ORT
tent dans leurs idées un cachet sérieux d'antiquité beaucoup plus haute que les iictions mythologiques de Ylliade et de l'Odyssée; ils renferment, par conséquent, en eux-mêmes, la preuve d'une authenticité qui révèle un auteur des premiers temps de" la Grèce, temps plus anciens que ceux du vrai règne de la mythologie. Qu'on nomme cet auteur Orphée ou autrement, c'est ce qui nous importe peu ; ïnais le nom seul d'Orphiques donné à ces fragments par les anciens n'estil pas assez pour qu'un esprit à vues Jarges n'en cherche pas un autre?
Le Noir.
ORSI (Joseph-Augustin) (Thcol. hist.
Mog. et bibliog.) — Ce savant cardinal et grand théologien-philosophe, dont les dignités ne modifièrent en rien la vie simple, solitaire et studieuse, naquit à Florence en 1692, entra en 1708 chez les dominicains de Fiésole, professa la philosophie et la théologie au couvent de Saint-Marc, fut appelé à Rome en 1732 par le cardinal Néri, neveu de Clément XII, devint secrétaire de l'Index puis cardinal sous Clément XIII en 1759, et mourut à Rome en 1761. On a de lui :
Histoire de l'Eglise en 20 vol. dont le premier parut en 1746 et le dernier l'année de sa mort. Cet ouvrage a pour but de réfuter Fleury dans ses jugements sévères contre les Papes; il ne s'étend que jusqu'en 600. Le dominicain Philippe-Angèle Beéchetti, mort en 1814, y lit une suite en 50 vol.
in-4°Rome, 1754-1797; Dissertatio de invocatione Sancti Spiritus in liturgiis Grsec., 1731 ; De irreformabili Rom.
Pontifias in definiendis fidei controversiis judicio, adversus quartam Cleri Gallicani propositionem a Bossueto propugnatam, Rome, 1739, II t. in-4°; De Rom. Pontificis in synodos œcumenicas et earum canones potestate, Home, 1740, in-4° ; Délia origine dcl dominio et délia sovranità dei Romani Pontifici sopra gli Stati loro temporalinente soggt.ili, Rome, 1742.
Le Nom.
ORSINI (l'abbé Matthieu) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce prêtre français, né en 1802, fut nommé, sous le
second empire, chapelain de l'hôtel des Invalides et vient de mourir dans cette charge cette année même (1873).
M. Orsini a publié une Traduction des Lettres de saint Jérôme, in-8, 1839 ; la Vierge, 2 vol. gr. in-8, 1837 et 1844; les Fleurs du ciel, in-8, 1839; le Conseiller du peuple, in-8, 1842; Histoire de saint Vincent de Paul, in-8, 1842, et 1852; la Bible des familles, in-18, 1842-1843; etc.
Le Noie.
ORTHODOXE, ORTHODOXIE. Ces deux termes sont formés du grec ôpQôî, droit, et 6o;i, opinion ou jugement. On appelle auteur orthodoxe celui qui n'enseigne rien que de conforme à la doctrine de l'Eglise, et l'orthodoxie est la conformité d'une opinion avec cette règle de la foi ; c'est le contraire de [hétérodoxie ou de l'hérésie (1).
Ceux qui ne veulent point avoir d'autre règle de croyance que leur propre jugement, tournent en ridicule tant qu'ils peuvent le zèle pour l'orthodoxie. Chez la plupart des hommes, disent-ils, ce zèle ardent tient lieu de toutes les vertus; on pense même qu'il peut innocenter les crimes, et il n'en est aucun que l'on ne se permette contre ceux que l'on nomme hérétiques ou incrédules.
Si cela était vrai, nous ne voyons pas comment il pourrait encore y avoir au monde des hérétiques et des incrédules; dès qu'ils se montreraient, ils seraient surs d'être exterminés, et ceux qui prendraient la peine de s'en défaire seraient assurés d'une approbation générale. La sécurité avec laquelle la religion s'est trouvée attaquée dans tous les temps, nous parait démontrer que le zèle de l'orthodoxie ne fut jamais aussi violent ni aussi meurtrier que les esprits forts voudraient le persuader.
Il y a même de bonnes raisons do douter si eux-mêmes, devenus une fois les maîtres, ne seraient pas plus injustes, plus ardents, plus cruels que
(1) La ràgla de l'orthodoxie, depuis la déclaration du concile du Vatican, consiste dans l'enseignement ex cathedra par le pontife romain d'une doctrine à professer sur la foi ou sur les mœurs.
Lu Nom.
os