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portés au vice beaucoup plus qu'à la vertu : leur vie sur la terre est un état de misère, de punition et d'expiation.
Il est donc évident que l'homme n'est point tel qu'il devrait être, ni tel qu'il
crurent, et dès lors Ahriman fut leur maître. Leur nature fut corrompue, et cette corruption Jnfecta toute leur postérité. ( VcndidatSade, p. 30a, 428.) .
Ainsi le péché ne vient point d'Ormuzd ; maie il &èlè'p}'od>nt } dit Zoroastre, par l'ètre\caché dans le crime, ou Ahriman. (exposition du sy&t. th^olog. des Perses, tiré des livres Zends Pehlvis et Parsis, par Anquet il du Perron. Mém. de VA&ad, des iucripU, i. 69-) H y a des souillures que l'homme apporte eu naissant. {Ibid.)
L'Ezour- Védam enseigne aussi que « Dieu ne a créa jamais le vice. 11 ne peut en être l'auteur; i et ce Dieu, qui est la sagesse et la sainteté i même, ne le fut jamais que de la vertu. Il nous » a donné sa loi, où il nous prescrit ce que nous » devons faire. Le péché est une transgression de » cette loi, par laquelle il nous est expressément i défendu. Si le péché règne sur la terre, c'est » nous-mêmes qui en sommes lesanteurg. Nos mau- » vaises inclinations nous ont porté à transgresser a la loi de Dieu ; de là est né le premier pèche, » lequel une fois commis eu a entraîné bien d'ati- » très. « [L'Ezour- Védam liv. 1, c. 4, tom. 1. p. 201, Î0£.) L'auteur recounalt dans un autre endroit que le premier homme fut créé dans l'innocence, et qu'il vivait heureux, parce qu'A dominait sur ses passions et ses appétits. (Ibid., liv. 5, <% 5, t. 2.) Du reste Maurice a prou Té que l'histoire d'Adam et sa chute, telle que Moïse laraconte. est confirmée par les monuments et les traditions des Indiens. Il prouve également que la doctrine du péché originel était en-eignée par les druides, (Ind. antig.., vo\. 6,pag. 53.) Voltaire lui-même avoue que les brahmes « croyaient l'homme déchu » et dégénère ; cette idée se trouve, ajoute-t-il, « chez tons les anciens peuples. » (Additions à l'hist. gêner., p. 17, édit. de 1763.)
ConfuL'ius, après avoir dit que la raison est un présent du ciel, ajoute : «Le concupiscence l'a déré- » glée, et îl s'y est mêlé plusieurs impuretés. « Otez-en donc ces impuretés, afin qu'elle reprenne * son premier lustre, et qu'elle ait toute sa pera feetion. » (Ta-Hio ; voy. Morale de Confucius p. 50.) » Son principe, remarque l'auteur qui nous a fourni cette citation, est que l'homme étant déchu de la perleetion de a nature, se trouve corrompu par des passions et des préjugée, de sorte qu'il est nécessaire de le rappeler à la droite raison et de le renouveler. » {lbid., p. 159.)
Le philosophe Tchouavgsé enseignait, conformément à la doctrine des Kîngov tiares sarrés des Chinois, i que dans l'état du premier ciel l'homme » était uniait dedans à la souveraine raison, et qu'au » dehors il pratiquait toutes les œuvres de lajus- » tice. Le cœur se rèj nissait dans la vérité. U n'y a avait en lui aucun mélange de fausseté. Alors m les quatre Baisons de l'année suivaient un ordre « réglé sanr, confusion... Rien ne nuisait a l'homme, » et l'homme ne nuisait à rien. Une harmonie unim versell régnaitdiins tonte lanature. » Mais, suivant la ménie tradition, « les coloones du ciel furent n rompues, la terre fut ébranlée jusqu'aux foude-
d ments L'homme s' tant révolté contre le
• ciel, le système de l'univers fut dérangé et l'har- ■ monie générale bnsibliéa, les maux *t les crimes a inondèrent la face de la torre. • Voy. Ramasy, •» Discours sur laAJytîiolog., p. 146-148.
est sorti des mains du Créateur. Lea philosophes l'ont senti, et, pour expliquer celle énigme, plusieurs ont imaginé que les âmes humaines avaient péché avant d'être unies aux
a La mère de notre chair, la femme au serpon* Cihuacohuatl, a est célèbre dans les traditions mexicainesqui lareprésentent'léchue de son premier état de bonheur et d'innocence. (M. de Humkoldt, Vues des Cordilures et monum, de l'Amérique.
t. i,p.î37 et 274 ;t.2p. 198) On a récemment dé ■ 0> vert prés d'une ville de la Pensylvanie un monument qui prouve que la même tradition était répandue dans toute l'Amérique. Mais deux seuls faits suffisent pour prouver que la chute de l'homme et U corruption de notre nature furent toujours une croyance universelle.
Et d'où viendrait sans cela l'usage des sacrifices ? Quel en serait le fondement? la raison? Pourquoi répandre le sang, et trop souvent mémo le sang humain, si l'on n'avait pas fté partout persuadé que l'homme devait a Dieu une grande satisfaction, et qu'il était pour lui un objet de colère ? À quoi boa tant d'expiations s'il n'y avait rien à expier, et tant d'hosties s'il n'existait point de coupables? La conscience, éveillée en tous lieux par la tradition, tachait par ces moyens d'apaiser le ciel irrité, de suspendra des châtiments dont elle sentait la justice ; et le genre humain condamné à mort, songeait moins, chose remarquable, à demander sa grâce, qu'à se racheter par la substitution d'une autre vi'tiine.
L'idée que nous naissons impurs et criminels était, de toute antiquité, si profondément empreinte dans les esprits, qu'il existait chez tous les peuples des rites expiatoires pour pnrilier l'enfanta son entrée dans la vie' Ordinairement cette cérémonie avait lieu le jour où l'on donnait un nom à l'enfant. Ce jour, chez les Romains, était le neuvième pour les garçons, et le huitième pour les filles. (Macrob., Saturn., lib. 1.) On l'appelait lustricus, à cause de l'eau lustrale qu'on employait oour purifier le nonveau-né. (Festus, de verb. signifie.) Les Egyptiens, [Analyse dp t'Inscr. de Rosette, p. 145.) les Perses et les Grecs avaient une coutume semblable. Au Yueatan on apportait l'enfant dans le temple, où le prêtre lui versait sur la tète de l'eau destinée a cet usage, et lui donnait un nom. Aux Canaries, c'étaient les femmes qui remplissaient cette fonction à laplace des prêtres. rCarli, Lettres améric, tom, i, pag. 146 et 147.) Mômes expiations proscrites par la loi chez les Mexicains.
u La tage-fomme, en invoquant le dieu Omen teuctli (le dieu an paradis céleste) et la déesse « Oraecihuatl, qui vivent dans le séjour des bien- » heureux, jetait de l'eau sur le front et la poi- » trine du nouveau-né ; après avoir prononcé diffé- » rentes prières, dans lesquelles l'eau était consi- » dérée comme le symbole de la purification de » l'ûrne, la sage-femme faisait approcher des eni) fants qui avaient été invités pour donner un nom a au nouveau-né. Dans quelques provinces on allun mait en même temps du feu, et on faisait som- » blant do passer l'enfant par la flamme, comme u pour le purifier a la fois par l'eau et In fou. Cette » cérémonie rappelle des usages dont l'origine, en s Asie, parait se perdre dans une haute antiquité.» (M. de Hnmboldt, Vues des Cnrdilières et monum. de V Amérique, tom. 1, p. 223.)
Les Tibétains ont aussi do pareilles expiations. (Alphabet, tibetam., Prrefat., p. 31.) Dana I Inde, lorsqu'on donne le nom a un enfant, après avoir écrit ce nom sur son front, et l'avoir plongé trois
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corps; les marcionites, les manichéens et d'autres hérétiques révoltés de l'excès des misères de cette vie avaient conclu que la nature humaine nest pas l'ouvrage d'un Dieu bon, mais d'un être malicieux et malfaisant.
La dispute entre les catholiques et les pelagiens fut longue et opiniâtre, La question touchant le péché originel en fit naître plusieurs autres sur la nature et les forces du libre arbitre, sur la nécessité de la grâce, sur la prédestination, etc. On peut voir la suite et l'enchaînement de toute cette contestation dans la septième dissertation du père Garnier, sur Marias Mercator, Append. august.. p. 281.
Il serait trop long de rapporter et de réfuter toutes les objections des pelagiens; les Pères de l'Eglise y ont
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fois dans I eau de rivière, iebralime s'écrie à haute voix : ,0 Dieu pur, unique, invisible, éternel et • parfait! nous t offrons cet enfant issu d'une tribu » sainte, oint d buile incorruptible, et purifié avec Cakntta!) 1 ' " ( des travaux de la société de
On a vu que la corruption de notre nature, par suite d un premier péché, était un des points de la
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