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En vertu de ce texte d'un historien contemporain, le seul que nous ayons sur le fait, si célèbre, de la destruction de la fameuse bibliothèque d'Alexandrie, et en vertu du sens incontestable qu'il présente, voici ce que nous croyons devoir penser de cet.
événement.
1° Il est certain qu'il y eut un incendie d'une partie de cette bibliothèque sous César; mais nous ne croyons point qu'il en faille reporter la responsabilité sur César Ini-nièine ; un acte aussi honteux ne peut lui être attribué; Ammien Marcellin et Aulu-Gelle disent même, à cette occasion, que ce ne furent point les troupes romaines qui mirent le ieu à la flotte, mais des troupes auxiliaires :
Orose n'attribue pas, non plus, l'incendie de la Hotte à César, ni même à ses troupes ; il dit que l'ordre fut donné d'incendier la flotte sans dire par qui, et il se pourrait que le feu eût été mis par les troupes mêmes d'Achillas. Cependant la phrase est tournée de manière à laisser penser que l'ordre vint du parti victorieux; mais l'ordre de brûler la flotte n'était pas celui de brûler la bibliothèque qui ne se trouva compromise que par une suite imprévue de l'incendie de la flotte.
2° Il nous semble, comme à Orosc, qu'il n'est guère croyable qu'en sus des quatre cent mille volumes qui furent ainsi brûlés sous César, il eût encore échappé toute une bibliothèque, laquelle aurait été celle qui existait encore, du moins en partie, au temps d'Orose; et que beaucoup des ouvrages qui composaient cette dernière, sinon tous absolument, étaient nouveaux et avaient dû être accumulés durant les quatre cents ans qui s'étaient écoulés depuis César.
3° Unousparait également certain, d'après le témoignage à'Orose, qui avait vu les armoires de livres ou à livres dans les temples d'Alexandrie, qu'il y eut, non pas un incendie de la bibliothèque par les chrétiens vers la fin du quatrième siècle, ainsi qu'on veutle dire aujourd'hui, en attribuant gratuitement cet acte de vandalisme à Théophile évêque d'Alexandrie, et en ajoutant sans motif qu'il y eut
aussi dans la même occasion des savants assassinés par les chrétiens dans les édifices ou Sérapion ou temple de Sérapis, mais qu'il y eut un triage de fit par les chrétiens dans cette ou ces bibliothèques, et qu'un nombre plus ou moins grand des li\ qu'elles contenaient en furent enlevés et détruits, comme des livres mauvais spécialement signalés, en exécution de l'édit de Théodose qui ordonnait la destruction des monuments les plus importants du paganisme. Beaucoup de chrétiens pieux aujourd'hui agiraient de même, s'ils étaient les maîtres, à l'égard des œuvres de Voltaire et de Rousseau; et il est, d'ailleurs, incontestable que des ouvrages d'auteurs païens contre le christianisme furent détruits par les chrétiens sous les empereurs Constantin et Théodose et par ordre même de ces empereurs; c'est ainsi que les œuvres de Porphyre ont été perdues puur la postérité; Constantin en lit rechercher et brûler tous les exemplaires qu'on en put trouver et Théodose acheva de faire disparaître roux qui furent encore découverts sous son règne. On peut voir dans l'article Porphyrien, de Bergier que notre théologien lui-même en fait l'aveu.
On a toujours tort de défendre la vérité avec de mauvaises armes, et le mensonge historique est la pire de toutes. Une pareille tactique peut vous donner l'avantage aujourd'hui; mais à coup sûr, elle vous fera perdre demain; et n'oubliez jamais que c'est toujours la partie du lendemain qui est la belle.
4° Quant à l'inedndie de la même bibliothèque sous le calife Omar dans le septième siècle, nous crovous que le mot relatif au Coran, que l'on attribue au célèbre calife dans cettecirconstance est une. faille; nous croyoos qu'un tel fait nefutpas moins contraire au caractère d'Omar qu'il ne l'avait été au caractère de César; mais nous n'en croyons pas moins que, dans le désordre de la [irise d'Alexandrie par ce calife conquérant, il y eut des incendies des bibliothèques de celle ville par des musulmans fanatiques, comme il y en avait eu, parait-il bien, à Césa-
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rée par les arabes. Il ne serait pas, non plus, contraire aux probabilités que des vaincus eussent mis le feu à de telles richesses pour ne pas les voir tomber aux mains des vainqueurs ; n'avons-nous pas vu, il y a peu d'années, des Français, dans Paris, livrer àl'incendie nos richesses nationales et jusqu'à nos bibliothèques et nos musées? Enfin, il nous semble qu'une tradition aussi longue, aussi persistante et aussi universelle que celle de l'incendie des livres d'Alexandrie dans la prise de cette ville par Omar, ne peut être sans un fond de vérité, et en conséquence nous dirions, à peu près comme l'historien du moyen âge, des Michels, que la fameuse bibliothèque, brûlée une première fois en partie sous Jules César, enveloppée, une seconde fois , pour une partie des ouvrages qu'elle possédait encore, ceux que les chrétiens regardaient comme les plus mauvais et les plus impies, dans la condamnation des monuments païens par Théodose, vers l'an 390, vit ce qui restait de ses armoires de livres devenir la proie du fanatisme musulman sous le calife Omar de 638 à 42.
Le Noir.
ORPHELIN. Déjà dans l'ancienne loi Dieu s'était déclaré le protecteur et le père dos orphelins ; il était ordonné aux Juifs de ne point les abandonner, de pourvoir à leur subsistance, de leur laisser une partie des fruits de la terre, de les admettre au repas des fêtes et des sacrifices, Deut., c. 2i, f 17 et suiv. ; c. 16, ¥ H , etc. Les prophètes ont souvent répété aax Juifs cette leçon, et les ont repris deleur négligence à l'exécuter.
Le trésor des aumônes gardées dans le temple était, principalement destiné à leur entretien. II Machab., c. 3, ^ 10. L'apôtre saint Jacques dit aux fidèles, que l'acte de religion le meilleur et le plus agréable à Dieu, est de visiter et de consoler les veuves et les orphelins dans leurs peines, Jac, c. 1, ^ 27 ; à plus forte raison de soigner et d'élever ces enfants malheureux.
C'est cet esprit de charité, principal
caractère du christianisme, qui a fait établir une multitude d'asiles poulies recevoir, et qui donne à tant de vierges chrétiennes le courage de leur servir de mères, et de leur accorder les mêmes soins que la tendresse maternelle pourrait inspirer.
Dans la seule ville de Paris il y a trois ou quatre établissements de charité pour élever les orphelins et les enfants abandonnés ; la Pitié, les Cent-Filles, les Orphelines, etc.
Les philosophes politiques auraient beau faire des dissertations pour prouver que l'humanité et le zèle du bien public exigent cette attention, ils auraient beau même proposer des salaires et des récompenses, si la religion n'en promettait pas de plus solides. Jésus-Christ a dit : « Je tiendrai pour fait à moi- » même ce que l'on aura fait pour le » moindre de mes frères. » Ahitth., c. 25, f 40 ; ces courtes paroles out fait pratiquer plus de bonnes œuvres que toutes les richesses d'une nation ne pourraient en payer. Quand notre religion n'aurait point d'autre titre de recommandation que le soin avec lequel elle veille à la conservation des hommes, c'en serait assez pour la faire chérir et respecter. Voyez Enfants trouvés. Bergier.
ORPHÉE (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce poëte et artiste des temps héroïques de la Grèce, bien antérieur à Homère, qu'ont rendu si célèbre les poètes des grandes littératures grecque et romaine, avait été disciple de Liuus et fut maître de Musée. Les Orphiques, ces fragments poétiques d'une haute philosophie religieuse, que les anciens lui ont toujours attribués, lui ont été contestés par des critiques modernes qui ont prétendu que leur auteur était Onomacrite et qu'ils ne remontaient pas au delà du sixième siècle avant Jésus-Christ. Mais quelle est donc cette rage qui pou la critique moderne à contester l'authenticité de tout ce qui est ancien?
A mesure que les siècles s'écouleraient, si l'on devait en croire cette critique, les certitudes historiques se perdraient. C'est le contraire qui a lieu. Pour nous, les Orphiques por-