'Eglise romaine depuis le cinquième et le sixième siècles.

Cassien,qui vivait au cinquième, a fait un traité du chant et des prières nocturnes, et de la manière d'y satisfaire ; après avoir exposé la pratique des moines d'Egypte, il dit que dans les monastères des Gaules on partageait Voffice en quatre heures; savoir,

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prime, tierce, sexte et none, et que la nuit qui précède le dimanche on chantait des psaumes et des leçons.

Déjà, dans les Constitutions apostoliques, il était ordonné aux fidèles de prier le matin, à l'heure de tierce, de sexte, de none, et au chant du coq.

Saint Benoit, qui composa sa règle au sixième siècle, entre dans le détail . des psaumes, des leçons, des oraisons qui doivent composer chaque partie de Y office ; il est à présumer qu'il suivit l'ordre établi pour lors dans l'Eglise romaine.

La manière de faire Yoffice varie selon le degré de solennité de la fête, du mystère, ou du saint que l'on célèbre ; ainsi l'on distingue des offices solennels majeurs, solennels mineurs, doubles, semi-doubles, simples, etc.

Quand on canonise un saint, on lui assigne un office propre, ou tiré du commun des martyrs, des pontifes, des docteurs, etc., selon l'état dans lequel il a vécu, ou selon le genre de sa mort. Lorsque l'Eglise a institué de nouvelles fêtes des mystères, on a composé un office propre pour les célébrer.

. Dans tout l'ordre de saint Bernard, le petit office de la sainte Vierge se dit tous les jours. Au quatrième concile de Clermont, tenu l'an 1093, le pape Urbain II obligea tous les ecclésiastiques à le faire réciter, aiin d'obtenir de Dieu l'heureux succès de la croisade qui fut résolue dans ce concile; mais le pape Pie V, par une constitution, en a dispensé tous ceux qui n'y sont pas astreints par les règles particulières de leurs chapitres ou de leurs monastères ; il y oblige seulement, pour toute charge, les clercs qui ont des pensions sur des bénéiices. Les chartreux disent Yoffice des morts tous les jours, à l'exception des fêtes.

Comme les clercs sont obligés par état de prier non-seulement pour eux-mêmes, pour les peuples, l'Eglise ne leur accorde les revenus d'un bénéfice que sous condition qu'ils s'acquitteront de ce devoir; s'ils ne le remplissent pas, les canons ordonnent qu'ils soient privés de ce revenu, et déclarent qu'il ne leur appartient pas.

L'Eglise impose aussi à tous les clercs

qui sont dans les ordres sacrés l'obligation de réciter Yoffice divin ou le bréviaire, tous les jours ; ils ne peuvent l'omettre, en tout ou en partie notable, sans pécher grièvement à moins qu'ils n'aient une raison solide de s'en dispenser, telle que le cas de maladie ou d'impossihlité.

Dans Yoffice public, dit M. Fleury, chacun doit se conformer à l'usa e de l'Eglise dans laquelle il chante ; ceux qui le récitent en particulier ne sont pas obligés si étroitement à observer les heures et les postures que l'on garde au chœur; il suffit, à la rigueur, de réciter Yoffice entier dans les vingt-quatre heures. Il vaut mieux cependant anticiper les prières que de les retarder ; sur ce fondement, il est permis de dire dès le matin toutes les petites heures, les vêpres d'abord après midi, et, dès les quatre heures du soir, matines pour le lendemain. Chacun doit réciter le bréviaire du diocèse dans lequel il est domicilié, à moins qu'il n'aime mieux dire le bréviaire romain, duquel il est permis de se servir dans toute l'Eglise latine. Iristit. au droit ecclés., t. 1, 2° part., c. 2, p. 276;Thomassin, Discipl. ecclésiastique, l ro part., 1. i, c 34- et suiv. Voy. Bréviaire, Chaxt, Heures canoniales, etc.

C'a été de la part des protestants, une témérité très-condamnable de retrancher Yoffice divin, consacré par la pratique des apôtres et par l'usage de tous les siècles ; ils n'en ont pas même laissé subsister le nom ; ils lui ont substitué celui de prêche, comme si tout le culte divin consistait dans la prédication. Ils n'ont conservé que l'usage des psaumes dans une version très-grossière, et avec un chant fort insipide. En faisant proiession de se conformer en toutes choses à l'Ecriture sainte, ils en ont très-mal suivi les leçons, puisque l'Ecriture nous parle non-seulement de psaumes, mais d'hymnes et de cantiques spirituels. Il y a dans l'Ecriture d'autres prières que les psaumes, les cantiques de Moïse, d'Isaïe et des autres prophètes, d'Anne, mère de Samuel, de Tobie, de Zacbarie, de la sainte Vierge, de Siméon, etc., sont-ils donc moins respectables et moins édifiants

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que les psaumes de David ? Mais les prétendus réformateurs, qui se cro3 T aient très-savants, étaient fort mal instruits ; ils ont fait la réforme selon la méthode des ignorants, qui est de tout sabrer, et leurs prosélytes aveugles ont suivi comme un troupeau, sans prévoir les conséquences. En voulant détruire ce qu'ils appelaient des superstitions, ils ont anéanti la piété.

Leur entêtement a été le même, lorsqu'ils se sont obstinés à vouloir faire le service divin en langue vulgaire ; ils n'en ont pas prévu les inconvénients. Voyez Langue vulgaire.

Bergier.

OFFICE (saint). Voyez Inquisition.

OFFICIAL, OFFICIALITÉ (Théol.

pur. lois ecclés. ou droit can.) — « Le nom à'officialis, dit M. Permaneder, parait déjà dans le douzième siècle (1), il désignait d'abord, en général, un fonctionnaire auquel un dignitaire supérieur avait transmis une partie de ses occupations. Aussi nonseulement l'archidiacre était un officialis (episcopi), mais l'archidiacre avait un officiai ou vicaire {vicarius archidiaconi) . Ce nom reçut une acception spéciale à dater du treizième siècle, lorsque lesévêques.pourposer des bornes aux empiétements de l'archidiacre lui-même, choisirent des mandataires particuliers, qu'ils nommèrent officiedes ou vicarii episcoporum, lesquels, dans un district déterminé du diocèse: 1° marchaient de pair avec les archidiacres et exerçaient avec ceux-ci la juridiction épiscopale inférieure [officielles foranei); 2° jugeaient, au nom de l'évèque, en première instance les causes importantes retirées à la juridiction de l'archidiacre, et en seconde instance les causes décidées en première instance par les archidiacres et les officiâtes foranei (officielles principales)]^).

» Dans la suite ces officielles foranei ou ces vicaires de districts disparu-

(1) Par exemple, c. 3, X, de Instit., III, 7. CûrtC lîoihomag., atiu. 1IS9, c. 4.

(2; Cf. Clera., c. 2, de Rescript., I, ?.

rent, lorsqu'ils eurent atteint le but pour lequel ils avaient été institués, c'est-à-dire qu'ils eurent paralysé les archidiacres, en limitant de plus en plus leurs attributions et en les faisant complètement disparaître, h'officialis principalis ou generalis exerça dès lors seul toute la juridiction êpiscopale dans le sens le plus large, sauf quelques cas importants. Parfois il eut à côté de lui, comme auxiliaire et mandataire de l'évèque, inspiritualibus, un vicaire, vicarius generalis.

» A dater du quinzième siècle les deux titres se confondirent dans le même personnage, nommé tantôt officiai, tantôt vicaire général, et depuis lors les deux titres furent employés l'un pour l'autre, ce qui a encore souvent lieu de nos jours. »

Ainsi, Yofficial, c'est le vicaire général. Cependant il existe encore une distinction, dans certains pays, par exemple en Bavière, entre l'un et l'autre ; dans ces contrées les causes matrimoniales sont réservées à l'évèque, et l'évèque est représenté, pour ces causes, par un officiai dont la mission spéciale est de les juger.

Le vicaire général est chargé de tout le reste. V officiai a son conseil, [officiante, consistoire, tribunal des mariages) qu'il préside, commele vicaire général aie sien; les deux conseils réunis forment l'ordinaire, c'est-àdire la totalité du conseil épiscopal.

L'évèque est le chef suprême, bien entendu, puisque ce ne sont que des conseils. Le Noir.

OFFICIANT est la même chose que célébrant ; c'est le prêtre qui dit la messe principale dans une église, qui commence l'office au chœur, qui dit les oraisons, etc. Dans les églises cathédrales il y a des jours solennels et marqués, auxquels l'évèque luimême doit officier à l'autel et au chœur.

Bergier.

OFFRANDE. Ce mot, tiré du latin offerenda, désigne l'action d'olt'rir à Dieu une chose que l'un destine à son culte, et la chose même que l'on offre ; il en est de même du terme d'oblalion.

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L usage d'offrir à Dieu des dons est aussi ancien que la religion ; l'on a compris d'abord que c'était un témoignage de respect pour le souverain domaine de Dieu, do reconnaissance pour ses bienfaits, et un moyen d en obtenir de nouveaux. Soit que ces dons aient été consumés par un sacrifice, employés à la subsistance des ministres du Seigneur, ou destinés au soulagement des pauvres ; c'est à Dieu lui-même que l'on a eu intention de les offrir. Nous voyons les enfants d'Adam présenter à Dieu l'un des fruits de la terre, l'autre les prémices de ses troupeaux, Gen., c. 4.

f 3. Il est dit que Melcbisédecb, roi de Salem et prêtre du Dieu Très- Haut, offrit à Abraham du pain et du Tm, et bénit ce patriarche, et qu'Abraham lui donna la dime des dépouilles qu'il avait enlevées à ses ennemis, cap. 14, f 18. Jacob promet que si le Seigneur le protège, il lui oiirira la dime de tous ses biens cap. 28, ^ 22. Tout sacrifice était mie offrande, mais toute offrande n'étaii pas un sacrifice.

La principale ablation que les hommes ont faite à Dieu est celle de leur nourriture, parce que c'était pour eux le plus précieux de tous les biens. Avantle déluge ils ne vivaient que des fruits de la terre et du lait des troupeaux, ce fut aussi leur offrande ordinaire ; après le déluge, Noé offre à Dieu des animaux purs°en sacrifice, et Dieu lui permet, et à ses enfants, de manger la chair des animaux. Gen., c. 8, ^ 20; c. 9, f 3.

De même, lorsque la bouillie de riz était l'unique aliment des Romains, Numa ordonna que l'on honorât les dieux en leur offrant du riz ou de la bouillie de riz. Suivant Pline, jamais dans la suite les Romains ne goûtèrent aux fruits nouveaux, sans en avoir offert aux dieux les prémices ; mais l'usage de leur offrir de la bouillie ou des tartes de riz, adorea dona, adorea Ma, subsistait encore au temps d'Horace, quoique l'on immolât pour lors des animaux dans les temples.

Il n'est donc pas nécessaire de recourir à de vaines imaginations,

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comme font les incrédules pour trouver l'origine de l'oblation des animaux et des sacrifices sanglants • ils ont été offerts à Dieu, parce ïuê c était la nourriture des hommes. Duc

n e prv? r eDS ' . d ° nt Ies idùes éta ' c Qt penerties, etqui avaient attribué à

leurs dieux les besoins et les vices de 1 humanité, aient rêvé que la fumée des victimes leur était agréable, cela n est pas étonnant; les patriarches, instruits par les leçons de Dieu même ne sont jamais tombés dans cette erreur; lorsqu'ils vouaient à Dieu la dime leurs biens, ils n'étaient pas assez stupides pour croire que Dieu en avait besoin ou pouvait en faire usage, mais ils comprenaient que les ofirir a Dieu, c'était lui en faire hommage.

Un pauvre, comble de bienfaits par un homme puissant, peut sans indécence et sans lui déplaire, lui offrît des choses de peu de valeur dont ce bienfaiteur n'a pas besoin, et qui lui seront inutiles ; c'est toujours un té moigiiage de respect, d'affection et de reconnaissance, auqusl personne ne peut être insensible : c'est l'intention, et non l'utilité qui donne le prix à ces sortes de présents. David le concevait ainsi, lorsqu'il disait au Seigneur : « Vous êtes mon Dieu, » vous n'avez pas besoin de mes » biens. » Ps. 1S, f 2. Et Salomon :

» Nous vous rendons, Seigneur, ce » que nous avons reçu de vos mains. »

I Paralip., e. 20, y 14.

D'autres censeurs de pratique; de

religion n'ont pas mieux rencontré, lorsqu'ils ont dit que l'usage de faire à Dieu des Offrandes, est venu de l'avance des prêtres qui en profitaient.

II n'y avait point de prêtres, lorsque Caïn, Abel et Noé offrirent des sacrifices à Dieu ; et quand il y en eut, ils ne profitaient ni de ce qui était consumé par un holocauste, ni de ce qui était donné aux pauvres. Dieu lui-même les avait exigés, afin d'inspirer aux hommes le respect, la reconnaissance, la soumission à son égard, le détachement des biens de ce monde, la charité envers les malheureux. Les mauvais cœurs, qui ne veulent rien donner à Dieu ne sont

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pas ordinairement compatissants à l'égard de leurs semblables (1).

Lorsque la loi lui, donnée aux Juifs, Moïse entra dans le plus grand détail des offrandes qu'ils devaient faire, de6 précautions et des cérémonies qu'ils y devaient observer. Dieu leur dit par la bouche de ce législateur :

« Vous ne paraîtrez pas devant moi » les mains vides. » Exod., c. 23, f 13. Il n'est aucune espèce de comestibles dont les Juifs ne fussent obligés d'offrir à Dieu les prémices, ladime, ou une portion ; toutes les fois qu'ils venaient dan= le temple, aucun acte public de religion qui ne dût être accompagné d'une offrande, et ils devaient choisir pour cela ce qu'il y avait de meilleur. Dieu n'avait point voulu donner aux prêtres de portion dans la terre promise, afin qu'ils subsistassent des oblalions du peuple. Lorsque par avarice ou par irréligionles Juifs négligeaient de faire ces offrandes telles qu'ellesleurétaient prescrites, Dieu les en reprenait et les menaçait par ses prophètes. Malach., c. I, f 8, etc.

De là les incrédules ont encore pris occasion de dire que la loi juive peignait Dieu comme un monarque intéressé, avide de dons et de présents, d'encens et de victimes ; que le culte qu'il exigeait était fort dispendieux, et qu'il semble n'avoir été établiquepour l'avantage des prêtres; que par la quantité des tributs que ceux-ci étaient en droit d'exiger, ils étaient les tyrans de la nation.

Mais avant de hasarder ces reproches, il aurait fallu faire quelques réflexions. I ° Dieu lui-même a déclaré aux Juifs qu'il n'avait pas besoin de leurs offrandes, qu'il ne les exigeait que comme des témoignages de piété,

(1) Il faut se garder, quand on fait de ces sortes de comparaisons, de prêter la main à l'anthropomorphisme ; il n'y a aucune ressemblance entre l'offrande faite à Dieu et le don fait au prochain qui souffre; l'offrande à Dieu ne lui fait aucun bien, mais par l'adoration qu'elle implique de la part do' celui qui la fait, elle en fait à celui-ci ; c'est pour lui no acte de justice et d'ordre de reconnaître le souverain domaine de Dieu sur toute créature ■ mais l'offrande an prochain est utile à celui qui là reçoit, et implique, dans celui qui la fait, un sentiment de compatissanee qui e-t bon et qui n'a pas sa raison d'être j l'égard de Dieu.

Ib Nom.

de reconnaissance et d'affection ; qu'il les dédaignait et les rejetait lorsque ces dons ne partaient pas du cœur Ps. 49, f 8; 30, f 18; Isaï., c. 1, jMl ; Jerem , c. 6, f 20 ; Amos, c. 5, f 21, etc. 2° Il avait promis de récompenser abondamment leur libéralité par la fertilité de la terre, par la fécondité de leurs troupeaux, par la prospérité de la nation ; cette promesse était confirmée par le prodige continuel de la fertilité de la sixième année, afin que la terre se reposât pendant la septième; et les Juifs ont été forcés de reconnaître que tous leurs désastres avaient été la juste punition de leur négligence à observer leur loi. Avaient-ils sujet de regretter ce qu'ils donnaient à Dieu?

3° Les lois qui concernaient les offrandes étaient pour l'avantage des pauvres autant que pour celui de; prêtres ; ceux-ci étaient obligés de donner aux pauvres tout ce qui ne leur était pas absolument nécessaire, et de payer eux-mêmes aux pauvres la dime de tout ce qu'ils avaient. Reland, Antiq. sacr., 3 e part., c. 9, § 7. Une preuve que leur sort n'était pas fort heureux, c'est qu'il leur est arrivé plus d'une fois d'être réduits à la dernière indigence par la négligence des Juifs; Josèphe, Antiq., lib. 20, c. 8. Cela devait arriver toutes les fois que le peuple se livrait à l'idolâtrie. Enfin ils étaient sévèrement punis lorsqu'ils abusaient de leurs droits, ou qu'ils négligeaient leurs fonctions; témoin le châtiment des enfants d'IIéli, et les menaces que Dieu fait aux prêtres par Ezéchiel et par Malachie. La loi avait donc sagement pourvu à tous les inconvénients.

Uuoique Jésus-Christ ait commandé moins de cérémonies que d'actes intérieurs de vertu, il n'a pas supprimé les offrandes; il a prescrit, au contraire, la manière de les faire : « Si » en apportant, dit-il, votre offrande » à l'autel, vous vous souvenez que » votre frère a quelque sujet de mé- » contentement contre vous, allez » d'abord vous réconcilier avec lui, » et venez ensuite faire votre don à » Dieu. » Matth., c. 5, f 23. Saint Paul, quoique occupé des travaux de

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l'apostolat, portait à Jérusalem les aumônes qu'il avait recueillies, et y faisait des offrandes. Act., c. 24, f 14.

Il décide qu'à l'exemple des prêtres de l'ancienne loi, qui vivaient de l'autel, ceux qui annoncent l'Evangile ont droit de vivre de l'Evangile. I Cor., c. 9, f 14.

C'est ainsi, en effet, que vécurent d'abord les ministres de l'Eglise. Aucun fidèle ne participait au saint sacrifice, sans faire une offrande, et le produit en fut bientôt abondant; on le partageait en trois portions, l'une pour l'entretien du culte divin, l'autre pour la subsistance des ministres de l'Eglise, la troisième pour le soulagement des pauvres. On offrait à l'autel le pain et le vin qui devaient servir au sacrifice; les autres offrandes étaient déposées dans un lieu destiné à cet usage, ou dans la maison épiscopale, pour être employées au besoin. Mais on refusait les dons des excommuniés, des hérétiques, des pécheurs publics et scandaleux, de ceux qui conservaient une inimitié irréconciliable, de ceux qui étaient réduits à la pénitence publique, etc.

On ne recevait pas même les offrandes que leurs parents ou leurs amis auraient voulu faire pour eux après leur mort. Bingham, Orig. ecdés., 1. 15, c. 2, § 1 et suiv.

Ammien-Marcellin reproche au pape et autres ministres de l'Eglise romaine de recevoir de riches oblations des dames romaines ; mais cet auteur païen ignorait le saint usage auquel ces dons étaient destinés ; ils étaient employés à nourrir et à soulager les pauvres, les veuves, les orphelins, les prisonniers, à racheter les esclaves, etc. C'est ce que représenta le diacre saint Laurent au préfet de Rome, lorsque celui-ci voulut le forcer à lui livrer les trésors de l'Eglise dont il était dépositaire. Dans un temps où les évoques et les autres membres du clergé étaient tous les jours exposés au martyre, ils n'étaient pas tentés d'amasser pour eux des richesses.

Dans la suite des temps, les différentes révolutions survenues dans l'empire romain ont fait comprendre que la subsistance des ministres de

l'Eglise serait trop précaire, si elle n'était fondée que sur les oblations journalières des fidèles; c'est ce qui a fait donner des fonds aux églises, et a donné lieu à l'institution des bénéfices. Voyez ce mot. Comme les biens de l'Eglise ont été souvent usurpés, on a encore été obligé dans les derniers siècles de recourir aux offrandes et aux droits casuels; quoique ce soit dans l'origine des dons volontaires, il y a cependant encore des diocèses où elles sont censées une dette envers les pasteurs ; mais elles sont très-peu considérables. On verra dans le Dictionnaire de droit canonique, quelle est sur ce sujet la discipline actuelle.

Dans quelques paroisses, le jour des trépassés, les fidèles sont dans l'usage de porter du blé à l'offrande, et de faire de même aux obsèques des morts ; c'est un symbole de notre croyance à la résurrection future, tiré de saint Paul, I Cor., c. 13, f 36. Il n'y a donc en cela rien de ridicule ni de superstitieux. L'offrande du pain bénit, qui se fait le dimanche dans les paroisses, est un faible reste de l'ancien usage. Voy. Pain bénit.

Comme les protestants ont supprimé l'oblation qui a toujours précédé la consécration de l'eucharistie et qui fait partie essentielle du sacrifice, il n'est pas étonnant qu'ils aient aussi retranché toutes les espèces d'offrandes. Mais sous quel prétexte ont-ils réprouvé cet acte de religion? Nous l'ignorons. 11 leur a paru, sans doute, un reste de judaïsme ou de paganisme, parce que les Juifs et les païens ont fait des offrandes ; mais nous avons vu que Jésus-Christ ni les apôtres n'ont point blùmé les offrandes des Juifs; ils les ont approuvées au contraire, lorsqu'elles se faisaient avec un cœur sincèrement religieux. S'il fallait éviter tout ce qu'ont pratiqué les païens, il faudrait supprimer toute espèce de culte, puisqu'il n'est aucune action religieuse que les païens n'aient profanée. Si c'est parce qu'il s'y est glissa des abus, même dans lechristianisme, il fallait proscrire les abus comme ont fait plusieurs conciles, et laisser subsister la chose. Voy. Oblation.

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Thiers, dans son Traité des Superstitions, t. 2, 1. 2, c. 10, § 9, parle en effet de plusieurs abus dans lesquels les peuples sont tombés à l'égard des offrandes que l'on faisait à la messe, et il rapporte les canons des conciles par lesquels ces superstitions ont été défendues. Bergier.

OÏDIUM (1') Tltckeri (Théol. mixt.

scien. indust.) — Ce petit champignon de l'ordre des mucédinées, qui se développait en si grande abondance sur nos vignes, feuilles et fruits, il y a une vingtaine d'années, et qui fit alors tant parler de lui, sous le nom de maladie de la vigne, était-il la cause ou une suite du mal? C'est ce qui est resté dans le mystère, ce qu'on sait seulement c'est qu'il se manifestait toujours dans cette maladie désastreuse, et qu'eu le détruisant on guérissait la vigne; on trouva que le soufl'rage était le moyen de le combattre. On usa très-largement de ce moyen et on réussit à le faire disparaître à peu près complètement en un petit nombre d'années. Trouvera-t-on de même un moyen d'arrêter les développements du phylloxéra ?

Tious n'en douions pas. Voy. Phylloxéra. Le Noir.

OINGTS. Si nous en croyons la Chronique de Génébrard, ce nom fut donné dans le seizième siècle à quelques hérétiques anglais, qui disaient que le seul péché que l'on pouvait commettre était de ne pas embrasser leur doctrine ; mais il ne dit pas en quoi elle consistait. Bergier.

OINT. Voyez Onction.

OISIF, OISIVETÉ. Ce vice est défendu aussi sévèrement par la morale chrétienne que par la loi naturelle.

Une des erreurs dont Jésus-Christ a repris le plus souvent les pharisiens, était leur entêtement sur le repos du sabbat; il leur a constamment soutenu que les œuvres de charité étaient plus agréables à Dieu que l'inertie absolue dans laquelle ils faisaient consister la sanctilication du sabbat.

Saint Paul exhorte les fidèles à se procurer par le travail, non-seule-

ment de quoi pourvoir à leurs besoins, mais encore de quoi soulager les pauvres, Ephes., c. 4, f 28. Il se donne lui-même pour exemple, et pousse la sévérité jusqu'à dire que celui qui ne veut pas travailler ne mérite pas d'avoir à manger, Il Thess., c. 3, y 8. La charité, qui est le caractère distinctif du christianisme, ne fut jamais une vertu oisive.

Cette morale fut exactement suivie.

Plusieurs chrétiens, dit M. Fleury, travaillaient de leurs mains simplement pour éviter l'oisiveté. Il leur étaitfort recommandé d'éviter ce vice, et ceux qui en sont inséparables, comme l'inquiétude, la curiosité, la médisance, les visites inutiles, les promenades, l'examen de la conduite d'autrui. On exhortait chacun à s'occuper de quelque travail utile, principalement des œuvres de charité envers les malades, envers les pauvres, et envers tous ceux qui avaient besoin de secours.

C'est donc très-injustement que les païens reprochèrent quelquefois aux chrétiens d'être des hommes inutiles, parce qu'ils ne recherchaient pas les professions qui dissipent trop ou qui peuvent être dangereuses, comme le commerce tel qu'il se faisait pour lors, la poursuite des affaires, les charges publiques; mais ils n'y renonçaient point lorsqu'ils s'y trouvaient engagés. Aussi nos apologistes réfutèrent avec force la calomnie des païens. « Nous ne comprenons pas, » leur dit Tertullien, en quel sens » vous nous appelez hommes inutiles.

» Nous ne sommes ni des solitaires » ni des sauvages, tels que les brah- » mânes des Indes, nous vivons avec » vous et comme vous. Nous fré- » quentons le barreau, la place pu- » blique, les bains, les boutiques, les » marchés, les lieux où se traitent » les affaires ; nous soutenons comme » vous les travaux de la navigation, » de la milice, de l'agriculture, du » commerce; nous exerçons vos arts » et vos métiers; nous n'évitons que » vos assemblées superstitieuses. »

Apolog., c. 12; Orig. contra Celsum, 1. 8, etc.

Les censeurs modernes du christianisme ne sont pas mieux fondés à

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dire qu'il a consacré l'oisiveté, en approuvant l'état monastique. L'Eglise, loin de tomber dans ce défaut, ordonna d'abord aux clercs d'apprendre un métier pour subsister honnêtement, ean., 51 et 52 du quatrième concile de Cartilage. Le travail des mains fut sévèrement commandé aux moines, et la règle de saint Benoit le leur ordonne encore. Cassiea et d'autres auteurs attestent que les solitaires de la Thébaïde étaient très-laborieux, qu'ils se procuraient par leur travail, non-seulement de quoi subsister , mais encore de quoi faire l'aumône ; il en fut de même des moines d'Angleterre. Bingham, Origine ecclésiastique, iiv. 7, chap. 3, § 10. On n'accusera pas aujourd'hui les ermites de Sénart et du Mont-Valérien, ni les religieux de la Trappe, d'être oisifs; ils ont exactement repris la vie des premiers moines, et les religieux orientaux l'ont conservée.

Mais, après l'inondation des Barbares en Europe, l'Eglise fut obligée de changer sa discipline ; ces hommes farouches ne faisaient cas que de la profession des armes, toute espèce de travail était déshonorante à leurs yeux ; c'était une marque d'esclavage et de roture ; ne rien faire était un titre de noblesse. On fut obligé d'élever les moines au sacerdoce après la ruine du clergé séculier; pour l'honneur de ce caractère, il fallut les dispenser du travail des mains, leur recommander seulement la prière, la lecture, l'étude et le chant des psaumes. Fragment d'un concile d'Aix-la-Chapelle, dans la Collection des Hist. de. Franco, t. 6, p, 445.

Aujourd'hui les protestants et les incrédules qu'ils ont endoctrinés en font un crime à l'Eglise; c'est à la nécessité et aux malheurs de l'Europe qu'il faut s'en prendre; le préjugé des Barbares y subsiste encore avec d'autres vices; quand les ermites dont nous avons parlé seraient tous des saints, oo n'en ferait pas pour cela plus d'estime. Y. Moine.

Bebgier.

OISEAU -MOUCHE ou OISEAU

ABEILLE et COLIBRI. (Théol. mU.

scicn. hist. nat. omith.) — Le caractère par lequel les oiseaux-mouches se distinguent des colibris, c'est qu'ils ont le bec droit tandis que les colibris l'ont un peu arqué; ce sont, au reste les mêmes mœurs, la même manière de faire leur nid, et la même patrie, qui est l'Amérique jusqu'au 40 ou 50 degré de chaque côté de l'équateur.

Il y en a qui ou', la tète huppée ; il y en a qui ont la queue droite et trèslongue, d"autres l'ont fourchue, d'autres carrée. Une espèce est appelée le plus petit des oiseaux-mouches. (Trochilus minimus de Lin.), celui-là n'a guère que la grosseur d'une abeille ; il a le corps vert doré, brun en dessus et blanchâtre en dessous; il habite le Brésil, les Antilles, Caycnne.

L' 'oiseau-mouche géant a m 20 de largeur. « Ces petits oiseaux, dit Cuvier, si célèbres par l'éclat métallique de leur plumage, et surtout par les plaques aussi brillantes que des pierres précieuses que forment à leur gorge ou sur leur tète des plumes éeailleuses d'une structure particulière, ont un bjc long et grêle renfermant une langue qui s'allonge presque comme celle des pics et par un mécanisme analogue, et qui se divise presque jusqu'à sa base en deux filets que l 'oiseau emploie, diton, à sucer le nectar des fleurs. » Les Indiens avaient appelé ces délicieux oiseaux les cheveux du soleil. Ils construisent leur nid sur une branche d'arbre et le recouvrent d'une couche du mime lichen qui croit sur la branche, pour le mieux cacher. Leur vol est saccadé, rapide; ils s'arrêtent parfois dans l'air, complètement immobiles, puis partent comme une flèche pour aller aux fleurs. L&teltùri t&pa&e est celui qui passe pour le plus brillant des colibris ; de la pointe du bec à la pointe de la queue, il mesure 8 centimètres; il habite la Guyane Française.

Nous ne pouvions pas omettre de signaler à l'admiration de nos lecteurs cette beauté spéciale que le créateur s'est, en quelque sorte, ingénié à mettre dans la classe des oiseaux, comme pour donner à nos

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jeux un avanl-goùt des beautés de toutes sortes qu'il nous réserve dans le monde futur.

Le No:r.

OISEAUX (Thcol. mixt. scien. zool.

ornith.) — - Chercher le pourquoi des choses, c'est chercher Dieu ; car s'il n'y avait pas une cause intelligente universelle, il n'y aurait le pourquoi de rien. Les oiseaux sont des vertébrés ovipares, dont la circulation est double et complète, dont le cœur présente quatre cavités, dont le sang est chaud, et dont la respiration est aérienne et double; telle est la définition que donnent des oiseaux les naturalistes ; nous allons poser et résoudre, autant que la science du jour présent nous le permettra, sur cette catégorie d'animaux , quelques-uns des principaux pourquoi que présente leur organisme.

Pourquoi les membres antérieurs de l'oiseau n'ont -ils rien de ce qui convient à la marche, à la préhension ni au toucher, mais sont-ils terminés par des ailes, espèces de rames trèsétendues et très-légères qui remplacent les pieds ou les mains?

N'est-ce pas évidemment aiin qu'ils puissent frapper l'air, se soutenir dedans et y mouvoir leur corps ?

N'est-ce pas, en un mot, pour voler?

Pourquoi cette tète petite se terminant en pointe par un bec et s'articulant avec cette colonne vertébrale mobile qui l'orme le cou? N'est-ce pas afin que l'animal, en allongeant son cou et présentant la pointe du bec en avant, fende le fluide qui l'enveloppe et s'y ouvre, par le jeu des ailes, une voie plus facile?

Pourquoi ce cou est-il toujours d'autant plus long que les pattes sont plus hautes? n'est-ce pas afin que l'animal puisse sai'sir, avec son bec, dans tous les sens, et même par derrière, sa nourriture, lorsqu'il est à terre, puisse l'y toucher et l'y saisir, malgré l'éloignement où ses longues pattes le mettent de cette nourriture !

Pourquoi ce cou est-il comme un serpent, mobile en tout sens, peut-il se mettre en S, se contourner, faire tous les mouvements? N'est-ce point afin qu'il puisse se raccourcir ou s'al-

longer selon les positions de l'oiseau relativement à sa proie?

Pourquoi cette charpente du tronc qui devient solide , tout en restant légère, ces vertèbres du dos qui se soudent entre elles, aussitôt qu'elles cessent de former le cou, et qui finissent à la queue en une multitude de petites qui redeviennent trèsmobiles avec une derrière, plus grosse, se relevant en crête? Cette charpente n'a-t-elle pas évidemment pour but de servir d'appui aux ailes, et la dernière vertèbre de servir de support aux plumes de la queue;? L'espèce de bouquet du croupion est mobile, afin qu'il puisse servir de manche à la queue qui est le gouvernail.

Pourquoi ce sternum si fort, ce bréchet, sorte de bouclier s'étendant jusque sous l'abdomen , et formant une carène longitudinale si saillante? N'est-ce pas afin qu'il serve d'attache solide aux principaux muscles du vol? Et qui peut ne pas admirer son appropriation à sa fin, quand on remarque qu'il est d'autant plus développé et plus parfaitement ossifié que l'oiseau est un voilier plus fort.

Pourquoi cette double clavicule dont chaque branche vient se souder, en formant un V, sur la pointe du sternum, et pourquoi prend-elle une si grande force dans l'oiseau, tandis que dans le mammifère elle n'est que rudimentaire et se confond avec l'omoplate? N'est-ce point afin de forme* un fort arc-boutant de l'articulation de l'épaule au sternum, qui maintienne écartées les épaules malgré les efforts que le vol exige en sens opposé ? et cette destination n'est-elle pas évidente quand on observe que plus le vol est puissant, plus cet arc-boutant devient robuste?

Pourquoi ces modifications des trois parties du membre antérieur, le bras, l'avant-bras et la main, l'avant-bras se composant d'un radius et d'un cubitus d'autant plus longs qu'il s'agit d'un oiseau meilleur voilier, et la main se réduisant à un moignon avec des muscles à trous entre les petits os, si ce n'est en vue des grandes pennes qui s'inséreront

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dans ces trous et des efforts si considérables qui devront être faits poulie jeu de ces grandes pennes, longues et étendues, contre l'air résistant?

Pourquoi les pieds prennent-ils des palmes chez les oiseaux aquatiques, si ce n'est pour leur servir de rames? Pourquoi deviennent-ils des mains à doigts opposables entre eux, chez ceux qui devront s'en servir pour la préhension des aliments, si ce n'est en vue de la fonction qu'ils sont appelés à remplir?

Pourquoi, chez les oiseaux grimpeurs, surtout chez ceux qui grimperont" le mieux, deux des doigts du pied sont-ils dirigés en arrière et deux en avant, si ce n'est afin que les deux de l'avant accrochent leurs griffes dans l'écorce des arbres et que les deux de l'arriére fassent le point d'appui, en s'accrochant de même pour ne pas glisser?

Pourquoi les tarses des oiseaux pêcheurs deviennent-ils longs comme des échasses, si ce n'est afin que l'animal puisse marcher à pied dans les marais et les rivières pour y chercher les vers et les poissons dont ils se nourriront ?

Pourquoi, chez l'oiseau, ce mécanisme particulier par suite duquel le poids seul du corps fait retirer les muscles fléchisseurs des griffes, si ce n'est afin que l'animal serre naturellement .et sans même faire aucun effort, la branche sur laquelle il se perchera et dormira? Son seul poids fait jouer le ressort, les griffes qui enveloppent la branche se serrent, et l'oiseau ne peut tomber, même durant le sommeil ; si le vent le secoue, plus la force qui tend à l'enlever est grande, plus le serrement de la branche dans ses pattes devient fort.

Pourquoi les plumes sont- elles creuses et si légèrement construites, si ce n'est pour que l'habit de l'oiseau dans les airs ne l'allourdisse point?

Pourquoi se renouvellent-elles chaque année avant l'hiver, si ce n'est pour mieux protéger, étant neuves, l'animal contre le froid et l'humidité?

Certaines espèces ont même le privilège de prendre pour l'hiver un

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plumage d'une autre couleur plus favorable à l'entretien de la chaleur Pourquoi ces grandes rémiges appelées primaires toujours au nombre de dix, que porte la main et qui sont le plus éloignées du corps? Pourquoi ces rémiges secondaires, que porte l'avant-bras ? Pourquoi ces scapulaires, lixees à l'humérus, et ces bâtardes qui naissent du pouce, et ces couvertures qui garnissent la base des rémiges ? Pourquoi tout cela, si ce n'est pour arriver à former des ailes auxquelles il ne manque rien comme instrument parfait pour le vol?

Pourquoi cette queue, composée de plumes rectrices.aa nombre de douze ordinairement, avec ces autres plumes, dites couvertures, qui en garnissent la base, si ce n'est pour constituer un gouvernail auquel rien ne manque sous tous les rapports?

Pourquoi les oiseaux de nuit sontils les seuls à avoir une oreille à grande conque extérieure quoique non saillante, si ce n'est parce qu'ils ont besoin d'une ouïe plus pure encore que les autres oiseaux, en compensation des ténèbres auxquelles ils sont condamnés?

Pourquoi les oiseaux chanteurs ontils un larynx inférieur très-compliqué au-dessus de la naissance des bronches, en sus du larynx ordinaire, si ce n'est pour qu'ils puissent être les musiciens des bois?

Pourquoi les becs des oiseaux varient-ils toujours de forme selon le régime de l'oiseau, étant tantôt à mandibule supérieure crochue et propre à déchirer, tantôt à mandibules courtes, droites, grosses, et propresà broyer ou casser, tan tôt trèslarges et formant entonnoir, etc?

n'est-ce pas alin que chaque espèce soit munie de l'instrumentconvenable pour préparer les aliments qui serviront à sa nourriture?

Pourquoi l'oiseau a-t-il en général trois estomacs : le jabot, le ventricule succenturié et le gésier 1 Parce que n'ayantjamais de dents, l'animal avale presque toujours les aliments tels qu'il les trouve, sans les diviser, et qu'il lui faut plusieurs estomacs dans lesquels puisse se remplacer le travail de la mastication; dans le jabot s'o-

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père une première infusion qui attendrit lanourriture, et cette poche, qui faitsaillie au-dessus des clavicules, est très-grande chez les oiseaux granivores en qui les grains avalés ont besoin de s'attendrir; elle se voit aussi chez les rapaces, mais manque dans presque tous les piscivores, qui avalent l'eau avec le poisson, ainsi que dans l'autruche. Dans le ventricule suceenturié, se sécrète en abondance le suc gastrique qui imbibe le bol alimentaire, et, par son action chimique, l'assimilera dans le gésier; ce ventricule .est beaucoup plus grand dans les oiseaux qui manquent de jabot •que dans ceux qui en sont pourvus. Enfin le gésier est garni de parois musculaires d'une force et d'une épaisseur extrêmes, quand l'animal est granivore, et il est alors tapissé en dedans par un épidémie dur et •épais qui en fait comme une poche de cuir; dans les oiseaux de proie diurnes, les parois du gésier sont, au ■contraire très-minces, et dans quelques espèces aquatiques, telles que les hérons et les pélicans, le gésier ne diffère pas du ventricule succenturié, sans qu'on sache trop pourquoi.

Pourquoi enfin, chez les oiseaux, cette grande et étrange particularité qui consiste en ce que l'air, dans la respiration, ne va pas seulement aux poumons, mais dans toutes les parties du corps, en sorte que le corps tout entier avec ses os et ses plumes n'est plus qu'un poumon ? Pourquoi cela, si ce n'est afin qu'il soit léger au sein des airs, et s'y trouve, jusqu'à un certain point, comme une vessie ou comme une éponge pleine d'air?

M. Milne Edwards explique comme il suit cette particularité curieuse :

« Les oiseaux se distinguent de tous les autres animaux vertébrés par leur mode de respiration, qui est aérienne comme chez les mammifères et les reptiles, mais qui a lieu non-seulement dans les poumons, mais aussi dans la substance de tous les autres organes. Chez les mammifères et les reptiles, les bronches se terminent dans des cellules qui sont toutes en cul-de-sac, et l'air qui entre dans les poumons ne peut pas aller au delà, tandis que, chez les oiseaux, les bron-

ches et les cellules pulmonaires communiquent avec de grandes cavités, et ce fluide pénètre ainsi dans toutes les parties du corps, même dans l'intérieur des os et des plumes. Ces cavités, à l'aide desquelles l'air se distribue dans les diverses parties du corps, sont formées par des lames très-minces du tissu cellulaire et sont désignées sous le nom de poches aériennes. Ce qui donne de l'intérêt à cette circonstance, c'est que cet air a été respiré, qu'ayant, par conséquent, perdu son oxygène, il est devenu plus léger, et que, dilaté par la chaleur, il favorise la force ascensionnelle de l'oiseau. »

Les naturalistes ne sont pourtant pas absolument satisfaits de cette raison d'un allégement relatif comme pouvant être la seule pour laquelle le créateur aurait ainsi fait du corps tout entier de l'oiseau un prolongement de ses poumons; ils ne considèrent celle-là que comme secondaire et ils en cherchent une autre. G. Cuvier avait cru qu'il s'opérait, par cette pénétration de l'air dans toutes les parties, une respiration complémentaire, pendant que la respiration pulmonaire, proprement dite, se faisait dans les poumons; mais des Recherches plus minutieuses et plus exactes ont conduit à l'abandon de cette idée, et il ne reste que la raison donnée ci-dessus par Milne Edvards ; n'y eût-il que celle-là, elle nous semblerait bien suffisante pour justifier la sagesse du créateur à l'égard d'un être destiné à vivre dans l'air et à s'y promener comme l'oiseau; mais il se peut qu'il en existe une autre qui ne détruirait pas celle-là et que la science finira par découvrir.

Il nous resterait des millions d'observations à faire sur les mœurs des oiseaux ; mais l'espace nous manque; nous nous contentons de renvo3 r er le lecteur aux mots Œuf, Nids, Migrations, et de citer le petit passage suivant de Milne Edvards.

« La constance avec laquelle les oiseaux couvent leurs œufs est admirable : quelquefois les deux parents se partagent ce soin, d'autres fois le mâle se borne à veiller sur le nid et à y apporter la nourriture de la fe.

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melle pendant que celle-ci reste accroupie sur les œufs; enfin dans a autres espèces encore, c'est la femelle seule qui s'occupe de l'incubation. En général, ce n'est qu'à regret que, poussée par la faim, la mère quitte ses œufs pendant quelques instants; et, dans la plupart des cas, elle prodigue encore a ses petits, eteela longtemps après leur naissance, les soins les plus tendres. Elle les recouvre de ses ailes pour les garantir du troid, leur apporte une nourriture choisie, que souvent elle digère à moitié et dégorge ensuite dans leur gosier, pour la rendre mieux appropriée à leur estomac délicat; elle guide leurs premiers pas, leur apprend à se servir de leurs ailes, et lorsqu'un danger les menace, déploie pour les sauver autant de courage que de dévoùment.

» Certains oiseawajmènent toujours une vie errante et paraissent n'avoir pt'iût de patrie ; ce sont ceux dont le vol est le plus puissant : plusieurs ne se laissent pas ralentir dans leur course par le vent le plus impétueux et semblent se complaire au milieu des orages. Ils font un contraste frappant avec le petit nombre d'espèces moins favorisées des bienfaits de la nature, qui, privées des instruments du vol, et n'ayant qu'une démarche lente et embarrassée, sont condamnées à ne point quitter la roche qui les a vues naître. Ces oiseaux usent leur patience à attendre une proie que leur apporte le roulement des vagues ; et ce n'est que quand elle leur échappe et que le besoin devient vif et pressant, qu'on les voit se résoudre à la chercher à de petites profondeurs.

r> Sous le rapport du régime, les Oiseaux dilfèront aussi beaucoup entre eux; les uns ne recherchent que des proies vivantes et se nourrissent exclusivement des produits de leur chasse ou de leur pèche ; quelquefois, on les voit même attraper d'autres ofeeaw* de proie, et les forcer à dégorger devant eux les aliments donts ils viennent de se repaître. Il en est d'autres qui, avec des appétits non moins carnassiers, mais privés d'armes aussi puissantes

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et du courage d,s premiers, se jettent seulement sur les cadavres. D'autres vivent exclusivement de vermisseaux ou d insectes; d'autres encore né mangent que des graines.

» Les autres habitudes 'de ces animaux varient également ; tantôt ils se tiennent constamment à terre, tantôt ils se plaisent seulement sur les bords des eaux ; d'autres sont essentiellementnageurs, et d'autres encore se tiennent constamment dans l'air ou perchés sur les branches des attires. »

Ajoutons encore le petit sommaire qui suit, de M. Focillon, salie chant des oiseaux, cette autre merveille du créateur pour enchanter la nature :

« Le chant, dit-il, est un des grands charmes de leur existence ; et en ellet plusieurs d'entre eux sont les musiciens de la nature. Au printemps, ils semblent chanter son réveil et comme dit le Dr. Franklin (la Fia des anmiaux, trad. d'Esquiros), ce oui plait dans ce concert, c'est que les musiciens ne paraissent pas moins jouir de leur chant que les auditeurs eux-mêmes; quiconque a vu chanter un oiseau ne peut douter que cet artiste ne goûte un grand plaisir dans l'exercice de son art. C'est parmi les passereaux que se trouvent ces chantres gracieux, ainsi les Merles, les Grives, les Loriots, tous les fiées lins, Traquets, Rubiottes, Fauvettes, Roitelets, Bergeronnettes, etc., les Alouettes, les Pinçons, les Linottes, les Chardonnerets et les Serins, les Bouvreuils et même les Étourneaux ou Sansonnets qui, comme plusieurs des précédents, apprennent facilement a reproduire certains avis et quelques paroles. Cette docilité est un tes traits curieux de plusieurs espèi d'oiseaux; elle a mis en honneur les Perroquets et les Perruches, et se retrouve chez les Pies et quelques autres. Les espèces rangées dans les autres ordres de cette classe soirl généralement dépourvues du don de chanter; souvent elles ne font entendre qu'un sifflement aigu ou strident, un cri rauqne et discordant, comme les Chouettes, les Hérons, les Pintades, les Paons, les Canards, les-

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Oi s, etc. Les Pigeons, les Coqs et les Poules, parmi les gallinacées, gardent encore quelques traces de ce talent de moduler les sons. En général, c'est à l'époque où la ponte se prépare que le chant est le plus fréquent et le plus harmonieux; ce sont surtout les miles qui possèdent le talent de le faire entendre. Mais cette saison de la reproduction des oiseaux, est chez eux féconde en merveilles.... »

La classiiication des oiseaux est très-difiieile à faire, parce qu'ils durè-

rent beaucoup moins entre eux que les mammifères; leurs différences d'organisation portent sur le plumage, la forme générale du corps, la disposition du bec et la conformation des pieds; c'est principalement sur ces deux derniers points que l'on s'est basé; nous donnons dans le tableau suivant, la classification en six ordres établie par Cuvier et conservée par Milne Edwards, avec les caractères qui distinguent ces ordres et deux espèces types pour chacun d'eux.

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