PARTIE AUJOURD'HUI DE LA HIÉRARCHIE
catholique (Tliéol. pur. hier, ecclés.)
Chanoines réguliers. — Du Très- Saint Sauveur de Latran ; de la Sainte-Croix; de Prémontré.
Clercs réguliers. — ■ Théatins ; Barnabites ; Somasques; Jésuites ; Clercs mineurs ; Ministres des infirmes; de la Mère de Dieu ; Des Écoles pics ou Piaristes.
Congrégations religieuses. — Passionnistes ou Clercs séculiersdéchaussés de la Croix et Passion de N. S.
J.-C. ; du Três-Saint Rédempteur ou Rédeniptoristes.
Congrégations ecclésiastiques ou de prêtres séculiers. — Doctrinaires ou Prêtres de la Doctrine Chrétienne; Prêtres de la Mission ou Lazaristes ; Pieux ouvriers ; Missionnaires du Précieux-Sang; Institut de la Charité ; Maristes ; Prêtres des SS. Cœurs de Jésus et de Marie; Autres congrégations ecclésiastiques : Prêtres de la pnoiété des Missions; Prêtres de la Résurrection; Prêtres de la Sainte- Croix (du Mans).
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Frères des écoles chrétiennes.
Frères de la Miséricorde.
Moines. — Basiliens ; Bénédictins du Mont-Cassin ; Bénédictins du Mont-Cassin de la primitive Observance, Bénédictins de la congrégation de France à Solesmes ; Bénédictins de la congrégation de Suisse ; Bénédictins de la congrégation d'Angleterre; Bénédictins de la congrégation de l'Amérique septentrionale ; Bénédictins de la congrégation de Bavière; Bénédictins de la congrégation du Brésil; Camaldules; Ermites de Toscane ; Ermites de Monte-Corona (dans les Apennins) ; Congrégation de Vallombreuse ; Cisterciens; Trappistes ; Bénédictins de Monte- Vergine ; Olivétains ; Sylvestrins ; Chartreux ; Antoniens chaldéens de la congrégation de Saint-Hormisdas ; Antoniens maronites de la congrégation d'Alep ; Antoniens maronites de la congrégation baladite ; Antoniens maronites de la congrégation de Saint-Isaïe ; Antoniens arméniens du Mont-Liban ; Bénédictins arméniens des Méchitaristes de Venise ; Basiliens grecs-melchites de la congrégation du Saint-Sauveur; Basiliens grecs-melchites de la congrégation soarite d'Alep ; Basiliens grecs-melchites de la congrégation soarite baladite.
Ordres mendiants. — Dominicains ou Frères-Prêcheurs ; Mineurs Observantins; Mineurs Observantins réformés; Mineurs Récollets et Alcantarins ; Mineurs Conventuels ou Cordeliers; Mineurs Capucins; Tiers- Ordre de Saint- François; Augnstins; Augustins déchaussés; Carmes de la primitive Observance; Carmes réformés; Servites ou Serviteurs de Marie; Minimes ; Notre-Dame de la Merci pour la Rédemption des captifs ; Trinitaires de la commune Observance ; Trinitaires réformés pour le rachat des captifs; Ordre de Saint-Jérôme; Congrégation du B. Pierre de Pise ; Hospitaliers de Saint-Jean de Dieu; Pères de la Pénitence dits Déchaussés.
Le Nom.
ORÉBITES. Voyez Hlssites.
OREILLE (Théol. miœt. scien. pkusiol. et anat.) — « L'oreille, dit M. Mïlne Edwards, est l'organe de l'ouïe; c'est un appareil à l'aide duquel l'animal perçoit les sons produits par les corps mis en vibration : ce mouvement vibratile se communique du corps sonore à l'air ou à toute autre matière élastique en contact avec le premier, et, pour être entendu, doit arriver ainsi de proche en proche jusqu'au fond de notre oreille.
» L'effet de ces vibrations sur Voreille se nomme son ou bruit. Le siège de l'audition réside dans une pulpe molle formée par les filets nerveux terminaux du nerf acoustique lesquels sont frappés par les vibrations sonores, et communiquent au cerveau l'impression ainsi produite.
» L'appareil de l'ouïe est double et placé symétriquement de chaque côté de la tête ; chaque appareil est logé dans l'intérieur de l'un des os du crâne nommé temporal. La portion de l'os temporal qui le renferme est extrêmement dure et a reçu pour cette raison le nom de rocher.
» L'appareil de l'ouïe est très-compliqué dans sa structure, et peut être divisé en trois parties principales, que les anatomistes appellent l'oreille externe, Voreille moyenne et l'oreille interne. C'est dans cette dernière partie que sont placés les filets du nerf acoustique et que les sons doivent arriver.
» L'oreille externe se compose du pavillon de l'oreille et du conduit auditif.
» Le pavillon de l'oreille est une espèce de lame cartilagineuse et trèsélastique qui entoure l'entrée de l'appareil auditif et présente chez beaucoup d'animaux la forme d'un cornet qui sert à diriger les sons vers l'intérieur de l'oreille.
» Chez l'homme, le pavillon de l'oreille présente plusieurs saillies et enfoncements ou anfractuosités dus au plissement de la lame cartilagineuse qui le forme. Le canal auditif externe est une espèce de tube qui commence au fond d'une partie évasée du pavillon nommée conque et
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s'enfonce dans l'os temporal ; il est béant à son extrémité externe, mais aboutit intérieurement à une espèce de cloison membraneuse nommée membrane du tympan, qui ie sépare de la caisse.
» On appelle caisse du tympan une petite cavité de forme irrégulière qui est creusée dans le rocher et qui se trouve entre le conduit auditif et l'oreille interne. Elle est remplie d'air, et ce fluide y arrive par un conduit homme trompe d'Ëustache qui s'ouvre à la partie supérieure de l'arrière- Douche (1).
» La membrane du tympan est trèsmince et tendue à l'entrée de la caisse comme la peau d'un tambour; elle sert à faciliter la transmission des sons de l'extérieur jusqu'au fond de l'appareil auditif et aussi à modérer les sons trop intenses; car elle est disposée de façon à pouvoir se tendre ou se relâcher, et en se tendant, elle transmet moins bien les sons (2),
(i) Le rôle de la trompe d'Ëustache est très-important; il est nécessaire, en effet, que la membrane du tympan soit toujours maintenue en équilibre de pression des deux côtés, c'est-à-dire entre deux pressions égales, celle de l'air qui vient appuyer sur ta face dn tympan par la conque extérieure de l'oreille, et celle du môme air atmosphérique qui vient appuyer sur l'autre face du tympan par la boiwbe, Ou le nez et la trompe d'Ëustache. S'il y avait pression d'une part et absence de pression ou pressioD inégale d'autre part, il y aurait, par là même tension de la membrane dans un sens ou dans l'autre, elle n'aurait plus la liberté de se tendre elle-même plus ou moins fortement, comme il va être dit, par le jeu de son marteau et de se mottre par là en l'état la plus convenable pour la transmission de tel ou tel son.
Lb Noir.
(2j Savart avait cru que la membrane du tympan transmeitait d'autant plus exactement les sons à l'oreille interne, qu'elle était plus tendue, mais M. J. Mûller, de Berlin, a démontré par expériences, qu'une petit- membrane propage moins lien le son quand elle est fortement tendue que quand elle l'est un peu seulement, et appliquant seg^modes (l'expérimentation au tympan lui-même, 'é"a également fait voir qu'en le tendant fortement, l'ouïe devient très-dure. Il s'ensuit que le créateur ayant voulu faire de l'oreille un instrument d'acoustique parfait qui réponde le mieux possible aux besoins delà créature qui en est pourvue, l'a munie de la membrane du tympan et cette membrane de son marteau^ comme il va être dit, afin qu'elle soit susceptible de se tendre mécaniquement davantage lorsque les sons sont trop forts, et de se relâcher lorsqu'ils sont faibles; dans le premier cas, elle loi rend supportables en les transmettant moins bien; dans le second, elle les renforce en les transmettant plus parfaitement.
» On remarque aussi dans l'intérieur de la caisse une chaîne transversale formée par quatre petits osselets nommés, à raison de leur forme, le marteau, Y enclume % l'os lenticulaire et Vétrier. Le marteau appuie sur la membrane du tympan et donne attache à des muscles qui, en se contractant, peuvent le faire presser plus ou moins fortement sur elle; c'est de la sorte que cette membrane se tend ou se relâche pour s'adapter à l'intensité du son dont elle est frappée (1).
» Du côté interne de la caisse il existe deux petites ouvertures qui sont bouchées par des membranes tendues comme celle du tympan et qui conduisent dans Voreille interne.
L'une d'elles, appelée la fenêtre ovale est en contact avec la base de l'étrier ; l'autre, nommée fenêtre ronde, est située un peu plus bas. Enfin, la caisse communique aussi avec un gnnd nombre de cellules creusées dans la substance du rocher.
» Voreille interne se compose de trois parties; savoir; le vestibule, les canaux semi-circulaires et le limaçon. Ces organes sont remplis d'un liquide aqueux au milieu duquel viennent se terminer les iilets du nerf acoustique.
(1) On pourrait croire que tel serait le principal rôle du marteau et de toute a chaino des osselets qui se trouvent derrière la membrane du tympan; on se tromperait grandement: ce principal rôle est de servir à la transmission de la vibration sonore, par l'entremise de la fenêtrt orale f dans le liquide qui remplit l'oreille interne, aOn que là les blets du nerf acoustique la reçoivent et la transmettant à l'ame. En effet. M. Muller «, prouvé que les conditions les plus favorables pour la transmission dn son, sont: 1° une petite membrane convenablement tendue baignntit dans l'air des deux côtés, 2o une série de petits corps solides comme !a chaîne des osselets, 3" 'in liquide acoustique recevant le son par une autre membrane. Ces osselets sont doue là, dans la caisse du tympan, pour recevoir la vibration, la perfectionner, la purifier, la rendre plus nette et la donner telle, par l'autre petite membrane de la fenêtre ovale, au liquide du labyrinthe intérieur qui contient les papillotes nerveuses acous-tiqu.es, et c'est la leur rôle principal. Mais qui n'admirera ces petits soins pour' la satiafaation la plus grande de I être, pour son bonheur ? Dieu a mis le modérateur a côté de la force, comme nos mécaniciens en mettent de gro-siers au cylindre de leurs machines à vapeur. Un sort tiop fort, qui blesserait notre oreilleinteroe, trouve fison passage même dans la membrane du tympan et dans la chaîne des osselets, nu ressort qn'd fait jouer, le muscle de tension, et qui modère et nettiGo sa force, avant qu'il n'aille frapper- ta nerf acoustique. La Nom.
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» C'est le vestibule et les nerfs acoustiques qui constituent la partie essentielle de l'appareil auditif; les autres parties que nous venons d'énumérer sont destinées à perfectionner cet appareil, et peuvent, pour la plupart, être détruites, même chez l'homme, sans qu'une surdité complète résulte nécessairement de leur perte; ils manquent aussi chez un gz'and nombre d'animaux. »
M. Milne Edwards vient de décrire surtout l'oreille de l'homme; nous l'avons déjà complété par quelques notes; complétons-le encore par quelques observations sur les autres animanx :
Ce sont en général les mammifères nocturnes ou craintifs qui ont le pavillon de l'oreille le plus développé, et alors, il est pourvu, comme chez le cheval et l'âne, de muscles qui permettent à l'animal de le diriger du côté où viennent les sons pour mieux écouter. Plus ranimai a de dangers à redouter, plus sou ouïe est hne; mais ce ne sont pas toujours les perfections qui ont été décrites qui constituent l'extrême finesse de l'ouïe; les oiseaux, par exemple, ont ce sens excessivement développé et cependant n'ont point, en général, le pavillon de l'oreille; pourquoi? on n'en sait rien, on le saura. La science n'est occupée qu'à chercher les causes finales des œuvres de Dieu, bien qu'elle no lui rende pas toujours justice ; cum cognovissent Deum non sicut Deum gloriftcaverunt, aui (fratias cgerunt. Il en est de même chez les reptiles et plus encore, puisque toute Yoreille externe leur manque ; la membrane du tympan se voit à fleurs de tête ; on le conçoit assez bien pour oes animaux qui vivent à terre et sous terre ; ils reçoivent plutôt les sons par les transmissions des solides que par les transmissions aérii'nnes, et il importe que l'appareil au M! if véritable soit le plus près possible des objets qui transmettent la vibration. Chez les poissons, on trouve uq organe auditif assez simple qui est situé près du cerveau et qui n'a pas (Formée externe; on lo conçoit, l'ondulation du son qui se produit dans l'eau, milieu dense, se
communique facilement dans les os du crâne, par suite de la percussion que ceux-ci reçoivent. Enfin, chez les invertébrés on a beaucoup de peine à constater l'organe auditif; on l'a pourtant reconnu dans quelquesuns, et, chez ceux-là, il consiste, en général, en une cavité solide dans laquelle aboutit un nerf.
Le Nqir.
OREILLE. Ce mot dans l'Ecriture sainte est souvent pris dans un sens métaphorique, surtout lorsqu'il est attribuéà Dieu. David, dans plusieurs psaumes, conjure le Seigneur de prêter une oreille attentive aux prières qu'il lui adresse, c'est-à-dire qu'il le supplie de l'exaucer. Sap., c. 1, f 10, il est dit que l'oreille jalouse de Dieu entend les murmures secrets des impies, et cela signilie qu'ils lui sont connus. Ps. 10, ^ 17, ibreiUe du Seigneur entend les désirs du cœur des pauvres.
En parlant des hommes, découvrir l'oreille à quelqu'un, revelare uurem, c'est lui apprendre une chose qu'il ignore, I Reg., c. 20, Jr i3; lui faire dresser V oreille, c'est le rendre attentif et docile, haï., cap. 50, ^ 4 et u ; lui percer Yoreille, c'est lui inspirer une obéissance entière, Ps. 39, f 7.
Ce dernier sens fait allusion à l'usage établi chez les Hébreux de percer Yoreille à l'esclave qui consentait à ne jamais quitter son maître, et qui renonçait au privilège de recouvrer sa liberté pendant l'année jubilaire ou sabbatique, Deut., cap. 15, ^ 17. Jésus-Christ dit souvenl dans l'Evan- .
gile que celui qui a de oreilles pour entendre, écoute : Yoreille désigne ici l'intelligence. Le Soigneur dit à Isaïe, c. G, J 10 : Aggravez ou appesantissez les oreilles de ce peuple, c'est-àdire laissez-le faire la sourde oreille, et s'endurcir contre vus discours. Ce prophète n'avail certainement pas le pouvoir de rendre sourds ses auditeurs. Saint Paul, II Tim , c. -i , ^ 3, appelle Mmangeaison des oreilles l'empressemeui d'apprendre quelque chose de nouveau. BEBGIE&.
ORGANISME {Théol. mixt. scien physiol. et anal.) — « Avant de faire
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l'histoire particulière de chaque animal, dit M. Milne Edwards, il est indispensable d'étudier les phénomènes généraux de la vie.
» Cette connaissance s'acquiert en soumettant ces êtres à des dissections et à des expériences qui ont pour but d'isoler chacune de leurs parties afin de les mieux étudier et de saisir les rapportsqui les unissent entre elles. C'est ainsi que, pour avoir une idée exacte du mécanisme d'une montre, on démonte chaque rouage, chaque levier, chaque chaîne; on isole, par l'analyse, toutes les pièces tie celte machine, puis, en les rapprochant et en rétablissant leurs rapports, on leur rend ce qu'on leur avait ôté, c'est-à-dire leur mouvement et leur jeu. Ce que l'horloger fait pour connaître une montre, le physiologiste le fait sur le corps des animaux pour le comprendre ; mais, moins heureux que l'horloger, le physiologiste no peut pas rendre leur mouvement et leur jeu aux organes qu'il a divisés et séparés. Il n'a pour lui que la décomposition et la dissection ; la recomposition ou la reconstruction sont au delà de son pouvoir; en un mot, il peut détruire, mais il ne peut pas créer. Toutefois, cette science de destruction lui révèle des connaissances fort importantes, et, en y joignant l'observation des phénomènes inhérents à la vie, il parvient à satisfaire la curiosité ardente qui est l'un des traits caractéristiques des plus hautes intelligences.
» Jamais étude ne fut à la fois plus grande et plus intéressante : en nous révélant ce que l'organisation animale présente d'extraordinaire, elle nous laisse frappés d'admiration à la vue de cet ouvrage infini, la plus étonnante des merveilles du créateur.
» Considéré sous le rapport mécanique seulement, le corps des animaux nous offre un exemple de complication et de perfection dont nos machines les mieux combinées et les mieux exécutées n'approchent pas; on y trouve des modèles sans nombre de constructions ingénieuses dont les travaux les plus heureux de l'architecte ou de l'opticien sont à
leur insu des copies imparfaites ; lo Phare d'Edystone, un des chefsd'œuvre de l'architecture, est construit d'après des règles moins correctes que celles qui ont présidé à la disposition des os du pied ; les colonnes les plus solides, les piliers les mieux enracinés sont assujétis avec moins d'exactitude que les os creux qui nous supportent; l'invention d'un mât de vaisseau parait une invention grossière à celui qui examine l'articulation de l'épine du dos avec lo bassin; les tendons et leurs poulies de renvoi attestent une perfection qu'on chercherait en vain dans les cordages les plus habilement disposés ; il n'est point d'instrument de musique qui puisse rivaliser avec l'appareil vocal ; et, malgré les progrès immenses que la science des physiciens a fait faire dans la construction des télescopes, des microscopes, des chambres obscures, etc., c'est encore l'œil qui est le plus parfait des instruments d'optique.
« Mais ces merveilles sont les moindres de celles que nous offre l'économie animale. Les forces qui font agir tous les ressorts matériels de notre corps sont réglées et combinées avec une sagesse bien au-dessus de la science humaine ; et, plus on considère le jeu de nos organes et les iacultés dont ils sont doués, plus on sent le besoin de chercher hors de nous la raison supérieure qui a créé cette production admirable et qui a placé en elle un principe d'existence et de mouvement.
» Les phénomènes divers par lesquels la vie se manifeste sont, toujours le résultat de l'action d'une partie quelconque du corps vivant, et ces parties, que l'on peut regarder comme autant d'instruments, portent le nom d'OnGANEs. Ainsi un animal ne peut exécuter des mouvements que par l'action de certains organes appelés muscles, et ne peut avoir la connaissance de ce qui l'entoure que par l'intermédiaire des organes des sens.
» Lorsque plusieurs organes concourent à produire un phénomène, on désigne cet assemblage d'instruments sous le nom à'appareil, et l'on
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appelle fonction l'action d'un de ces organes isolés ou de l'un de ces appareils. On dit, par exemple, appareil de la locomotion pour désigner l'ensemble des organes qui servent à transporter l'animal d'une place à une autre, et fonction de la locomotion pour désigner l'action de toutes ces parties.
» Chez l'homme, de même que chez tous les quadrupèdes, les oiseaux et la plupart des autres animaux, les organes et les fonctions que ceux-ci exercent sont très-variés. Dans ces corps, il existe un appareil digestif destiné à faire subir aux aliments les changements nécessaires pour les rendre propres à nourrir le corps ; un cœur et des vaisseaux servent à distribuer le sang à toutes les parties du corps ; des poumons dans lesquels l'air pénètre pour servir à la respiration ; un squelette composé d'un grand nombre d'os et constituant en quelque sorte la charpente solide du corps; des muscles, dontla substance est désignée vulgairement sous le nom de chair, et dont les usages sont deproduire les mouvements; un cerveau, des nerfs et des organes des sens qui sont les instruments à l'aide desquels nous recevons des sensations et connaissons ce qui nous entoure ; un appareil vocal destiné à l'expression de nos idées, et une foule d'autres organes...
» Le corps se divise en trois parties principales : la tête, le tronc, et les membres. Ces parties sont toutes enveloppées dans une membrane résistante et douée de sensibilité que l'on nomme peau ; elles sont soutenues à l'intérieur, et leur forme générale est déterminée par une charpente solide composée d'un grand nombre d'os et appelée squelette. Plus tard, nouséiuimérerons ces os et nous en dirons et les noms et les formes diverses.
» 11 n'existe pas de squelette chez tous les animaux; les huîtres et Jes limaçons, par exemple, en sont dépourvus, et chez d'autres êtres, tels que les écrevisses, la peau devient d'une dureté extrême et lient lieu de cette charpente osseuse ; mais chez tous les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, il existe un
squelette disposé d'une manière analogue à celui de l'homme...
» Le squelette ne sert pas seulement à donner de la solidité au corps ; ses os, en se contournant et en s'unissant entre eux, forment des cavités protectrices dans lesquelles sont enfermés et maintenus tous les organes les plus importants pour l'entretien de la vie. Si l'on ouvre le crâne, on y verra, au-dessous de diverses membranes superposées, une masse molle et pulpeuse, qui est le cerveau.
» En coupant les côtes et en ouvrant la cage osseuse que les anatomistes appellent le thorax et que l'on nomme vulgairement poitrine, on trouve dans cette cavité le cœur et les poumons. Une cloison charnue, le diaphragme sépare la poitrine du ventre ou abdomen, et, dans cette dernière cavité, sont renfermés l'estomac, les intestins, le foie, la rate et plusieurs autres organes moins importants.
» Les fonctions remplies par les divers organes que nous venons d'énumérer se rapportent à deux objets ; les unes ont pour but la conservation de la vie de l'individu, et sont appelées fonctions de nutrition, les autres servent à mettre l'animal en rapport avec tout ce qui l'environne, et portent le nom de fonctions de relation.
» Les fonctions nutritives sont toutes celles qui servent à la nutrition de l'animal, soit en enlevant aux productions de la terre des matières qui sont nutritives, soit en modifiant ces matières nutritives et en les réduisant en un suc qui puisse se mêler aux organes, soit eniin en charriant dans la substance de ces organes ce suc nutritif qui, par sa combinaison avec elle, doit en assurer l'entretien et en favoriser l'accroissement.
» Les fonctions de relation sont toutes celles qui mettent l'animal en rapport avec les êtres de la nature.
A l'aide de ces fonctions, il unit son existence avec celle de ses semblables, il prend connaissance de ce qui l'entoure, il s'en éloigne ou s'en rapproche suivant ses craintes ou ses besoins. Il est pourvu, à cet ellet,
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d'organes du mouvement et d'organes que l'on nomme sens et qui lui servent à établir entre lui et le monde extérieur des relations aussi nombreuses que faciles.
» Les fonctions de nutrition sont des actes indispensables à l'entretien de la vie ; les fonctions de relation sont en quelque sorte accessoires, aussi n'existent-elles pas chez tous les êtres vivants ; les plantes en sont privées ; les anfcnaux seuls les possèdent, et en les perdant ils ne cessent pas nécessairement de vivre ; pendant une partie de leur existence ils ne les exercent même pas, et cet état de repos constitue le sommeil . »
Le Nom.
ORGANISME CHEZ LES VÉGÉ- TAUX (Théol. mixt. scien. bot.) V. Végétaux.
ORGUE (Théol. mixt. et Met. art.
rel.) Ce roi des instruments de musique à vent, comme le violon est le roi des instruments de musique à corde, n'est évidemment qu'un développement grandiose de la ilùte de Pan, dont s'amusent encore en tout pays les enfants ; cette flûte est formée d'une rangée de roseaux de longueur différente, d'égale épaisseur et d'égal diamètre, dans lesquels on souffle et on produit des sons de tons différents. Le nom de cette flûte des bergers est syrinx, et il semble que c'est d'elle que parleFortunatusVenantius dans son liv. m, n. 10. C'est d'elle aussi qu'il est question dans l'Eglogue deuxième de Virgile. Mais il parait bien que l'instrument plus ou moins développé que le génie artistique a construit sous le nom d' orgue, organum, sur le modèle de la flûte à tuyaux ou à chalumeaux, remonte très-haut et que son origine se perd dans la nuit des temps ; car il en est question dans la Genèse, au moins d'après la traduction de la Vulgate, aussi bien que de la hai-pe, espèce de lyre; cette antique histoire, parlant de Jubal, un des patriarches antédiluviens, l'appelle le père de ceux qui jouent delà harpe et de l'orgue (iv, 25).
D'après Tertullien, Archimède inventa une espèce d'orgue, qu'il appela
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organum hydr aulicum (lîb. De anima); cet orgue hydraulique faisait, suivant Suétone, les délices de l'empereur Néron, et l'empereur Julien en lit le sujet d'une épigramme. C'était, dans cet instrument, la pesanteur de l'eau qui faisait entrer l'air dans les tuyaux, producteurs du son. Mais cet orgue ne parait pas avoir été beaucoup accepté dans les églises. Ce fut l'orgue pneumatique, organum pneamaticum, qui eut cet honneur et qui l'a encore aujourd'hui. L'air, dans l'orgue pneumatique, est poussé à travers les tuyaux par des soufflets. Saint Augustin, dans ses Enarrations sur les psaumes S7 et 150, en parle, etCassiodore en parle également en expliquant le dernier psaume; il compare l'ensemble des tuyaux à une tour, en sorte qu'il n'y a pas moyen de douter qu'il ne fasse allusion à un orgue du genre de nos orgues d'aujourd'hui; il dit aussi que la vox qui est produite par les soufflets mis en mouvement est copiosissima, ce qui convient exactement aux orgues de nos cathédrales, mais il convient d'ajouter que ces auteurs ne disent pas formellement que de pareils instruments fussent placés dans les églises.
« En France, dit M. Mast, comme en Allemagne, l'usage des orgues demeura inconnu jusqu'au moment où Pépin, en 757, en reçut un en cadeau de l'empereur Constantin Copronyme. L'orgue que l'empereur Michel envoya à Charlemagne était beaucoup plus grand. Le moine do Saint-Gall dit qu'il renferme le tonnerre dans ses énormes tuyaux, les sons suaves de la ilùte ou le babil de la lyre dans ses tuyaux de petit calibre (1). Charlemagne plaça cet orgue dans l'église d'Aix-la-Chapelle.
A cette époque l'Italie connaissait déjà cet instrument (2), Il est à remarquer que le pape Jean VIII (neuvième siècle) demanda à Annon, évêque de Freysing, un orgue et un habile organiste. A dater de cette époque l'usage en devint de j^us en plus fréquent dans les cathédrales et les églises des couvents; un synode
M) Voir la citation dans Bintôrim, IV, 1.
(2) lighelli, Italie sacra, t. V, fol. 604, 010.
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de 1242 (ad vulkm Guidonis, dans le diocèse de Tours) (l)en parle comme d'un instrument d'un usage général.
L'orgue trouva des adversaires, notamment dans l'abbé Antrad, contemporain de saint Bernard, auquel déplaisaient la puissance de son et les trop fréquentes modulations de ce formidable instrument (2). Les abus que des artistes légers et mondains tirent en beaucoup d'endroits des orgues provoquèrent un décret très-sévère du concile de Trente, qui, cependant, à la demande de l'empereur Ferdinand, fut adouci, et, dans sa réduction actuelle , se borne à prémunir contre tout excès l'usage du premier et du plus sublime des instruments religieux (3). Benoît XIV, d'accord avec le concile, publia, en 1740, une constitution dans laquelle il priait Instamment les évèques de ne pas tolérer de musique inconvenante dans leurs églises. Malheureusement cette voix est trop souvent celle qui crie dans le désert, et il est peu d'instruments qui aient autant à souffrir que l'orgue sous la main d'une foule de gens de mauvais goût. Quand, au contraire, l'orgue est traité comme il doit l'être, rien no peut le remplacer dans l'église. Au lieu de la machine informe et chaotique qui constituait cet instrument au moyen age (le grand orjue de Wiuton, en Angleterre, avait, au dire du moine Wolstanus (î\ viugl-six soufflets, que soixante-* 'i\ tomates vigoureux mettaient en mouvement, et quatre cents tii) r aux), l'art en a fait un mécanisme parfait, dont rien ne surpasse la force et la douceur, la puissance et la délicates e.
C'est en Allemagne qu'on trouve le nias grand nombre d'orgues dans les églises. L'orgue de Saint-Pierre de Home a cent registres , celui de Weingartcn, en Snuabe, cent dix. »
L'orgue n'est pas encore admis à Rome dans la chapelle papale; on y ciiU'iid chanter des voit douées fort belles, mais sans accompagnement.
(Il Hir.l., //■■ . rie Cnne.,\\), cnl. 349.
(î) Sptauum caritatis. t. Il, c 23.
(3) C. Trtd., »i-s3. XXII, Oecret. de obserti. et ttxitant. incelebr. Mitsm.
11 faut reconnaître que Vergue est le véritable instrument de musique de l'église et que rien ne saurait le remplacer comme grandeur. C'est l'immense harmonie. Le Noie.
ORGUEIL. Sans toucher k ce que les philosopbes moralistes peuvent dire pour démontrer l'injustice et les funestes effets de l'orgueil, nous nous contentons d'observer que c'est un des vices le plus souvent condamnés dans l'Ecriture sainte.
Tobie disait à son fils, c. 4, f 14 :
« Ne laissez jamais régner l'orgueil » dans vos sentiments ni dans vos » discours; ce vice est la source de » toute perdition. » Suivant la maxime de Salomon, Prov., cap. H, f 2, « l'orgueil est toujours suivi de l'op- » probre, et l'humilité est la compa- » gne inséparable de la sagesse. »
L'Ecclésiastique nous avertit que l'orgueil est odieux à Dieu et aux hommes, que c'est la source de tous les crimes, même de l'apostasie; que celui qui en est coupable sera maudit et périra; que c'est le vice pour lequel Dieu frappe et détruit les nations et les particuliers, c. 10, j^ 7, 14, etc.
Les prophètes ont souvent fait aux Juifs la même leçon, iN leur ont déclaré que c'était principalement pour leur orgueil que Oi.^u les punissait.
Jésus-Christ a souvent reproché ce vice aux pbarisiens et aux docteurs de la loi ; par la parabole des talents, il nous apprend que nous ne devons point tirer vanité de nos talents naturels, parce que ce sont des dons de Dieu purement gratuits, de l'usage desquels nous serons obligés de lui Pendre compte, et il dit que l'on demandera beaucoup à celui auquel on a beaucoup donné. Il nous défend de' nous enorgueillir de nos vertus et de nos bonnes marna, parce que ce sont encore des grâces que Dieu nous a faites, et que nous n'aurons aucune .mpenso à espérer de «m, si nous voulons en recevoir la gloire en ce monde. Par la parabole du pliarisien et du publicain, il nous montre I' <rgueil réprouvé de Dieu et l'iium récompensée, il fait profession de chereber en toute- gloire de
son Père, et MO la sienne.
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ORI
Saint Paul a répété fidèlement les instructions de ce divin Maître ; en parlant de toute espèce de grâce, il demande : « Qu'avez-vous que vous » n'ayez reçu? » I Cor., c. 4, f 7. Il exhorte les fidèles à se regarder mutuellement comme inférieurs les uns aux autres en grâce et en vertu ; et il leur propose pour modèle l'humilité de Jésus-Christ. PMlipp., c. 2, f 3.
C'est par orgueil que les Juifs furent indociles à la doctrine du Sauveur; ils ne purent se résoudre à recevoir pour maître un homme qui, n'avait pas été instruit à leur école, qui teur reprochait leur vanité, qui affectait d'enseigner par préférence les pauvres et les ignorants. Le mémo vice les rendit encore rebelles à la prédication des apôtres; ils ne pouvaient souffrir que le don de la foi etla grâce du salut fussent accordés aux païens aussi Lien qu'à eux; ils se croyaient les seuls objets des promesses et des bienfaits de Dieu, et cet orçrweii insensêpersévère encore parmi eux.
Par orgueil, les philosophes païens, convaincus de l'absurdité de leur doctrine, ne voulurent pas y renoncer entièrement et se soumettre à la simplicité de la foi prèchée par les docteurs chrétiens; ils voulurent concilier les dogmes révélés avec leurs systèmes, et ils enfantèrent ainsi les premières hérésies. La même passion a dominé les hérésiarques de tous les siècles; la plupart auraient reconnu leurs erreurs, seraient revenus à résipiscence, si la fausse honte de se dédire et de se rétracter ne les avait pas rendus opiniâtres. Cette même maladie règne encore parmi les incrédules de notre siècle ; il leur paraît indigne d'eux de penser et de croire comme le peuple; ils se jugent faits pour être les maîtres, les docteurs, les oracles des nations ; et ces hommes si fiers, si hautains, si remplis de mépris pour les autres, ne sont dans le fond que les esclaves d'un sot orgueil.
Bergier.
ORIENT. Les Hébreux désignaient l'orient par kerlem, qui signiiie le levant, parce que c'est de ce côté que
le soleil s'avance ; les Grecs et les Latins l'ont nommé parla même raison le côté de la lumière.
Dans les livres saints, l'orient se prend souvent pour les pays qui sont à l'orient de la Judée, comme l'Arabie, la Perse, la Ghaldée ; dans ce sens, il est dit que le; mages vim de l'orient pour adorer le Sauveur ; quelquefois pour l'orient de Jérus a lein; ainsi était située la moula' te des Oliviers, Zach., c. 14, j^ 4; d'autres fois pour le côté oriental du : ibernacle ou du temple, Le\ il., c. 16, f 14. Mais il «résigne absolument le cô*é du Lever du soleil, '' " '\,c. 24, f 27, où il est dit que la foudre part de l'orient à l'occident. Lorsque lsaïe dit, c. 41, y 2, que Dieu a fait sortir le Juste de l'orient, cela signiiie en général un pays éloigné, parce que les Juifs avaient peu de connaissance des peuples occidentaux, desquels ils étaient séparés par la Méditerranée.
C'est pour la même raison qu'ils nommaient l'occident, ou l'Europe, les îles, parce qu'ils ne connaissaient guère de ce côté-là que les habitants des îles de Chypre, de Candie et les autres de l'Archipel. Le prêtre Zacharie, parlant du Messie, dit que Dieu nous a visités de l'orient du ciel, Luc., c. 1, y 78 ; parce qu'il compare le Messie au soleil.
Ce passage fait évidemment allusion à ce qui est dit dans le prophète Zacharie, c. 3, f 8 : « Je ferai venir » mon serviteur l'Orient. » Et c. 6, y 12 : « Voici un homme dont le » nom est l'Orient, il naîtra de lui- » même, et il bâtira un temple au » Soigneur. » Ceux qui cherchent à détourner le sens des prophéties, disent qu'il est question là de Zorobabel, parce qu'il était venu de Itahylone : mais il est dit que cet homme sera prêtre et roi ; cela ne peut convenir ni à Zorobabel ni au grand prêtre Jésus, iils de Josédeeh. Aussi le paraphraste chaldéen et les anciens docteurs juifs ont appliqué constamment cette prédiction au Messie.
L'usage des premiers chrétiens était de se tourner du côté de l'orient pour prier Dieu, et l'on était persuadé que cette pratique venait des apôtree. En bâtissant les anciennes basiliques, on
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eut l'attention de placer le portail a l'occident, et le chœur avec l'autel a l'orient; ainsi sont encore tournées la plupart des anciennes églises. Les Pères donnent différentes raisons mystiques de cet usage. Notes de Menard sur le Sacram. de saint Grégoire,
r Bergier.
ORIENTAUX (chrétiens). L'on comprend sous ce nom, 1° les Grecs schismatiques; 2° les jacobites syriens, égyptiens ou coplites, et les Ethiopiens; 3° les nestoriens de la Perse et des Indes; 4° les Arméniens; tous ou presque tous sont séparés de l'Eglise catholique depuis douze cents ans. Nous avons parlé de chacune de ces sectes sous leur nom particulier.
On a montré dans le livre de la Perpétuité de la foi, par des témoignages incontestables, et surtout par la liturgie de ces différentes sectes, qu'elles ont la même croyance que l'Eglise romaine sur tous les dogmes que les protestants ont rejetôs et contestés, tels que la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, la transsubstantiation, le sacrifice de la messe, l'adoration du sacrement, le culte et l'invocation des saints, le nombre des sacrements, etc. Vainement les protestants ont voulu argumenter contre ces preuves, ils ne sont pas venus à bout de les anéantir; aucune de ces anciennes sectes n'a voulu fraterniser avec eux ni souscrire à leur confession de foi ; ils sont regardés comme hérétiques chez les Orientaux aussi bien que chez nous.
De là même il résulte évidemment que les dogmes, les rites, les usages réprouvés par les protestants, sont plus anciens dans l'Eglise chrétienne que le cinquième siècle, que ce ne sont point des erreurs et des abus introduits dans les temps d'ignorance et de barbarie, des superstitions inventées par les moines ou par les papes, comme les prétendus réformateurs ont osé le soutenir. Les Orientaux n'ont certainement emprunté de l'Eglise romaine aucun dogme ni aucun usage, depuis leur
schisme avec elle, puisqu'ils ont toujours fait profession de la détester.
Si ces mêmes dogmes et ces usages avaient été absolument inconnus pendant les trois premiers siècles, et imaginés seulement au quatrième, les docteurs schismatiques, charmés d'avoir des griefs contre les catholiques, n'auraient pas manqué de réprouver toutes ces inventions récentes, et de dire comme les protestants, qu'il fallait s'en tenir à ce que Jésus-Christ et les apôtres avaient établi. Cependant, au cinquième siècle, il devait être plus aisé qu'au seizième de savoir ce qui venait ou ne venait pas des apôtres. Il semble que Dieu ait conservé, chez ces sectes anciennes, la même doctrine et la même discipline pendant douze cents ans, afin qu'elles servissent de témoins en faveur de l'Eglise catholique, coutre les accusations des protestants.
Avant la naissance de ceux-ci, les théologiens catholiques connaissaient très-peu les opinions, les usages, les mœurs des Orientaux; l'on s'en rapportait à ce qu'en avaient dit des voyageurs ou des missionnaires assez mal instruits. Mais comme les protestants ont voulu persuader que ces anciens sectaires pensaient comme eux, et ont fait des tentatives pour leur faire signer des confessions de foi captieuses, les controversistes catholiques n'ont rien négligé pour connaître avec une entière certitude la doctrine et la foi des Orientaux.
L'on a recherché et l'on a publié non-seulement les professions de foi solennelles qu'ils ont données, mais les livres de leurs principaux docteurs, et surtout leurs livres liturgiques; et l'on a déposé à la bibliothèque du roi les monuments authentiques de leur croyance. Il ne reste plus aucun doute sur cet important sujet de controverse, et les protestants ne peuvent rien opposer de solide aux conséquences qui en résultent contre eux. , .
Ils disent : Maigre la profession que font les sectes orientales de ne point toucher à la doctrine des apôtres, elles s'en son! néanmoins écartées' touchant l'incarnation et d'autres