‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 94 sur 122 · OS · texte numérisé non relu

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ajouté les passages de saint Justin et de saint Irénée, plus anciens qu'Ongène et que saint Clément d'Alexandrie. Par là on voit avec quelle témérité nos critiques incrédules ont osé avancer que le péché originel n'était pas connu avant saint Augustin, et que l'on ne baptisait pas les petits enfants pendant les deux premiers siècles de l'Eglise.

Ils objectent enfin, d'après les pélagiens, qu'il y aurait de la cruauté de la part de Dieu de punir par des peines aussi terribles une faute aussi légère que celle d'Adam.

Sans recourir aux raisons par lesquelles saint Augustin a fait voir la grièveté de la faute d'Adam, nous nous contentons de répondre que ce n'est ni aux incrédules ni à nous de juger jusqu'à quel point elle a été griève ou légère, punissable ou pardonnable ; que le moyen le plus sage d'estimer l'énormité de la faute, est de considérer la sévérité du châtiment, puisque nous n'avons que très-peu de connaissance de la manière dont elle a été commise.

Saint Augustin lui-même est convenu qu'il n'était pas assez babile pour concilier la damnation des enfants morts sans baptême, avec la justice divine, Serm. 294, de Bapt. parvul.

Si l'on nous demande en quoi consiste formellement la tache du péché originel, comment et par quelle voie elle se communique à notre âme, nous répondrons humblement que nous n'en savons rien, parce que comme le dit saint Augustin, L. de Morib. Eccles., c. 22, il est aussi difficile d'en connaître la nature, qu'il est certain qu'il existe : Hoc peccato mhil cal ad prxdicandum notius, nihil ad intclligrndiim seeretnu.

Il nous parait bien plus important de représenter et de répéter que eatte plaie de la natere humaine a été guérie par Jésus-Christ ; que, comme dit saint Paul, « Où le péché avait » abmide, la grâce a ëtt surabon- » danle ; que ai tous les hommes ont » été condamnés à la mort pour le » péché d'un seul, le don de Dieu s'est » répandu beaucoup plus abondam- » ment par la grâce de Jésus-Christ ;

» que, comme c'est par le péché d'un » seul que tous les hommes sont » tombés dans la condamnation, ainsi » c'est par la justice d'un seul que » tous les hommes reçoivent lajusli- » fication et la vie. » Ram c S f 15, etc. '' ' '

Lorsque les incrédules viennent nous fatiguer par des objections, nous pouvons nous bornera leur répondre avec saint Augustin : « Quoi- » que je ne puisse pas réfuter tous » leurs arguments, je vois cependant » qu'il faut s'en tenir à ce que l'E- » criture nous enseigne clairement :

» savoir, qu'aucun homme ne peut » parvenir à la vie et au salut éter- » nel, sans être associé avec Jé- » sus-Christ, et que Dieu ne peut » condamner injustement personne » ou le priver injustement de la vie » et du salut. » L. 3, dePecc. mérita et remiss., c. 4, n. 7.

Le Clerc, dont le socinianisme perce au travers de tous ses déguisements, s'est élevé avec aigreur contre saint Augustin, non-seulement dans ses remarques sur les ouvrages de ce saint docteur, mais encore dans son Hist. eccles., an 180, § 30-33, et ailleurs. Il l'accuse d'avoir forgé le dogme du péché originel, et d'avoir forcé le sens de tous les passages de l'Ecriture et des anciens Pères, qu'il a cités contre les pélagiens. Selon lui, les premiers docteurs de l'Eglise iront pas été assez maladroits en écrivant contre les guostiques, les valentiniens et les marcionites, pour enseigner un dogme qui aurait fait triompher ces hérétiqui . Soutenir, dit-il, que les méchants sont damnés, parce qu'ils n'ont pas pu vaincre la corruption de la nature, et parce qu'ils n'ont pas reçu de Dieu les secours nécessaires pour en venir à bout ; qu'au contraire, les bons sont sauvés, parce que Dieu les a excités au bien par des grâces irrésistibles; que des enfants innocents naissent sous un ordre de Providence qui leur rend le péché et la damnation inévitables, n'aurait-ce pas été donner aux gnostiques le droit de conclure que le genre humain avait t par un être aveugle et Méchant!

Mais ce critique travestit la doc-

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trine de saint Augustin et de l'Eglise catholique, à la manière de Luther et de Calvin. Dans quels ouvrages saint Augustin a-t-il enseigné les blasphèmes qu'il lui prête ? Le saint docteur a constamment soutenu que, malgré la corruption de la nature, l'homme a conservé son libre arbitre; et qu'il en jouit encore ; que Dieu ne refuse à aucun pécheur, pas même au pins endurci, les grâces nécessaires pour vaincre ses passions et pour se sauver; que la grâce donnée aux justes n'est point irrésistible, que souvent même ils y résistent. Enfin, ce Père n'a pas voulu décider positivement quel est le sort éternel des enfants morts sans baptême. Nous avons prouvé tous ces faits dans divers articles de ce dictionnaire. Voy.

Baptême, § 6; 3 et 4; Rédemption, etc.

En reprochant à saint Augiifiin de tordre le sens des passages dont il se sert, Le Clerc lui-même emploie tous les détours de l'art sophistique pour pervertir le sens des textes les plus clairs de l'Ecriture et des Pères, en particulier de saint Irénée, Hist.

ecclés., ibid. Il ne serait pas difficile de lui faire voir que le dogme du péché originel a été de tout temps et depuis les apôtres la doctrine constante de l'Eglise, et qu'il ne favorise en aucune manière le système impie des gnostiques; et saint Augustin lui-même a répondu plus d'une fois à cette objection des pélagiens.

Si l'on veut connaître les opinions des juifs et des mahomêtans sur ce point de doctrine, on peut consulter la Dissertation de dom Culmet, Bible d'Avignon, t. 1S, p. 331. Bergier.

ORLANDIN1 (Nicolas) {Théol. hist.

hiog. et bibliog.) — Ce recteur du collège des jésuites à Noie, qui était né à Florence en 1556, et qui mourut à Rome en 1006, est l'auteur d'une Histoire des jésuites, Historia societatis Jesu, Rom. 1606, in-fol. rédigée en bon latin et avec une impartialité méritoire chez un homme qui était autant attaché à son ordre. Cette histoire fut continuée, en bon latin également, par François Sacchini, mort à Rome en 1625 et par le P. Joseph Jouvency, mort aussi à

Rome en ICI 9. Ces continuations forment, l'une 4 vol., in-fol. l'autre i vol. in-fol. Orlandini publia encore la Vie de Pierre Faber. Le Noir.

ORLÉANS (conciles d') {Théol. hist.

conc.) — M. Guerber en relate sept, ainsi qu'il suit :

« Le premier synode d'Orléans eut lieu le 10 juillet 511, par les ordres du roi Clovis. On y décréta trentetrois canons pour le maintien de la discipline. Quelques-uns de ces canons ne font que renouveler ceux d'Agdc ; 32 évèques, dont 5 métropolitains , en souscrivirent les actes.

» Le second concile est de 533 ; 26 évèques des quatre provinces de Lyon et des trois provinces d'Aquitaine y furent présents. Les vingt et un canons de ce concile sont dirigés contre la simonie et d'autres abus.

» Le troisième concile, tenu en 538, le 7 mai, publia 33 canons souscrits par 19 évèques.

y> Le quatrième eut lieu en 5 H ; 38 évèques y assistèrent et en souscrivirent les 38 canons, dont le trentetroisième ordonne aux seigneurs fonciers qui érigent des cures de veiller ii ce qu'elles aient des dots lions suffisantes pour l'entretien du clergé.

On prétend trouver dans ce canon l'origine du droit de patronage.

» Le cinquième, de 549, convoqué à la demande du roi Childebert, compta 50 évèques et 21 députés de tous les points des Gaules. Il décréta 24 canons. Le premier condamne les erreurs d'Eulychès et de Nestorius.

Le second défend de donner au peuple un évèque qu'il ne veut pas et interdit aux grands d'en imposer un de ce genre aux fidèles. Un évoque ordonné dans de semblables circonstances doit être déposé. La liberté des élections épiscopales avait probablement souffert de l'invasion et de la domination des Barbares.

» Le sixième synode fut célébré eu 634; saint Éloi y eut une grande part. On y condamna et bannit des Gaules un hérétique qui parait avoir été Grec et partisan du monothélisme.

» Le septième, tenu en 1022, con-

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damna les Manichéens, à la tète desquels se, trouvaient deux prêtres de la ville, Etienne et Lisogus. Plusieurs de ces hérétiques furent condamnés au feu sur Tordre du roi Robert et de sa femme Constantia. » Le Noie.

ORLÉANS (les mystiques d') (Thêol.

hist sect.)- Ces sectaires du onzième siècle, particulièrement Français et italiens, montraient pour principal caractère un ascétisme fanatique et exagère; ils descendaient des anciens pauliciens et renouvelaient des erreurs gnostico-manichéennes. Leur règle unique de foi était l'inspiration du baint-Espnt au cœur de chacun Les principaux chefs des mystiques d Orléans furent des ecclésiastiques très-capables, nommés Lisogus, Etienne, Henbert; ce dernier avait été entraîne par un Italien, et à son tour il séduisit des multitudes de tout fa»

et de tout rang. Un concile convoqué contre eux à Orléans par le roi Robert en 1017, fut inutile pour ramener ces fanatiques; ils persévérèrent, et furent brûlés non loin de la ville Voici ce qu'en dit Rodolphe Glaber auchap 8 du liv. III de f on histoire- « En 1017 on découvrit près d'Orléans une hérésie qui avait été importée en France par une femme italienne ; elle avait infecté une foule de gens; les deux principaux chefs de la secte étaient Lisoi et Héribert, que leur naissance et leur savoir faisaient remarquer parmi le clergé, et qui étaient en grande considération auprès du roi et des grands. Les menées de ces hérétiques devenant de Plus en plus dangereuses et étant parvenues aux oreilles du roi Robert celui-ci convoqua un synode, qui punit les impies comme ils le méritaient. Robert, ajuste titre surnommé le roi très-savant et très-chrétien, doctissjmus et christianus, eut beaucoup de souci de cette affaire, parce qui craignait que cette épidémie n atteignit un grand nombre d'âmes et ne causât à la fois leur perte et la ruine de la patrie. »

Ces hérétiques disaient, d'après le même auteur :

« C'est pure imagination et déception que tout ce que 1« canon de

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