‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 81 sur 122 · ONANISME (1'), LA THÉOLOGIE ET · texte numérisé non relu

ONANISME (1'), LA THÉOLOGIE ET

l'économie sociale. (Théol. mixt. philos, mor. et scien. social.) — Il est un principe de morale sur lequel la théologie chrétienne n'a jamais fait la moindre concession et n'en fera jamais ; c'est celui du devoir des époux de se comporter toujours dans leurs relations conjugales de manière à ne point contrarier le premier vc»u de la nature qui est la multiplication de la famille. L'acte contre nature par lequel les époux peuvent éviter, autant qu'il est en eux, la conception, a pris le nom d'onanisme en théologie morale, d'un fait biblique dont le personnage principal est Onan, second iils de Juda, lequel, dit la Genèse (chap. xxxvm, f 9), semen fundebat in terrain, afin d'empêcher que sa femme Thamar qui était la veuve de son frère aine lier, mort sans enfants, le rendit père d'enfants qui ne porteraient point son nom mais celui desonfrère, selon la coutume anlique

de ces patriarches, que Moïse devait plus tard iulroduire en loi dans son code. L'Ecriture ajoute que « le Seigneur frappa Onan parce qu'il faisait une chose détestable. » De là le nom théologiquod'onam'smepour exprimer un acte honteux, déshonorant, criminel, parce qu'il est contraire au droit naturel. C'est d'ailleurs l'îiomicide lui-même in principiis; on ao peut soutenir, sans doute, que ce. toit un homicide à proprement parler puisqu'il n'y a pas destruction d'un germe humain complet résultat dune conception antérieure ; mais c'est l'obstacle à la formation de ce germe posé dans l'acte même qui doit en déterminer la formation; et si ce n'est point l'infanticide, c'en est l'équivalent le plus rapproché. La théologie chrétienne, disons-nous, ne broncha jamais sur ce point de morale.

Mais il n'en a pas été de même, depuis un siècle, de 1 économie sociale. Cette science, à. partir des théories de Malthus sur les dangers de ce qu'il a appelé « le principe de population », a été conduite parles travaux de beaucoup de ceux qui l'ont cultivée et qui ont cessé de la subordonner à la morale, à justifier l'acte dont nous parlons en lui donnant le nom, aussi élogieux que possible, de prévoyance n mjfigale , comme si ce que la théologie qualifiait d'un nom rappelant une action que la Genèse avait dite détestable, quod rem detestalilemfaceret, n'était plus qu'une précaution de sagesse eu vue d'un louable but, celui d'éviter de loin la misère devant résulter d'une famille trop nombreuse. A peu près tous les économistes ont soutenu cette théorie; en peut s'en convaincre en lisant leurs œuvres à commencer par ci lie de J.-B. Say. Dans ces derniers temps M. Stuart Bill, mort il y a à peine une année, avait lui-même, bien qu'il fut plutôt socialiste qu'économiste,, — la morale des socialistes est tout autre — proposé une tkéiwie d'après laquelle la loi, entrant dans le secret le plue intime des ménages, réglerait elle-même le nombre d'enfants qu'il serait permis à un couple de produire, rêve également immo-

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rai, tyranmque, et impossible en application Enfin pour citer un écrivain tout moderne, nous lisons dans un petit livre aspirant à la popularité qui vient de paraître, (1874) et qui a pour titre lesLicns communs, par Yves Guyot, ce qui suit :

« La loi de Malthus se résume en cette formufe : la population croit en progression géométrique et les subsistances en progression arithmétique.

.«Population: 1,2,4,8, 16... subsistances I, 2, 3, 4, S..., etc. (1).

i l !i' \f } e , ma aute " r noU8 semb! e Parler de la lo. de Malthus et du priueipe de population à peu

La population suit, quand elle se fait selon la oature une progression géométrique, telle une

produits enfants ses deux enfants en produiront 4, ses quatre petits-fils en produiront 8; ses hait «mere-petits-fils en produiront 16 ; ces seize ai; etc. Cebi est incontestable.

Mais la production des subsistances, si l'on ne considère que le travail comme cause de cette production, suivra une proportion exactement semblable ; car 2 produiront deux fois plus qu'un ; 4 deux fou plus que 2; S deux fois plus que 4 • 16 deux fois plus que 8 ; 32 deux fois plus que 18 et ainsi de suite, en sorte que, les bras doublant -.«jours, et pur conséquent le travail producteur les subsistances produites doubleront de môme et seront dans la proportion exactement suffisante pour la nourriture des individus.

Ya-t-ilun autre élément de production à consiflerer que celui du travail producteur ? S'il n'v en avait pas d'autre, il est évident que Malthus aurait mal raisonné. Or, en premier lieu, c'est le principal clément de la production ; et Malthus, 1 homme du cap.tal, et de tout intérêt produit sans travail, a en le premier tort de ne s'en pas assez préoccuper. Mais, en réalité, n'y a-t-il que le travail qui soit élément de production ? Non, et c'est ici que Malthus va avoir raison. Il faut au travail, pour qn il puisse produire, lo capital de Diou, la terre : e travail de 1 homme ne crée rien, il ne fait quo transformer, et pour transformer, rendre utile à ses besoins, il lui faut la matière, la chose, lo terrain. Or, ce capital de Dieu se résout dans une quantité donnée de minière transformable ■ eest la surface du globe terrestre; celte étendue gagnera bien, par le travail, par le progrès, par 1 exploitation perfectionnée, une plus grande puissance de production, et il faudrait, pour que la

ï? t J " st „ e ' ai ' jsi 1" ,J le dit > «feo justesse, ici M. Yves Gnvot, qu'il fût tenu compte de ce progrès. Muis il n en reste pas moins vrai, et que ce progrès n'est point indéfini et sans limites et que il étendue de la terre n'augmente point, mais reste toujours la même. Voilà donc que, de ce roté 'I oy a plus de progression du tout, ni géométrique, ç, arithmétique; et il luit de là que, par mute de la limitation du globe terrestre il y aura une 1,„ ; supposez la population développée à tel poin que la terre soit couverte partout ; le, bras ont beau ne demander qu'A produire, il. no le peuvent plus que dans la pioportion de l'étendue du globe; il y » donc des Lra» qui sont forcé, a

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» Cette loi est fausse; car elle ne prol^on C . ÛmptedeSpi -°^ de ^

» Mail il n'en est pas moins vrai que la ou la population est surabondante par rapport au capital, cette population est destinée à périr de misère; exemple : l'Irlande.

» Par conséquent, il faut proportionner le nombre de ses enfants à son capital.

» — Malthusien ! s'écrie Proudhon

» Et moi je réponds : -La plus glande supériorité de l'homme sur les animaux, c'est la prévoyance.

» Les « sociaHstes absolus » sont d accord avec l'Eglise pour condamner celte prévoyance.

» Ils sont d'accord aussi avec l'Église pour condamner l'intérêt de I argent, comme si l'argent n'était pas une marchandise comme une autre !

» Qu'ils réfléchissent à cette coïncidence.

» Les vraisrévolutionnaires doivent avoi r un critérium excellent : tout ce qu approuve l'Eglise est mauvais; tout ce qu'elle condamne e=t bon. »

Ces théories se sont produites dans tous les pays d'Europe; mais il y en a qui les ont mises en pratique dans des proportions beaucoup plus grandes; or, quelle nation s'est placée à la tête de ce honteux mouvement' C'est la nôtre, c'est la France ; et le résultat qu'a amené celte pratique c'est une diminution effrayante dans 1 augmentation normale de la population de notre patrie, pendant que toutes les autres suivaient une morale inverse, l'Angleterre en tête. Un mémoire alarmant a encore été lu, sur cette matière, dans notre Acadé-

ne plus rien faire, par manque de matière trenitormable, et des lors la production est arrêtée dans ta progression croissante, progression qui ne peut continuer en proportion de celle do la population qu à la , ondition que la matière ne man nie pas.

Voila comment la loi de Malthus est juste et irréfutable. Aussi disons-uous que l'humanité aar« nécessairement une fin, et que la loi de Malthin concourt à le démontrer. Mais non. ajoutou. que cette fin est encore trè»-éloignée, parce que oou» sommes très-loin d'avoir épuisé If. resiource. de la terre, et que, jusqu'à cet accomplissement de nos de-tiné-s terrestres, nom devons suirre la voix de Dieu et de la nature, qui est en même temps la yoix de la morale chrétienne.

Li Nota.

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mie de médecine, par le docteur statisticien Gustave Lagneau, en 1873.

Citons d'abord les quelques pages que M. L. Figuier a consacrées à ce sujet dans sa 17 e Année scientifique et industrielle ; nous terminerons, après, nos réflexions déjà commencées.

« Diminution de ia population de la

France. — Résultat du dernier re-

eensementde la population française.

— Cause de cette diminution. —

« Caveant consules.

« Toutes les vérités sont bonnes à dire, surtout quand ces vérités sont tristes. Il faut savoir mettre à nu nos maux et nos faiblesses, pour essayer d'y porter remède, s'il est possible.

Nous avons trop longtemps mérité le reproche de vantardisme national; trop longtemps nous nous sommes complu à nous admirer nous-mêmes, ànoustrouverpuissants et charmants.

Le moment est venu de porter sur nous un regard sévère, de reconnaître nos vices et nos défaillances; et s'il est vrai que la nation française descende peu à peu cette pente fatale de la décadence, sur laquelle ont roulé, pour tomber dans l'abime, la Pologne dans les temps modernes, l'empire romain dans l'antiquité, il faut dire à la nation : Prends garde !

il faut dire à ses chefs, à ses maîtres : Cavete, consules !

» Ces réflexions pénibles nous sont arrachées par l'examen des résultats d'un mémoire qu'a lu en 1873 à l'Académie de médecine, un laborieux médecin statisticien, M. le docteur Gustave Lagneau, sous ce titre : Dénombrement de la France en 1872.

» Il résulte de ce travail que la population française diminue dans une proportion vraiment alarmante. Alors que toutes les nations qui nous environnent voient leur population doubler chaque cinquante ans, alors que leurs armées vont toujours en s'accroissant en nombre, notre chillïe de naissances s'abaisse d'une période à l'autre. Si cette diminution persiste, dans un demi-siècle la population française sera sensiblement réduite, et ne pourra réunir que des armées très-inférieures à celles de ses voisins.

Et comme la diminution d'une po-

pulation entraine la diminution des richesses publiques, les forces vives de la France s'éteindront peu à peu :

notre nation périra de faiblesse.

» Le dénombrement de 1872, indépendamment des 1597, 1538 compatriotes qui nous ont été enlevés avec l'Alsace- Lorraine, a prouvé qui.' la population de notre territoire actuel a perdu 30G, 935 habitants: perte qui constitue une diminution annuelle de 10 sur 10, 000 habitants. Dan; le dernier recensement quinquennal (1866), on avait constaté un accroissement de 38 habitants sur 10, 000, accroissement tellement minime comparé aux accroissements réguliers des populations de l'Europe, qu'on doit le considérer comme nul. Entre cet insignifiant accroissement de 38 sur 10, 000 habitants de la période antérieure au recensement de 1806, et la diminution actuellement constatée par le dénombrement de 1872, il y a donc une différence en moins de 54 sur 10, 000. Si notre population avait continué jusqu'à ce jour de s'accroître comme avant 1806, elle compterait au moins 1, 150, 000 habitants de plus qu'aujourd'hui.

» Quelles sont les causes de cette diminution, vraiment alarmante?

» Cette faible natalité ne tient, dit M. Lagneau, ni à la race française, ni au climat de notre pays. Elle n'est que faiblement influencée par certaines lois de succession et de dotation, et par l'habitat urbain substitué à l'habitat rural; elle l'est davantage par la longue durée du service militaire, s'opposant au mariage. Sa principale cause est, dit l'auteur, « le sentiment de prévoyance qui fait que les parents plus ou moins riches préfèrent avoir peu d'enfants, alin de leur assurer un bien-être égal à celui dont ils jouissent. »

» L'auteur touche ici à la plaie la plus cruelle, la plus dangereuse de la France. Il exprime à mots couverts, ainsi que cela est exigé, une des plus lamentables calamités de notre civilisation. Nous croyons avec lui, et avec bien des médecins, que l'on serait coupable de jeter un voile sur une situation pleine de périls pour l'ave-

ONA nir. Il faut la dénoncer hautement

Sïï^ d '- «"**». «2

tinrent 1 ? neaU appe,le « le s eneïïSiftW Prev ,^ance des parents »

et qui fait que les familles redoutent l enfMfe à l'égal d'un malheur' a pour conséquence un minime acerois-

tZeut a T el de / a P°P"l^ion E le est peut-être avantageuse pour la fortune des parents, mais elle est désastreuse pour le bien-être des popuk-

e °dL C s° lf dér f eS f ans leur « E lie t \ d6Ve ?PP en >ent à venir,

préludai h?. • ? u Ôtre «Wtawmert S „o 6 a la P mss ance future de notre na I0n ; car, par suite de la tré-

SSfftSî ^ S T' ice millt ^ e dS s toute 1 Europe, alors que, dans un

en Iinsse, la population, devenue Amble, pourra fournir une armée

*a population, accrue seulement d'un d' °n uuar?° U, ' ra l0Ver ^'™ ««S

a;a;™f cci,edesaut — =

« Quel est le remède à ce mal ?

Comment peut-on espérer faire revenu; la population d'une crainte si funeste a ses intérêts généraux ? Il faut

ne! e > P nt ? e P'-^'oyance pater-

nelle en cherchant à multiplier les m S" T ' TT S > P^fessions; qu pi le travail fournissent largement

^S"f d ^^neeetpern^eû aux célibataires de se marier promptement et aux mariés de ne pas redouter une nombreuse progéniture.; » M. Lagneau cite comme exemple Angleterre. Là, par l'énor i;e développement de l'agriculture, du com- ™rV es /étions maritimes m, coloniales, de nombreuses carrière souvrentauxhabitaats.L'A ngleterre tout en présentant, sur 10,000 hahi-

c'est T h o(î ? e " ne natalitû de 35k à H nAt, T PrCS d ' m ti6rS su P eri eurê fnM ?' un accro ^ement de 126

e t un « période de doublement de cinquante-cinq années, également plus

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5Satr~ a --^

unions de bien-être générai ma F™

évitera ,e iléausecre? t et^r e e„ui nous menace, et cela dans un avenir beaucoup plus rapproché qu on ne l"

Le phénomène qui vient d'être

pieusement à 1 époque des an** SnementsdeMaltbus.Enlos^tt mariages français donnaient, en moyenne d'après les statistiques 4 "i

4 enS' œ CJUi fo^aU 1 environ * enfants un quart par menao . p .

mais de 1821 à 1830, cVent a °4s

ie donnaient déjà plus que 305 naissances; de 1836 à 1800, cent m

nages ne donnent plus que 310 naissances par ménage, ce qui fci*ï£

de plus d un enfant par ménage- et de 860 à 1873, la diminua s'accentue encore de telle sorte, que nous tombons à moins de trois Taîants par ménage.

Nous avons pris dans un ouvrage lecemmentparusurledéveloppement

st e atS i P ° PUlati0n Cn A «5leterre "a statistique sommaire qui suit •

« Dans l'Angleterre seule', non

compris l'Irlande, l'Ecosse ni l'es co

lûmes, le nombre des naissances est

JISO^lSTl.ledoubledecduité la t lance ; la population s'est élevée durant cette période de dix ans' de l millions à plus de 11 millions.'

» Les trois royaumes unis ont une population de 31 millions

» II y avait, en 1871, dans ces trois TwT 5 ' 938 Villes au Jieu de 781

f il I OU 1 ■

" T ° ute , c , cttc Population se subdivise en S millions de familles, ce nui eleve la moyenne des familles à six personnes. En France cette moyenne est tombée au-dessous de trois »

Maintenant achevons do tirer nos déductions.

u m"' 7 a pas 9 uatr e-vingts ans que Malthus exposait ses calculs qu'on disait irréfutables ; on en tenait, ainsi qu on le voit, fortpeu de compte dans

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lapatrie même de cet homme célèbre, mais on commençait d'en tenir grand compte au contraire dans la nôtre.

La science économique est celle qui passe pour avoir fait le plus de progrès ; les ouvrages dans cet ordre se sont multipliés à l'infini-, et c'est à peine si ceux des socialistes purs dont la morale est tout opposée, ont pu obtenir quelque écho. C'est la morale malthusienne quia écrasé l'autre, laquelle n'est, sur ce point, que la morale évangélique ; témoin le Traité d'économie sociale de M. Ott, dont le grasd principe est de subordonner toute science à cette morale, comme à une notion supérieure.

Mais à force d'aller dans la mauvaise voie, le second empire est vœu et c'est alors qu'avec les débordements du luxe, la morale économiste a pris son plus grand essor; on a mis largement en pratique la théorie. Or, de quoi s'aperçoivent aujourd'hui les économistes statisticiens?...

Vingt ans de ce régime ont snffi pour produire : le ramollissement des encéphales par l'abus des émotions sensuelles ; la procréation d'enfants infectés ou atrophiés ; l'égoïsme lascif ■dans les organismes ; la phthisie et le dépérissement des familles, des communes, des cités, de la nation; la dépopulation de la patrie; la défaillance de la production; toutes les décadences des peuples amollis ; tous les abîmes que creuse l'onanisme; et, pour expression éloquente et sanglante de tous ces maux, Reischolfen et la France démantelée.

Voilà l'effet des vingt années du despotisme césarien cuirassé d'un redoublement de prédications économistes imposant silence à la prédication rude et calme de la morale chrétienne.

Qu'ont-ilsprèché,les insensés? voilà qu'ils s'aperçoivent tout à coup , éclairéspar nos désastres, qu'ils n'ont prêché que l'épuisement des forces sociales ! Oh ! ce n'est pas étonnant :

les choses n'ont-elles pas toujours, dans leur avenir, de ces sortes de guet-apens dressés contre ceux qui cherchent mieux: que FEwngilev?

Le Nom,

ONCTION. Dans les contrées orientales où les huiles odoriférantes et les aromates sont communs, l'on a toujours fait grand usage des essences et des parfums; l'ou ne manquait jamais d'en répandre sur les personnes auxquelles on voulait témoigner du respect. De là l'onction faite avec une huile parfumée fut censée un signe de consécration; l'on s'en servit pour consacrer les prêtres, les prophètes, les rois, les lieux et les instruments destinés au culte du Seigneur. Dans les livres saints, le terme d'onction est synonyme de celui de consécration ; l'oint du Seigneur est un homme auquel Dieu a conféré une dignité particulière, et qu'il a destiné à un ministère respectable.

C'est la signification du mot hébreu Messiah, que les Grecs ont rendu par Christos qui a la même signification.

Voyez Parfum, Christ.

Jacob allant en Mésopotamie oignit d'huile la pierre sur laquelle il avait reposé sa tète, et où Dieu lui avait l'ait avoir une vision, Gen., cap. 28, y 18 et 22. Il la destina ainsi à être un autel, et il la nomma Bêthel, la maison ou le séjour de Dieu.

Aaron et ses fils reçurent l'onction du sacerdoce; toute sa race fut ainsi consacrée et dévouée au culte du Seigneur. Exod., c. %$, f 7. Cette cérémonie est décrite, Levit., c. 8 Moïse lit aussi une onction sur les autels et sur les instruments du tabernacle.

Il est encore parlé dans l'Ecriture de l'onction des prophètes, mais^ il n'est pas certain qu'ils aient été réellement consacrés par une effusion d'huile. Dieu dit à Elie, III /<;,/., c. 19, f 17 : « Vous oindrez Elisée » pour être prophète à votre place, »

et dans l'exécution il est seulement dit qu'Elie mit son manteau sur les épaules d'Elisée. Ainsi le mot d'oftetion ne signifie peut-être ici que la destination au ministère de prophète.

Mais il est distinctement l'ait mention de l'onction des rois ; Samuel sacra Saùl en répandant de l'huile sur sa tète, I Reg., e. Il, f I. Il lit la même cérémonie à David, c. 16, y 13.

Salomon fut oint par le grand prêtre Sadoc et par le prophète Nathan,

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